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Après une agression qui a fait 4.000.000 de morts le Congo retrouvera-t-il l'indépendance et la paix?

Ces dernières semaines, les massacres en Ituri, Nord-Kivu, ont été assez bien rapportés dans la presse internationale. Pourquoi? Cette même presse n'avait-elle pas couvert par un silence étouffant les 4.000.000 de morts que le Congo compte depuis le début de l'agression américano-rwando-ougandaise en août 98?

Ludo Martens, 28-05-2003

L'explication de ce changement est simple: les rapports de force ont changé. Au niveau congolais, la position du gouvernement nationaliste s'est renforcée, les «rebelles» et «opposants» sont déconsidérés aux yeux de la majorité. Au niveau international, le Rwanda et l'Ouganda sont maintenant partout accusés d'agression, d'occupation et de pillage des richesses congolaises. Après les trois guerres que ces deux agresseurs ont livrées entre eux à Kisangani, il y a maintenant beaucoup de signes annonçant qu'un affrontement militaire généralisé entre Kagame et Museveni se prépare. Cela a affaibli sérieusement la position américaine au Congo. Kinshasa a salué positivement la proposition de l'ONU d'envoyer des troupes françaises et anglaises en Ituri, parce que cela portera un coup à Kagame, l'ennemi numéro un du Congo et à son patron, les Etats-Unis.

Après l'assassinat de Mzee Kabila, le 16 janvier 2001, le pouvoir nationaliste n'avait plus les moyens politiques et militaires d'affronter ses ennemis. Joseph Kabila a dû placer le combat au niveau diplomatique et il a fait énormément de concessions à ses adversaires politiques. Mais le président Kabila est sorti en position de force de ce combat, il apparaît aux yeux de tous les Congolais comme l'artisan de la paix, de l'unité nationale et de la réconciliation. Tous les prétextes pour l'agression - occupation de la part du Rwanda et de l'Ouganda ont été écartés. L'Ouganda s'est rapproché du Congo et de son allié angolais, ce qui a affaibli les rebelles du Mlc (Mouvement de Libération du Congo, patronné par l'Ouganda, dirigé par Bemba et d'autres mobutistes). Le Rcd (Rassemblement Congolais pour la Démocratie, organisation congolaise créée et patronnée par Kagame), qui apparaît ouvertement comme un instrument de Kigali, a perdu tout crédit et est haï par l'ensemble de la population du Kivu.
Les négociations «inter-congolaises» de Sun City et de Prétoria, en Afrique du Sud, avaient été imposées par les Etats-Unis et l'Afrique du Sud dans des conditions très défavorables au pouvoir nationaliste. Grosso modo, ce dernier n'a eu que 25% des présents, contre 25% pour les rebelles du Rcd (Rwanda), 25% pour les rebelles de l'Ouganda, le Mlc, et 25% pour l'opposition au pouvoir nationaliste.

Kabila a gagné trois batailles cruciales...

D'abord, au début des négociations, tous les opposants exigeaient que Joseph Kabila entre dans les négociations comme «simple citoyen» et non pas comme Président Or, Kabila est sorti du «Dialogue» comme le véritable homme fort de la Transition : en tant que Président, il est Chef de l'Etat et il représente la Nation; il est «le garant de l'indépendance et de la souveraineté». Il est Commandant suprême des forces armées, il préside le Conseil supérieur de la Défense. Il préside le Conseil des ministres.

Joseph Kabila a immédiatement prêté serment sur la nouvelle Constitution issue du Dialogue, prenant ainsi l'initiative et s'affirmant comme noyau du régime de la Transition. Son serment, qui est inscrit dans la Constitution, dit entre autres «Je jure de consacrer toutes mes forces à défendre l'intégrité du territoire national et l'indépendance nationale, de sauvegarder l'unité nationale.» Comme figure centrale de la Transition, le Président doit donc défendre le pays par les armes si les troupes rwandaises continuent à agresser et occuper le Congo.

