Réaliser
l'unité des kabilistes et nationalistes, combattre les agresseurs
et les fauteurs de guerre civile
Déclaration de la Coordination des forces nationalistes
révolutionnaires Lumumbistes - Mulelistes - Kabilistes
20 mars - 22 avril 2003
Les partis et organisations soussignés, regroupés dans la
Coordination des forces lumumbistes, mulelistes et kabilistes saluent
chaleureusement l'initiative du Chef de l'Etat d'unir les kabilistes et
nationalistes.
Nous avons rédigé le 10 juin 2002 une première version
du Document d'orientation politique intitulé : "Pour la création
d'un Parti lumumbiste, muleliste, kabiliste unifié". Retravaillé
à trois reprises, le texte définitif sera rendu public dans
les semaines à venir.
Ensuite, 14 partis et organisations, y compris les Mai Mai du général
Padiri, ont signé notre déclaration du 15 décembre
2002, intitulée : "Non aux fauteurs de guerre civile à
Kinshasa ! Pour un pouvoir nationaliste fort !". Cette déclaration
a été faite pour impulser le travail de conscientisation
au sein des masses populaires. Elle a été diffusée
à 70.000 exemplaires à Kinshasa et dans onze autres villes,
y compris dans les territoires occupés.
Le Chef de l'Etat a pris l'initiative d'unir tous les kabilistes et nationalistes
qui s'engagent contre l'occupation du territoire national, contre la domination
extérieure, contre la dictature néocoloniale et contre le
sous-développement et la pauvreté. Cela concorde tout à
fait avec la thèse que nous avons défendue dans la Déclaration
du 15 décembre 2002 : "La cause du nationalisme congolaise
ne peut avancer qu'à condition de réunir dans un seul parti
toutes les organisations, groupes et militants nationalistes révolutionnaires
fidèles à l'héritage de Lumumba, de Mulele et de
Kabila et décidés à conscientiser et à organiser
les masses ouvrières, paysannes et populaires que nous chantons
dans l'Hymne des Opprimés."
1. S'unir sur une base idéologique et pour
un travail en unisson avec le peuple
Nous avons adopté trois principes essentiels que nous retrouvons
dans la démarche du Chef de l'Etat.
Le premier principe : il faut vaincre l'individualisme qui rend nos organisations
politiquement impuissantes ; seul la fusion des partis nationalistes révolutionnaires
peut nous donner la force nécessaire pour diriger les luttes populaires.
Le second principe : le parti unifié doit adopter une orientation
politique claire basée sur les acquis historiques de la saison
Lumumba, de la saison Mulele et de la saison Kabila.
Le troisième principe : nous ne nous engageons pas dans un Parti
nationaliste pour "chercher des postes" et pour "bouffer".
Les kabilistes révolutionnaires s'engagent à faire un travail
de longue haleine pour conscientiser, organiser et mobiliser les masses
populaires en vue des luttes prolongées pour la libération
totale de notre peuple.
Le Chef de l'Etat a dit : "L'unité est une valeur sacrée
de tous les nationalistes". Cette idée correspond à
notre premier principe. Et ces paroles font aussi mieux comprendre notre
grand étonnement d'avoir été délibérément
exclus lors des Assises par certains qui devaient exécuter les
instructions du Président.
Le Chef de l'Etat a dit également : "Les nationalistes ne
peuvent vaincre que s'ils agissent dans un fond idéologique et
à l'unisson avec le peuple". Ces paroles sont comme un résumé
de notre second et troisième principe. Dans notre entendement,
ceci implique que la fondation du nouveau Parti unifié des kabilistes
et nationalistes ne peut pas être un acte purement formel et bureaucratique.
Il faut des discussions sérieuses et approfondies pour définir
le fond idéologique de la nouvelle formation, comme pour définir
avec précision le travail de conscientisation, d'éducation
politique, d'organisation et de mobilisation à entreprendre au
sein des masses populaires.
Non aux ambitions individuelles, oui aux actions pour les intérêts
des masses
Un des responsables des Assises a développé deux points
auxquels nous souscrivons intégralement. "La référence
à Mzee Laurent Désiré Kabila, le monument 'historique',
doit cesser d'être considérée frauduleusement comme
passeport pour des ambitions individuelles." "Assumer la révolution
kabiliste, c'est s'engager dans l'unité et la discipline, dans
des actions salvatrices pour les intérêts des masses populaires."
La création du Parti des forces kabilistes et nationalistes est
décisive pour l'avenir de la révolution congolaise. Nous
devons forger ce Parti unifié comme l'arme essentielle pour vaincre
les immenses difficultés. Aussi, la création du Parti ne
peut se faire ni dans la précipitation, ni dans l'exclusion, ni
par la manipulation. La création du Parti exige des débats
politiques francs qui permettent d'envisager tous les aspects de la question
et d'éviter des erreurs de départ qui se payeront très
cher plus tard.
