Discours
prononcé à l'occasion de l'an deux du Président
Joseph Kabila
Lubumbashi,
le 26 janvier 2003
Madame
la Présidente de la l'Assemblée Constituante et
Législative, Parlement de Transition ;
Honorables Députés ;
Distingués Invités ;
Chers Compatriotes ;
Je voudrais,
avant de commencer mon propos de ce jour, vous saluer chaleureusement
et vous souhaiter tous une bonne et heureuse année de paix
2003.
J'aimerais également profiter de cette occasion pour évoquer
tous les sacrifices et toutes les misères endurés
par nos frères et sœurs encore victimes de la recrudescence
de la violence à l'Est de la République, particulièrement
en Ituri, à l'Equateur, au Nord et au Sud-Kivu.
Comment ne pas saluer la bravoure et le sens du devoir des résistants
Mai-Mai, de la Société Civile et des Confessions
religieuses des territoires occupés.
Ils méritent tous notre compassion et notre admiration
en ce mois de janvier, jalonné de dates significatives
pour la République Démocratique du Congo.
Les dates du 4 janvier 1959, du 17 janvier 1961, du 16 et du 26
janvier 2001 sont devenues des jours mémorables de notre
histoire nationale.
La célébration du 2ème anniversaire de mon
avènement à la Magistrature Suprême, me donne
l'opportunité de saluer la mémoire de nos martyrs
de l'Indépendance. Elle me permet également d'évoquer
la mort tragique de nos Héros nationaux et des victimes
connues et inconnues de la guerre d'agression.
Pour honorer leur mémoire, je vous invite à observer
une minute de silence.
Mesdames
et Messieurs les Députés,
Le 26 janvier 2001, j'ai accepté, en âme et conscience,
devant Dieu et la Nation, les hautes charges de conduire le pays,
pour le triomphe des valeurs sacrées de liberté,
de justice distributive et de respect des droits de l'homme. C'était
là le sens de mon serment auquel je reste attaché.
Dans mon adresse à la Nation, j'avais pris l'engagement
d'œuvrer à la renaissance d'un nouveau destin congolais
en donnant à mon action, la mission centrale de ramener
la paix, faire aboutir le Dialogue Intercongolais et remettre
l'économie nationale sur les rails.
J'éprouve une satisfaction légitime de constater
aujourd'hui les résultats obtenus dans l'exécution
des engagements pris dans l'Accord de Lusaka.
L'amélioration de nos rapports avec le Facilitateur et
la Monuc avait permis la relance du processus de paix de Lusaka.
La signature du Pacte Républicain de Gaborone décrétera
ensuite la libre circulation des personnes et des biens sur l'ensemble
du territoire national.
Dans ce climat de décrispation, le Dialogue National et
les négociations politiques intercongolaises ont eu lieu
à Sun City en avril. Ils se sont poursuivis à Prétoria
en Afrique du Sud en octobre, novembre et décembre 2002.
De l'Accord partiel de Sun City pour une transition consensuelle,
nous avons donc abouti à l'Accord Global de Prétoria.
Toutefois, la guerre livrée par procuration à la
République Démocratique du Congo retarde inutilement
la marche irréversible vers la paix que notre peuple appelle
de tous ses vœux.
En termes clairs, le but de cette nouvelle guerre, malgré
les accords signés, consiste simplement à s'écarter
du chemin de la paix pour prolonger la misère de la population.
Le Gouvernement de la République ne tombera pas dans ce
piège, il fera tout ce qui est en son pouvoir afin que
les engagements pris soient respectés dans l'unique intérêt
de notre peuple.
Honorables
Députés,
Sur le plan international, la cause congolaise a commencé
à trouver une oreille attentive auprès de la Communauté
Internationale. Ce qui nous a permis de négocier et de
conclure des accords de paix avec le Rwanda et l'Ouganda. C'est
fort du soutien du peuple congolais que nous avons été
amenés à signer les dits Accords.
La situation qui se développe en Ituri et à laquelle
la Communauté Internationale assiste avec indifférence
est des plus préoccupantes, car elle risque d'embraser
toute la contrée.
Comment comprendre, en plein 21ème siècle, des scènes
d'horreur perpétrées, sans égard à
la dignité de la personne humaine et à la valeur
sacrée de la vie, par les ennemis de la paix et du peuple
congolais.
