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Commémoration du 35ème anniversaire de la mort de Pierre Mulele

 

 

 

 

 

 

Message de Nouvel an à la Nation

Par le Président Joseph Kabila, 1 janvier 2005

Congolaises, Congolais,
Mes Chers compatriotes,
Au moment où une année s’en va et où une autre commence, je voudrais m’adresser à vous pour vous souhaiter chaleureusement, une Bonne et Heureuse Année 2005, en vous exprimant mes voeux les meilleurs de santé et de bonheur.

Mes pensées profondes et fraternelles s’adressent particulièrement à nos frères et soeurs, vivant dans les zones autrefois assiégées et à qui je n’ai pas encore pu rendre visite. A tous ces compatriotes, je formule, du fond du coeur, mes voeux d’espérance et de totale solidarité face aux épreuves qui continuent à accabler la nation et dont elles sont encore aujourd’hui les martyrs.

Mes pensées vont également vers tous et chacun des éléments des forces armées, des forces de l’ordre et de sécurité de notre pays, à pied d’oeuvre dans différentes parties du territoire national, afin d’oeuvrer au rétablissement de l’autorité de l’Etat et particulièrement ceux qui ont pour mission essentielle d’éradiquer les poches de violences et de tensions au Kivu et en Ituri.

Qu’ils trouvent ici l’hommage de mon soutien le plus fervent ainsi que la reconnaissance de la nation, pour leur formidable dévouement et leur vigilance et engagement de tous les instants.

Au moment où le monde entier est profondément affligé par la tragédie causée par le raz-de-marée consécutif au séisme qui vient de secouer l’Asie, mais dont les dévastations atteignent pratiquement tous les continents, je voudrais exprimer, en votre nom à tous, les condoléances les plus attristées ainsi que la compassion et la solidarité de la nation congolaise aux familles, aux peuples et aux gouvernements touches par ce cataclysme sans précédent. Face à cette catastrophe, le peuple congolais tout entier, à travers son gouvernement, apporte son appui total à tous les efforts de la communauté internationale pour secourir les victimes et aider à la reconstruction des régions dévastées.

Mes Chers compatriotes,
L’année qui s’achève avait bien débuté, avec de bonnes perspectives pour notre pays. Les institutions de la transition, ayant ainsi prises leurs marques, avaient entamé la réalisation des objectifs de la transition.
Le gouvernement s’est attelé à remplir ses missions essentielles, conformément aux objectifs de la transition, notamment la réunification du pays, le rétablissement de l’autorité de l’Etat avec les mises en place de la Territoriale et de la Police, la réconciliation nationale, l’intégration de l’armée et l’organisation des élections.

Au plan économique, les mesures d’assainissement du cadre macro-économique initiées en mai 2001, et poursuivies depuis lors, ont engendré la stabilité des prix et le maintien du pouvoir d’achat. En effet, le taux d’inflation actuel n’est que d’un chiffre. Par ailleurs, pour la troisième fois consécutive depuis les années 80, le taux de croissance économique est supérieur à la croissance démographique. Concernant la reconstruction nationale et de réhabilitation des infrastructures de base, des actions et initiatives ont été lancées un peu partout à travers le pays.

Dans ce domaine, les partenaires de notre pays ont, au cours de l’année qui s’achève, apprécié et appuyé les efforts du gouvernement dans la conduite de son programme de développement. C’est ainsi qu’ils ont accepté de financer un programme de reconstruction de l’ordre de 7 milliards de dollars couvrant, d’ici fin 2007, les secteurs essentiels de la vie nationale, tels que les infrastructures, l’énergie, l’eau, la santé et, particulièrement, la lutte contre le VIH/Sida, l’éducation, l’agriculture et la recherche scientifique.