Lorsque ce responsable du PPRD évoque les références
frauduleuses à Mzee Kabila pour réaliser des ambitions individuelles,
il touche un point essentiel.
Depuis 1960, l'écrasante majorité des politiciens congolais
font de la politique "pour le poste": il s'agit d'arracher un
poste dans l'appareil d'état néocolonial pour "bouffer",
pour voler, pour faire du trafic d'influence, pour détourner des
fonds, pour "prélever" 20 à 40 % des sommes qui
passent par leurs mains, pour placer des réseaux de "clients"
qui doivent renvoyer de l'argent à leur "patron", pour
faire des magouilles financières avec des firmes étrangères
et avec les réseaux maffieux sur place…
Mzee Kabila a souvent souligné que ces habitudes perdurent sous
le régime nationaliste et qu'elles constituent un danger mortel
pour lui. "Il fallait absolument empêcher que le pouvoir (nationaliste)
devienne l'affaire d'un club d'amis qui se servaient du pouvoir d'Etat
pour s'enrichir et réprimer les autres". "Des continuateurs
de la IIe République devaient être éjectés
des instances dirigeantes du mouvement pour sauver la révolution
démocratique".
Lors de la création du Parti nationaliste kabiliste, il faut tenir
compte de ces expériences historiques et des conclusions que Mzee
en a tirées. Il faut prendre dès le départ des mesures
draconiennes pour que ces pratiques de la IIe République ne puissent
pas être réintroduites. Il faudra organiser la mobilisation
de tous les membres pour découvrir ceux qui transgressent ces règles
et sanctionner les coupables.
Unité dans la diversité de la famille nationaliste
Nous souscrivons entièrement à la position du Chef de l'Etat
que "l'unité est une valeur sacrée de tous les nationalistes
et patriotes". Nous rejoignons aussi la thèse du rapporteur
: "la frénésie à l'éparpillement doit
être freinée, car la désorganisation est le prélude
à une mort certaine".
En défendant fermement l'unité de la famille nationaliste,
il faut en même temps reconnaître les diversités qui
existent en son sein. Nous savons que Mzee Kabila a été
formé à l'école de la révolution chinoise
et qu'il a étudié en profondeur la doctrine marxiste-léniniste.
Nous savons également que d'autres membres de la famille nationaliste
partent d'autres bases philosophiques.
Il faut donc réaliser l'unité des nationalistes lumumbistes,
mulelistes et kabilistes, tout en reconnaissant la diversité, sinon
on tombera dans la manipulation et l'imposition et on créera les
bases de scissions futures. Mais nous reconnaissons aussi qu'il faut éviter
d'avoir un parti "uni" qui compte autant de fractions qu'il
y a d'ambitions individuelles…
Pour être uni et fort, le nouveau parti doit être basé
sur la démocratie au sein de la famille nationaliste. Différentes
tendances, parmi lesquelles le PPRD et la Coordination des Forces lumumbistes,
mulelistes et kabilistes peuvent soumettre leurs thèses au Congrès
et celles qui obtiennent la majorité deviendront la base du travail
commun.
Un responsable du PPRD a affirmé lors des Assises que son parti
doit d'abord "expliquer à tous les kabilistes et nationalistes
son projet de société, son idéologie et sa doctrine."
Quant à la Coordination des forces lumumbistes, mulelistes et kabilistes,
elle défend le projet de société que Mzee Kabila
a défini dans ses discours sur les CPP. Nous nous rappelons que
Mzee aimait l'expression : "Les CPP sont le projet de société
du Président Kabila".
Nous ne connaissons pas de documents du PPRD sur l'idéologie, sur
l'actualité politique, sur le projet de société,
sur l'analyse de la situation internationale qui prouveraient sa supériorité
sur les autres courants du nationalisme congolais. Mais nous discuterons
de façon responsable tous les documents que le PPRD soumettra au
Congrès de fondation en faisant ressortir nos accords et désaccords.
Le Parti nationaliste kabiliste doit avoir une direction unie qui compte
des représentants des différentes tendances. La direction
prendra à la majorité des décisions sur les questions
essentielles. Les différentes tendances dans le parti doivent être
basées sur des plates-formes politiques et idéologiques
clairement définies. Pour éviter l'éparpillement
des forces, il peut y avoir au maximum trois tendances et chacune doit
obtenir au moins 20 % des votes lors du Congrès.
