Le
Discours-Programme du Chef de l’Etat devant le Parlement
de transition
Kinshasa,
le 2 décembre 2003
Monsieur
le Président de l’Assemblée Nationale,
Monsieur le Président du Sénat,
Mes dames et Messieurs les membres des Bureaux
de l’Assemblée Nationale et du Sénat,
Honorables Députés,
Honorables Sénateurs,
Distingués Invites,
Chers Corn patriotes,
Au moment
où le Gouvernement de Transition présente, au Peuple
congolais, par le biais de ses Représentants, son Programme
d’actions pour la période de Transition, il m’est
particulièrement agréable d’adresser mes chaleureuses
félicitations à l’Assemblée Nationale
et au Sénat, ainsi qu’à leurs Bureaux respectifs
non seulement pour le fonctionnement effectif de ces deux Chambres,
mais surtout pour le travail appréciable qui est déjà
en train d’être abattu.
Je voudrais égaiement, du haut de cette tribune, présenter
mes salutations, mes encouragements, ainsi que mes remerciements
à tout le peuple congolais pour sa bravoure, son endurance
et son attachement à l’unité de la patrie,
à la paix et à la démocratie.
Je me fais aussi le devoir de remercier vivement les pays amis,
et de manière générale, toute la Communauté
Internationale pour leur appui multiforme et leur soutien au processus
de paix et de réunification du pays.
Ces remerciements, je les formule non seulement au nom du Gouvernement,
du peuple et de ses représentants, mais aussi au nom des
fils et filles de notre pays tombés sur le champ de bataille
ou victimes des catastrophes naturelles pour qui je vous demande
de garder une minute de silence.
Honorables
Députés,
Honorables Sénateurs,
La République Démocratique du Congo aborde aujourd’hui
un tournant décisif de son histoire, dans un environnement
de normalisation des relations naguère tendues avec certains
de ses voisins et dans un contexte où il reprend pied sur
la scène internationale, avec comme corollaire la reprise
des relations avec les Institutions financières internationales
et les organismes d’aide au développement.
Ce climat favorable nous impose de mener une politique nationale
et étrangère réaliste par rapport à
nos ressources et volontariste relativement à nos ambitions.
Aussi, le Gouvernement profite-t-il de cette occasion pour réaffirmer
avec force, sa détermination d’oeuvrer de manière
résolue et irréversible pour consolider les acquis
du Dialogue Inter Congolais, renforcer la paix et la cohésion
nationale, asseoir une démocratie réelle et solide
à travers des institutions stables, et améliorer
les conditions de vie de nos populations.
L’objectif ultime de cette volonté est l’organisation,
à l’échéance nous impartie par la Constitution,
des élections générales, libres, transparentes
et démocratiques pour ainsi doter notre pays, des institutions
issues des urnes.
A cet effet, je me fais le devoir, en vertu de mes prérogatives
constitutionnelles et au nom du Gouvernement de Transition, de
vous présenter les grandes lignes du Programme d’actions
du Gouvernement qui repose fondamentalement sur les résolutions
du Dialogue Inter Congolais.
Il va sans dire que la réalisation de ce programme ainsi
que son succès dépendent du ferme engagement de
tous les Congolais et de tous les étrangers qui ont choisi
d’oeuvrer dans notre pays.
Honorables
Députés,
Honorables Sénateurs,
En mettant en place son programme, le Gouvernement vise la réalisation
des objectifs définis par l’Accord Global et qui
sont:
- la réunification, la pacification et la reconstruction
du pays;
- la restauration de l’intégrité territoriale
et le rétablissement de l’autorité de l’Etat
sur l’ensemble du territoire national;
- la réconciliation nationale;
- la formation d’une armée nationale restructurée
et intégrée;
- l’organisation des élections libres, démocratiques
et transparentes à tous les niveaux pour la mise en place
d’un régime constitutionnel démocratique;
- enfin, la mise en place des structures devant aboutir à
un nouvel ordre politique.
