Discours
programme du Président Joseph KABILA
Kinshasa,
le 26 janvier 2001
Congolaises
et Congolais, Chers compatriotes,
Des
circonstances tragiques ont conduit à la disparition inopinée
du Président de la République, Chef de l'Etat et
Chef du Gouvernement, M'zee Laurent-Désiré Kabila,
circonstances qui laissent inachevée l'oeuvre combien exaltante
de reconstruction et de consolidation de la Nation congolaise.
L'ignoble assassinat du Chef de l'Etat a fait que les hautes charges
de la magistrature suprême me soient confiées, à
un moment où la Nation, déchirée par la guerre,
avait encore besoin de l'illustre disparu, artisan de sa libération,
du réveil de sa conscience nationale, ainsi que de la fierté
et de la dignité retrouvées. Visionnaire et précurseur,
Homme d'Etat de grande envergure, M'zee Laurent-Désiré
Kabila a consacré toute sa vie, dans la constance et sans
compromission, à la lutte pour le triomphe des valeurs
sacrées que sont : la liberté, la justice, l'égalité
des citoyens dans un Congo uni, indépendant et souverain.
C'est
du reste, pour la sauvegarde de ces valeurs essentielles que le
Président, M'zee Laurent-Désiré Kabila, a
payé le prix le plus fort, celui du sacrifice suprême,
le sacrifice de sa vie, en ce quarantième anniversaire
de l'assassinat de Patrice-Emery Lumumba, notre héros national.
En tant que Chef de l'Etat, il a tenu à ce que les décisions
qui concernent la République Démocratique du Congo
soient prises par les Congolais, eux-mêmes, pour l'intérêt
de la Nation et sans ingérence extérieure.
Il a gouverné en comptant essentiellement sur ses ressources
aussi bien humaines que naturelles. A cet égard, il convient
de relever que le Président de la République, M'zee
Laurent-Désiré Kabila, est parmi les rares dirigeants
dans l'histoire du monde contemporain à avoir exercé
le pouvoir pendant plus de trois ans, sans avoir contracté
de dettes extérieures à la charge de l'Etat, ni
accumulé de fortune personnelle.
Le Chef
de l'Etat, Laurent-Désiré Kabila, a toujours demandé
au peuple congolais de se prendre en charge lui-même.
Homme austère et discret, à la fois simple, humble
et convivial, d'une grande générosité, il
n'a jamais voulu mêler les membres de sa famille à
la gestion des affaires de l'Etat. C'est ainsi que, jusqu'à
sa mort il a préféré que les membres de sa
famille mènent une vie de simple citoyen. C'est pour toutes
ces raisons que le peuple lui a rendu un si vibrant hommage. Je
rassure le peuple congolais qu'une enquête judiciaire est
déjà ouverte afin que la lumière soit faite
sur les circonstances de l'assassinat de l'illustre disparu.
Les
défis
Congolaises
et Congolais, Chers compatriotes,
Maintenant que les Institutions de la République me confient
la Magistrature Suprême, j'accepte d'assumer cette charge
avec responsabilité, fidélité, amour de la
patrie, en suivant une politique d'ouverture sur l'Afrique et
le monde, et en m'employant à réaliser des changements
profonds dans tous les secteurs de la vie nationale. En ce moment
où tous les regards sont tournés vers la République
Démocratique du Congo, en ce moment où les fils
et les filles de la Nation s'interrogent sur l'avenir du pays,
je tiens à souligner que nous n'avons plus droit à
l'erreur. Ensemble, sans exclusion, nous devons nous armer de
courage, de détermination et de l'esprit de sacrifice,
pour affronter et surmonter les défis de l'heure, défis
à la fois nombreux et complexes. Parmi ces défis,
je citerai en premier lieu, celui de l'instauration de la paix
et la consolidation de la communion nationale, face à une
Nation déchirée par plus deux ans de guerre d'agression
inacceptable.