2. Défendre le Pouvoir Populaire, le projet
de société de Mzee Kabila
La Coordination des forces lumumbistes, mulelistes et kabilistes estime
qu'au cours des Assisses du 6 au 11 mars une décision erronée,
indéfendable du point de vue kabbaliste, a été prise
en ce qui concerne les CPP. La dissolution des CPP y a été
annoncée et les membres du Directoire des CPP ont été
"versés" dans le PPRD. Quelques jours plus tard, la dissolution
des CPP a été entérinée par un décret
présidentiel.
Nous estimons que ce sont là des décisions prises à
la hâte, sans débat sur toutes les implications et tous les
dangers, sans consultation aucune avec les masses et avec les militants
qui sont pourtant la base du pouvoir nationaliste.
Les CPP sont la structure de l'état démocratique
nationaliste
Abordons d'abord la question du "versement" des cadres et membres
des CPP dans le PPRD.
Pour Mzee Kabila, les CPP sont fondamentalement différents d'un
parti politique. Le Pouvoir Populaire a été rendu possible
uniquement par la victoire de la révolution du 17 mai 1997 et il
s'organise à travers des élections démocratiques
basées sur une mobilisation consciente de toutes les masses populaires.
Une femme ou un homme, appartenant à n'importe quel parti politique,
peut être élu dans le CPP de la rue jusqu'au niveau national.
Les CPP sont la nouvelle structure de l'état nationaliste et démocratique
au service des masses populaires et protégeant ces masses populaires.
L'Etat du Pouvoir Populaire doit être à l'exacte opposée
de l'état néocoloniale. Ce dernier servait les intérêts
des puissances impérialistes habituées à régenter
le Congo, il servait les intérêts d'une mince couche de grands
bourgeois compradore et il était nécessairement répressif
vis-à-vis des masses populaires. L'Etat du Pouvoir Populaire est
au service de la nation congolaise, il sert essentiellement les masses
populaires dont il protège les intérêts et auxquelles
ils assurent une vie paisible, ses forces armées sont essentiellement
tournées contre les agresseurs extérieurs potentiels et
contre leurs agents. Mzee dit : « Nous venons de prendre le pouvoir
pour créer un Etat du peuple. » "Il s'agit de créer
un Etat populaire, un Etat du peuple, un Etat qui pense d'abord et avant
tout aux intérêts du Congo ». "Pour que le peuple
gouverne, il faut organiser ce peuple et celui-ci s'organise dans des
Comités du Pouvoir Populaire qui sont indispensables à la
vie de la nation". "L'Etat doit être fort et le peuple
doit avoir sa cohésion si nous voulons en sortir."
Vouloir "fusionner" les CPP dans un parti politique est contraire
à toute la doctrine kabiliste. Le Parti des kabilistes et nationalistes
doit se limiter à appeler les membres des CPP à le rejoindre
individuellement, parce que le Parti défend la conception de Mzee
Kabila sur le Pouvoir Populaire. Evidemment, d'autres partis peuvent aussi
appeler leurs membres à les rejoindre.
Rappelons au peuple tout l'héritage politique de Mzee Kabila
!
La Coordination des forces lumumbistes, mulelistes et kabilistes se donne
comme devoir sacré de défendre tout l'héritage idéologique
et politique de Mzee Kabila. Nous le défendrons dans la lutte politique
de tous les jours et lors de la lutte électorale à venir.
Kabila a concentré toute sa philosophie politique dans ses documents
sur les CPP. Liquider la perspective d'un Etat du Pouvoir Populaire, serait
parfaire l'assassinat de Mzee par une liquidation politique. Comme s'est
exclamé le camarade Yerodia le 5 octobre 2001 devant un rassemblement
de nationalistes au Palais du Peuple : "Est-ce que vous acceptez
que Kabila soit mort pour rien ?"
Aucun nationaliste peut nier que Mzee Kabila a défini avec une
grande clarté le contenu de son projet de société,
incarné dans les CPP. Voici ses paroles.
« C'est avec les Comités du Pouvoir Populaire que la possibilité
matérielle de la démocratie va se réaliser ».
« Maintenant il faut organiser le peuple afin qu'il prenne son destin
en main. » "Organiser le peuple signifie le mettre en mobilisation
permanente et lui confier des pouvoirs qui dans d'autres Etats appartiennent
à l'administration et au gouvernement."
"Nous entendons créer une nouvelle société,
juste et prospère, à travers une stratégie : la mobilisation
du peuple tout entier autour de la reconstruction nationale. Le pouvoir
économique, mes amis, reste à décoloniser encore
par la stratégie de la reconstruction. »
"Les CPP tiendront régulièrement des réunions
de conscientisation des masses. Les CPP doivent comprendre qu'il faut
être toujours plus près des masses. Nous devons être
un peuple cohérent, discipliné, très organisé."