Aussi, le Programme qui vous est présenté ce jour,
s’articule-t-il sur les principaux axes de la vie nationale,
à savoir la sécurité et la défense
nationales, la politique et la diplomatie, les secteurs judiciaire,
économique, socioculturel et communicationnel.
Pendant plusieurs années, notre pays a connu des relations
tumultueuses avec certains de ses voisins.
La faiblesse de la politique étrangère d’autrefois,
conjuguée avec les effets néfastes d’une guerre
inutile, tout cela n’a fait qu’assombrir la situation
du pays déjà précaire.
Maintenant que nous avons survécu à cette épreuve
et commencé à remettre de l’ordre pour la
relance des activités nationales, il convient de panser
nos plaies et de répartir sur de nouvelles bases, assainies
et rationnelles.
Honorables
Députés,
Honorables Sénateurs,
Sur le plan de la sécurité et de la défense
nationales, notre pays connaît aujourd’hui une forte
circulation des armes à feu principalement dans ses parties
Est et Nord.
Avec le rétablissement de l’autorité de l’Etat,
cette situation, qui n’est pas de nature à rassurer
ni nos populations, ni les étrangers vivant dans notre
pays, ne va plus durer.
Conscient de l’importance de la sécurité des
personnes et des biens, le Gouvernement entend mener les actions
visant à doter la République Démocratique
du Congo, d’une Armée républicaine moderne,
restructurée,— intégrée et capable
de défendre, de garantir l’intégrité
du territoire national et d’une police à même
d’assurer la sécurité civile. Cela passe par
:
- la matérialisation du processus de formation de l’armée
restructurée et intégrée ;
- le désarmement et la démobilisation des éléments
non admis dans cette armée nouvelle et leur regroupement,
rapatriement et réinsertion au sein de la communauté
civile ;
- l’élaboration d’une politique de défense
du pays et l’accroissement de la capacité opérationnelle
de l’armée ;
- l’amélioration des conditions sociales des militaires
et des agents de la Police.
Honorables
Députés,
Honorables Sénateurs,
Notre pays vient de passer plusieurs années dans l’isolement
politique et diplomatique, marquées par la rupture de la
coopération structurelle avec la plupart des pays amis.
Cet isolement a accentué et accéléré
la dégradation des conditions de vie de nos populations
et marginalisé le pays sur le plan international, lui faisant
perdre énormément de possibilités et d’opportunités.
L’ambition du Gouvernement de Transition est de rétablir
des relations saines avec tous les pays voisins en particulier,
et avec ceux du reste du monde en général.
C’est ainsi que le Gouvernement s’engage a :
- réhabiliter l’outil diplomatique, réchauffer
et entretenir des relations saines et sincères avec tous
les pays voisins ;
- réactiver la coopération bilatérale en
vue de consolider la paix et la sécurité dans le
pays ;
- assainir la situation financière et matérielle
des postes diplomatiques et consulaires Congolais à l’étranger
;
- intensifier les missions de sensibilisation et d’explication
des objectifs et programmes du Gouvernement ;
- relancer redynamiser les Accords-cadres existants ;
- respecter les engagements internationaux signés par la
République Démocratique du Congo ;
- contribuer efficacement à l’organisation de la
conférence internationale sur la paix, la sécurité
et le développement dans la région des Grands Lacs
et d’Afrique Centrale ;
- et, enfin, à renforcer et rentabiliser la participation
de la République Démocratique du Congo à
toutes les Organisations et Institutions internationales ou régionales.
Honorables
Députés,
Honorables Sénateurs,
Pour une mise en oeuvre rapide et efficiente des actions que je
viens de citer, un accent particulier doit être mis sur
la politique interne du Gouvernement.
En effet, toute politique nationale doit, pour être efficace,
bénéficier de l’adhésion populaire.
Cette adhésion n’est jamais gratuite. En cette période
de transition démocratique, les intérêts des
concitoyens sont tellement disperses que seules des actions politiques
consensuelles, justes et équitables, encadrées par
des textes de lois, sont à même de recevoir l’agrément
de l’ensemble de notre population.