Rien ne peut contenir la force et la détermination d'un
peuple de réaliser son destin, c'est pourquoi nous disons
: finis le temps des lamentations. Le Congolais doit cesser de
se plaindre ; il doit plutôt œuvrer pour devenir véritablement
maître de son destin.
Cependant, nous avons le devoir d'assurer un avenir radieux à
nos enfants en rétablissant un climat de confiance avec
tous les pays qui nous entourent. C'est pourquoi, nous poursuivons
l'initiative amorcée depuis 1997 par Mzee Laurent-Désiré
KABILA, relative à la tenue de la Conférence Internationale
sur la paix, la sécurité, la démocratie et
le développement durable dans la Région des Grands
Lacs.
Tout en améliorant le rapport de bon voisinage, nous devons
jeter les bases d'une démocratie sociale respectueuse de
valeurs universelles.
C'est la raison pour laquelle, nous invitons tous les mouvements
rebelles à se transformer en partis politiques afin qu'ils
puissent user des armes de la liberté d'expression pour
le renforcement de la démocratie, au lieu de faire crépiter
les canons. C'est le meilleur moyen de traduire le respect vis-à-vis
de notre peuple. Ainsi, dans le délai imparti par l'Accord
de Prétoria du 17 décembre 2002, les élections
libres, démocratiques et transparentes à tous les
niveaux permettront au peuple d'exercer la souveraineté
qui lui appartient.
A présent, tous les septiques qui n'ont pas accordé
beaucoup de crédits à la détermination du
Gouvernement de conduire le processus de paix pour la réunification
et la réconciliation nationales n'ont plus de raisons de
douter. Car, les résultats sont là : un accord qui
n'attend plus que son entérinement par la plénière
pour son application.
Cette plénière doit se dérouler à
l'intérieur du pays, par respect pour notre peuple. Suivra
ensuite la mise en place de nouvelles institutions pour une transition
consensuelle dont la finalité est l'organisation des élections
libres et démocratiques.
La volonté du Gouvernement, quant à l'application
de cet accord ne peut être mise en doute.
Mesdames
et Messieurs les Députés,
Sur le plan économique, dès mon arrivée à
la tête de l'Etat, j'avais clairement défini la vision
de la politique économique de mon Gouvernement, à
savoir, une véritable politique d'ouverture à l'intérieur
et sur le monde dans le but d'asseoir une économie mettant
un accent particulier sur le social.
Mon Gouvernement et moi-même, nous nous sommes engagés
dans des réformes structurelles et sectorielles importantes,
afin d'améliorer la compétitivité de notre
économie.
A travers un Programme Intérimaire Renforcé exécuté
sur neuf mois, nous sommes parvenus à rompre avec l'hyper-inflation
et à stabiliser l'environnement macro-économique.
Des résultats, obtenus en un temps aussi court et dans
un contexte de non assistance financière extérieure,
ont été possibles grâce à une série
de mesures ambitieuses prises par le Gouvernement et qui ont consisté
notamment à :
· Instaurer une gestion rigoureuse et drastique des Finances
Publiques et de la monnaie ;
· Libéraliser le marché des changes et les
taux d'intérêt ;
· Libéraliser les secteurs de diamant et de la distribution
des produits pétroliers.
Notre pays a regagné la confiance des bailleurs de fonds
et nous assistons à la reprise de la coopération
multilatérale et bilatérale avec nos partenaires
de développement. Ceci ne signifie cependant pas que nous
réduirons notre peuple au statut de mendiant sur le plan
international ; mais dans le contexte actuel de la mondialisation,
l'on ne peut vivre en autarcie.
La poursuite des réformes structurelles et sectorielles
amorcées se fait dans le cadre du Programme Economique
du Gouvernement étalé sur trois ans et qui relaie
le Programme Intérimaire Renforcé.
Mesdames
et Messieurs les Députés,
En deux années de gestion, nous pouvons nous réjouir
d'avoir stabilisé notre économie et de l'avoir placée
réellement sur la voie de la croissance. Ce, dans le but
d'améliorer les conditions de vie de nos populations.
En effet, située à 511 % en l'an 2000, l'inflation
a été réduite à un taux annuel de
135 % en 2001 pour se situer à 15 % en 2002, soit une réduction
de 97 % en deux ans. Ceci a permis une stabilité relative
des prix à l'intérieur.
Par ailleurs, en témoignage à notre volonté
de renouveau économique, nous avons publié les nouveaux
statuts de la Banque Centrale du Congo.