"Les CPP, c'est toute une chaîne, de bas en haut. Les CPP s'intéressent
directement à la vie nationale. Les CPP, en tant qu'organes exécutifs
de l'Etat, sont assujettis à des obligations qu'ont ordinairement
les gouvernements."
"Le CPP, ce n'est pas un parti politique. C'est le peuple organisé
et structuré, c'est un grand rassemblement de tous les Congolais
patriotes conscients, poursuivant un seul but : être les maîtres
indiscutables de leur destin. Vous n'avez pas de maître. Le peuple
est seul maître. On peut acheter une clique d'individus, mais on
ne peut acheter un peuple entier."
Aujourd'hui, ceux que Mzee appelait "les criminels de la gestion
catastrophique de la deuxième République" reviennent,
alliés aux criminels et génocidaires de la "rébellion"
rwando-ougandaise. Mzee Kabila avait déjà mis en garde les
forces patriotiques contre les graves menaces qui sont toujours devant
nous. Et il a montré que l'arme la plus importante dont le peuple
doit disposer, c'est le Pouvoir Populaire, les CPP!
"La question de la conscientisation devient vitale. Parce que le
pouvoir d'Etat, le pouvoir politique, c'est l'instrument capital qui détermine
le destin des peuples. Lorsqu'on parle de conscience politique des masses,
c'est pour que vous soyez moralement en état d'alerte. Ceux qui
ont perdu le pouvoir vous en feront voir : intrigues, tactiques. Eh bien
! Il faut mûrir politiquement !"
"La seule différence entre vous et les partis politiques,
c'est que vous, vous êtes un peuple organisé, vous avez le
pouvoir dans vos mains et vous voulez l'exercer. Les partis politiques
cherchent encore à conquérir le pouvoir que vous, vous avez.
Alors, si vous êtes fatigués de l'avoir, donnez-le aux politiciens."
"Il est vrai que les CPP font peur aux politiciens et à ceux
qui les ont toujours utilisés pour piller le pays. Le pouvoir est
alléchant. Les vautours volent autour de vous. Ils veulent saisir
l'occasion d'un relâchement de l'effort populaire. Et si nous ne
sommes pas structurés, si le peuple n'est pas conscient politiquement,
par erreur d'appréciation d'une situation donnée, il peut
perdre le pouvoir."
"Vous devez défendre votre pouvoir, parce que les autres n'ont
pas encore désarmé." "Si vous lâchez le
pouvoir et que les autres s'en emparent, ne criez pas à l'erreur
! Ce n'est pas une erreur quand vous vous vendez consciemment comme esclave
à quelqu'un." "Vous assumez réellement le pouvoir
dans votre pays. Nous sommes très heureux que le peuple comprenne
maintenant qu'il doit s'assumer seul, je dis bien : seul. Notre détermination
d'aller jusqu'au bout est irréversible."
Les Comités de Défense du Pouvoir Populaire
Nous ne savons pas qui sont les conseillers qui ont amené le Président
Joseph Kabila à dissoudre les CPP dans des conditions qui ont un
effet extrêmement négatif sur les masses nationalistes. Sans
doute, cette dissolution a été une imposition des Américains,
des Sud-Africains, des rebelles et des "opposants" alliés
au régime de Kagame.
Mais le général major Joseph Kabila sait que rien n'est
pire pour une armée que de se rendre sans avoir combattu…
Dès que nos agresseurs ont posé l'exigence de la dissolution
du Pouvoir Populaire instauré au Congo par Mzee Kabila, pourquoi
les responsables de l'Etat n'ont-ils pas informé les masses pour
qu'elles puissent s'exprimer ? Pourquoi n'avons nous pas vu des responsables
kabilistes aller vers les masses organisées dans les CPP pour défendre
les idées de Mzee et pour mettre le peuple en garde contre le retour
des "vautours" dont parlait Mzee ?
Depuis la mort du Président Laurent Désiré Kabila,
nous avons vécu l'échec des principaux animateurs des CPP,
incapables de la moindre initiative, incapables de galvaniser les masses
pour la défense du projet de société des CPP, comme
Mzee l'aurait fait s'il était encore vivant. Nous avons vu d'autres
"kabilistes" nier toutes les idées nationalistes et anti-impérialistes
du feu le Président et ils ont été parmi les premiers
à crier que "les CPP, c'est fini !"
La Coordination des forces lumumbistes, mulelistes et kabilistes s'engage
à défendre de façon conséquente la philosophie
des CPP, le projet de société CPP. Le Congo ne peut pas
échapper aux choix fondamentaux que Mzee Kabila a formulés
: Un Etat au service des intérêts étrangers ou bien
un Etat au service des masses populaires du Congo ? Une démocratie
néocoloniale dominée par l'argent volé et par des
fonds venus de l'étranger, ou bien une démocratie effective
pour les ouvriers, paysans, travailleurs et opprimés ? Une économie
aux mains des multinationales étrangères ou une économie
nationale au service des masses congolaises ?
