Les
crimes commis par le président Mobutu sont de diverses
natures
Contribution
de Damien VUWA MENAYAME, Ingénieur Congolais
A part
des enlèvements, des tortures, des éliminations
physiques, il faudra ajouter à cela des crimes économiques,
intellectuels ou culturels qui ont eu des conséquences
graves directes sur la population.
Ses crimes qui se comptent par milliers, parmi lesquels ceux s'inscrivant
dans la logique de la guerre froide hors du territoire national
comme en Angola, en République centrafricaine, en Zambie,
en Ouganda, au Rwanda, au Burundi, au Congo-brazza... tant pour
son compte personnel que pour les intêrets des USA.
Il est difficile de dresser un bilan réel sur les atrocités
du régime de Mobutu tant que ses anciens collaborateurs
ne prendront pas le courage d'en parler sous forme des témoignages.
J'aurais bien souhaité que Honoré Ngdanda publie
" les crimes organisés au Zaire par le clan Mobutu"
en lieu et place de rendre public, ceux commis en Afrique centrale.
Il est aussi à noter que Mobutu ne s'était pas soucié
de construire une armée cohérente qui soit un veritable
corps de défense nationale, car il savait qu'à moindre
agression extérieure, ses parrains français et marocains
lui prêteraient mains fortes, comme ce fut le cas avec la
guerre de 80 jours ou celle de 7 jours dans le Shaba.
Ce qui l'interessait le plus était de faire de cette armée,
un instrument au service exclusif de son pouvoir, en le transformant
en un véritable appareil de répression contre la
population. La DSP ,seule unité de l'armée super
entrainée et super équipée avait cette mission
macabre d'envoyer dans l'au déla tous Zairois réfusant
d'adhérer à l'ideologie mobutiste.
Les corps de plusieurs personnes enlevées et tuées
ont été jetés dans le fleuve Congo durant
ses 32 ans de dictature sanglante, ajouter à cela des tueries
lors des diverses manifestations pacifiques de réligieux
et des étudiants à Kinshasa; en passant par le massacre
des étudiants du campus de Lubumbashi. Sans compter des
opposants morts par empoisonnements lors de la conférence
nationale souveraine.
Eliminer physiquement ses opposants était une obsession
pour Mobutu et, avant même son ascension au pouvoir, il
avait déjà envoyé Patrice Emery Lumumba et
ses proches vers la mort. On citera aussi Pierre Mulele, Tshombé...
pour ne citer que les plus connus. On se rappelera que Mobutu
n'avait pas hésité à faire pendre en public
3 opposants dont Evariste Kimba, malgré l'opposition de
vatican.
Mobutu avait aussi fait passer aux armes plusieurs officiers militaires
de haut rang, ainsi que certains politiciens en les accusant injustement
et sans preuves , de fomenter un coup d'état contre lui
en montant lui-même cette mise en scène. Parmi ceux
là ,on se souviendra de Kudiakubanza , ou encore du capitaine
Kalume. Cette mise en scène, Mobutu la répetera
encore plus tard renvoyant ainsi à la mort, certains militaires
de carrière qui répresentaient à ses yeux
une menace pour son pouvoir. Parmi lesquels je citerai le général
Masiala, mort dans des conditions floues non encore élucidées
à ce jour.
La démonétisation mal engagée a été
un crime écono mique car mal calculée , elle n'a
pas pu apporter les résultats escomptés,mais plûtot
rajouter bien de malheurs à la population déjà
meurtrie par une économie désastreuse.
En remplaçant les cours de l'éducation civique et
morale par le cours de mobutisme, Mobutu avait choisi d'aliéner
la jeunesse en lui enlévant la culture du savoir être,
pour une culture de jouissance dont les conséquences se
lisent encore dans le comportement de nos compatriotes.
Ceci constitue un grand crime intellectuel contre son peuple.
Je dois souligner par ailleurs que le fait de soumettre son peuple
à un travail forcé tous les samedis, " le salongo"
était un crime d'esclavagisme.
Après plusieurs programmes politiques ratés, perpétués
par des slogans ; retroussons les manches - salongo alinga mosala
- objectif 80-moto na moto abongisa - plan mobutu - plus rien
ne sera comme avant - le septenat du social - tout doit changer,tout
va changer...face à un peuple affamé
Sese seko prescrivait son ordonnance médicale : la cure
d'eau. Conseillant ainsi au peuple affamé de boire tous
les matins deux verres d'eau bien remplis.
Cette farce peut être assimilée à un crime.
Damien VUWA MENAYAME
Ingénieur Congolais