Ce défi
repose essentiellement sur le retrait immédiat et sans
conditions des Etats agresseurs, en l'occurrence, le Rwanda, le
Burundi et l'Ouganda. C'est ainsi que nous allons oeuvrer pour
une politique qui privilégie le dialogue et la réconciliation.
Nous invitons, pour ce faire, nos voisins et nos frères
à revenir à de meilleurs sentiments, de bon voisinage,
de règlement pacifique des différends, de coopération
fructueuse et d'unité pour poursuivre la reconstruction
du pays et le progrès de l'Afrique Centrale.
A ce
titre, nous allons, en accord et en concertation avec les pays
Alliés qui nous soutiennent pour faire face à l'agression,
examiner les voies et moyens pour relancer l'Accord de Lusaka
afin qu'il puisse, non seulement arriver à un cessez-le-feu
effectif, mais aussi, à ramener la paix dans la région
des Grands Lacs, en prenant en considération toutes les
résolutions du Conseil de Sécurité des Nations
Unies, tout en préservant les attributs fondamentaux de
la République, à savoir l'indépendance, la
souveraineté, l'intégrité territoriale et
l'unité du pays.
En deuxième
lieu, il y a le défi de la normalisation de la vie démocratique
telle que le Président de la République, M'zee Laurent-Désiré
Kabila, l'avait lui-même proposée. Il s'agit de renforcer
l'Etat de droit, de consolider la démocratie et la bonne
gouvernance, de garantir les droits de l'homme et la justice,
afin que toute Congolaise, tout Congolais et tout étranger
accueilli sur notre sol, dans le respect de la loi, jouissent
de la liberté, de l'égalité, de la dignité,
de la protection de sa personne et de ses biens. Je tiens à
affirmer que je consacrerai toutes mes forces à ce que
ce beau et grand pays retrouve la paix et l'unité. C'est
de cette façon qu'on pourra mieux préparer les échéances
futures, notamment l'organisation des élections libres
et transparentes sur toute l'étendue de la' République
Démocratique du Congo.
La République
Démocratique du Congo, renouvelle une fois de plus son
engagement de respecter les droits fondamentaux ainsi que les
libertés individuelles et publiques consacrées par
les instruments internationaux.
Il en est ainsi de la Charte des Nations Unies, de la Charte de
l'Organisation de l'Unité Africaine et de celle de la SADC.
Pour ma part, je ne ménagerai aucun effort afin d'assurer
le respect par les autres Etats de ces mêmes instruments
vis-à-vis de la République Démocratique du
Congo.
Il y
a aussi le défi de la reconstruction nationale sur tous
les plans, car il convient de poursuivre le programme et les efforts
engagés par le Gouvernement de Salut Public, sous la haute
direction de M'zee Laurent-Désiré Kabila, depuis
la libération du 17 mai 1997, mais, hélas ! freinés
par la guerre d'agression.
Cette guerre d'agression, avec ses conséquences fâcheuses
sur l'économie nationale, déjà en ruine sous
la deuxième République, a accru la misère
de notre peuple. En ce début du 21ème siècle,
il s'agit de reconstruire un pays plus beau qu'avant comme l'affirme
notre hymne national. Et pour cela nous avons besoin de toutes
les énergies et de tous les bras. Personne n'est de trop.
La politique
et les Institutions
Congolaises
et Congolais, Chers compatriotes,
Au niveau
politique et institutionnel, la situation intérieure actuelle
requiert davantage une ouverture politique en vue de la reconstruction
nationale. A cet effet, dans l'esprit et l'orientation du Président
de la République, M'zee Laurent-Désiré Kabila,
je prends l'engagement de poursuivre cette ouverture afin que
tous les acteurs politiques exercent leurs droits dans le respect
des lois et règlements.
