Analyse
de la déclaration gouvernementale belge sur la Politique
africaine
Le ministre
des Affaires Etrangères de la Belgique a publié
le 7 décembre 1999 une déclaration gouvernementale
sur la politique étrangère de la Belgique. Une partie
importante de cette déclaration concerne la région
de l'Afrique centrale. Ludo Martens analyse cette partie de la
déclaration gouvernementale.
Par
Ludo Martens, 15 janvier 2000
Table
de matières:
1)
analyse de l'évolution et de la situation en Afrique et
au Congo
1) analyse de l'évolution et de
la situation en Afrique et au Congo
Cette
déclaration est d'un niveau d'analyse très bas. Pas
d'analyse ni des grands évènements, ni de leurs causes,
ni des responsabilités des différentes forces au niveau
nationale et internationale.
Est-ce l'incompétence et l'ignorance qui sont à la
base de cette absence d'analyse ou est-ce l'acceptation de la domination
impérialiste comme un fait naturel, inévitable, une
donnée primaire?
La
fin de la guerre froide et la "bonne gouvernance" en Afrique
La déclaration affirme que la fin de la guerre froide clôture
aussi toute une période de la politique africaine occidentale
pendant laquelle la tâche central, qui était de combattre
l'influence soviétique et l'influence du socialisme.
Elle prétend aussi qu'à la fin de la guerre froide,
l'Occident a mis l'accent sur la "bonne gouvernance" et
le respect des "droits de l'homme". Et elle proclame que
les premiers pas vers la démocratisation au Congo, étaient
fort prometteurs.
Mais voyons la réalité en ce qui concerne la "bonne
gouvernance" et les "droits de l'homme" depuis la
fin de la "guerre froide" et cela aussi bien en Russie
qu'au Congo.
Prenons d'abord le cas de l'ex-Union Soviétique. La restauration
du capitalisme a amené une chute de la production de 60%
entre '90 et '94 et également une chute des revenus réelles
des travailleurs de 60%.
Bonne
gouvernance?
Rien que pour l'année 92 l'inflation pour la Russie a été
de 2500%. L'année suivante, en 1993 elle a été
de 1000%. Tandis qu'en Ukraine elle a été de 10.000%.
Toutes les épargnes des pensionnés, qui leur permettaient
dans le système soviétique, de passer leurs vieux
jours en tranquillité, ont été détruit
en une année. Toutes les personnes âgés ont
été plongé dans une misère affreuse.
Bonne gouvernance?
On a vu éclater un peu partout sur la territoire de l'ex-union
Soviétique des guerres civiles nationalistes réactionnaires
en Azerbeidjan, en Arménie, en Tadjikistan, en Tchétchénie,
en Géorgie etc… Des guerres civiles qui ont déjà
fait plus que 200.000 morts.
Défense de droits de l'homme?
La nouvelle démocratie russe s'est également concrétisé
dans la multiplication d'organisations de la maffia. Il y a à
l'heure actuelle plus de 5000 organisations criminels qui contrôlent
45% de l'économie de la Russie. La démocratie et les
droits de l'homme grâce au règne de la maffia?
Entre 90 et 94 il y eu par rapport aux années 80-84 un surplus
de mort en ex-Union Soviétiques de 1.700.000 personnes. Ce
sont 1.700.000 personnes dont la vie a été sacrifiée
sur l'autel de la restauration capitaliste. En général
l'espérance de vie des hommes a chuté dans la période
90-94 comparée avec la période 80-84 de 64,2 ans à
58,2 ans. C'est-à-dire que chaque homme a en moyenne perdu
6 années de sa vie.
Et le capitalisme prétend assurer les "droits de l'homme"?
Un
début de démocratisation depuis '90?
La déclaration gouvernementale affirme que la période
de transition 1990-1997 au Congo a réalisé un début
de démocratisation et de bonne gouvernance. C'est faire preuve
d'aveuglement et de cynisme.
La Conférence Nationale souveraine est présentée
comme une percée de la démocratisation au Congo. Or
cette Conférence Nationale a été basée
depuis le début sur la légalité et la continuité
mobutistes. Mobutu est resté pendant toute cette période
Président de la République et donc l'autorité
supérieure du pays. La Conférence Nationale a recyclé
tous les mobutistes en "démocrates". Ceux qui ont
été les maîtres d'œuvre de tout le système
de dictature, de la répression, et de la corruption, les
Nguzu Karli Bond, les Iléos, les Kengo Wa Dondo, les Kamanda
wa Kamanda ou les Mandundu sont devenus présidents de nouveaux
partis soi-disant démocratiques..
La Conférence Nationale Souveraine et ses suites ont conduit
à ce que l'autorité de Mobutu soit réaffirmé
à la fin de la période de transition. Le 24 avril
1990 quand Mobutu s'est vu obligé de reprendre la démagogie
sur la "démocratie", il était chancelant
et pouvait être renversé. Mais à mesure que
la transition avançait, Mobutu a repris les parcelles du
pouvoir qu'il avait cédés. C'est Tshisekedi qui a
le plus contribué à la restauration complète
du pouvoir de Mobutu. En novembre '96 il est allé le saluer
en France à St-Martin où il a fait une déclaration
que désormais ils travailleraient main dans la main pour
sauver le pays de "l'agression rwandaise". Et c'est Thsisekedi
qui a fait acclamer le dictateur Mobutu en décembre 1996,
par plus d'un million de kinois.
