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Commémoration du 35ème anniversaire de la mort de Pierre Mulele

 

 

 

 

 

 

Les crimes commis par le président Mobutu sont de diverses natures

Contribution de Damien VUWA MENAYAME, Ingénieur Congolais

A part des enlèvements, des tortures, des éliminations physiques, il faudra ajouter à cela des crimes économiques, intellectuels ou culturels qui ont eu des conséquences graves directes sur la population.
Ses crimes qui se comptent par milliers, parmi lesquels ceux s'inscrivant dans la logique de la guerre froide hors du territoire national comme en Angola, en République centrafricaine, en Zambie, en Ouganda, au Rwanda, au Burundi, au Congo-brazza... tant pour son compte personnel que pour les intêrets des USA.
Il est difficile de dresser un bilan réel sur les atrocités du régime de Mobutu tant que ses anciens collaborateurs ne prendront pas le courage d'en parler sous forme des témoignages. J'aurais bien souhaité que Honoré Ngdanda publie " les crimes organisés au Zaire par le clan Mobutu"
en lieu et place de rendre public, ceux commis en Afrique centrale.
Il est aussi à noter que Mobutu ne s'était pas soucié de construire une armée cohérente qui soit un veritable corps de défense nationale, car il savait qu'à moindre agression extérieure, ses parrains français et marocains lui prêteraient mains fortes, comme ce fut le cas avec la guerre de 80 jours ou celle de 7 jours dans le Shaba.
Ce qui l'interessait le plus était de faire de cette armée, un instrument au service exclusif de son pouvoir, en le transformant en un véritable appareil de répression contre la population. La DSP ,seule unité de l'armée super entrainée et super équipée avait cette mission macabre d'envoyer dans l'au déla tous Zairois réfusant d'adhérer à l'ideologie mobutiste.
Les corps de plusieurs personnes enlevées et tuées ont été jetés dans le fleuve Congo durant ses 32 ans de dictature sanglante, ajouter à cela des tueries lors des diverses manifestations pacifiques de réligieux et des étudiants à Kinshasa; en passant par le massacre des étudiants du campus de Lubumbashi. Sans compter des opposants morts par empoisonnements lors de la conférence nationale souveraine.
Eliminer physiquement ses opposants était une obsession pour Mobutu et, avant même son ascension au pouvoir, il avait déjà envoyé Patrice Emery Lumumba et ses proches vers la mort. On citera aussi Pierre Mulele, Tshombé... pour ne citer que les plus connus. On se rappelera que Mobutu n'avait pas hésité à faire pendre en public 3 opposants dont Evariste Kimba, malgré l'opposition de vatican.
Mobutu avait aussi fait passer aux armes plusieurs officiers militaires de haut rang, ainsi que certains politiciens en les accusant injustement et sans preuves , de fomenter un coup d'état contre lui en montant lui-même cette mise en scène. Parmi ceux là ,on se souviendra de Kudiakubanza , ou encore du capitaine Kalume. Cette mise en scène, Mobutu la répetera encore plus tard renvoyant ainsi à la mort, certains militaires de carrière qui répresentaient à ses yeux une menace pour son pouvoir. Parmi lesquels je citerai le général Masiala, mort dans des conditions floues non encore élucidées à ce jour.
La démonétisation mal engagée a été un crime écono mique car mal calculée , elle n'a pas pu apporter les résultats escomptés,mais plûtot rajouter bien de malheurs à la population déjà meurtrie par une économie désastreuse.
En remplaçant les cours de l'éducation civique et morale par le cours de mobutisme, Mobutu avait choisi d'aliéner la jeunesse en lui enlévant la culture du savoir être, pour une culture de jouissance dont les conséquences se lisent encore dans le comportement de nos compatriotes.
Ceci constitue un grand crime intellectuel contre son peuple.
Je dois souligner par ailleurs que le fait de soumettre son peuple à un travail forcé tous les samedis, " le salongo" était un crime d'esclavagisme.
Après plusieurs programmes politiques ratés, perpétués par des slogans ; retroussons les manches - salongo alinga mosala - objectif 80-moto na moto abongisa - plan mobutu - plus rien ne sera comme avant - le septenat du social - tout doit changer,tout va changer...face à un peuple affamé
Sese seko prescrivait son ordonnance médicale : la cure d'eau. Conseillant ainsi au peuple affamé de boire tous les matins deux verres d'eau bien remplis.
Cette farce peut être assimilée à un crime.

Damien VUWA MENAYAME
Ingénieur Congolais