Les
problèmes politiques d'importance majeure devront trouver
leur solution dans le cadre du Dialogue intercongolais. Dans cette
perspective, j'invite tous les acteurs politiques ainsi que les
membres de la société civile à se joindre
sans réserve aux efforts de préparation en vue de
la réussite de ce Dialogue, notamment la poursuite des
efforts pour faire aboutir le processus de Libreville.
Au niveau
juridique et judiciaire, j'entends amener tous les organes et
services de l'Etat à oeuvrer, dans le respect des lois,
afin que la sécurité juridique et judiciaire devienne
une réalité. La réforme de la justice militaire
sera menée à son terme. Désormais, la Cour
d'Ordre Militaire ne s'occupera que des infractions relatives
aux Code et Règlements de la Justice Militaire. Je prends
l'engagement que le Gouvernement garantira, plus que jamais, la
sécurité des personnes et des biens sur toute l'étendue
du territoire congolais.
L'économie
et le social
Congolaises
et Congolais, Chers compatriotes,
Au plan
socio-économique, mon objectif est de mobiliser toutes
les forces vives de la Nation dans la production afin d'améliorer,
par le travail, les conditions de vie de nos concitoyens et de
pourvoir à une éducation et à des soins médicaux
qualitatifs et accessibles à tous. En effet, l'économie
congolaise est caractérisée par une forte baisse
du niveau des affaires Pour relancer cette économie et
ainsi créer des richesses et combattre la pauvreté,
je compte libéraliser l'activité économique:
-
premièrement, en libéralisant les marchés
des biens et services, du diamant et du change ;
-
deuxièmement, en autorisant la libre circulation concomitante
des devises étrangères et du
Franc Congolais et,
-
troisièmement, en promulguant un nouveau code minier
et celui des investissements.'
Pour
ce qui est des relations entre le Gouvernement et les opérateurs
économiques, un cadre de concertation sera mis en place
pour instaurer un dialogue franc et sincère et ce, dans
le respect strict des textes en vigueur car le Congo se veut un
pays de droit. En appui à nos propres efforts, je demande
à la communauté financière internationale
de nous assister à mobiliser les ressources humaines, techniques
et financières pour accélérer notre programme
de reconstruction nationale.
La
diplomatie
Congolaises
et Congolais, Chers compatriotes,
Sur
le plan diplomatique, le Congo entend jouer un rôle plus
actif dans les affaires internationales. Devant la prolifération
des guerres, l'aggravation de la pauvreté et la mondialisation,
la République Démocratique du Congo entend apporter
une contribution particulière en vue d'arriver à
des solutions adéquates avec les autres peuples du monde.
Concernant le continent africain, je voudrais lancer un appel
pathétique pour une plus grande solidarité. En effet,
l'Afrique se meurt. J'exhorte donc les peuples frères d'Afrique
à redynamiser l'Organisation de l'Unité Africaine
dans l'esprit des pères fondateurs. Comme l'exprimait 'M'zee
Laurent-Désiré Kabila, un grand panafricaniste,
il faut renouer avec la flamme rédemptrice de N'krumah
et de Lumumba.
La République
Démocratique du Congo étant physiquement au centre
géostratégique de l'Afrique, elle entend jouer un
rôle de première importance dans le renouveau de
l'Organisation panafricaine.
Concernant
la SADC, la République Démocratique du Congo en
appelle à une plus grande intégration. Elle jouera
un rôle encore plus actif dans le cadre de cette organisation
dont elle attend un soutien moral et économique inconditionnel.
La République
Démocratique du Congo exhorte ses pairs du COMESA à
lui assurer une représentation valable dans les structures
de cette organisation. Elle demande également la concrétisation
et la mise en oeuvre des projets sectoriels qu'elle a soumis à
cette organisation.
Quant
au processus de paix au Burundi, la République Démocratique
du Congo s'implique davantage dans la contribution à la
réussite de la médiation du Président Nelson
Mandela, comme l'a initié dernièrement M'zee Laurent-Désiré
Kabila à Libreville.