Et parlons de la soi-disant bonne gouvernance qui aurait commencé
avec la Conférence National. Il faut savoir qu'à son
début le Congo comptait 1.600.000 salariés. A la fin
de la période de transition en 1996 le Congo avait perdu
600.000 emplois sur un total de 1,6 million. Le revenu annuel par
habitant avait chuté de 295 $ à 133 $.
Kabila
pire que Mobutu?
La déclaration gouvernementale affirme que ces trois dernières
années la situation au Congo, Rwanda et Burundi s'est gravement
détériorée. C'est un raccourci qui falsifie
complètement le contenu des trois étappes très
différentes que le Congo a parcouru entre octobre 1996 et
décembre 1998. Parlons d'abord de la période octobre
1996 - 17 mai 1997. Pendant la "transition" la volonté
populaire était de chasser Mobutu et les Mobutistes. Pendant
6 à 7 ans le peuple a constaté que ses dirigeants
soi-disant démocratiques n'étaient pas capable de
chasser Mobutu et le Mobutisme et qu'ils n'en avaient nullement
l'intention.
C'est la lutte armée de libération menée par
les forces de Kabila et ses alliés rwandais, ougandais et
angolais qui a permis de réaliser le vieux rêve du
peuple congolais: chasser le Mobutisme. Par cet acte Kabila a acquis
une légitimité démocratique et populaire indéniable.
Or les "démocraties" occidentales ne considèrent
comme démocrates que ceux qui acceptent d'être leur
marionnettes.
C'est pour cette raison que immédiatement a commencé
une campagne haineuse et dénigrante contre le nouveau régime
nationaliste. Kabila a été accusé d'un génocide
des hutus. Tout congolais sait que si des hutus ont été
massacrés pendant la campagne de l'AFDL c'était l'œuvre
de l'armée rwandaise.
Kabila a été accusé d'être dictateur.
Or c'est lui et lui seul, qui s'est montré capable de chasser
le dictateur et la dictature qui a régné pendant plus
de 30 ans. L'Occident le traite de "dictateur" parce qu'il
a mis fin à la "démocratie" de la Conférence
Nationale, mais cette "démocratie" a justement
éternisé le règne de Mobutu!
Le
terme bonne gouvernance est réservé par l'Occident
à ses marionnettes.
Kabila a hérité un pays complètement ruiné
mais, l'Occident a immédiatement organisé une boycott
économique, a refusé de donner l'aide qui était
vitale pour la simple survie de la population. L'Occident a voulu
empêcher que Kabila réussisse la bonne gouvernance
qu'il avait promis.
Mais, contre toute attente, pendant la première année
du régime nationaliste, Kabila a réalisé 4
miracles. D'abord il a restauré la sécurité
des citoyens. En 3 à 4 mois Kabila a mis fin aux activités
des bandits et des ex-FAZ, qui tuaient et volaient. Ensuite l'Etat,
qui n'existait plus au début de 1997, a été
rétabli et a commencé de fonctionner à nouveau.
Trois: l'inflation qui certaines années montait jusqu'à
500 et 1000% a été maîtrisé. L'argent,
avait une valeur réelle. Et quatrièmement, Kabila
a réussi de insouffler un nouveau esprit nationaliste, un
esprit patriotique, un esprit de fierté d'être congolais
à une population qui a été droguée par
l'obscurantisme et la démagogie mobutiste.
Kabila
oui, Kabila non
La déclaration gouvernementale dit : "Nous devons soutenir
les forces qui aident à réaliser les conditions d'une
stabilité structurelle, d'un développement durable
et d'un combat contre la pauvreté."
Eh bien, en une année toute la population congolaise a pu
constaté que Kabila était en train de réaliser
effectivement une stabilité structurel qu'il avait commencé
un développement qui pouvait être durable et qu'il
a réussi les premiers pas de la lutte contre la pauvreté
en arrêtant l'inflation.
C'est l'agression rwando-ougandaise, déclenchée avec
l'aide des Etats-Unis, qui a complètement détruit
toute possibilité de stabilité structurel, de développement
durable et de combat contre la pauvreté. Cette guerre a fini
par détruire un pays qui était déjà
complètement à terre.
En effet, quand ces Etats-Unis ont vu que Kabila était en
train de réussir, ils ont décidé de réagir
et de renverser le régime nationaliste.
Ce sont les Etats-Unis qui ont préparés la guerre
d'agression contre le Congo nationaliste par l'intermédiaires
de leurs marionnettes le Rwanda et l'Ouganda. Le 2 août 1998
il y a eu un coup d'Etat qui avait pour but de tuer Kabila comme
on a tué en '61 Lumumba. Il a échoué. Ensuite
avec des avions détournés, plusieurs milliers de soldats
rwandais et ougandais ont débarqué à Kitona
dans le but de prendre la ville de Kinshasa.