Toutefois, il importe de reconnaître qu’en dépit de ces efforts, la population est confrontée à des difficultés économiques et sociales, en particulier dans les secteurs de la santé et de l’éducation, de l’eau et de l’électricité, du transport et des voies de communication. Ces difficultés sont aggravées par la modicité des rémunérations des agents de l’Etat et le faible pouvoir d’achat des citoyens.En réponse à cette situation préoccupante, le gouvernement s’est engagé pour un meilleur prise en charge des secteurs de l’éducation et de la santé, dans le budget 2005. De même, la réforme de l’administration publique, initiée en 2004, permettra d’assainir ce secteur et d’améliorer les conditions de travail et de vie des fonctionnaires et agents de l’Etat.

En tous les cas, le gouvernement va privilégier une politique économique créatrice de nouveaux emplois en initiant des investissements publics tout en mettant un accent particulier sur le rôle moteur de l’initiative privée. Pour ce faire, des mesures additionnelles incitatives à l’attrait des investissements privés, générateurs d’emplois seront prises dès le premier trimestre de l’année qui commence.
En matière de législation, le Parlement, dans sa tâche essentielle de préparation du cadre juridique pour l’organisation des élections, a débattu et adopté plusieurs textes de lois, notamment :

  • la Loi sur les partis politiques ;
  • la Loi portant organisation, attributions et fonctionnement de la Commission, Electorale Indépendante ;
  • la Loi sur la Nationalité ;
  • la Loi sur l’identification nationale et l’enrôlement des électeurs.La Loi sur la Défense Nationale ainsi que la mise en place du Conseil Supérieur de la Défense et de la structure militaire d’intégration ont permis de baliser la voie vers l’intégration et la restructuration de l’armée.

Mes Chers compatriotes,
Certes, à côté de ces avancées, le fonctionnement des institutions de la transition a connu certaines imperfections et faiblesses que l’on ne peut taire. Je déplore particulièrement la persistance des dysfonctionnements au niveau de l’appareil de l’Etat et la faiblesse d’exécution de certaines taches essentielles de la Transition.
A ce propos, tout doit être mis en oeuvre dès le début de l’année qui commence pour accélérer l’application de la Feuille de Route de la Transition.

Par ailleurs, le rapport d’audit de l’Assemblée Nationale a éclairé l’opinion publique sur des cas de malversation et de mauvaise gestion, qui dénotent la persistance des antivaleurs et du chemin qui reste encore à parcourir dans le cadre de la bonne gouvernance et de la lutte contre la corruption. Ces malversations sont inacceptables et doivent êtres sanctionnés. Les audits se poursuivront donc dans d’autres entreprises et services de l’Etat, et ce sur l’ensemble du territoire national. Cela est indispensable pour que tous, nous sachions que la chose publique n’est pas à confondre avec les biens personnels.
Je voudrais également relever les cas du retard accusé dans les mises en place dans les services de sécurité et les entreprises publiques, pour lesquelles j’ai instruit les membres de la commission gouvernementale ad hoc en charge de ces questions d’accélérer les procédures.

Mes Chers compatriotes,
Ainsi, malgré quelques difficultés, nous avions des raisons, au cours de l’année 2004, d’envisager l’avenir avec foi et confiance. La guerre était derrière nous, l’espoir devant. Cet espoir a été contrarié, car, toutes les affres que l’on croyait enterrées avec la fin des rebellions et le retrait des troupes étrangères, ont vite resurgi.
Le malheur a touché beaucoup de nos foyers. Que peines et d’épreuves en 2004. Les ennemis de la nation internes et externes, n’ont pas désarmé et ont cherché obstinément par tous les moyens à déstabiliser les institutions de la transition.

Depuis quelques semaines, le Nord Kivu est de nouveau théâtre d’affrontements entre nos troupes et celles d Rwanda. Mettant ses menaces à exécution, ce pays à de nouveau envoyé ses troupes sur notre territoire national sous prétexte de poursuivre et désarmer les ex-FAR, e faisant fi des initiatives et de tous les mécanismes mis e place, de commun accord, pour résoudre ce problème
Alors que la volonté du gouvernement était de consacré tous les efforts et les moyens nécessaires à la lutte contre la pauvreté et l’organisation des élections, nous voilà, un fois de plus, contraints à privilégier les dépenses militaire pour assurer la défense de notre territoire. Face à cette situation, toutes les ressources sont mobilisées et aucun énergie ne sera épargnée pour défendre la nation.