Fidèle
à la ligne de conduite de M'zee Laurent-Désiré
Kabila, et soucieux de préserver notre indépendance
politique, j'ai la ferme résolution de poursuivre l'amélioration
des rapports de coopération avec nos principaux partenaires
de l'Union Européenne. Je m'efforcerai de panser les plaies
causées par certaines incompréhensions, car je suis
conscient que l'Union Européenne a un rôle à
jouer dans le développement du Congo.
Je pense particulièrement à la France, à
qui j'adresse, au nom du Peuple Congolais toute ma gratitude en
raison de ses nombreux engagements au Conseil de Sécurité
des Nations Unies dans la recherche des solutions pacifiques à
la crise qui sévit dans notre pays. J'affirme, ici, ma
disponibilité et ma volonté de poursuivre l'amélioration
de nos relations bilatérales multisectorielles.
Je pense aussi à la Belgique avec laquelle la République
Démocratique du Congo partage des liens historiques. Je
veillerai à développer des relations amicales de
compréhension et d'entente pour une coopération
plus fructueuse. Quant aux relations avec les Etats-Unis d'Amérique,
je voudrai affirmer, sans ambages, qu'il y a eu des moments d'incompréhension
mutuelle avec l'ancienne administration. La République
Démocratique du Congo entend normaliser les rapports bilatéraux
avec la nouvelle administration, basés sur le respect mutuel
et la volonté de progrès de nos deux peuples.
Je salue
les relations fraternelles existant entre mon pays et la République
Populaire de Chine, la Russie ainsi qu'avec d'autres pays d'Asie.
J'entends les renforcer.
Remerciements
Congolaises
et Congolais, Chers compatriotes,
Je salue
et remercie le peuple congolais, peuple grand et digne, qui a
su surmonter et vaincre de nombreuses épreuves. Je le félicite
pour le courage et la sérénité dont il a
su faire preuve pendant les heures difficiles et douloureuses
que traverse notre Nation. Je ne saurai ne pas féliciter
l'Assemblée Constituante et Législative-Parlement
de Transition pour avoir posé des actes de haute portée
politique et historique en cette période difficile que
traverse le pays. Je cite particulièrement le fait d'avoir
élevé le Président Laurent-Désiré
Kabila au rang de Héros National et de m'avoir investi
de la confiance du peuple. Je tiens également à
féliciter et à remercier le Gouvernement de Salut
Public d'avoir su assurer la continuité dans la gestion
de l'Etat, en ces heures tragiques.
Je pense
particulièrement aux Forces Armées Congolaises,
présentes sur divers fronts, à la Police Nationale
et à toutes les forces de sécurité. Je les
encourage à exercer leur devoir patriotique et les exhorte
à observer le testament que leur a légué
M'zee Laurent-Désiré Kabila. Je m'engage à
en faire une armée et une police modernes, fortes, bien
équipées, respectables et respectueuses des droits
d'un chacun, capables de défendre la nation en toutes circonstances.
Je salue
et remercie les Comités du Pouvoir Populaire, les Forces
d'Autodéfense Populaire ainsi que la Territoriale pour
leur contribution remarquable au maintien de l'ordre surtout en
cette période difficile.
Je dis
merci, au nom de la Nation Congolaise, aux pays membres de la
SADC, particulièrement le Zimbabwe, l'Angola et la Namibie,
ainsi qu'à d'autres pays amis, qui se sont toujours tenus
à nos côtés, soucieux de nous aider à
trouver les voies et moyens pour que cesse la guerre d'agression
et que se retirent, immédiatement et sans conditions, les,
années régulières du Rwanda, de l'Ouganda
et du Burundi du sol congolais. Je saisis cette occasion pour
exprimer ma gratitude à l'Organisation de l'Unité
Africaine pour tous les efforts qu'elle déploie en vue
d'une solution politique négociée de la crise congolaise.