L'impérialisme ne veut pas une stabilité structurel,
un développement durable et un combat contre la pauvreté
au Congo, sur une base nationaliste, sur la base de la mobilisation
de la population pour qu'elle assume sa propre destiné de
façon souveraine et indépendante.
L'analyse de l'agression rwando-ougandaise n'est pas difficile à
faire: la vérité saute aux yeux. Les organisations
réunis dans le Centre National de la Coopération au
Développement l'ont fait sans difficultés. Si le nouveau
gouvernement Verhofstadt refuse de reconnaître les vérités
évidents c'est parce qu'il y a trop d'intérêts
en jeu. Reprenons les vérités que le CNCD reconnaît
et qui aurait dûs être le point de départ de
la nouvelle politique congolaise de la Belgique: "Le Rwanda,
l'Ouganda et leurs alliés rebelles traitent l'Est du Congo
comme un arrière pays dont-il s'agit de plus en plus d'exploiter
les ressources. Ce véritable pillage à grande échelle
prend différentes formes:
La délocalisation des équipements industriels au profit
des pays agresseurs.
Le pillage des richesses nationales comme l'or, le diamant, le café,
le bois, qui sont exportées via le Rwanda et l'Ouganda.
L'exploitation de minerais rares dont le sous-sol du Kivu est particulièrement
riche est le monopole du Rwanda et met en jeu différentes
multinationales occidentales.
La guerre déclenchée au Congo via la Rwanda et l'Ouganda,
via les mouvements rebelles, est bien devenue aussi une guerre pour
l'appropriation des richesses du pays.
Le rôle des Etats-Unis dans la région n'est aujourd'hui
plus contestée par personne: que ce soit en soutien à
la victoire du Président Kabila: et de ses alliés
de l'époque ou que ce soit en appui dans la deuxième
guerre du Congo visant à se débarrasser du Président
Kabila. Agissant par acteurs interposés, les USA évoque
couramment l'idée d'un Congo ingouvernable remplacé
par un certain nombre de mini-Etats ou d'un pouvoir central affaibli
sur lequel les pays voisins exerceraient une sorte de protectorat.
Il s'agit bel et bien ici d'un politique de balkanisation. L'accès
aux richesses stratégiques du Congo en serait facilité.
Il est connu que depuis Léopold II, les USA ont toujours
été associé à une forme de mainmise
sur le matières premières congolaises.
Cette politique des USA semble pour le moment mise en échec
par la cohésion du peuple congolais autour de l'idée
de l'unité du pays et de l'affirmation de sa totale souveraineté
sur l'ensemble du territoire. Mise en échec également
par l'évolution politique du mouvement rebelle rejeté
par la population et qui va de division en division éprouvant
de plus en plus de difficultés à trouver une quelconque
cohésion."
2)
Trois thèses fondamentales dans le document gouvernemental
Thèse
1: "les parties importantes de l'Afrique sont caractérisé
par l'instabilité et par des conflits violents."
Cette instabilité et ces conflits sont présentés
comme des désastres et des catastrophes naturels. Il n'y
a aucune analyse des causes économiques et politiques de
l'instabilité et des conflits qui caractérisent l'Afrique.
Parlons d'abord de l'instabilité qui caractérise le
Congo depuis 1960. L'instabilité au Congo a commencé
avec le renversement du gouvernement Lumumba et l'assassinat du
premier ministre. Depuis 1960, la caractéristique principale
du Congo est d'être dominé par l'Occident, d'être
sous la domination économique, financière et politique
des forces de l'impérialisme. Comme cette domination a pour
but essentiel d'assurer les profits maximaux aux multinationales
extérieures au Congo, elle doit nécessairement entrer
en contradiction violente avec les aspirations et les besoins des
grandes masses pauvres.
Il ne pourra jamais y avoir de stabilité structurelle au
Congo aussi longtemps que ce pays reste sous la domination économique,
financière, politique et militaire de l'impérialisme.
L'impérialisme, pour régner au Congo, a besoin d'un
socle congolais. Elle a besoin de s'appuyer sur une bourgeoisie
dépendante, antipatriotique, qui est prêt à
s'enrichir à côté de la bourgeoisie occidentale
aux dépenses des masses populaires du pays.
L'histoire a prouvé que cette mince couche de grands bourgeois
inféodés aux intérêts occidentaux doit
nécessairement utiliser une violence souvent extrême
vis-à-vis des masses populaires. On l'a vu sous Adoula à
partir de 61, sous Tshombé à partir de 64, sous Mobutu
à partir de 65, sous le multimobutisme à partir de
90.
Quand il faut gérer un pays de 50 million d'habitants vivant
dans la pauvreté, le gérer de façon à
assurer le maximum de profit aux multinationales étrangères
et à une mince couche de grands bourgeois congolais, la violence
anti populaire est nécessairement permanente.
Regardons maintenant les trois types de conflits fondamentalement
différents que nous rencontrons au Rwanda et au Congo entre
1990 et 1999.