À maintes reprises, j’ai attiré l’attention de l’opinion publique et de la communauté internationale sur ces violations répétées de l’intégrité territoriale de notre pays. Implicitement d’abord, et plus clairement ensuite, le Conseil de sécurité des Nations Unies et l’Union Européenne, ont finalement reconnu la présence de troupes rwandaises sur notre sol.

Il appartient donc à la communauté internationale prendre ses responsabilités et au peuple congolais s’assumer en vue de faire respecter sa souveraineté.

Les pays agresseurs doivent savoir qu’ils ne pourront pas indéfiniment défier le peuple congolais. Quelles que soient les circonstances, notre pays réagira sans hésitation et de la manière la plus appropriée à toute menace et action portant atteinte à ses droits inaliénables.

Mes Chers compatriotes,
Face à toutes ces épreuves et les tentatives de remise en cause des efforts de paix, qui dénotent la volonté de perturber le processus de transition, directement ou indirectement, par l’instrumentalisation de certains de nos compatriotes, la nation doit savoir rester mobilisée et engagée. Car la dignité et la grandeur des peuples se mesurent aussi à l’aune de leur capacité à faire face à l’adversité et aux épreuves.

Ce qui se passe aujourd’hui au Nord Kivu est le résultat dune obstination cynique de ceux qui cherchent à créer des failles dans l’unité du peuple congolais et à briser notre ferme détermination à réussir le pari de la paix, de la pacification et de la prospérité. Malgré ces épreuves et difficultés, nous devons rester fermement attaches aux principes et valeurs qui nous sont propres, l’unité et l’amour de la patrie.
J’en appelle donc instamment à ceux de nos compatriotes qui ont succombé aux manipulations extérieures à revenir à la raison car il n’y a pas d’autre alternative que le respect des lois de la République.

Mes Chers compatriotes,
A Pretoria et à Sun City, les acteurs politiques et les forces vives ont pris le ferme engagement de conduire notre pays aux élections, car le peuple congolais a le droit de choisir librement ses dirigeants.En m’adressant à vous ce soir, je voudrais réaffirmer, une fois de plus, ma détermination à conduire le pays à la tenue des élections. Seul un scrutin crédible apportera la stabilité politique et économique dans notre pays. L’année 2005 sera bel et bien une année électorale. Dans cette optique, nous devons continuer, à poser, chaque jour, des jalons en vue de relever les défis importants, qui conditionnent la réalisation de cet objectif ultime, que sont :

  • primo, le parachèvement du cadre juridique et institutionnel, par l’adoption du Projet de Constitution, la tenue du référendum constitutionnel et l’élaboration de la Loi Electorale;
  • secundo, le renforcement des conditions de sécurité, à travers l’intégration effective de l’armée et de la police, le démantèlement définitif des groupes armées et le renforcement des moyens d’action de nos forces l’ordre et de sécurité et;
  • tertio, la poursuite de l’extension et le rétablissement de l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire national.

L’objectif final étant d’aller aux élections, je demande à tous les détenteurs de pouvoirs publics de ne pas délaisser la gestion des charges officielles qui leur sont confiées en se lançant dans une campagne précoce et à tous les acteurs politiques, de s’attacher aux textes de la transition.

Mes chers compatriotes,
Chacun, à sa manière, nous allons achever cette année 2004, pour entamer 2005, années décisives et historiques dans la mesure ou elle va présider à l’aboutissement de la transition et à l’avènement de la nouvelle république.Quelles que soient les vicissitudes du moment, l’autorité de l’Etat sera impérativement rétablie sur toute l’étendue du territoire national et la réunification du pays sera renforcée. Notre peuple sortira de l’épreuve en étant encore plus soudé et plus fort qu’aujourd’hui.

Bonne Année et que Dieu bénisse la République Démocratique du Congo.