Si nous voulons travailler à l'unité des kabilistes, nous
devons protéger le dévouement des milliers de kabilistes
qui ont compris la doctrine de Mzee Kabila et l'ont mis en pratique dans
leurs CPP de rue, de quartier et de commune. C'est une aberration politique
de liquider les CPP sans la moindre discussion avec ce peuple dont Mzee
disait : : "C'est vous, le peuple, qui êtes le pouvoir, organisez-vous,
vous n'avez pas de maître !" Qui a intérêt à
démobiliser la plus grande base populaire que le pouvoir nationaliste
possède actuellement ?
Que faire dans l'impasse ainsi créée ? Nous appelons tous
les cadres et militants des CPP à se mobiliser et à imposer
une Conférence nationale pour sauver le projet de société
des CPP et pour regrouper tous les partisans de la démocratie populaire
dans une nouvelle organisation de masse appelée les Comités
de Défense du Pouvoir Populaire. Cette organisation aura pour seul
but de défendre les idées de Mzee sur les CPP et d'aider
à faire triompher le programme du Pouvoir Populaire lors des élections.
Les nationalistes, les lumumbistes, mulelistes et kabilistes autour du
Président Joseph Kabila doivent gagner les élections grâce
à leur unité autour du projet de société de
Mzee.
Les Comités de Défense du Pouvoir Populaire ont aussi le
devoir de mobiliser toutes les compétences pour rédiger
un projet de Constitution de type Pouvoir Populaire, de le propager et
d'arracher une majorité électorale pour le faire triompher.
Lors des élections à venir, il y aura un choix de société
à faire : retourner au régime néocolonial qui fut
en place du 14 septembre 1960 au 17 mai 1997 ou instaurer le pouvoir populaire
qui fut évoqué par Lumumba et Mulele et pour la première
fois réalisé par Mzee Kabila.
Après la victoire électorale, il faudra reprendre les initiatives
à peine commencées sous Mzee : engager les Comités
du Pouvoir Populaire au niveau de la rue, du quartier, de la commune,
puis de la province et de la Nation dans les batailles pour le développement,
la sécurité, la défense, la santé, l'enseignement…
3. S'unir pour lutter contre les graves dangers
qui pèsent sur le Congo
Pour réaliser l'unité des kabilistes et nationalistes, il
faut avant tout discuter sur nos tâches de l'heure. Le PPRD donne
souvent l'impression à la population d'être une organisation
qui se préoccupe plus du partage des "postes" à
conquérir, que des dangers graves qui menacent le Congo. Le pouvoir
nationaliste court toujours le danger d'être détruit par
ses ennemis.
Les Etats-Unis, le Rwanda, les rebelles et alliés continuent le
complot de Lusaka. L'Accord de Lusaka est un document injuste, anti-congolais,
imposés les Etats-Unis et l'Afrique du Sud pour briser le pouvoir
nationaliste au Congo. Cet Accord est basé sur le mensonge que
le Congo n'est pas la victime d'une agression, mais qu'il y a un "conflit
interne" entre deux parties congolaises qui sont sur un pied d'égalité.
Après 4.000.000 de morts congolais, après des pillages montant
à des centaines de millions de dollars, tout patriote reconnaît
que son pays est agressé et qu'il faut par tous les moyens obliger
les agresseurs de partir inconditionnellement. Mais tous ceux qui ont
été de mèche avec les agresseurs et les rebelles
continuent à parler d’un « conflit interne »
à résoudre par une "réconciliation" entre
Congolais.
Les "politiciens" de la transition mobutienne savaient qu'ils
ne pouvaient plus revenir au pouvoir, parce que le peuple les a démasqués.
Ce sont eux qui ont soutenu l'agression dès le début, qui
se sont alliés aux rebelles et qui continuent à voir dans
l'armée rwandaise leur seule garantie pour arriver au pouvoir.
C'est cela le sens des alliances qui se nouent entre l'armée rwandaise
et son RCD d'un côté et de l'autre le MLC, l'UDPS, le MDD,
l'URR, le CDD, le DPTN, les Katebe Katoto, Kisombe, Tala Ngai etc, alliances
pour le "partage" du pouvoir à Kinshasa…
Le complot de la division du Congo continue
Il revient aux partis et organisations kabilistes nationalistes de dénoncer
les complots que les ennemis du Congo et leurs agents locaux continuent
à tramer. Les vrais kabilistes doivent éclaircir la population
pour qu'elle se mobilise comme elle l'a fait lorsque ces mêmes Rwandais
et rebelles ont tenté de s'imposer à Kinshasa à partir
de Kimbanseke, Ndjili et Masina, les 25-30 août 1998. Alors le peuple
nationaliste a brûlé les agresseurs et les petits rebelles.