A cet
effet, je l'invite solennellement à s'impliquer davantage
pour une mise en oeuvre efficace de la cofacilitation du Dialogue
intercongolais.
J'ai noté avec satisfaction l'adoption par le Conseil de
Sécurité des Nations Unies, en date du 14 septembre
2000, de la résolution 1332 condamnant de manière
explicite le Rwanda et l'Ouganda tout en exigeant le retrait de
leurs forces du territoire congolais. J'ose croire que le Conseil
de Sécurité des Nations Unies honorera ses engagements
en déployant rapidement ses forces conformément
à la résolution précitée et aux sous-plans
de désengagement adoptés dernièrement à
Harare.
Par
ailleurs, je réitère l'engagement de la République
Démocratique du Congo de collaborer étroitement
avec la Mission d'Observation des Nations Unies au Congo de manière
à lui permettre de remplir avec efficacité son mandat,
notamment en ce qui concerne le déploiement urgent de ses
forces sur le territoire congolais en vue de ramener la paix.
Appel
Congolaises
et Congolais. Chers Compatriotes.
Devant
la Nation en péril, la Nation déchirée et
meurtrie, la Nation objet et victime de toutes sortes de convoitises
et de violences, j'en appelle à l'union de tous ses fils
et filles, quels qu'ils soient et où qu'ils se trouvent.
J'en appelle aux Forces armées, à la police nationale,
aux forces de sécurité et à toutes forces
vives pour résister et défendre le territoire national.
J'en appelle également aux hommes politiques, aux Eglises,
aux travailleurs, aux femmes congolaises, à la jeunesse,
aux pays amis et aux étrangers qui ont choisi de vivre
avec nous, à participer à l'édification d'un
Congo nouveau, paisible, uni et prospère, dans la communion
et la réconciliation de tous.
Aux
frères et soeurs vivant dans les territoires sous occupation,
je salue votre sens élevé de sacrifice ainsi que
votre attachement pour la patrie. Je vous exprime notre solidarité
dans la lutte que vous menez, dans des conditions difficiles pour
la libération du pays. Mes efforts militaires, politiques
et diplomatiques seront orientés vers votre libération
totale de l'occupation des forces d'agression. En ce moment où
j'accède aux hautes charges de la République, je
lance un appel solennel et pathétique à la jeunesse
congolaise afin qu'elle se joigne à moi dans la défense
des intérêts vitaux de la Nation et pour assumer
notre destin.
Conclusion
Congolaises
et Congolais. Chers Compatriotes.
Pour
finir mon adresse, je vous appelle à l'unité, au
dialogue et à la confiance dans l'avenir.
L'Armée, dont je suis l'émanation, n'a pas vocation
d'accaparer le pouvoir, mais a la responsabilité de garantir
la stabilité de celui-ci et d'assurer l'intégrité
du territoire national. Une fois la paix retrouvée et l'intégrité
territoriale restaurée, mon action consistera à
préparer des élections libres et transparentes,
pour amener le peuple à se choisir lui-même, un chef
qui présidera aux destinées de ce pays.
Notre
pays traverse l'une des plus douloureuses crises de son histoire.
Mais je crois que tous ensemble nous la surmonterons, car nos
ennemis n'ont pas réussi à briser l'essentiel :
notre courage, l'amour que nous vouons à notre patrie,
à l'Unité de ce grand Congo que Lumumba conduisit
à l'indépendance et pour lequel le Président
de la République, M'zee Laurent-Désiré Kabila,
lutta jusqu'à sa mort tragique.
Les
hommes peuvent disparaître ou s'effacer, mais cette flamme-là,
nous allons tous ensemble la transmettre à nos enfants.
Que
Dieu bénisse et protège la République Démocratique
du Congo! Je vous remercie.
Joseph
KABILA
Président de la République Démocratique du
Congo
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