Depuis 1961 régnait au Rwanda une couche de grands bourgeois
se réclamant de l'idéologie "hutiste", elle
exploitait de façon féroce la grande masse de la population
paysanne hutu et discriminait la population dite tutsi. Contre cette
oppression et discrimination s'est levé le Front Patriotique
Rwandais. Il a mené le combat contre le régime de
Habyarimana sur un plate-forme démocratique et nationaliste.
Le régime s'est lancé dans un des crimes les plus
monstrueux de ce siècle: l'extermination de un million de
Tutsi et de Hutu avec le soutien actif ou tacite de l'impérialisme
français et de belge. Après la victoire du Front Patriotique
on a vu que dans le nouveau régime, très vite une
nouvelle minorité de bourgeois tutsi s'est emparés
de tous les pouvoirs dans l'arme, dans l'économie et dans
l'appareil de l'Etat. Elle constitue une couche très mince
des éléments bourgeois vendus à l'Occident
et s'enrichissant avec son soutien.
En 1996-1997 nous avons vu un autre conflit violent en Afrique centrale,
la lutte de l'AFDL. C'était un mouvement de libération
anti-mobutiste pour le peuple congolais et une lutte antifasciste
en ce qui concerne la participation rwandaise et angolaise. Le Rwanda
avait le devoir de mettre fin à la concentration des forces
fascistes hutistes à ses frontières. Et l'Angola avait
un intérêt vitale à renverser Mobutu qui a toujours
été le protecteur de l'UNITA.
A propos de cette lutte violente antimobutiste, les forces impérialistes
se sont divisés, les américains soutenant l'effort
pour en finir avec la dictature de Mobutu. Ils avaient l'espoir
de pouvoir construire après le départ de Mobutu, un
régime néo-coloniale, en gardant l'essentiel du personnel
mobutiste, sous leur contrôle. La France plus liés
au régime de Habyarimana, et au régime de Mobutuest
restée aux côtés de Mobutu jusqu'à la
fin. Elle a eu des contradiction importantes avec l'impérialisme
américain pendant la marche de l'AFDL.
Aujourd'hui nous nous trouvons au Congo devant un conflit armée
d'un tout autre caractère. La guerre déclenché
le 2 août 1998 est essentiellement une guerre américaine
dont le but est de mettre les mains sur les immenses richesses du
sous-sol congolais et de briser la politique nationaliste de Kabila.
Nous sommes en face d'une agression armée provoquée
et entretenue par l'impérialisme américain dans le
but d'empêcher que les richesses de Congo soient entre les
mains des congolais et profitent en premier lieu à la population
congolaise.
Thèse
2: "Le gouvernement belge intensifiera ses efforts en Afrique
centrale pour relever les nouveaux défis dans le domaine
de la maîtrise des conflits et de la construction de la paix."
Cette thèse part d'un préalable: la domination économique,
politique, financière et militaire de l'Occident sur l'Afrique
centrale sera maintenue et la grande bourgeoisie africaine, qui
est liée à l'Occident et lui sert de socle, sera soutenue
et défendue. Or ce sont là deux principales sources
de tous les conflits et de toutes les guerres en Afrique.
Dans ces conditions, la politique de la Belgique consiste à
maîtriser, contrôler, limiter ou briser les conflits
qui sont inévitables. Est inévitable la lutte entre
les fractions de la bourgeoisie et de la petite bourgeoisie congolaises
qui chacune essaie de s'emparer des postes clés dans l'appareil
de l'Etat pour s'enrichir au maximum dans un temps aussi bref que
possible. Ces luttes prennent souvent la forme de putchs militaires
ou d'insurrections. C'est à l'intention de ces classes et
fractions de classes que le gouvernement belge tient son discours
sur la "réconciliation" et la "démocratisation".
Pour consolider la domination étrangère, l'Occident
à intérêt que les différents fractions
de la bourgeoisie congolaise s'entendent et acceptent des règles
du jeu communs, qu'elles acceptent les règles de partage
du pouvoir et de l'alternance du pouvoir. La "démocratie"
signifie que les différentes fractions de la bourgeoisie
peuvent s'enrichir à tour de rôle pourvu qu'ils défendent
ensemble cette démocratie néo-coloniale contre toute
tentative de la masse populaire de se débarrasser de la domination
étrangère.
Ensuite il y a un second type de conflits inévitables, des
confits plus fondamentaux que l'Occident doit maîtriser. Il
s'agit du conflit entre les masses populaires et la domination étrangère.
La "démocratie" doit pouvoir empêcher les
masses populaires de lutter et de se soulever pour leur survie et
pour l'indépendance de leur pays. L'Occident a deux stratégies
pour y réussir. D'abord une stratégie de violence,
pour briser par la force armée et par les forces policières
toute tentative de soulèvement révolutionnaire de
la population du Congo.
C'est à ce propos que le gouvernement belge propose à
l'avenir de faire profiter le gouvernement congolais de son expérience
en ce qui concerne la réforme du système policier.