Mais aujourd'hui, ce même peuple devrait regarder passivement que
les chefs de ces petits rebelles viennent s'installer comme vice-présidents
et comme ministres pour mater les forces nationalistes ?
Le peuple doit voir l'amère réalité en face : le
Congo est toujours agressé, occupé et pillé et le
complot pour mettre le Kivu sous la domination de Kagame continue et s'intensifie
même.
Le "retrait" de l'armée rwandaise n'a été
qu'une mascarade. Les troupes de Kagame sont toujours restées massivement
présentes et fabriquent de nouveaux prétextes pour intervenir,
comme cela a été le cas début avril avec l'entrée
de 10.000 à 20.000 soldats en Ituri.
A la mi-avril 2003, l'armée rwandaise a poussé à
des affrontements à Bukavu entre Mudundu 40 et le RCD, deux groupes
armées qu'elle contrôle. Puis l'APR et le RCD sont allés
terroriser les populations de Walungu et de Burhane, enfermant des hommes
et des garçons dans des cases sur lesquelles ils ont tiré
des balles avant de les mettre en feu. Des dizaines de femmes et de jeunes
filles furent violées. Kagame organise ces provocations sanglantes
pour accréditer la thèse que le Kivu est ingouvernable sans
la présence "pacificatrice" de l'armée rwandaise
!
Kagame poursuit systématiquement sa politique de division du Congo.
Les hommes du Rcd ont refusé que la clôture du "Dialogue"
soit tenue à Kinshasa ou à Goma, parce qu'ils savant qu'ils
sont haïs par toute la population. Ces agents rwandais maintiennent
leur politique des plaques d'immatriculation non congolaises, de l'utilisation
du franc rwandais dans les territoires occupés, de l'utilisation
du code téléphonique international du Rwanda (+250) en territoire
congolais, de l'imposition de la langue rwandaise aux enfants congolais,
du "recyclage" du personnel médical congolais à
l'Université de Butare, au Rwanda ! L'occupation et l'humiliation
continuent, mais certains politiciens kinois ne parlent que de "réconciliation"
pour mieux aider les Rwandais et leurs laquais à contrôler
le Kivu et à arracher le pouvoir à Kinshasa !
Au Nord Kivu, le gouverneur Serufuli organise des "local defense
forces" qui opèrent parfois sous le nom Mudundu 40. Ces forces
sont entre autres composées d'anciens interahamwe et de prisonniers
hutu rwandais, accusés de génocide et ils se font passer
pour des Hutu congolais… Même le rapport de l'ONU a reconnu
que beaucoup d'officiers et soldats rwandais portent l'uniforme congolais.
Kitintima Basengezi, l'ancien Gouverneur du Sud-Kivu, haï par toute
la population, vient d'être nommé Président National
Chargé de la Pacification. Président national? Parce que,
pour Kagame, la partie occupée du Congo est déjà
considérée comme un Etat séparé ? Kitintima
a officiellement la tâche de "retourner" des Maï
Maï et de constituer des milices pro-rwandaises et pro-RCD. Cela
concorde avec d'autres informations qui nous sommes parvenues. Les services
de renseignement rwandais continuent à infiltrer les forces patriotiques,
aussi bien la société civile nationaliste que les Mai Mai,
dans des buts de provocation et pour y créer la division. Ils espèrent
qu'après mille martyrs, le peuple nationaliste du Kivu se fatiguera
et s'inclinera devant l'occupant.
Puis M. Xavier Ciribanya Cirimwami a été nommé Gouverneur
du Sud-Kivu. Les Kivutiens l'appellent "Monsieur 19". Il est
le numéro 19 sur la liste des condamnés à mort dans
le procès Mzee Kabila. Et ensuite, le major Bora, ancien de la
DSP et du SARM, a été promu par Kagame chef d'état-major
chargé des opérations. Bora a été un des principaux
exécutants de l'assassinat de Mzee !
Que Kagame ose placer deux coupables de l'assassinat du Président
congolais à la tête de "son" Kivu, est une belle
preuve qu'il fut effectivement un des principaux organisateurs du crime
du 16 janvier 2001 !
C'est aussi une indication que le président Joseph Kabila est sans
doute sa prochaine cible…
Le complot continue pour provoquer la guerre civile et la mise
sous tutelle du Congo
Une certaine classe politique néocoloniale propage l'illusion que
le Congo s'en sortira lorsque le pouvoir national "partage équitablement
le pouvoir" avec les ennemis du peuple congolais, les agents de Kagame.
Or, Kagame planifie depuis longtemps, avec l'aide de son allié
sud-africain, le "partage de l'armée congolaise".