C’est pourquoi, le Gouvernement de Transition a initié
et compte poursuivre des actions relatives à :
- la libéralisation de la vie politique du pays dans son
ensemble pour garantir à chaque citoyen Congolais, la liberté
d’opérer son choix politique ;
- la libre circulation effective des personnes et des biens sur
l’ensemble du territoire national ;
- assurer l’organisation de la décentralisation et
la redynamisation de la territoriale pour la restauration de l’autorité
de l’Etat sur l’ensemble du pays ;
- la mise en place d’une législation devant régir
l’organisation et le fonctionnement des partis et regroupements
politiques, et réglementer les réunions et manifestations
publiques ;
- veiller au rapprochement des gouvernants et des gouvernés
et à la promotion du développement à partir
de la base ;
- et, enfin, appuyer matériellement et financièrement
les institutions citoyennes pour leur permettre d’accomplir
efficacement les objectifs leur assignés par la Constitution.
Au plan économique, la vision du programme économique
et social de la Transition dégage un consensus autour de
deux objectifs, à savoir, la stabilisation de l’environnement
macroéconomique et la réalisation d’une croissance
durable et mieux partagée.
Ce programme est fondé sur une économie de marché
sécurisant l’investissement, respectueux des droits
sociaux et garantissant la solidarité nationale ainsi que
la sécurité juridique et judiciaire des affaires.
Un principe important de ce programme concerne le choix opère
par le Gouvernement de laisser progressivement l’essentiel
des activités productives à l’initiative privée
et de réserver, à l’Etat, le rôle normatif
et régulateur qui, par ailleurs, devrait être renforcé.
Honorables
Députés,
Honorables Sénateurs,
Depuis près de quatre décennies, une crise économique
aggravée par près de cinq ans de guerre secoue notre
pays. Face à cette crise, le Gouvernement avait mis en
place, en mai 2001, le Programme Intérimaire Renforcé,
qui a permis de redresser les finances publiques, de stabiliser
la monnaie nationale, de maîtriser l’inflation et
d’assainir le cadre macroéconomique général.
En vue de consolider ces résultats, le Programme Economique
du Gouvernement qui couvre la période de 2002 à
2005 a été mis en oeuvre.
Partant de ces acquis, le Gouvernement de Transition déploiera
des efforts pour:
- consolider la stabilisation et poursuivre la relance des activités
productives;
- atteindre et maintenir le taux de croissance économique
à un niveau supérieur au taux de croissance démographique;
- favoriser la création de nouveaux emplois;
- et mettre en place un cadre économique et social propice
à l’amélioration des conditions de vie de
la population et à l’éradication de la pauvreté.
Pour y parvenir, des investissements conséquents doivent
être réalisés dans différents secteurs
d’activités nationales.
Ces investissements ne peuvent produire des effets attendus que
si le Gouvernement poursuit son programme de réhabilitation
des infrastructures de base et des réformes économiques,
structurelles et sectorielles.
En ce qui concerne les réformes, depuis 2002 jusqu’à
ce jour, le Gouvernement a déjà produit quelques
instruments importants, qui concourent à l’assainissement
du milieu des affaires, à l’accroissement des investissements
et à la relance économique.
Il s’agit notamment: d’une nouvelle législation
bancaire;
- une nouvelle réglementation de change;
- un nouveau code des investissements;
- à un nouveau code minier;
- à un nouveau code forestier;
- des tribunaux de commerce;
- une loi-cadre sur les télécommunications;
- une loi-cadre sur la poste;
- une loi sur l’autorité de régulation des
postes et des télécommunications;
- et, enfin, d’un nouveau code du travail.
Dans ce contexte, la création des services provinciaux
de l’Agence Nationale pour la Promotion des Investissements,
en sigle l’ANAPI, et la mise en oeuvre du guichet unique
des investissements, permettront à cette agence nationale
de susciter les investissements.