Ensuite, les Américains, Sud-Africains et Rwandais avaient imposé la formule impossible: 1 président et 4 vice-présidents. Les Rwandais ont dépensé des millions de dollars pour obtenir trois des quatre vice-présidents. Cela leur aurait permis de saboter tout effort pour consolider l'unité du Congo grâce à un pouvoir central fort.
Mais cela a mal commencé pour Kagame: le gouvernement a été le premier à désigner son vice-président : Yerodia. Kagame a eu un éclat de rage et a fait dire que la nomination de Yerodia est «inacceptable» parce qu'il «a incité à la haine ethnique contre les Tutsi». Mais toute la popuation, de Boma à Bukavu, a acclamé le choix de celui qui a galvanisé la résistance de Kinshasa en août 98!

Selon l'Accord Global, un vice-président vient du Rcd: c'est Ruberwa, un homme de Kagame. Bemba, le troisième vice-président, vient du Mlc et le Rwanda a cru, un moment, pouvoir le gagner à sa cause. Mais plus ou moins lâché par les Ougandais, discrédité par plusieurs scandales et crimes de guerre, entouré de mobutistes qui sont très hostiles à Kagame, Bemba a refusé de jouer la carte rwandaise. Puis, Kagame a beaucoup investi dans Tshisekedi qui est devenu «son» candidat vice-président pour le compte de l'opposition politique. Mais Tshisekedi s'est trouvé en minorité et Z'ayidi Ngoma a été élu: ancien «chef» de la rébellion, il est un adversaire coriace de Kagame.

Trois: la Constitution, Article 6, dit: «Toutes les autorités centrales, provinciales et locales ont le devoir de sauvegarder l'intégrité de la République, la souveraineté et l'unité nationale, sous peine, selon les cas, de trahison ou de haute trahison.» Or, tout le monde sait que Kagame garde des unités de l'armée rwandaise au Kivu, déguisées en «forces du Rcd» et que son armée «officielle» continue à opérer, sous différents prétexte, au Congo. Les Congolais qui prêtent main-forte à ces troupes d'agression et d'occupation seront donc, selon la Constitution signée par tous, considérés comme des traîtres à la Patrie. En plus, le gouvernement aura le droit d'en appeler à des pays amis pour l'aider à se défendre contre l'agression.

... et il peut aborder la bataille décisive

Nous en venons ainsi à la quatrième bataille qui se livre en ce moment-même. Kagame a toujours voulu obtenir un contrôle substantiel sur l'armée congolaise, en y faisant intégrer des officiers rwandais et des Congolais inféodés au pouvoir de Kigali. Le troisième Rapport de l'Onu sur les pillages du Congo reconnaît d'ailleurs que de nombreux officiers et soldats rwandais ont intégré les forces «rebelles» du RCD. C'était le scénario de la préparation d'un coup d'Etat pro-rwandais. Le 29 novembre 2002, le RCD, l'UDPS et quelques autres partis estimaient qu' «une crise de forte intensité est inévitable au Congo»; ils se disaient décidés à «prendre les responsabilités que nous impose l'histoire pour réaliser une solution urgente, radicale et définitive»: en clair, c'était l'annonce d'un coup d'Etat rwandais à Kinshasa

En plus, Kagame a fait nommer à la tête du Kivu deux condamnés à mort pour l'assassinat de Mzee Kabila: le major Bora et Xavier Ciribanya Cirimwami C'est comme une annonce officielle que Joseph Kabila subira le même sort que son père Tous ces éléments ont poussé le pouvoir nationaliste à refuser que des agents rwandais occupent des positions leur permettant de comploter un coup d'Etat et à exiger un examen détaillé des dossiers de tous les officiers à intégrer. L'issue de cette quatrième bataille sera bientôt connue.



Il y a de l'espoir pour le Congo nationaliste. Le Président Joseph Kabila représente la jeunesse patriotique, le vice-président Yerodia (en haut) la continuité Lumumba-Mulele-Kabila. Dans le mausolée (en bas), un exemplaire du livre de Ludo Martens "Kabila et la Révolution Congolaise", orné d'une fleur jaune, a été déposé au pied du sarcophage (en haut). Kabila ayant été déclaré Héros National, c'est la fidélité à son message qui compte. Le livre de Ludo Martens compte 720 pages et peut être commandé aux éditions EPO (editions@epo.be; site: www.epo.be) au prix de 40 euros.




 



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