A la mi-mars, à Pretoria, les Sud-Africains ont imposé les
principes "ni vainqueur ni vaincu" et "partage juste et
équilibré des responsabilités dans l'armée,
verticalement et horizontalement". Kagame et Mbeki ont imposé
aussi le principe : "Aucune partie ne peut à elle seule dominer
les forces de défense ou la sécurité". C'est
à nouveau la thèse des Américains et des Rwandais
que le Congo n'a jamais été agressé, qu'il y a essentiellement
un "conflit armé interne" où les deux côtés
sont également respectables… Ainsi, selon les Accords de
Pretoria, les agents de Kagame auront un pouvoir considérable dans
l’armée. Le Rcd dirigera le ministère de la Défense,
avec un vice-ministre issu du Mlc ; le chef d'état-major proviendra
du gouvernement. Le mouvement de Bemba obtient aussi le très convoité
commandement de l'armée terrestre.
Lorsque Kagame était vice-président du Rwanda, il contrôlait
l’armée et la sécurité. Et Bizimungu n’avait
rien à dire. Kagame travaille sur un scénario comparable
pour le Congo… Il n'y a pas de doute : Kagame planifie sérieusement
l'intensification de la guerre à l'Est et la guerre civile à
Kinshasa.
Aujourd'hui, toutes les structures de l'état sont faibles et divisées.
Mettre des agents de Kagame à la tête de l'armée,
créera les conditions pour un coup d'état ou pour le déclenchement
de la guerre civile à Kinshasa.
Même si les rebelles-opposants n'arrivent pas à réussir
leur coup d'état, les Etats-Unis peuvent prendre prétexte
des troubles provoquées, pour intervenir au Congo. Aux Etats-Unis,
certaines forces mènent une campagne pour mettre le Congo sous
tutelle de l'ONU. La guerre d'agression contre l'Irak montre clairement
que les Etats-Unis utilisent l'ONU quand cela sert leur politique de domination,
mais qu'ils brisent intégralement toute la légalité
de l'ONU, si l'écrasante majorité des pays indépendants
s'oppose à leur politique de guerre.
Ceux qui plaident pour la mise sous tutelle du Congo par l'ONU veulent
répéter ce qui s'est produit en 1962-63 : la tutelle de
l'ONU a servi à imposer la domination des Etats-Unis et de leur
homme : Mobutu.
Un passage de l'accord militaire prévoit déjà l'intervention
à Kinshasa "d'une force neutre, sur l'autorisation des Nations
Unies, pour aider à assurer la sécurité générale
du gouvernement et de la population à Kinshasa ainsi qu'en d'autres
villes du pays". Si le peuple n'y prend pas garde, cela peut constituer
un premier pas vers la mise sous tutelle militaire du Congo…
Devant ces graves menaces, la majeure partie de la vieille classe politique
poursuit ses intérêts égoïstes, elle fait de
la distraction et elle endort le peuple par des discours sur la "réconciliation"
avec les agents de Kagame.
Voilà pourquoi les extrémistes parmi les rebelles et opposants
ont osé dire publiquement qu'ils préparent le renversement
par les armes du régime nationaliste de Kinshasa. En effet, L'Alliance
pour la Sauvegarde du Dialogue Inter-Congolais a publié le 27 novembre
2002 à Bruxelles une déclaration qui annonce la guerre civile
à Kinshasa. Ce texte est signé par l'UDPS (Tshipamba Mpuila),
par le RCD (Kitenge Yesu), par l'URR (Tshimbombo Mukuna), le CDD (Nyindu
Kitenge) et par le DPTN (Likiyo Lompela). En voici l'essentiel. "Le
schéma 1+4 est le couronnement du combat de l'opposition armée
et politique. … Le pouvoir maffieux de Kinshasa…garde jusqu'ici
une attitude belliqueuse et provocatrice. L'objectif est d'incorporer
les autres factions dans l'armée actuelle de Kabila, les FAK, les
Forces Armées Kabilistes, composées de milices privées
(Mai Mai, Interhamwe, ALIR et ex-Far – génocidaires) abusivement
appelées FAC - Forces Armées Congolaises. … A la longue,
une crise de forte intensité ne peut pas être évitée.
Les conséquences désastreuses de l'aggravation de la crise
nécessitant une solution urgente, radicale et définitive,
l'ASD prendra devant l'opinion nationale et internationale, les responsabilités
que lui impose l'Histoire."