Nous avons promulgué notamment :
- Un nouveau Code d'Investissements ;
- Un nouveau Code Minier ;
- Un nouveau Code Forestier ;
- Une Loi-cadre des télécommunications ;
- Une loi sur la Poste.
Nous avons aussi institué une Autorité de régulation
des postes et télécommunications ; il importe de
relever dans ce secteur pour la première fois depuis l'indépendance
de notre pays, par notre politique incitative, plusieurs réseaux
de télécommunications ont été implantés
désenclavant ainsi beaucoup de coins de la République.
Ces efforts vont se poursuivre davantage avec la réunification
du pays ;
Nous avons créé des Tribunaux de Commerce pour sécuriser
davantage les investissements ;
Nous avons mis en place une commission et une stratégie
nationale de lutte contre la corruption et la fraude ;
Et, enfin, nous avons créé le Comité de pilotage
de la Réforme des Entreprises Publiques, " COPIREP
" en sigle et nous venons d'installer récemment l'Agence
Nationale pour la Promotion des Investissements " ANAPI "
en sigle ;
Honorables
Députés,
Comme je l'ai reconnu lors de mon récent message de présentation
des vœux de nouvel an à la Nation, les réformes
profondes entreprises ont eu un coût social et politique
très élevé.
Cependant, je reste persuadé que seule la relance de la
production et la création d'emplois constituent les atouts
majeurs dans la stratégie de lutte contre la pauvreté,
pour un développement humain durable.
Dans ce cadre, une attention particulière sera accordée
au paiement de la dette intérieure pour renforcer la trésorerie
des entreprises. S'agissant particulièrement de la dette
courante, le Gouvernement a été instruit de la nécessité
d'un règlement plus conséquent, dans les limites
du budget 2003 en cours de finalisation.
Pour marquer notre volonté d'amorcer une reprise progressive
du secteur agro-pastoral, le programme multisectoriel d'urgence,
de reconstruction et de réhabilitation a pris en compte
ce secteur vital de notre économie, dans la perspective
d'assurer, à terme, la sécurité alimentaire
et la lutte contre la pauvreté de la population.
Par ailleurs, afin de traduire en actes notre volonté de
relancer l'agriculture, j'ai demandé au Gouvernement d'étudier
la possibilité de suspendre la taxe à l'importation
des machines agricoles, matériels aratoires ainsi que des
véhicules utilitaires pour une période d'une année.
L'action gouvernementale en 2003, se focalisera également
sur la poursuite de l'assainissement de l'environnement des affaires,
le développement et l'émulation du secteur privé,
et cela, à travers des actions concrètes.
Nous comptons appuyer ce secteur en lui laissant le rôle
de promoteur de développement par la relance de la production
et la création des richesses et d'emplois.
A cet égard, les moyens de contrôle seront renforcés
pour mettre fin aux pratiques qui privent l'Etat des recettes
indispensables à la réalisation de sa politique
sociale. Tout sera entrepris pour que les agents véreux
qui préfèrent les arrangements en dessous de table,
au lieu de défendre l'intérêt de l'Etat, soient
mis hors d'état de nuire.
Madame
la Présidente de l'Assemblée Constituante et Législative,
Mesdames
et Messieurs les Députés,
La lutte contre la corruption et la fraude est devenue effective
par la finalisation des stratégies et l'amorce des actions
concrètes sur terrain. En même temps, sera rigoureusement
appliqué le Code d'Ethique et de Bonne Conduite de l'Agent
Public.
Comme je ne cesse de le dire, le développement de notre
pays est d'abord une affaire des Congolais. Aussi, j'en appelle
encore à l'effort de chacun de nous pour apporter sa pierre
à la reconstruction nationale.
Il va de soi que toute assistance technique de nos partenaires
devrait désormais se traduire par un transfert des connaissances
préalables au nouveau mode de coopération. Concrètement,
il s'agit de doter les Congolais des outils nécessaires
à l'auto-prise en charge, au lieu d'une assistance éternelle.
La relance passe aussi par la réhabilitation des infrastructures
de base, le renforcement des capacités et l'appui aux secteurs
sociaux.
Dans le domaine des infrastructures, l'ampleur de la tâche
est immense. En effet, pour en appréhender l'étendue,
j'ai eu à parcourir les tronçons des routes Kinshasa
- Matadi, Kinshasa - Kikwit, Mbuji-Mayi - Mwene-Ditu et Mbuji-Mayi
- Kananga.