Au-delà de ces réformes, le Gouvernement a lancé
le processus de reconstruction et de réhabilitation des
infrastructures socio-économiques, soutenu par le Programme
Multisectoriel pour la Reconstruction et la Réhabilitation-
appelé à renforcer les acquis du Programme Intérimaire
Renforcé. Ce Programme vise les objectifs suivants :
- la réalisation des grands travaux de reconstruction et
de réhabilitation des infrastructures ;
- le renforcement des capacités humaines et institutionnelles;
- le financement des initiatives communautaires;
- et la réalisation de la sécurité alimentaire.
Cette action qui a été initiée sur la base
des besoins exprimés par quelques provinces alors sous
contrôle Gouvernemental, sera étendue à l’ensemble
du territoire national grâce au Programme d’Urgence
de Réunification Economique et Sociale.
S’agissant de l’éradication de la pauvreté,
point n’est besoin de rappeler que la communauté
internationale l’a érigée en objectif du millénaire
qui consiste à réduire ce fléau de moitié
en 2015.
A cet effet, notre pays disposé déjà d’un
document intérimaire dont la finalisation devra être
réalisée à la fin de l’exercice 2005.
Le document final permettra ainsi à notre pays d’atteindre
le point d’achèvement de l’initiative PPTE
en 2006 et de poursuivre les actions de lutte contre la pauvreté
de manière à présenter un bilan positif à
l’échéance de 2015.
Le volet Développement du Programme économique et
social préoccupe au plus haut point le Gouvernement de
Transition. Dans cette optique, une priorité sera accordée
au développement du monde rural. Un schéma directeur
du développement rural sera mis en oeuvre autour de six
axes principaux, à savoir:
- l’évacuation des produits agricoles et les échanges
intra-ruraux;
-l’accès à l’énergie électrique
des zones rurales;
-l’amélioration de la desserte en eau potable;
-la mise à la disposition des exploitants agricoles des
semences améliorées;
-l’encadrement des paysans.
En appui à ces projets, un vaste programme de réhabilitation
des routes de desserte agricole et de la voirie urbaine est en
chantier.
Honorables
Députés,
Honorables Sénateurs,
Il n’est un secret pour personne que toutes les entreprises
publiques se portent mal. Elles connaissent des difficultés
de plusieurs ordres, dues notamment à la mauvaise gestion
et à la détérioration de l’environnement
des affaires.
Pour faire face à cette situation, il a été
mis en place, depuis le 30 octobre 2002, le Comité de Pilotage
de la Réforme des Entreprises Publiques, COPIREP en sigle,
chargé de mener des études approfondies sur des
mesures à prendre tant au niveau sectoriel qu’à
celui des entreprises.
En vue d’assurer le succès des réformes envisagées,
le Gouvernement devra adopter un programme d’accompagnement
social qui permettra de prendre en charge les problèmes
des sureffectifs, de réinsertion et de formation.
Dans le domaine technique et des infrastructures, cinq secteurs
retiennent particulièrement l’attention du Gouvernement.
Il s’agit des secteurs agricole, industriel, de l’énergie,
du transport et des télécommunications.
Concernant l’agriculture, point n’est besoin de vanter
les énormes potentialités dont regorge notre pays,
car chacune de nos provinces, même celles qui disposent
d’importants gisements miniers, ont une vocation agricole.
Pour le Gouvernement, la réalisation de l’autosuffisance
alimentaire doit être un objectif essentiel de la politique
agricole. Cet objectif ne peut être atteint que si chaque
Congolais accepte de faire de l’agriculture, de la pêche
et de l’élevage, un puissant levier de développement
économique.
A ce sujet, le Gouvernement a notamment pris la résolution
de:
- lancer les travaux d’actualisation du Plan Directeur de
l’agriculture, de la pêche et de l’élevage;
- actualiser les textes légaux sur la réforme agraire;
- créer un Comité chargé de la Relance des
Unités Agropastorales Abandonnées;
- faciliter la promotion des organisations paysannes;
- et concevoir un mécanisme d’appui à la pisciculture
et à la pêche traditionnelle.