Or nous savons qu'en Belgique la police unique vers lequel notre
pays a évolué est une police anti-populaire, extrêmement
centralisée, disposant de moyens sophistiqués et de
méthodes perfectionnés pour contrôler, espionner
et mater la population.
Ensuite il y a une seconde méthode pour maîtriser le
conflit qui naît nécessairement de l'oppression de
la masse par l'impérialisme, c'est la méthode politique
et psychologique. Cette méthode est axé sur les notions
de "démocratie" et "d'Etat de droit".
Il s'agit d'organiser des élections soi-disant démocratiques
dans des conditions où l'argent, le soutien étranger
et l'appui de certaines forces rétrogrades nationales déterminent
l'issu. Des élections de ce type sont le meilleur moyen pour
légitimer la dictature néo-coloniale et le pouvoir
de la grande bourgeoisie inféodée à l'impérialisme.
Les masses opprimées et exploitées peuvent "librement"
voter pour une multitude de partis qui représentent les intérêts
de l'impérialisme, de la grande bourgeoisie locale et de
certaines forces de la petite-bourgeoisie. Si après ces "élections
démocratiques", les masses osent s'insurger contre les
conditions de vie devenues impossibles, la répression violente
et l'intervention militaire auront une "légitimité"
internationale.
Thèse
3: "La stabilité structurelle axige des structures politiques
dynamiques et représentatives qui sont capables de gérer
pacifiquement les processus de changement."
Les "processus de changement" sont un autre terme pour
la "globalisation" ou, pour parler plus clairement, de
la récolonisation.
L'Occident exige la libéralisation des importations, permettant
ainsi à la production du monde impérialistes d'écraser
et d'éliminer les industries et les entreprises congolaises.
L'Occident exige des conditions optimales pour des investissements
occidentaux en Afrique, et elle impose en même temps des programmes
de privatisation. Ce qui revient à dire que les noyaux essentiels
de l'économie nationale et les richesses du sous-sol retombent
aux mains des multinationales étrangères, comme du
temps de la colonie. L'Occident impose les diktats du FMI qui déterminent
la politique budgétaire du gouvernement. L'Occident prône
un démantèlement progressif des Etats africaines ce
qui rend impossible toute résistance organisée des
opprimés contre la mainmise de l'impérialisme et contre
la ré colonisation. Et finalement l'impérialisme impose
des formes de recolonisation militaire. L'Occident veut former des
unités d'élite dans différentes armées
africaines, unités qu'il pourra utiliser dans des opérations
de maintien de l'ordre et d'intervention contre des mouvements sociaux
et contre des mouvements insurrectionnels. Ces forces africaines
deviendront une force des mercenaires au service des intérêts
de l'Occident.
Voilà les "changements" qu'il fut pouvoir "gérer
pacifiquement" grâce à … la démocratie!
La bourgeoisie belge et européenne sait parfaitement qu'une
"stabilité structurelle" durable au Congo est impossble
dans les conditions de la domination néo-coloniales. C'est
pourquoi elle se prépare à la répression et
à des interventions militaires.
Nous touchons ici à l'essentiel de la "démocratie"telle
qu'elle est prôné par l'impérialisme en Afrique.
Il s'agit d'une mascarade de démocratie dont les acteurs
sont uniquement des éléments de la grande bourgeoisie
locale et d'une fraction de la petite-bourgeoisie qui veut se hisser
au niveau des grands bourgeois. C'est une démocratie qui
sert à faire passer toutes les mesures de recolonisation
voulues par l'impérialisme, tout en empêchant les masses
populaires de se révolter et de lutter contre la trahison
nationale.
En fait, un stabilité structurelle n'est possible qu'à
condition que les pays africains reconquièrent leur indépendance
et leur souveraineté et qu'ils soient capables d'utiliser
les richesses de leurs sous-sols et de leurs terres, d'utiliser
le potentiel humaine qui est le leur, au profit d'un développement
autocentré axé sur les besoins des populations pauvres.
Il n'y aura de stabilité structurel qu'au moment où
les pays africains et le Congo auront la froce de traiter d'égal
à égal avec les pays occidentaux dans des rapports
basés sur le principe des avantages réciproques.
3)
L'agenda du peuple congolais et celui du gouvernement belge
Celui
qui veut la paix doit dénoncer les agresseurs
Le gouvernement Verhofstadt promet de pratiquer une politique plus
active et plus cohérente envers l’Afrique et le Congo.
Sa politique va se faire en deux phases : d'abord une phase de ´partenariat
vers la paix ª aussi longtemps que la guerre continue, ensuite une
phase de ´partenariat dans la paix et la stabilité
structurelle ª. Pendant cette période de guerre nous observerons
l'attitude du gouvernement et du peuple congolais et ses objectifs
et ensuite nous allons les comparer aux objectifs du gouvernement
belge.
Voyons d’abord quels sont les objectifs essentiels du peuple
et du gouvernement congolais aussi longtemps que dure la guerre.
Ces objectifs se trouvent dans la Résolution 1234 du Conseil
de Sécurité, adoptée le 9 avril 1999.
