Les Mai Mai protestent contre
le comportement de la MONUC dans le Nord, le Sud-Kivu et le Maniema
L'Avenir, 24 octobre
2003
Ces derniers temps, nos combattants
de l’arrière-pays nous font part du harcèlement
des agents de la MONUC qui leur demandent -non sans menaces et intimidations
-de signer des cessez-le feu avec les milices du RCD.
Les Députés et les Sénateurs MAI -MAI dénoncent
énergiquement ce comportement de la MQNUC en rappelant les faits
ci-après:
1 °. Les Patriotes Résistants MAI-MAI n’ont jamais
été confondus dans le chef des membres du Conseil de Sécurités
des Nations Unies avec les forces négatives, constituées
essentiellement des ex FAR, ADF, CRA, UNRF II, INTERAHAMWE, FUNA, FDD,
WNBF, NALU, UNITA, ...
2°. Les Patriotes Résistants MAI-MAI ne se sont jamais attaqués
qu’aux forces d’invasion, d’occupation et de partition
de leur pays. Ils n’ont jamais porté la guerre ni cherché
refuge hors du territoire congolais; et n’ont, par conséquent,
jamais constitué une menace pour la paix ni la sécurité
dans un quelconque pays limitrophe de leur.
3°. La seule milice interethnique présente et recensée
au Kivu (Nord, Sud et MANIEMA) est la milice Hutu d’Eugène
SERUFURI constituée
d’INTERAHAMWE venus en 1994 avec l’opération TURQUOISE;
gonflés par ceux sortis des prisons rwandaises par KAGAME pour
renforcer ses troupes incapables de faire face, seules, à la
résistance des combattants MAI-MAI et à l’immensité
du territoire congolais.
Et la MONUC est parfaitement informée qu’il y a actuellement
de nouveaux camps d’entraînement des milices entrain de
s’ériger au Kivu notamment sous la direction du général
BORA (RCD) et du gouverneur CHIRIBANY A (RCD).
4°. Les Patriotes-Résistants MAI-MAI sont « partie
» à l’Accord global et inclusif sur la Transition
en République Démocratique du Congo. Ils sont officiellement
représentés au sein des institutions de la transition.
Forts de tous ces faits, parfaitement avérés et de notoriété
publique, les Députés et Sénateurs MAI-MAI s’indignent
et protestent contre le comportement de la MONUC dont ils dénoncent
la mauvaise foi et la duperie.
Ils craignent en effet de comprendre que la mission de la MONUC en RDC
ne soit pas de veiller sur l’application correcte de l’Accord
global et inclusif, ni de 21 mener à bonne fin le programme de
DDRRR; mais plutôt d’exécuter le bon plaisir et les
desseins diaboliques du maître de Kigali sur la RDC.
Comment en effet comprendre autrement le comportement de la MONUC :
1 ° Qui, pendant plus d’une année, laisse poireauter
des miliciens rwandais déjà désarmés à
la base de KAMINA, refusant de les rapatrier au Rwanda où on
les réclamait comme gage d’une volonté affichée
du gouvernement congolais de sécuriser désormais ses voisins;
puis, pour toute conclusion, les laisse à nouveau’ tranquillement
s’éparpiller dans les forêts congolaises! ! !
La même opération se répétera exactement
selon un scénario identique à Beni.
2° La même MONUC, en mars 2002, alors que nos patriotes de
MASISI-WALIKALE avaient réussi à convaincre et à
rassembler près de 2000 Hutu pour regagner le Rwanda ancestral,
avait annulé l’opération parce que le ministre de
la coopération du Rwanda lui avait sèchement déclaré
que ce qui intéressait KAGAME, ce n’était pas le
rapatriement et le désarmement des Interahamwe, mais l’éradication
des MAI-MAI.
C’est à cela que devait l’aider la MONUC, si elle
voulait une bonne coopération avec son pays.
Le Rwanda profitera d’ailleurs de cette information pour monter
une opération militaire de grande envergure combinant infanterie
et hélicoptères lance-flammes pour détruire les
villages où ils étaient regroupés et les disperser
à nouveaux dans la forêt.
3° En juillet 2003, les Patriotes-Resistants MAI-MAI subissaient
à BUTEMBO une attaque à l’arme lourde de l’APC
/ RCD-ML. Jadis alliés contre le RCD-Goma, les MAI-MAI et l’APC
devenaient aujourd’hui ennemis jurés sous la bénédiction
du RCD-GOMA et de la MONUC qui se permettait même de qualifier
de bandes inciviques incontrôlées les Patriotes-Résistants
de Béni -Lubero.
4° Tout récemment, après l’installation de la
MONUC à NY ABIONDO, dans le MASISI ; P’ APR, avec l’appui
d~ ses alliés RCD a lancé, depuis le 29 septembre, une
vaste opération militaire contre les positions MAI- MAI, à
PINGA et BUKONDE. Cette opération se poursuit jusqu’à
ce jour et a déjà fait 12 morts, civils innocents, sauvagement
massacrés par les troupes de l’ APR.