Honorables
Députés,
Honorables Sénateurs,
Avec la mondialisation des échanges et la globalisation
des marches, l’industrie et le commerce apparaissent davantage
comme des secteurs incontournables dans le développement
des nations. Pour ce faire, le Gouvernement va lancer les actions
favorables à l’intégration économique
et industrielle de la République Démocratique du
Congo.Parmi ces actions, il y a lieu de citer l’actualisation
du Schéma Directeur d’Industrialisation, l’actualisation
de l’étude sur la connexion inter filière,
l’encouragement des signatures de contrats de sous-traitance,
notamment entre les industries et les Petites et Moyennes Entreprises
et la mise à jour des différents textes légaux
et réglementaires.
Dans le domaine de l’énergie, les actions du Gouvernement
concernent trois secteurs: le secteur de l’électricité,
de l’eau et des hydrocarbures.
A propos de l’électricité, le Gouvernement
entend mettre en place des politiques de promotion de l’électrification
de l’arrière-pays et du partenariat public privé
dans la production et la commercialisation de l’énergie
électrique.
Dans le domaine de l’eau, le Gouvernement va contribuer
à l’assainissement des réseaux de distribution
d’eau, à l’augmentation du taux de desserte
en eau potable et à la mise en place d’une politique
d’incitation du partenariat public-privé dans la
distribution d’eau.
Au niveau des hydrocarbures, le Gouvernement propose de relancer
l’exploitation pétrolière, promouvoir l’exploitation
du gaz et poursuivre l’assainissement du secteur de distribution
des produits pétroliers dans tout le pays.
En ce qui concerne le secteur du transport, l’approche du
Gouvernement va consister à :
- finaliser le Document cadre de la politique des Transports et
son Plan d’Actions;
- Résoudre le problème du transport urbain à
Kinshasa et dans d’autres villes du pays;
- rendre les eaux congolaises sûres à la navigation
par des balises;
- moderniser les principaux aéroports pour les aligner
au standard international;
- et réhabiliter les voles ferroviaires à travers
le pays.
Pour ce qui est des télécommunications, notre objectif
est d’offrir à la population congolaise des possibilités
d’accès aux moyens de télécommunication
fiables et à un prix abordable. A cet effet, le Gouvernement
va:
- faciliter l’élaboration d’un tableau d’attributions
nationales de fréquences en fonction des besoins et des
options;
- participer activement à la gestion internationale des
fréquences;
- et amener les sociétés de téléphonie
à réaliser une interconnexion de leurs réseaux
dans des conditions optimales.
La réalisation des objectifs du Gouvernement de Transition
exige la mobilisation conséquente des ressources tant intérieures
qu’extérieures afin que nos voeux soient transformés
en actions et que nos actions engendrent des résultats
visibles et durables.
Sur le plan interne, l’effort portera sur :
- l’amélioration de la pression fiscale ;
- l’élargissement de l’assiette fiscale, notamment
par la fiscalisation du secteur informel ;
- la mise en place de la Taxe sur la Valeur ajoutée ;
- la mobilisation maximale des recettes et l’attrait des
investissements ;
-la révision de la nomenclature des actes générateurs
des recettes administratives, judiciaires, domaniales et des participations
;
- la simplification des procédures, pour rendre aisée
la perception de l’impôt et assurer un meilleur suivi
de son recouvrement.
Sur le plan externe, il s’agira de poursuivre le Programme
Economique du Gouvernement en vue de capitaliser les résultats
obtenus et de consolider le dialogue avec les institutions financières
internationales et la communauté des bailleurs de fonds.
Honorables
Députés,
Honorables Sénateurs,
Dans le domaine social, le Gouvernement de Transition s’engage
à mener les actions suivantes :
- la lutte contre la pauvreté d’une part, par la
mise en exécution, à court terme, du document national
des stratégies de lutte contre la pauvreté dont
les principaux axes sont la paix et la bonne gouvernance, la stabilisation
macro-économique, la réhabilitation et la croissance
« pro-pauvre » et l’appui à la dynamique
communautaire, et d’autre part, par la recherche et la mobilisation
des ressources nécessaires au financement des actions recensées;
- la poursuite du programme de réhabilitation des écoles,
hôpitaux, routes et unités de production d’eau
et d’électricité ;
- l’amélioration du cadre et des conditions de travail
et de rémunération du personnel de l’Etat.