La résolution de l’ONU rappelle ´le principe
de l'inviolabilité des frontières nationales des Etats
africains ª. Elle rappelle ensuite ´le droit naturel de légitime
défense individuelle et collective ª. Plus loin elle ´réaffirme
que tous les Etats ont l'obligation de respecter l'intégrité
territoriale, l'indépendance politique et la souveraineté
nationale de la République Démocratique du Congo …
et qu'ils sont notamment tenus à s'abstenir de recourir à
la menace ou à l'emploi de la force. Tous les Etats doivent
s'abstenir de toute ingérence dans les affaires intérieures
des autres Etats." Le Conseil de sécurité de
l'ONU ´déplore … que des forces d’Etats
étrangers demeurent en République du Congo dans des
conditions incompatibles avec les principes de la Charte des Nations
Unies et demande à ces Etats de mettre fin à la présence
de ces forces non-invités et de prendre immédiatement
des mesures à cet effet."
On comprend que le peuple et le gouvernement congolais commencent
à être énervés puisqu'il y a une décision
formelle qui date depuis presque neuf mois, mais les ´forces
non-invitées ª n’ont pas encore bougé d’un
pouce. Au contraire, les agresseurs ont encore renforcé leur
présence militaire et augmentée la quantité
de leurs armes lourdes.
Aujourd’hui, l'objectif principal du peuple congolais et du
gouvernement est donc de mettre les agresseurs dehors.
Tout dépend de cela. En effet, depuis une année on
constate que la ´rébellion ª est une fiction, qu’elle
est tellement divisée qu’au moment où les agresseurs
doivent se retirer, elle s'effondrera complètement. Alors,
dès que les agresseurs auront quitté le territoire
congolais, il sera facile de réaliser une entente nationale
sur des questions clés qui sont la tenu des élections
dans un délai rapproché et l'adoption d'un projet
de constitution et sa soumission à un référendum
national.
Le peuple congolais qui poursuit ces objectifs, n'ignore pas que
les agresseurs ont pu mépriser une résolution formelle
de l'ONU parce qu'ils ont le soutien des Etats-Unis. Les Congolais
savent que les Etats-Unis soutiennent les agresseurs dans leurs
refus d’appliquer la résolution 1234 et qu’ils
laissent durer l'agression et le pillage du Congo. Ils le font dans
l’intention d’imposer un débat national où
le gouvernement Kabila sera mis en minorité et où
on pourra renverser le gouvernement nationaliste par une sorte de
coup d'Etat parlementaire. Ils font aussi durer cette guerre d'agression
pour réaliser la partition de fait du Congo. Et font durer
l’occupation pour que l'ONU puisse s'installer au Congo dans
des conditions qui permettent aux Américains de s'ingérer
dans les affaires intérieures du Congo et d’isoler
Kabila et son gouvernement.
Mais tout le peuple congolais comprend que si les agresseurs s'installent
dans la durée, le Congo se retrouvera dans la situation de
l'Angola et aura une guerre qui n'en finit pas et qui causera des
destructions et des morts innombrables. C'est une perspective que
le peuple veut éviter à tout prix. Le peuple comprend
qu'il lui faudra concentrer toutes ses forces pour bouter dehors
les agresseurs et pour réaliser ce que la Résolution
de l'ONU a décidé : le départ des ´forces
non-invitées ª.
Il y a un accord de plus en plus large parmi les Congolais sur quatre
points décisifs. D’abord, il faut renforcer l'armée
nationale. Puis, il faut intensifier la guerre populaire dans les
territoires occupés. Ensuite, il est nécessaire de
mener une campagne pour l’éveil patriotique pour que
la population soutienne l'armée et les Forces d’autodéfense
populaire et qu'elle se prépare à l'éventualité
que les agresseurs fassent des nouvelles percées dans l'avenir.
Et finalement, il faut renforcer l'unité de tous les patriotes
congolais autour du président Kabila parce qu'il est le seul
garant, dans les conditions actuelles, de l'unité, de l'indépendance
et de la souveraineté du Congo. Kabila est en effet le moteur
principal pour la mobilisation militaire et politique de toutes
les forces vives du Congo qui veulent mettre fin à l’agression
et l’occupation.
Partenariat
avec qui?
Voyons maintenant la politique que le gouvernement belge se propose
d'adopter pendant cette période de guerre au Congo.
Il a l’intention de libérer plus de moyens financiers
pour satisfaire les besoins les plus urgents dans les domaines où
la situation est catastrophique, les domaines social et économique.
Deux : le gouvernement belge veut développer un partenariat
avec ´les acteurs congolais de la paix ª, pour ´la maîtrise
de conflits ª et pour ´l’organisation de concertations
dans les zones de conflits ª.
Cela implique que le gouvernement belge s'oppose aux objectifs du
peuple et du gouvernement congolais, qu’il ne veut apporter
aucune aide aux efforts du gouvernement et du peuple congolais pour
mettre dehors l'agresseur dans les délais les plus courts.
