Une observation de la situation actuelle
montre qu’en RD Congo, les Mobutistes sont de retour dans
les institutions actuelles. Nous avons trouvé 15 mobutistes
"gros calibre" dans le "gouvernement inclusif".
Certains ont déjà du quitter le gouverrnement à
cause des accusations de corruption. Mais ils restent présent
à des postes importants.
Ensemble avec les agents rwandais, ils dominent
le RCD-Rwanda : l'ancien bras droit de Mobutu, Banza Mukalay,
était au gouvernement pour le RCD, Ondekane,
MPR-FAZ, était ministre de la Défense, Joseph
Mudumbi, MPR et membre du noyau dur pro-rwandais, gérait
le Portefeuille.
Quant au MLC : c’est le plus grand
dépotoir de mobutistes. Il avait placé Tambwe
Mwamba, François Mwamba, José Endundu, Omer Egwake
et José Engwanda dans le gouvernement
d’union nationale.
Du côté "Opposition",
nous trouvons Nzuzi wa Mbombo, Kisimba Ngoy, Diomi Ndongala,
Kamanda wa Kamanda…
En tout, trente et un mobutistes et rebelles
constituent aujourd’hui la majorité du gouvernement
"inclusif"…
On se souvient que le peuple congolais a
jubilé lorsque Laurent Kabila a balayé en 1997 les
37 ans de règne du mobutisme triomphant. En effet, les
gros calibres du mobutisme avaient pris la fuite devant cette
révolution populaire du 17 mai 1997, emportant les fortunes
qu'ils ont amassées. Le peuple, qui a fêté
le départ de ces colons noirs en mai 97, s'exclame aujourd'hui
: "Ces gens qui ont tout détruit, vont encore
revenir nous commander ? Nous n'en voulons plus !"
Qu’est-ce qui est à
l’origine du retour des mobutistes ?
Ce retour en force de ces barrons de la deuxième république
n’est pas un simple accident de l’Histoire. Il a été
rendu possible par la guerre d'agression rwando-ougandaise patronnée
par les Etats-Uni, ainsi que par l’Accord global et inclusif
qui en est issu pour régir la transition et qui a été
imposé à Sun-City et Pretoria par les Etats-Unis
et l'Afrique du Sud.
Dès le début de la guerre
d’agression, les anciens compagnons du dictateur zaïrois
ont investi une partie de leurs fonds détournés
dans la rébellion - agression. Certaines vedettes de l’ancien
régime sont mêmes devenues chefs de la rébellion
: l'ancien premier ministre MPR, Lunda Bululu,
a été à la tête du RCD-Rwanda puis
du MLC-Ouganda, Tambwe Mwamba se disait être
"le concepteur de la rébellion", le
général Ilunga Shamanga était
devenu le commandant en chef de l'armée rebelle et des
dizaines d'autres officiers ex-FAZ ont pris la même voie.
Aux négociations à Sun City
et à Pretoria, les forces étrangères avaient
amené une majorité mobutiste pourrie. Cette vieille
garde mobutiste était renforcée par quelques jeunes
arrivistes. Signé en Afrique du sud, l’accord global
et inclusif, comme son nom le dit bien, a imposé aux Congolais,
au nom d’un gouvernement de toutes les sensibilités,
le retour des Mobutistes de tous les calibres.
Il est nécessaire de clarifier un
aspect important de cet accord : il a été
imposé par les USA via l’Afrique du sud.
Ces deux pays ont puisé, contre l'avis du peuple congolais,
dans la famille politique mobutiste irrémédiablement
pourrie pour placer à la tête de l'Etat des hommes
qui ont ruiné et ravagé, qui ont aidé les
agresseurs rwando-ougandais dans leurs massacres et pillages !
Tout cela pour fragiliser encore plus un Etat déjà
extrêmement faible et rendre très facile aux puissances
hostiles au Congo de recruter des agents à tous les niveaux
du pouvoir.
Il faut aussi remarquer que tous les acolytes
de Mobutu ne sont pas encore rentrés sur la scène.
Mais certains s’agitent exceptionnellement ces derniers
temps pour réussir un retour en force. C’est le cas
de Honoré N’gbanda – ancien
bras droit du marechal-dictateur. Comme vous le savez, N’gbanda,
à la recherche d’une virginité politique,
vient de publier son dernier livre. Terminator veut rentrer dans
l’arène politique en trompant la vigilance des Congolais.
Il nous parraît donc essentiel d'analyser
les caractéristiques du système criminel mobutiste
qui a ravagé en 35 années notre pays.