En plus de ces actions générales, le Gouvernement
va entreprendre des actions plus spécifiques dans le domaine
de la santé, de l’enseignement et de la recherche
scientifique, de la femme et famille, et de la jeunesse.
En ce qui concerne le domaine de la Santé, l’action
du Gouvernement sera centrée sur :
- la poursuite rigoureuse des programmes de vaccination ;
- la lutte contre le VIH/SIDA ;
- la concrétisation de la stratégie de soins de
santé primaires par la réhabilitation de zones de
santé qui existent déjà et la construction
de nouvelles zones de santé ;
- l’appui à la mise en place par les populations,
de mutuelles de santé pour une prise en charge solidaire
du coût des soins médicaux.
Dans le secteur de l’enseignement et de la recherche scientifique,
le Gouvernement veillera à :
- reformer et moderniser le système de l’enseignement
supérieur et universitaire, revaloriser la profession et
la carrière enseignantes ;
- renforcer les capacités du personnel enseignant ;
- mettre en oeuvre le programme national de l’éducation
pour tous ;
- élaborer une loi organique sur la recherche scientifique
et réhabiliter les centres et institutions de recherche
et financer la recherche fondamentale :
- poursuivre les programmes de réhabilitation et d’équipement
des institutions d’enseignement primaire, secondaire et
universitaire ;
- lutter contre l’inégalité d’accès
à l’éducation entre l’homme et la femme.
En ce qui concerne la femme et la famille, le Gouvernement s’emploiera
à :
- redynamiser les structures et institutions de promotion et de
soutien à la famille, à l’enfant et à
la condition féminine, notamment par le renforcement des
capacités et l’appui institutionnel ;
- poursuivre la campagne d’enregistrement des manages et
des naissances ;
- prendre en compte le genre féminin dans la répartition
du travail dans toutes les activités ;
- et, enfin, lancer des campagnes d’alphabétisation,
principalement dans les milieux ruraux non scolarisés.
S’agissant de la jeunesse, le Gouvernement poursuivra les
actions de réhabilitation et d’équipement
des infrastructures sportives et de loisirs. Il proposera des
mesures adéquates pour la promotion du sport d’âges,
des forces armées et de la Police Nationale l’aménagement
et la protection des espaces verts seront renforcés.
L’encadrement des associations, des mouvements et des ONG
du secteur de la jeunesse ainsi que l’élaboration
d’une législation en matière de sports et
d’une loi-cadre en matière de la jeunesse sont également
envisages dans le cadre de ce programme.
Dans le domaine de l’environnement, le Gouvernement entend
vulgariser la problématique de la protection de notre système
écologique afin de faire prendre conscience à la
population de ses enjeux pour sa survie et sa santé. Dans
ce cadre, le Gouvernement entend notamment mener les actions relatives:
- au renforcement des capacités des ressources humaines;
- à la vulgarisation du nouveau code forestier ainsi que
ses mesures d’application;
- à l’application d’une politique de reboisement
à grande échelle en vue du rétablissement
des équilibres fondamentaux des ressources forestières;
- à la création d’une brigade de salubrité
ainsi que la mise en place des mécanismes de gestion des
déchets, des mitrailles et ferrailles;
- le Gouvernement veillera à la mise en place d’un
programme de désinfection et dératisation de grande
envergure;
- à l’élaboration d’une politique rationnelle
de gestion de ressources en eaux ;
- et, enfin, à l’élaboration du code de l’environnement.
Au niveau du secteur touristique, le Gouvernement s’engage
a:
- promouvoir le tourisme national, particulièrement le
tourisme social;
- mobiliser et affecter les ressources financières à
la relance et au développement du tourisme;
- protéger les sites touristiques, spécialement
les sites naturels;
- et à réhabiliter les infrastructures touristiques,
notamment le parc hôtelier.