L'effort du gouvernement belge ira aux soi-disant ´acteurs
de la paix ª, c'est le soutien aux forces qui parlent de la ´paix
ª dans un esprit de capitulation et qui paralysent les efforts de
défense. C'est un soutien aux forces qui disent soutenir
ni Kabila, ni les rebelles et qui veulent profiter de la guerre
d'agression pour renverser Kabila et le gouvernement de salut public
pour les remplacer par un gouvernement du type Conférence
nationale souveraine. Cette politique "ni les rebelles, ni
Kabila" contribue à paralyser l'effort de guerre et
à faciliter la progression des agresseurs.
Ensuite, le gouvernement belge affirme qu'il va libérer financiers
pour soutenir ´des acteurs qui défendent les droits
de l'hommeª. Mais si le gouvernement belge veut réellement
défendre les droits de l'homme au Congo, il est évident
que la principale action à entreprendre est de soutenir les
forces qui veulent mettre les agresseurs hors du Congo. Puisque
les violations flagrantes et révoltantes des droits de l'homme
sont essentiellement liées à l'agression et à
l'occupation des territoires congolais. A l’Est du pays, les
occupants rwandais et ougandais tuent, massacrent, affament la population,
détruisent les installations industrielles et les infrastructures,
pillent les richesses du pays, sabotent les soins médicaux
et les campagnes de vaccination et causent des morts par dizaines
de milliers. Comment le gouvernement belge peut-il ne pas soutenir
le gouvernement légal du Congo dans ses efforts pour libérer
le pays et mettre fin à ces violations criantes des droits
de l'homme criantes ?
Le gouvernement belge prétend soutenir les forces qui défendent
un ´ Etat de droit ª. Mais alors il lui faut soutenir la principale
force qui défend l'Etat de droit au Congo, c’est-à-dire
le gouvernement légal. N’est-ce pas évident
qu’il ne peut pas y avoir un ´Etat de droit ª dans un
pays occupé qui a perdu son indépendance et sa souveraineté
? C'est le gouvernement de Kabila qui se bat pour le premier principe
d'un Etat de droit : ne pas être soumis à l'agression,
à l'occupation et au pillage de ses richesses.
De
l'aide piégée
Après la première phase du partenariat, viendra une
seconde, lorsque la paix sera rétablie. Le gouvernement belge
se propose à ce moment d'augmenter de façon substantielle
la coopération et le soutien financier au Congo.
Il promet son soutien au processus de reconstruction, mais il s’agit
d’un soutien conditionnel, marqué par une tendance
très nette à l'ingérence dans les affaires
intérieures du Congo. Le gouvernement belge se propose de
´la réconciliation nationale ª et ´l’institutionnalisation
de la démocratie ª. Dans le langage de l'Occident, cela signifie
réconciliation entre les nationalistes et les différents
partis pro-occidentaux qui ont fait le beau temps sous le mobutisme.
Or la revendication du peuple congolais pour l’après-guerre
n'est pas du tout une ´réconciliation ª mais la tenue
d'élections démocratiques qui donneront une majorité
qui gouvernera sur base d’un programme précis soutenu
par le peuple.
Quant à ´l’institutionnalisation de la démocratie
ª, le peuple congolais craint fort que l’Occident dictera
une fois de plus quelles sont les formes de ´démocratie
ª qui conviennent en Afrique. Concrètement : une démocratie
faite à la taille des forces pro-impérialistes, à
la taille de ceux qui ont de l'argent et qui ont des relations à
l'étranger. Une démocratie où la masse pauvre
de la population est exclue. Or, le gouvernement congolais actuel
est à la recherche de formes de démocratie populaire,
adaptées à la réalité congolaise et
il a fait les premières expériences dans l’organisation
de Comités du pouvoir populaire.
Ensuite le gouvernement belge veut soutenir les ´efforts pour
une intégration régionale ª. Or, le principe essentiel
du gouvernement congolais est celui de l'indépendance nationale
du Congo, de la collaboration et avec les pays qui respectent cette
indépendance et qui s'abstiennent de s'ingérer dans
les affaires intérieures du Congo. Aujourd’hui la formule
´intégration régionale ª est prônée
par les Etats-Unis, par le Rwanda et par l'Ouganda pour pouvoir
rattacher, dans le domaine économique, les provinces du Kivu
et la Province Orientale à l’Ouganda et au Rwanda.
Troisièmement, le gouvernement belge se propose de libérer
des moyens financiers pour aider à ´réformer
le secteur de la sécurité ª au Congo. Plus particulièrement
la Belgique propose de vendre la capacité et l'expertise
belges dans le domaine des ´réformes de la police et
de la justice ª. On sait que ces réformes en Belgique ont
renforcé le caractère répressif et anti-populaire
des services policiers qui sont maintenant concentrés dans
une police unique pratiquement incontrôlable.
4)
Comment juger la nouvelle politique du gouvernement libéral,
social-démocrate et écologiste vis-à-vis du
Congo ?
Il faut se rappeler que pendant les dernières années
de Mobutu, la Belgique s'était pratiquement retirée
des affaires congolaises et que pendant les deux premières
années du gouvernement, la Belgique a participé au
boycott économique de ce pays.