Paradoxalement, la MONUC est restée jusqu’ici pudiquement
muette sur ces massacres. Et pourtant, l’information, la MONUC
la détient; mais, la gère au mieux des intérêts
de son allié Rwandais et non dans l’intérêt
de la paix et de la sécurisation des peuples.
Qui pis est, la MONUC, après avoir refusé de prendre les
groupes armés rwandais là où ils étaient,
s’amuse aujourd’hui à les réclamer là
où ils n’ont jamais été, notamment à
UVIRA où la MONUC est allée réclamer des INTERAHAMWE
au Commandant MAI-MAI Baudouin NAKABAKA .
Réflexion faite sur ce comportement de la MONUC, il s’avère
que l’objectif visé n’est ni l’application
de l’Accord, ni le rapatriement des milices rwando-burundaises;
mais la recherche du prétexte pour culpabiliser les
Patriotes-Résistants MAI-MAI en les accusant de ne pas s’impliquer
dans l’application des Accords.
Cette fausse accusation lui permettrait de répondre aux attentes
de KAGAME et lui obtiendrait l’appui et le concours de la Communauté
Internationale pour traquer et éradiquer la Résistance
congolaise qui lui fait perdre le sommeil.
Quand on connaît le commanditaire de l’invasion de la RDC,
on ne peut s’étonner de ces intentions dans le chef de
la MONUC ni de sa complicité.
Les Députés et Sénateurs MAI-MAI sont d’avis
que le rôle actuel de la MONUC n’est pas de faire signer
de nouveaux accords, mais de s’atteler d’abord à
l’exécution et à l’application correcte de
ceux qui existent et des résolutions pertinentes du Conseil de
Sécurité.
Le retour de la paix dans la sous-région des Grands Lacs n’est
pas lié à l’imposition d’une reddition forcée
des Patriotes-Résistants MAI-MAI aux milices du RCD, mais au
rapatriement de l’APR au Rwanda et au déploiement d’une
force neutre aux frontières communes pour sécuriser les
uns et les autres.
Aux préoccupations de la MONUC sur la démobilisation de
nos combattants et de leur intégration dans la nouvelle armée
républicaine, les Parlementaires MAI-MAI répondent ce
qui suit:
1° Les Patriotes-Résistants MAI-MAI n’ont pas pris
les armes pour le plaisir de le faire. Ils y ont été contraints
par les carences de l’Etat face à l’invasion et l’occupation
du pays par des envahisseurs rwando-ougando-burundais, avec leur lot
de viols, de massacres odieux, de destructions méchantes.
2° Si la Communauté Internationale nous obtenait le retrait
des envahisseurs, la Résistance MAI-MAI s’éteindra
d’elle-même faute de combats.
Ceux de nos jeunes éléments qui opteront alors pour continuer
à servir la Patrie sous le drapeau, seront libres de leur choix;
mais cette opération ne pourra s’exécuter qu’après
affectation, installation et opérationnalité des Etats-majors
intégrés dans les différentes provinces et circonscriptions
administratives du pays.
3° Il ne sera jamais question de reddition de nos éléments
aux milices du RCD sous la pression et les menaces de la MONUC.
4° Si c’est ce refus que les agents de la MONUC veulent ériger
en prétexte pour mobiliser l’opinion et la Communauté
Internationale contre nos Patriotes, nous prévenons déjà
celle-ci que loin de nous, l’idée de nous opposer à
la pacification de notre pays. C’est en effet l’objectif
même de notre lutte.
Ce à quoi nous nous opposons, c’est d’être
livrés en holocauste aux milices du RCD par la MONUC. Ce que
l’APR n’a pas pu réussir en six ans de guerre, la
MONUC ne nous y contraindra pas par ses menaces.
Bref, à cette étape de l’évolution du processus
de paix en RDC et dans l’ensemble de la sous-région des
Grands Lacs, les Députés et Sénateurs MAI-MAI sont
d’avis qu’un changement d’attitude et de comportement
de la MONUC, accélérerait de beaucoup l’avènement
d’une paix véritable et durable dans la sous-région.
Comment en effet espéré la paix dans la région
quant le Rwanda vient d’envahir à nouveau le Kivu avec
la bénédiction officielle de la MONUC qui n’ont
seulement n’a pas voulu dénoncer cette nouvelle agression,
mais l’a justifiée en confirmant l’existence en RDC
de 30.000 Interamwe.
Comme la MONUC sait déjà où sont ces Interamwe
qu’attend-elle pour les désarmer et les rapatrier parce
que c’est là l’essentiel même de sa mission
en RDC!!!
Pour les Sénateurs,
Félicien Mbarambara Ena
Président du Groupe parlementaire
Pour les Députés,
Valihali Kambale
Président du Groupe parlementaire