Pour la réussite de toutes ces actions et de celles qui
sont citées ci-bas, il est impérieux d’avoir
une administration publique compétente, motivée
et dynamique. Pour ce faire, l’action du Gouvernement s’inscrit
dans un vaste programme de réforme de la Fonction Publique
pour doter la République Démocratique du Congo d’une
administration publique moderne, rationalisée et efficace.
Il s’agira plus concrètement de réorganiser
les structures de l’administration publique, de renforcer
les capacités techniques des fonctionnaires, de les motiver
par une rémunération conséquente et de doter
l’administration publique des équipements adéquats
et des moyens d’actions appropriés.
Honorables
Députés,
Honorables Sénateurs,
Il est bien évident qu’après autant d’années
de laisser-aller, de paupérisation du peuple et d’embourgeoisement
facile et impénitent, la corruption s’est ancrée
dans toutes les couches de la population et surtout parmi la classe
dirigeante. Si bien que la mise en oeuvre de toute action corrective
risque d’être compromise par les effets pervers de
cette pratique. C’est ainsi que le Gouvernement s’est
engagé, sur le plan de l’éthique et de la
morale, à lutter contre la corruption et le blanchiment
de l’argent sale et à mener une lutte sans merci
contre le terrorisme sous toutes ses formes.
A cet effet, l’action du Gouvernement aura comme épine
dorsale, le code d’éthique de la Fonction Publique
et la Loi sur le blanchiment de l’argent sale en cours de
finalisation. Aussi, dans cet ordre d’idées, le Gouvernement
offrira toute sa collaboration aux administrations, nationales
et internationales compétentes, impliquées dans
des enquêtes sur toute forme de terrorisme.
Pour la réalisation de tous les objectifs fixés
par le Gouvernement, l’apport de la justice est plus qu’important,
mieux, indispensable. Le Gouvernement a l’ambition de parvenir
à une bonne justice pour tous, à la valorisation
de la profession des magistrats et surtout à la promotion
de l’indépendance du pouvoir judiciaire.
Dans ce cadre, les actions ci-après seront menées:
- la poursuite de l’installation des Tribunaux de paix,
des Tribunaux de commerce et de Travail;
- la mise en place générale des Magistrats et des
Agents de l’ordre judiciaire et l’amélioration
de leurs conditions de travail;
- la révision du statut des magistrats.
En outre, le Gouvernement de la République entend mener
une vaste campagne de promotion des droits humains, renforcer
l’Etat de droit, la bonne gouvernance et la démocratie.
De même, en vue d’une meilleure information de la
population, un accent particulier sera mis sur le secteur de la
presse et information. A ce sujet, le Gouvernement poursuivra
le programme d’équipement et de modernisation déjà
entamé et poursuivra la politique de la réunification
rapide des réseaux nationaux de radiodiffusion et de télévision,
de l’Agence Congolaise de Presse et du Renatelsat.
Honorables
Députés,
Honorables Sénateurs,
J’ai relevé, de manière sommaire, les grands
axes du Programme d’Actions du Gouvernement de Transition.
Comme vous l’aurez constaté, le programme arrêté
par les compatriotes réunis à Sun City dépasse
largement la période de transition, car il s’agit
de poser les bases solides, pour la nation, qui ne peut être
réduite simplement aux acteurs actuels.
Vous aurez certainement note que l’organisation des élections,
la réhabilitation des infrastructures et la lutte contre
la pauvreté constituent des éléments cardinaux
de toute notre action. La réussite de celle-ci est tributaire
de la bonne gestion des ressources publiques et de notre capacité
à les mobiliser et surtout, de la consolidation de la paix
et de la sécurité sur toute l’étendue
du territoire.
Aussi, le Gouvernement de Transition compte-t-il sur l’application
sans faille de l’Accord Global, le strict respect de la
Constitution de la Transition, le respect des différents
Accords conclus avec nos partenaires dans différents domaines,
mais aussi sur la mobilisation de tout le peuple ainsi que sur
le concours efficace de ses représentants ici rassemblés.