Le constat est édifiant et oblige le Gouvernement à
requalifier le contenu de certains accords de financement quant
à l'ordre des priorités dans les projets de développement.
Et vu l'urgence face au degré avancé de délabrement
de nos routes, en vue de rendre nos campagnes accessibles, il
vient d'être institué un cantonnage manuel qui a
déjà fait ses preuves dans le passé.
Honorables
Députés,
La République Démocratique du Congo est l'un des
pays au monde les mieux nantis en ressources naturelles, qu'il
s'agisse de ressources biologiques de flore et de faune ou de
ressources en terres et en eaux. Ces ressources, si elles sont
exploitées rationnellement, sont capable de favoriser une
croissance économique soutenue et de réduire sensiblement
la pauvreté.
Cependant, la recherche des solutions aux besoins croissants de
l'homme, notamment en matière d'alimentation, d'industrialisation,
d'énergie et d'urbanisation exerce de fortes pressions
sur ces ressources. Il en résulte des convoitises et des
dégradations continuelles.
Le défi actuel du Gouvernement de la République,
face à toutes ces conséquences, est de mettre en
place une politique visant à préserver les écosystèmes
naturels et les ressources environnementales de notre pays.
Ainsi, conscient des enjeux vitaux attachés aux ressources
susvisées, j'ai instruit le Gouvernement de la République
d'adopter la stratégie de développement durable,
laquelle intègre la notion de gestion rationnelle de l'environnement
dans la recherche du progrès économique et social,
tel que recommandé par le Sommet de la Terre tenu à
Rio de Janeiro en 1992.
Par ailleurs, à la suite de l'initiative dénommée
" Partenariat Forestier pour le Bassin du Congo " lancée
en marge du Sommet Mondial pour le Développement Durable,
tenu en août 2002, en Afrique du Sud, le Gouvernement de
la République s'est engagé à accroître
la superficie des Aires protégées de 8 % actuellement
pour atteindre une couverture de 15 % du Territoire National.
Mesdames
et Messieurs les Députés,
Le secteur socio-culturel a particulièrement souffert des
conséquences de la guerre. C'est pourquoi, le Gouvernement
s'est attelé à mettre en place, une série
de mesures visant à répondre aux différentes
préoccupations de la population.
Pour relever ces défis, nous comptons sur la réforme
de la Fonction Publique et le renforcement de ses capacités
institutionnelles et humaines.
Dans le cadre du Programme Multisectoriel d'Urgence de Reconstruction
et de Réhabilitation et de la Stratégie pour la
Réduction de la Pauvreté, le Gouvernement a entamé
la réhabilitation des infrastructures sociales du secteur
de la santé et de l'éducation, ainsi que la protection
et la promotion sociales.
Par ailleurs, le Gouvernement entend, à travers le fonds
social de la République, mettre en place un projet pilote
de financement de micro-crédits pour les catégories
les plus vulnérables de la population, particulièrement
les femmes et la jeunesse.
Toutes ces actions ont pour objectif de réduire la misère
de notre population et de l'armer suffisamment pour la reconstruction
nationale.
De même, pour répondre tant soit peu aux attentes
de la population, l'eau et l'électricité étant
à la base de tout développement durable, l'électrification
de plusieurs villes et cités se poursuivra, après
le Kasaï-Occidental et le Kasaï-Oriental, dans les Provinces
de l'Equateur, Maniema et dans d'autres contrées qui manquent
cruellement d'eau potable.
Madame
la Présidente du Parlement,
Mesdames et Messieurs les Députés,
Dans le domaine des réformes, le Gouvernement a opéré,
depuis deux ans, des réformes d'ordre politique, judiciaire
et de droits de l'homme.
Le Décret 001/2001 et la Loi n° 004/2001 du 20 juillet
2001 consacrent le pluralisme politique et associatif dans notre
pays.
La promulgation des Lois n°s 03/2002 et 024/2002 du 18 novembre
2002, confirme la réforme de la justice militaire. Dans
les jours à venir, un Décret sera signé pour
fixer la date de leur application effective.
Dans le domaine de la promotion et de la protection des droits
de l'homme, il a été organisé en mai, juin
2001, la Conférence Nationale sur les droits de l'homme
et à cette occasion, la Charte Congolaise des droits de
l'homme a été adoptée.