Le peuple congolais doit être d'autant plus alarmé, que les
Etats-Unis continuent à soutenir à fond le génocidaire
Kagame. Récemment il a reçu un accueil exceptionnel à
Washington, où il a eu des entretiens avec tous les plus grands
: Bush, Cheney, Powell, Rumsfeld et Rice. Récemment, Washington
a proclamé Kagame "meilleur gestionnaire" parmi les pays
pauvres, ce qui lui donnera accès à des centaines de millions
de dollars ! Kagame a encore voulu améliorer son image de "chien
de garde" des Etats-Unis en Afrique en soutenant à fond la
guerre d'agression criminelle contre l'Irak, lancée en violation
de la Charte de l'ONU.
Kagame a fait une déclaration qui doit inquiéter au plus
haut point les patriotes congolais. Kagame a dit devant Bush : "Il
y avait un accord complet entre les membres du Conseil de sécurité
qu'il faut aborder la question du désarmement de l'Irak. Nous comprenons
qu'il faut parfois faire des choix difficiles, y compris le choix de faire
la guerre, une fois que la partie qui mènera la guerre sent que
cela est justifié. Je crois qu'il y a des situations où
des choix difficiles peuvent être faits, y compris dans cette situation
particulière. Ainsi, les Etats-Unis peuvent avoir raison de prendre
la position qu'ils prennent."
C'est clair : Kagame a mûremment réfléchi ces paroles.
Il les adressera à nouveau à Bush, lorsque l'armée
rwandaise déclenchera de grandes opérations sur le territoire
congolais. C'est la conclusion à laquelle est arrivé même
un ancien spécialiste des renseignements militaires américains,
Ed Marek…
Le Congo ne connaîtra pas de stabilité et de paix, aussi
longtemps que Kagame exercera sa dictature sur le peuple frère
rwandais. Le Congo doit faire de larges alliances régionales, y
compris avec les opposants rwandais démocrates à Kagame,
pour éliminer le régime militariste de Kagame. Dans cette
perspective, nous saluons l'alliance entre les combattants maï maï
du général Padiri et du colonel Dunia et les combattants
banyamulenge du commandant Masunzu. Le fait que les Tutsi qui vivent depuis
plusieurs générations au Congo, ont pris les armes contre
les troupes d'occupation, provoque beaucoup de remous dans l'armée
rwandaise. Les forces démocratiques dans l'armée rwandaise
se joindront un jour à l'opposition interne et externe pour renverser
la dictature de Kagame.
Les chefs rebelles et leurs alliés ainsi que leur patron Kagame,
sont des criminels comme l'Europe en a connu lors de l'agression-occupation
nazie en 1940-45. En France, des traîtres qui ont collaboré
avec l'occupant, ont été exécutés et, 50 ans
plus tard, d'autres étaient encore recherchés, arrêtés
et condamnés ! Au Congo, ce sont principalement les Etats-Unis,
l'Afrique du Sud et le Rwanda qui veulent imposer ces criminels à
la tête de l'état et de l'armée contre la volonté
populaire.
Nous lançons un appel pressant à toutes les forces lumumbistes,
mulelistes et kabilistes pour s'unir afin de mobiliser énergiquement
nos masses populaires contre les dangers graves que le Congo court toujours.
Nous les appelons aussi à s'unir pour refuser l'impunité
et pour exiger justice au nom des 3.500.000 Congolais éliminés
par l'agression, l'occupation et la "rébellion".
La Coordination des Forces Nationalistes Révolutionnaires
La Coordination est provisoire et ouverte à tous ceux qui partagent
avec nous les idées de Lumumba, de Mulele et de Kabila. Prenez
contact avec nous.
1. Jean-Baptiste Sondji, Front des Patriotes - Parti
du Travail - 99 39 441
2. Mayengo Kulonda, Association des Ecrivains Révolutionnaires
- 98 31 70 72
3. Tshinkuela Musuayi, Parti du Peuple pour la Démocratie
Sociale - 98 13 33 13
4. Kakez Ekir-Nkaz Azama, Parti Démocratique et
Sociale, 081 50 15 975
5. Iyambi, Front pour la Liberté, l'Unité
et la paix en Afrique (FLUPA) 081 50 31 862
6. Otete Gaston, Parti des Patriotes Lumumbistes authentiques
- Maître Katako: 98 18 24 21
7. Gilbert Tshapa, vice-président, Union de la
Gauche Congolaise
8. Tshishimbi, Front Patriotique Drapeau Rouge
9. Jean-Baptiste Nkoy, Rassemblement du Peuple pour le
Socialisme
10. Mavungu Ngimbi, Parti Travailliste Africain
11. Okito Auguste, Forum Patriotique du Congo
12. Kazanga Henri, Cadre de Concertation des Groupes
Religieux et Culturels, a.s.b.l.
13. Issa Mulizya, Syndicat OTRAC
14. Kikony Jimmy, Mouvement Socialiste Congolais
15. Ilunga-Sango Charles, Union des Partisans de la Résistance
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