Les attentes de nos populations sont, certes, multiples et les
défis à relever, immenses.
Cependant, une politique de tout et tout de suite, est de toute
évidence irréaliste. Pour cette raison, je préconise
une approche de travail axée sur la définition et
la planification de nos objectifs.
Je reste cependant persuade que seule notre volonté et
notre détermination communes devront nous permettre d’accomplir,
avec succès, cette période de Transition.
Monsieur
le Président de l’Assemblée
Nationale,
Monsieur le Président du Sénat,
Honorables Députés,
Honorables Sénateurs,
Distingués Invités,
Chers Compatriotes,
Je ne peux terminer ce propos sans vous rappeler que hier, le
1er décembre, comme chaque année, à cette
date, la Communauté Internationale a célébré
la Journée Mondiale du SIDA.
Cette journée, au-delà de la symbolique qu’elle
représente, offre l’opportunité, à
chaque pays, d’évaluer le chemin parcouru, de tirer
les leçons et de planifier, de manière concertée
et harmonieuse, l’avenir de la lutte contre ce principal
facteur de pauvreté.
Avec près de 3 millions de personnes vivant avec le VIH/SIDA
et plus de 1 million d’orphelins, notre pays paie un lourd
tribut à cette pandémie qui risque de compromettre
la reconstruction nationale, notre objectif commun.
Face à cette situation préoccupante, le Gouvernement
de la République a été instruit de travailler,
en partenariat avec tous les acteurs de lutte contre le VIH/SIDA,
pour offrir des services de prévention, de traitement et
de prise en charge, de qualité, ciblant principalement
les jeunes et les femmes, aussi bien en milieu urbain qu’en
milieu rural.
Honorables Députés,
Honorables Sénateurs,
Le renforcement de la lutte contre le VIH/SIDA demande la mise
à dispositions de ressources matérielles et financières.
Je voudrais donc saisir cette opportunité pour réitérer
mes remerciements et la gratitude de tout le peuple congolais
à tous les partenaires au développement qui accompagnent
notre pays dans cette noble lutte.
A cet égard, le Gouvernement de la République prendra
toutes les dispositions utiles pour améliorer l’accès
des personnes vivant avec le VIH/SIDA aux services de prévention
et de prise en charge de qualité.
Pour ce faire, une législation en matière de protection
des droits des personnes vivant avec le VIH et des personnes affectées
par cette pandémie est indispensable.
C’est pourquoi, le Gouvernement demande aux Honorables Députés
et Sénateurs de s’y pencher sérieusement afin
que notre pays soit dote d’un arsenal juridique moderne
en cette matière.
Quant aux compatriotes vivant avec le VIH/SIDA, notre recommandation
est qu’ils prennent leur destinée en mains en sortant
de la clandestinité et en adoptant un mode de vie responsable
pour contribuer à la reconstruction nationale.
Puissent tous les acteurs de la Société Civile,
qui contribuent activement à l’atténuation
de l’impact du VIH/SIDA, trouver ici l’expression
de mes sincères encouragements.
Avant de clore ce mot, je voudrais saisir cette opportunité
qui m’est offerte pour renouveler mon engagement personnel
à lutter contre le VIH/SIDA et à tout mettre en
oeuvre pour la protection des droits des personnes vivant avec
cette maladie.
Aux partenaires qui nous appuient dans cette lutte, je voudrais
réitérer la disponibilité et la facilitation
du Gouvernement de la République.
La noblesse de la lutte exige de nous tous plus d’engagement
et plus d’abnégation pour la victoire finale contre
ce fléau. Si, par la détermination de chacun, nous
avons gagné le défi de la paix et de la réconciliation
nationale, une autre bataille, et pas la moindre, nécessite
le sens du devoir de chaque Congolais : nous devons, par un comportement
responsable, vaincre le VIH/SIDA.
Que
Dieu bénisse la République Démocratique du
Congo !
Je vous remercie.