Le Congo était déjà détruit à
la fin de la période mobutiste. A la sortie de la guerre
actuelle, le Congo sera véritablement ruiné. Il aura
besoin de partenariats avec des pays étrangers, entre autres
occidentaux, partenariats basés sur des relations d'égalité,
sans ingérence et basées sur le principe des avantages
réciproque.
Il est clair que le peuple et le gouvernement congolais sont très
bien disposés par rapport à la Belgique. Les mauvais
souvenirs de l'exploitation et l'oppression coloniale se sont dissipés
à la mesure que le temps est passé et surtout à
mesure que le mobutisme à crée une misère et
une oppression qui ont dépassé les affres de la colonisation.
De cette colonisation, le peuple congolais veut retenir aujourd'hui
surtout la construction des routes, d'infrastructures, d'entreprises,
d'écoles, d'infrastructures médicales etc. En plus,
depuis 35 ans le peuple congolais a fait l'expérience que
des puissances comme la France et les Etats-Unis forment une plus
grande menace pour le Congo que la Belgique qui est un petit pays
affaibli. Il n'y a pas de doute que la décision du gouvernement
belge de se montrer plus actif vis-à-vis du Congo et de libérer
des moyens plus substantiels sera bien accueillie.
Cette nouvelle politique est surtout l’œuvre des deux
forces qui sont entrées récemment au gouvernement.
Il y a d'abord les écologistes qui depuis 1990 s'opposent
à Mobutu et au Mobutisme et qui ont soutenu les efforts de
la Conférence Nationale souveraine. Parmi les écologistes,
il y a des responsables qui sont prêts à écouter
sans préjugés les forces nationalistes qui veulent
reconstruire le Congo.
D'autre part, il y a les libéraux qui, au nom de l'intérêt
du patronat belge, ont été les premiers a exiger que
la Belgique renoue avec le Congo. Il faut dire que les partis libéraux
en Belgique sont les seuls à avoir la nostalgie coloniale.
Ils ont toujours été les défenseurs les plus
acharnés de l'œuvre coloniale et celui depuis Léopold
II jusqu'en 1960. Ce sont les libéraux qui ont soutenu avec
force les sécessions du Katanga et du Sud-Kasaï. Ils
se sont acharnés le plus contre le gouvernement de Lumumba.
Ce sont les partis libéraux qui, en '94 déjà,
voulaient renouer avec Mobutu.
Mais quelle que soit la motivation idéologique et financière
des libéraux pour intensifier les relations avec le Congo,
il n'y a pas de doute que le gouvernement et le peuple congolais
soutiendra tout rapprochement entre le Congo et la Belgique.
L'intérêt nouveau pour le Congo sera concrétisé
dans trois domaines.
D'abord, le nouveau gouvernement a décidé d’augmenter
le budget de l'aide au développement pour le Congo, le Rwanda
et le Burundi. Deuxièmement, le gouvernement a décidé
de renforcer les sections administratives qui s'occupent de l'aide
au développement de ces trois pays. Et troisièmement,
des mesures organisationnelles spéciales sont prises : le
gouvernement nommera un émissaire spécial qui sera
chargé de diriger et de coordonner les efforts de la Belgique
en Afrique centrale. Cet émissaire sera assisté par
un expert de la coopération hautement qualifié qui
devra renforcer les capacités de la Belgique d’analyser
les problèmes de la région.
Faisons une dernière remarque. Le peuple et le gouvernement
congolais ont en général beaucoup d'illusions sur
la marge de manœuvre dont dispose la Belgique dans les conditions
internationales d'aujourd'hui. En effet, le nouveau gouvernement
situe sa nouvelle politique africaine dans le cadre plus globale
de l'Europe, de l'Occident et des institutions financières
internationales comme le FMI.
Le gouvernement belge soutient avec beaucoup de force le sommet
Europe-Afrique qui aura lieu dans l'année 2000 et espère
qu'une ´politique européenne plus actives et cohérente
ª sera définie dans les années à venir pour
l'Afrique en général et l'Afrique centrale en particulier.
Ensuite le gouvernement belge souligne qu’après le
rétablissement de la paix au Congo, il faudra une plus grande
coopération et coordination au sein de la communauté
internationale pour ce qui concerne l'aide au Congo. Le mot ´communauté
internationale ª signifie ici : l'Europe et les Etats-Unis.
Troisièmement, le gouvernement belge prône une concertation
avec les institutions financières internationale dont le
FMI pour ´définir la conditionnalité de l'aide
budgétaire à apporter à l'avenir aux pays de
l'Afrique centrale ª.
Et finalement la Belgique soutient les mesures de recolonisation
militaires qui sont préparées aujourd'hui aussi bien
par les Etats-Unis que par la France. Le programme gouvernemental
appuie explicitement les initiatives qui s'appellent African Crisis
Response Initiative, pour ce qui concerne les Etats-Unis et le projet
appelé Renforcement de la capacité africaine du Maintien
de la Paix, organisé et financé par la France.
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