Pour renforcer la conscience du citoyen s'agissant de la protection
des droits humains, une structure de concertation permanente avec
les organisations de défense des droits de l'homme doit
être créée au sein du Ministère des
Droits Humains. Nous entendons, d'ailleurs, devoir mettre en place
une série d'organes de concertation dans tous les secteurs
de la vie nationale, en vue de mieux coordonner nos actions.
Plusieurs instruments juridiques internationaux relatifs aux droits
de l'homme, en général et aux droits et bien-être
des enfants, en particulier, ont été ratifiés
par notre pays.
Néanmoins, il est important d'appeler le peuple à
la vigilance à propos d'un phénomène qui
se développe dangereusement dans notre pays, celui des
enfants dits sorciers. Il s'agit d'une violation pure et simple
des droits de l'enfant que toute conscience humaine doit désapprouver.
J'invite donc les Magistrats, chargés de protéger
les faibles, spécialement les enfants, d'appliquer la loi
avec toute sa rigueur en cette matière.
Il me paraît aussi utile, de signaler l'adhésion
de la République Démocratique du Congo aux conventions
internationales fondamentales du monde de travail, instrument
de promotion et de protection des libertés et des droits
syndicaux.
En outre, notre pays a ratifié le protocole de Ouagadougou
sur la Cour Africaine de droits de l'homme et des peuples ainsi
que le Statut de Rome portant institution de la Cour Pénale
Internationale pour assurer son engagement dans la lutte contre
l'impunité.
Honorables
Députés,
Plusieurs difficultés et contraintes multiformes n'ont
pas permis au Gouvernement de réaliser toutes les promesses
faites au peuple congolais. Mais, malgré les obstacles
qui jonchent notre chemin, le Gouvernement entend déployer
davantage d'efforts pour répondre aux préoccupations
sociales du peuple.
Dans cette perspective, l'eau et l'électricité qui
passent pour des droits fondamentaux pour tout citoyen ne peuvent
plus être considérés comme un luxe auquel
n'auraient accès que les habitants des grandes villes.
Dans ces conditions, on ne peut prétendre à un quelconque
décollage économique tant que le courant électrique
est fourni parcimonieusement, par intermittence et à quelques
localités seulement.
Le Gouvernement s'emploiera pour que l'eau et l'électricité
soient accessibles à la majorité de nos concitoyens.
Puisque nous devons compter sur l'effort de chacun pour aller
de l'avant, désormais, les Congolais de la diaspora seront
davantage appelés à apporter leur contribution pour
la reconstruction nationale.
Il importe que nos compatriotes vivant à l'étranger
gardent, spirituellement et matériellement, un lien fort
avec la mère patrie. Si les diasporas de par le monde ont
pu renforcer leurs pays d'origine, il est temps que la diaspora
congolaise prenne conscience de sa participation dans l'œuvre
de la reconstruction du pays.
Madame
la Présidente de l'Assemblée Constituante et Législative
- Parlement de Transition,
Mesdames et Messieurs les Députés,
Distingués Invités,
Je ne voudrais terminer mon adresse sans féliciter les
Forces Armées Congolaises, la Police Nationale Congolaise
et les Forces de Sécurité qui se dépensent
toujours, veillant nuit et jour sur les personnes et leurs biens.
Au cours de cette année nouvelle, pour faire face au défi
de la réunification, des efforts supplémentaires
seront déployés pour que les forces de l'ordre soient
capables de sécuriser les citoyens en temps de paix et
de défendre la patrie en cas d'hostilité.
De même, je me dois de remercier le peuple congolais tout
entier, en particulier les populations des territoires encore
sous occupation, pour la patience et le soutien me témoignés,
ainsi que l'adhésion à l'action gouvernementale.
Cette action se poursuivra, dans l'unique intérêt
de notre peuple, en vue de défendre la dignité et
l'unité pour lesquelles nos héros et martyrs ont
donné leurs vies.
Ce n'est pas le moment de baisser les bras, car pour mener à
bon port le processus de paix, nous aurons encore besoin du soutien
et de la patience de la population.
Honorables
Députés,
J'ai parlé de l'engagement que j'avais pris par mon serment
devant Dieu et devant les Hommes de ramener la paix.
J'ai passé en revue, les réalisations accomplies
en politique intérieure et extérieure, notamment
: