Briefing du 25 août 2004
1. Que pense le peuple congolais?
- A Goma, fief de l'ex-rébellion du RCD, "nous sommes fatigués du désordre"
- Kisangani se révolte
2. RCD-Kinshasa : course pour la médaille d’or dans la discipline ”prendre sa distance et sauver les meubles”
- Correction v-a-v de hier: Crispin KABASELE Tshimanga a bien signé la déclaration des membres du RCD restés à Kinshasa. Voici la déclaration :
- Le Courant Rénovateur du Rcd propose des élections anticipées afin de contrecarrer l’agenda caché du vice-président Azarias Ruberwa
3. le PPRD
- Le parti du président Kabila dénonce M. Ruberwa
4. deux mobutistes sont candidats premier ministre
- Jean-Oscar Ngalamulume s'interroge : comment éviter l'insurrection populaire au 30 juin 2005 ?
- Lutundula Apala : " Il y a obligation de négocier avec le RCD"
5. l’UDPS et la PALU se positionnent
- L’Udps appelle le peuple à la vigilance
- Antoine Gizenga : "1+4 est négatif sur tous les plans"
6. Quelle issue juridique réaliste ?
- Analyse juridique de la situation
- Hamuli Baharaguza (Coordonnateur du Comité national préparatoire de la Conférence des Grands Lacs)
7. réactions internationales
- Le Ciat condamne Ruberwa
- L’International Crisis Group demande à l’OTAN de renforcer la MONUC
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Aujourd'hui sur le site deboutcongolais
1. Que pense le peuple congolais sur le terrain?
A Goma, fief de l'ex-rébellion du RCD, "nous sommes fatigués du désordre"
GOMA (RDCongo), 24 août (AFP) -
"Nous ne sommes pas contents de cette suspension", affirme Albert, dans une rue poussiéreuse de Goma.
"Nous, tout ce qu'on veut, c'est la paix. Nous sommes fatigués du désordre. Nous avons assez souffert", explique Henriette, une mère de trois enfants qui tient un petit magasin de quincaillerie.
"Le RCD est un parti comme tous les autres. Nous trouvons qu'il veut s'accaparer notre pays", poursuit Albert, étudiant en informatique.
"Azarias Ruberwa ne veut pas qu'on puisse aller aux élections", affirme Christophe, un jeune homme sans emploi.
"Il veut troubler la population congolaise pour s'enrichir, mais nous prions la communauté internationale pour qu'elle fasse en sorte que la transition continue", ajoute-t-il.
"Ces gens-là (le RCD) ne réagissent que quand on tue leurs propres frères", poursuit Christophe, interrogé à Birere, un quartier commerçant du centre ville de Goma.
"Il y a eu des massacres à Makobola (est de la RDC) et à Kindu (centre-est) et ils sont passés inaperçus", affirme Christophe.
Cette ancienne rébellion soutenue par Kigali n'a jamais eu le soutien de la population de Goma, ville située à la frontière avec le Rwanda. La majorité des habitants de Goma reprochent en effet au RCD de ne pas avoir de programme pour le bien-être de la population.
"Nous on continue avec notre transition. Si eux (les gens du RCD) veulent rester ici ils peuvent rester, mais nous on veut la paix pour notre pays", résume Albert.
Kisangani se révolte
la province orientale a connu un week-end mouvementé suite aux protestations à cette organisation de deuil. Il nous revient que avant la journée de samedi, les étudiants de Kisangani ont incendié le siège du Rcd en signe de protestation. Les étudiants fustigeaient le Rcd car il accorde beaucoup d’importance à 160 ou 188 personnes contrairement à 3,5 millions de morts pendant la guerre d’agression.
De plus, la colère des étudiants s’est empirée le dimanche lorsqu’au sortir de la messe organisée pour lever ce deuil, le gouverneur Thea Baruti (membre du Rcd et ancien ministre du travail et de la prévoyance sociale) a été victime du jet de pierres de la part des étudiants. Pour trouver une réponse à cette montée de violence, le gouverneur de la province orientale s’est pris au dirigeant du parti du peuple pour la reconstruction et le développement (Pprd). Le président provincial du Pprd le professeur Bokanga Itindi (Professeur à l’Unikin) a été arrêté il est accusé par l’autorité de la ville d’avoir soulevé les étudiants. Aujourd’hui, sa vie est en danger et il est en résidence surveillée. En ce jour, il doit sa vie à la garde assurée par le groupe spécial de sécurité présidentielle (Gssp).
(CP) | L’Avenir/Fifi Nyakio 24.08.2004
2. RCD-Kinshasa : course pour la médaille d’or dans la discipline ”prendre sa distance et sauver les meubles”
correction v-a-v de hier: Crispin KABASELE Tshimanga a bien signé la déclaration des membres ud RCD restés à Kinshasa. Voici la déclaration :
Le Phare (Kinshasa), 24 Août 2004
Les Membres du Rassemblement Congolais pour la Démocratie, RCD, présents à Kinshasa, à savoir les' Membres du Collège des Fondateurs, les Membres du Comite Exécutif National, les Ministres, les Vice-Ministres, les Sénateurs, les Députés et les Membres des Institutions d'Appui à la Démocratie, viennent de prendre connaissance de la Déclaration Politique publiée par certains Camarades se trouvant actuellement à Goma pour raison de deuil. Répondant aux attentes du Peuple Congolais de sortir de la crise multiforme dans laquelle il est plongé depuis de nombreuses années, et respectueux de l'Accord Global et Inclusif, les Membres du RCD restés au siège social du Parti ont décidé de poursuivre leur participation dans toutes les Institutions de la Transition. En conséquence, les Ministres, les Vice-Ministres, les Sénateurs, les Députés, les Gouverneurs et le Vice-Gouverneurs de province, les Membres des Institutions d'Appui à la Démocratie, les Militaires et les Policiers doivent continuer à servir la Nation Congolaise dans les Institutions et Structures Etatiques dans lesquelles ils ont été déployés.
Ils en appellent à l'évaluation de la transition au sein des Institutions de la République et Structures étatiques.Le deuil levé dans toutes les fédérations du Parti, les Camarades partis à Goma sont invités à rejoindre Kinshasa, siège des Institutions et du Rassemblement Congolais pour la Démocratie.
Fait à Kinshasa, le 23 Août 2004.
Pour le Rassemblement Congolais pour la Démocratie,
A. COMITE EXECUTIF NATI0NAL:
1. Honorable Francis BEDI MAKHUBU MABELE, Secrétaire Général du RCD
2. Honorable Crispin KABASELE Tshimanga, Secrétaire Général adjoint
du RCD
3. Honorable Léon MONDOLE, Secrétaire National Adjoint du RCD
B. SENAT 4. Docteur Emile ILUNGA KALAMBO, Premier Vice-Président du Bureau d u Sénat
C. ASSEMBLEE NATIONALE
5. Honorable Boniface BALAMAGE N'KOLO, Député National
6. Honorable Jean MBOYO ILOMBE, Député National D. GQUVERNEMENT
7. Général Jean-Pierre Ondekane, ministre de la Défense Nationale
8. Prof Emile Ngoy Kasongo, ministre de l'Economie Nationale,
Président Fédéral du RCD/Maniema
9. Me Joseph MUDUMBI MULUNDA, Ministre de l'Enseignement Supérieur et Univervitaire, Président Fédéral du RCD/Sud-Kivu
10.Mr. Baudouin BANZA MUKALAY SUNGU, Vice-Ministre des Travaux
Publics et Infrastructures, Président Fédéral du RCD/Katanga
E. Institutions d'appui à la démocratie
11. Mr. Norbert Basengezi Katintima, Deuxième Vice-Président de la Commission Electorale Indépendante
Le Courant Rénovateur du Rcd propose des élections anticipées afin de contrecarrer l’agenda caché du vice-président Azarias Ruberwa
Kinshasa , 24.08.2004
« Ruberwa et le Collège des fondateurs du Rcd sont responsables des morts de 166 Congolais à Katumba », clame Kazadi Nanshabalowa, le Président du Bureau politique du Courant rénovateur du Rcd. La démarche d’arrêter la transition, que le Courant qualifie de criminelle, est un acte qui incite à la reprise de la guerre.
L’honneur de l’armée congolaise, poursuit-il, ne peut pas être jeté en pâture par celui-là même qui est censé être le Vice-Président en charge de la Défense. « Toutes les raisons du monde, note-t-il, ne peuvent pas justifier qu’un général, en la personne de Mbuza Mabe soit accusé de génocidaire, ceci au mépris du groupe fondateur de l’Etat des droits ».
Pour le Courant rénovateur « Nous disposons des matériels nécessaires pour organiser les élections au mois de décembre 2004 ». Et le Courant rénovateur de préciser « le mois de septembre 2004 peut être mis à profit pour le début de la campagne et le dispatching des matériels sur l’ensemble du territoire national », les partisans du Courant rénovateur estiment que « les élections anticipées mettront au rancart la distraction de Ruberwa et sa « bande » d’une part, et d’autre part, le Gouvernement sera soulagé parce qu’il n’y aura pas frapper à des portes pour chercher un quelconque financement pour la tenue des élections ».
Pour le Courant rénovateur, cela ne constitue pas de la démagogie, mais plutôt « une façon de mettre fin à l’agenda caché du Vice-Président qui veut dérailler le train de la Transition qui a atteint sa vitesse de croisière ».
Le Bureau du Rcd, Courant rénovateur qui avait été mis en place dernièrement est dirigé par l’honorable Kazadi Nanshabalowa Secrétaire général: Monsieur Denys Ngabiweie Ifumpu, trésorier général : Monsieur Delphin Munsie, Secrétaire Exécutif à la mobilisation : Monsieur Venant Diaka, Secrétaire Exécutif à l’implantation : Monsieur Arsène Bitanga.
L’objectif visé par la mise en place de cette structure intérimaire, affirme M. Kazadi, vise la dissolution du Collège des fondateurs de leur parti ainsi que l’organisation du Congrès extraordinaire. Et ce, en vue de la mise sur pied des structures définitives.
D’après Kazadi, le Courant rénovateur du Rcd, qui, en son sein comprend ses collègues Tshibwabwa, Mwewa Lunda et consorts n’est pas a confondre avec celle de Bizima Karaha, qu’ils qualifient d’opportuniste au pouvoir du Rwanda et mis par l’intention de brouiller les cartes du processus de démocratisation en Rdc.
(Th) | Forum des As/Dma BUHAKE/Fda
3. le PPRD
Le parti du président Kabila dénonce M. Ruberwa
KINSHASA, 24 août (AFP) -
"Le PPRD ne ratera pas l'occasion de fustiger cette manie de vouloir à tout prix transporter les problèmes du Rwanda et du Burundi en République démocratique du Congo", a déclaré le secrétaire général de ce parti, Vital Kamerhe, lors d'une conférence de presse à Kinshasa.
"Ils (les responsables du RCD, ndlr) sont constamment partagés entre les intérêts du Congo et ceux du Rwanda", a encore déclaré M. Kamerhe, accusant M. Ruberwa, de "servir de cheval de Troie pour permettre au Rwanda de concrétiser son plan d'occupation de l'est de notre pays".
Le PPRD, qui rappelle "les engagements pris devant l'opinion nationale et internationale à Sun City au dialogue intercongolais", invite le vice-président Ruberwa, les ministres et députés de son obédience qui séjournent "sans raison à Goma" à regagner Kinshasa, le siège des institutions de la République, pour poursuivre le processus qui doit être sanctionné, en juin 2005, par la tenue des premières élections démocratiques depuis 40 ans.
4. deux mobutistes sont candidats premier ministre
Jean-Oscar Ngalamulume, s'interroge : comment éviter l'insurrection populaire au 30 juin 2005 ?
Jean-Oscar Ngalamulume (JON), pouvez-vous nous faire brièvement votre lecture de tristes événements de Gatumba?
Jean Oscar Ngalamulume: Nous condamnons avec la dernière énergie ces massacres, fruit de la folie humaine. Mais il faut faire la part des choses avec certains propos tenus dans la foulée des émotions par le Vice-Président Ruberwa. La transition ne peut être arrêtée pour sa redéfinition alors que le souhait du peuple est de voir le gouvernement accélérer le processus conduisant aux élections.
Quelle évaluation faites-vous du processus politique en RDC à moins de 12 mois des élections?
Triste et chaotique à tous les égards. Nos acteurs politiques ne veulent pas développer le sens de l'intérêt supérieur de notre pays. La situation de notre pays est plus frustrante aujourd'hui qu'elle ne l'était hier, c'est triste pour les Congolais.
Il y a manque de visibilité, de leadership; l'immobilisme, manque de vision au niveau du gouvernement d'où est née la frustration au niveau de la Communauté nationale et internationale.
Qu'est-ce que vous proposez?
La situation évoluerait positivement si le pays s'était doté d'un Premier ministre neutre, dans le but de coordonner l'action du gouvernement avec comme objectif, a court, à moyen et à long terme, la création de nombreux emplois et donner un salaire décent aux Congolais.
Quels sont selon vous les différents scenarii qui pourraient survenir au cas ou la transition ne prenait pas fin à la date prévue, c'est-à-dire au 30 juin 2005?
Les folles journées du 2, 3 et 4 juin 2004 sont la préfiguration d'une forte agitation dans les mois à venir. Ici, je me sens dans l'obligation de leur dire que la patience a ses limites. Il faut donc se méfier de la soi-disant passivité du peuple congolais.
Il appartient au Président Joseph Kabila de se ressaisir et d'ouvrir un oeil, cette fois le bon en tant que chef de l'Exécutif. Des millions de dollars que la MONUC dépense en RDC viennent des contribuables occidentaux qui n'accepteront pas de donner leur argent pour une durée indéterminée. Son rôle dans ce gouvernement de transition n'est pas de négocier tout le temps là où il faut donner des directives. Voila l'origine des mots comme manque de leadership, l'immobilisme, manque de vision et la frustration au niveau de la communauté internationale.
Donnez quelques exemples!
Je prendrai banalement deux cas, celui de Monsieur Herman Cohen que personne n'ignore ici ou ailleurs. De passage en Afrique dans tous les pays, les chefs d'Etat changent leur agenda pour le recevoir, sauf ici chez-nous ou ceux qui ne veulent pas que le Président Kabila réussisse son ouvre disent que Herman Cohen est un homme du passé. Quelle erreur? La preuve, le professionnel du Congo Brazzaville l'a reçu en arrivant et avant de repartir lors de son dernier séjour en RDC.
Deux tendances s'entre-déchirent au sujet de la nécessité ou non d'amnistier les personnes impliquées dans l'assassinat du Président Laurent Désiré Kabila. Quelle est l'approche de la Cides à ce sujet ?
Notre pays ne sera jamais reconstruit dans un climat de haine, d'exclusion et de vengeance. Et si réellement les Congolais avaient cette sale culture de tuer facilement, Mobutu et les siens n'auraient pas gouverné le Congo pendant 32 ans. Dans ce cas de l'assassinat du Président Laurent Désiré Kabila, vous comme moi devons donc savoir que tout ce qui est impuni est donc permis. Il appartient à ce jour à l'Etat de mettre en place un cadre institutionnel approprié devant permettre aux accusés de se défendre dignement.
Donnez-nous la photographie de la CIDES?
La CIDES est le porte-parole de la majorité des Congolais silencieux qui souhaitent une Constitution juste, capable de régir l'exercice de la vie politique dans la discipline et le respect des lois. Elle se distingue des autres partis politiques de part sa primauté du droit, de sa vision de rechercher l'efficacité et la volonté de faire participer tous les Congolais à la gestion des affaires qui les concernent. Son défi consiste, si le pays est doté d'un cadre constitutionnel juste, de créer des emplois et promouvoir un salaire décent pour tous les Congolais. Elle est un parti politique organisé par les filles et fils du pays qui ouvrent pour la paix durable et la prospérité de toutes les couches sociales.
Quels sont vos rapports avec les autres partis et leurs dirigeants?
Nos rapports sont cordiaux. Quant aux dirigeants, je dirai un mot sur M.Etienne Tshisekedi. Ce monsieur est pour moi un monument et une référence en matière de démocratie en RDC. Cela personne ne peut l'ignorer et je me sens dans l'obligation de lui rendre cet hommage.
Un mot sur la détention M. Atundu Liongo de la CDR?
Je trouve cela injuste dans un pays qui se veut respectueux des droits de l'homme. Que reproche-t-on à André? Seulement le fait d'avoir dit haut ce que les autres pensent ...
Il appartient au Président de la République, à qui je formule personnellement cette demande, en tant que bon père de famille, de comprendre la frustration de l'un de ses nombreux enfants que nous sommes.
Kandolo M. Le Phare (Kinshasa) 23 Août 2004
Lutundula Apala : " Il y a obligation de négocier avec le RCD"
Le député Christophe Lutundula Apala, Président du parti politique dénommé MSDD et ancien négociateur membre de la Commission politique. Pour lui il s'agit d' "une décision regrettable que nous aurions pu éviter si nous avions désigné dans les institutions de la transition des personnes répondant au profil dessiné par l'Accord global et inclusif(AGI).
Chistophe Lutundula indique que cette sanction aura de graves implications. Notamment sur le plan du fonctionnement des institutions où la logique de base de cet ordre politique qui est le consensus sera difficilement respectée. Ensuite il y a l'ensemble du processus de la transition qui est totalement décrédibilisé à défaut d'atteindre la réconciliation nationale. La troisième implication, martèle Lutundula Apala, est qu'il y aura forcément des négociations avec le RCD, qu'on le veuille ou non, car le RCD doit à tout prix réintégrer le processus. Encore qu'il faudra prendre connaissance du cahier des charges du RCD relève christophe Lutundula Apala.
Autre conséquence : il est évident que la marche vers les élections recevra un coup et que nous ne saurons pas faire l'économie de l'ajustement politique et constitutionnel Lutundula indique que le 1+4 a échoué dès lors qu'il a conduit à l'absence de l'autorité de l'Etat. Il démontre que sur le plan militaire, chaque belligérant a gardé ses forces et sa puissance sur son ancien territoire. Il n'y a donc pas réconciliaton, conclut-il.
Que faut-il alors pour en sortir? Christophe Lutundula Apala préconise le retour au régime classique en recentrant l'autorité de l'Etat sur un Premier ministre qui devra conduire le pays aux élections.
Kandolo M. Le Phare (Kinshasa) 23 Août 2004
5. l’UDPS et la PALU se positionnent
L’Udps appelle le peuple à la vigilance
L’Union pour la démocratie et le progrès social, Udps, a toujours dénoncé les tricheries, la corruption ainsi que les différentes magouilles qui continuent à caractériser la transition démocratique en Rdc, et cela depuis le premier jour de la mise en oeuvre de l’Accord global et inclusif.
(...)
L’Udps met en garde les animateurs actuels de la transition pour leur inconscience face au danger de disparition que court notre Pays.
Compte tenu de la dégradation de la situation actuelle, l’Udps en appelle:
- A la Communauté internationale, partie prenante à l’Accord global et inclusif à travers le Ciat de jouer correctement et pleinement son rôle dans le sens des attentes du peuple congolais;
A tout notre peuple de demeurer vigilant car, l’Udps considère que les dix derniers mois qui nous séparent de la fin de la transition doivent être consacrés à la recherche des solutions aux problèmes majeurs actuels afin qu’à la date du 30 juin 2005 la volonté populaire soit exhaussée à travers l’installation des Institutions issues des élections libres, démocratiques et transparentes.
Le Potentiel du 25 août 2004
Antoine Gizenga : "1+4 est négatif sur tous les plans"
Le Phare (Kinshasa) , 23 Août 2004
Le Parti Lumumbiste unifié est né le 22 août 1964. C'est en marge de la commémoration du 40ème anniversaire du Parti Lumumbiste Unifié(PALU) que son Secrétaire général Antoine Gizenga a dressé le bilan du régime en place, issu du Dialogue intercongolais.
C'était dimanche au siège du parti sur la 12è rue à Limete.
"Ceux qui dirigeaient le Dialogue intercongolais, certainement incités par des forces occultes, avaient refusé d'accorder le temps raisonnable de parole à notre parti pour exposer sa position. Ils ont plutôt préféré l'option d'une solution, accompagnée d'une imposition " à prendre ou à laisser ", solution dite " 1+4 " dont les résultats sur les plans politique, social et économique sont jugés négatifs par la totalité du peuple congolais ". Et de poursuivre : "certes l'Accord global et inclusif, ayant consacré ce système politique étrange, a été signé aussi par notre parti mais, il faut savoir que nous l'avons signé sous réserve au seul motif que cela représentait l'unique manière d'arrêter la guerre au Congo, d'éloigner de celui-ci le risque de balkanisation et d'obtenir l'organisation rapide des élections libres, démocratiques et transparentes".
A la fin, le porte-parole du Palu qui est en même temps le premier secrétaire permanent adjoint du parti, Godefroid Mayobo, a entretenu la presse pour éclaircir le sens de la manifestation du jour.
Par ailleurs, à la question lui posée sur les déclarations du vice-président Azarias Ruberwa souhaitant qu'on observe une pause de la transition, en vue de faire une évaluation, l'orateur a dit que le Palu ne réagit jamais sur ce qui n'est pas clairement exprimé. Et ce, avant de condamner avec la dernière énergie tous les discours va-t-en guerre susceptibles de bloquer le processus, dont la principale mission reste celle d'organiser les élections. Donc, Godefroid Mayobo invite ses compatriotes acteurs politiques à proscrire tout propos de nature à compromettre la transition.
6. Quelle issue juridique réaliste ?
Analyse juridique de la situation
Avant toutes autres considérations, il convient de lire l’article 2 de l’Acte final du Dialogue inter-congolais. Celui-ci stipule : « Les Parties au présent Acte s’engagent, fermement, à s’abstenir de toute initiative et de tout comportement contraires aux dispositions de l’Acte final, et à œuvrer, pour que lesdites dispositions soient respectées et mises en application, conformément à l’esprit et à la lettre des textes. A cet égard, les Parties s’engagent fermement, à installer le gouvernement de transition et toutes les autres institutions de la transition, dans les meilleurs délais conformément aux dispositions de l’Accord global et inclusif précité ».
C’est dire que la République démocratique du Congo dispose d’un cadre juridique et que rien ne peut se décider en dehors de ce cadre juridique. Autrement dit, ce serait violer la Constitution de la transition.
Autant la décision du président national du Rcd suscite plusieurs interrogations, autant elle demeure suspecte. Lors des précédentes crises au sommet, notamment le cas « Bemba-Olenghankoy » et l’« Affaire Major Kasongo », le président de la République, Joseph Kabila, avait initié une série de consultations avec la classe politique et la Société civile pour un réajustement politique éventuel.
Il est opportun de rappeler que M. Azarias Ruberwa s’était opposé catégoriquement à l’initiative présidentielle, affirmant que nul n’avait le droit d’entreprendre une quelconque démarche en dehors du cadre consensuel de la transition.
5 scénarios hypothètiques.
1. l’arrêt de la transition. Les institutions en place, plus particulièrement le Gouvernement et le Parlement, cesseront de fonctionner normalement au nom du principe de la consensualité et de l’inclusivité. Le partage des responsabilités reposant sur ce principe, les décisions prises en l’absence d’une composante seront de nul effet.
2. la poursuite du fonctionnement des institutions de la transition sans le Rcd. Si Ruberwa et les autres membres du Rcd tombent sous le coup de l’article 84 de la Constitution de la transition : « Sans préjudice des dispositions de l’article 197 de la présente Constitution, les fonctions d’un vice-président prennent fin par démission, décès, empêchement définitif ou condamnation pour haute trahison, détournement de deniers publics, concussion ou corruption. En cas de cessation, de fonction, la composante dont est issu le vice-président présente son remplaçant à l’Assemblée nationale pour entérinement endéans sept jours. Si l’Assemblée nationale n’est pas en session, elle est convoquée à cet effet toutes affaires cessantes, en session extraordinaire, conformément à l’article 115 de la présente Constitution ».
3. la poursuite de la transition pendant la médiation. Celle-ci entreprendra une action diplomatique parallèle.
4. l’éclatement du Rcd. En prenant en compte un certain nombre de dispositions constitutionnelles, le processus de transition pourrait bien se poursuivre.
5. la reprise des hostilités qui conduirait à la partition du pays. Le Rcd est convaincu de l’appui militaire du Rwanda. Toutefois, en matière de guerre, on sait comment elle commence, mais jamais personne ne sait de quelle manière elle va se terminer.
Le Potentiel du 25 août 2004
Hamuli Baharaguza (Coordonnateur du Comité national préparatoire de la Conférence des Grands Lacs)
A mon avis, le Rcd ne met pas en cause l’Accord global et inclusif. Donc, la transition est sauvée. Le Rcd exige une évaluation à mi-parcours. Personnellement, je ne suis pas surpris. Quand on élabore un programme, un projet, il faut une évaluation pour apprécier les efforts fournis.
Toutefois, je pense qu’ il faudra éviter de faire une récupération politicienne et ethnique du massacre de Gatumba. Ce n’est pas une bonne chose. C’est extrêmement dangereux. Nous devons nous montrer tous solidaires sur ce qui est arrivé à la communauté banyamulenge. Chercher à savoir pourquoi cela est arrivé et prévoir des mécanismes pour que ce genre de choses ne se reproduisent plus.
D’autre part, je retrouve que certaines revendications du Rcd sont fondées et légitimes, tel le cas de la corruption. Ceci est extrêmement important pour autant que la population est entrain de broyer du noir Il s’agit d’un danger qu’ il faut à tout prix juguler.
En attendant, il faudrait que le Rcd rejoigne rapidement les institutions, dans un bref délai possible. Les Congolais doivent éviter d’empoisonner l’atmosphère, de prêcher par la retenue et négocier intelligemment le problème posé par le Rcd. La trêve, si j’ai compris, ne concerne que les politiciens pendant que dans l’armée, le processus continue.
7. réactions internationales
Le Ciat condamne Ruberwa
La plus importante réaction est celle du Comité international d’accompagnement de la transition (Ciat), composé des cinq pays membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne et Russie), de la Belgique, du Canada, de l’Afrique du Sud, de l’Angola, du Gabon, de la Zambie, de l’Union européenne, de l’Union africaine et de la Monuc.
Dans une déclaration rendue publique mardi 24 août 2004 à Kinshasa, le Ciat « note avec regret que certains responsables de ce mouvement (Rcd, ndlr) ont décidé de suspendre provisoirement leur participation aux institutions de la transition ». Il invite « instamment les membres du Rcd qui ont annoncé la suspension de leur participation à reprendre leurs places respectives à Kinshasa, Siège des Institutions de la République ».
Mieux, le Ciat souligne et affirme « qu’il n’existe pas d’alternative viable au processus de transition, tel qu’entériné par l’Accord global et inclusif et par la Constitution ».
A Paris, le porte-parole du Quai d’Orsay, Hervé Ladsous, a affirmé hier que la France appelle « l’ensemble des parties congolaises à aller de l’avant afin de sauvegarder la période de transition ainsi que les progrès réalisés depuis plus d’un an ».
Le Potentiel du 25 août 2004
L’International Crisis Group demande à l’OTAN de renforcer la MONUC
Prevent the Return to Full-scale War in the Congo
20 August 2004
[To Foreign Ministers of Belgium, France, South Africa, the UK and the U.S., and to permanent representatives of UN Security Council members]
(...)
The International Crisis Group strongly endorses the 16 August 2004 Special Report of the Secretary General (S/2004/650) and encourages the adoption of its recommendations, strengthened in some areas, as soon as possible. Without the strong support of the international community, the peace process in the Congo and the UN effort to sustain it are at risk of failure.
The Special Report of the Secretary General is a bold challenge to the international community to support the UN and the transitional process in the Congo. I urge your government to take up that challenge and support the main recommendations of the report: restoration of security, effective territorial reunification, adoption of an adequate legislative framework, and holding of credible national elections. (...)
The following is a more detailed assessment, issue by issue, of the actions now required by the Security Council in the context of the renewal of MONUC's mandate on or before 1 October 2004.
More troops and more capability
The United Nations Security Council must endorse the Secretary General's request for an additional 13,100 troops and key states must ensure that they are capable and well-equipped. Developed countries, in particular NATO and EU member states, but also other countries with this capacity, should provide a portion of the new troops and ensure that they are highly-trained and well-equipped.
The new force should include 100 NATO-trained staff officers to supervise the proposed creation of a Division Headquarters in eastern Congo. Strong, skilled leaders, and sound staff procedures are needed for a successful command and control reorganisation. MONUC would also greatly benefit from additional airborne transport assets.
Stronger mandate
ICG urges the Council to clarify and enhance MONUC's mandate in two ways. First, the international community should implement one of the lessons learned from Sierra Leone and ensure that MONUC has both the authority and obligation to act pre-emptively to counter threats to the peace process. To that end, the Council should explicitly authorise MONUC to "respond robustly to any attack or threat of attack, including, if necessary, in a pre-emptive manner." MONUC must take proactive action -- to the absolute maximum of its capacity -- to protect civilians and humanitarian workers under threat.
Secondly, the Security Council must reiterate its recognition that the Transitional Government is the sole legitimate governing authority in the Congo and urge MONUC to "assist the efforts of the Government of National Unity and Transition to maintain or restore law and order and to stabilise the situation throughout the entire country." (...) MONUC should seize sites of known illegal exploitation, especially when it is evident that they constitute a financial lifeline for armed groups. While such a task is the responsibility of the national army, MONUC can perform this function in strategic areas, especially Ituri, until the government forces are capable of doing so.
Disarmament
While strong arguments -- for which ICG has some sympathy -- can be made for mounting a forcible disarmament operation, we acknowledge that there is presently insufficient support in the Council for that to be a realistic option. In these circumstances, the international community must redouble its efforts to address the ongoing threat from the FDLR by applying pressure on the Transitional Government in Kinshasa to muster the political will and required resources to itself disarm foreign forces in eastern Congo, with active and robust assistance from a more proactive MONUC. A comprehensive solution also requires incentives for the FDLR to disarm and return to Rwanda, and Kigali must assist this process by re-engaging in political dialogue with its exiled opponents.
(...)
Monitoring of arms
UNSC Resolution 1533 (2004) established a committee to monitor the implementation of the arms embargo imposed by UNSC Resolution 1493 (2003) and to make recommendations to strengthen its effectiveness. Following the 15 July 2004 report of the Group of Experts on the Congo, which concluded that Rwanda had supported, both directly and indirectly, the June attack on Bukavu, the Council should revisit the question of the arms embargo, note the conclusions of the Group of Experts, and express readiness to consider additional measures, such as revocation of visas and freezing of assets, if further violations of UNSCR 1493 and 1552 are committed..
Political Process
To date, the government of transition has not shown any will or capability to address the major political challenges, impeding the achievement of peace, stability and democracy in the country. ICG urges that the UN resume its partnership with South African leaders and bring together the key players to address the continuing political challenges, including the question of nationality, especially in eastern Congo, the creation of a national army, and the territorial unification of the country. While the Transitional Government is limited both by lack of resources and capacity, any improvement is impeded by the major players who continually jockey for advantage with one eye on the elections that are supposed to take place next June.
(...)
Yours sincerely,
GARETH EVANS
President, International Crisis Group
Aujourd'hui sur le site deboutcongolais
- Nous publions à l’occasion du cinquième anniversaire du massacre de Kasoka, des extraits d’un émouvant témoignage et appel de la part de Musemakweli, Patriote de la Société Civile Sud Kivu
- A tire d’information: l’interview du Mukendi, sg du PPRD au journal Le Potentiel
1. Que pense le peuple congolais sur le terrain?
A Goma, fief de l'ex-rébellion du RCD, "nous sommes fatigués du désordre"
GOMA (RDCongo), 24 août (AFP) -
"Nous ne sommes pas contents de cette suspension", affirme Albert, dans une rue poussiéreuse de Goma.
"Nous, tout ce qu'on veut, c'est la paix. Nous sommes fatigués du désordre. Nous avons assez souffert", explique Henriette, une mère de trois enfants qui tient un petit magasin de quincaillerie.
"Le RCD est un parti comme tous les autres. Nous trouvons qu'il veut s'accaparer notre pays", poursuit Albert, étudiant en informatique.
"Azarias Ruberwa ne veut pas qu'on puisse aller aux élections", affirme Christophe, un jeune homme sans emploi.
"Il veut troubler la population congolaise pour s'enrichir, mais nous prions la communauté internationale pour qu'elle fasse en sorte que la transition continue", ajoute-t-il.
"Ces gens-là (le RCD) ne réagissent que quand on tue leurs propres frères", poursuit Christophe, interrogé à Birere, un quartier commerçant du centre ville de Goma.
"Il y a eu des massacres à Makobola (est de la RDC) et à Kindu (centre-est) et ils sont passés inaperçus", affirme Christophe.
Cette ancienne rébellion soutenue par Kigali n'a jamais eu le soutien de la population de Goma, ville située à la frontière avec le Rwanda. La majorité des habitants de Goma reprochent en effet au RCD de ne pas avoir de programme pour le bien-être de la population.
"Nous on continue avec notre transition. Si eux (les gens du RCD) veulent rester ici ils peuvent rester, mais nous on veut la paix pour notre pays", résume Albert.
Kisangani se révolte
la province orientale a connu un week-end mouvementé suite aux protestations à cette organisation de deuil. Il nous revient que avant la journée de samedi, les étudiants de Kisangani ont incendié le siège du Rcd en signe de protestation. Les étudiants fustigeaient le Rcd car il accorde beaucoup d’importance à 160 ou 188 personnes contrairement à 3,5 millions de morts pendant la guerre d’agression.
De plus, la colère des étudiants s’est empirée le dimanche lorsqu’au sortir de la messe organisée pour lever ce deuil, le gouverneur Thea Baruti (membre du Rcd et ancien ministre du travail et de la prévoyance sociale) a été victime du jet de pierres de la part des étudiants. Pour trouver une réponse à cette montée de violence, le gouverneur de la province orientale s’est pris au dirigeant du parti du peuple pour la reconstruction et le développement (Pprd). Le président provincial du Pprd le professeur Bokanga Itindi (Professeur à l’Unikin) a été arrêté il est accusé par l’autorité de la ville d’avoir soulevé les étudiants. Aujourd’hui, sa vie est en danger et il est en résidence surveillée. En ce jour, il doit sa vie à la garde assurée par le groupe spécial de sécurité présidentielle (Gssp).
(CP) | L’Avenir/Fifi Nyakio 24.08.2004
2. RCD-Kinshasa : course pour la médaille d’or dans la discipline ”prendre sa distance et sauver les meubles”
correction v-a-v de hier: Crispin KABASELE Tshimanga a bien signé la déclaration des membres ud RCD restés à Kinshasa. Voici la déclaration :
Le Phare (Kinshasa), 24 Août 2004
Les Membres du Rassemblement Congolais pour la Démocratie, RCD, présents à Kinshasa, à savoir les' Membres du Collège des Fondateurs, les Membres du Comite Exécutif National, les Ministres, les Vice-Ministres, les Sénateurs, les Députés et les Membres des Institutions d'Appui à la Démocratie, viennent de prendre connaissance de la Déclaration Politique publiée par certains Camarades se trouvant actuellement à Goma pour raison de deuil. Répondant aux attentes du Peuple Congolais de sortir de la crise multiforme dans laquelle il est plongé depuis de nombreuses années, et respectueux de l'Accord Global et Inclusif, les Membres du RCD restés au siège social du Parti ont décidé de poursuivre leur participation dans toutes les Institutions de la Transition. En conséquence, les Ministres, les Vice-Ministres, les Sénateurs, les Députés, les Gouverneurs et le Vice-Gouverneurs de province, les Membres des Institutions d'Appui à la Démocratie, les Militaires et les Policiers doivent continuer à servir la Nation Congolaise dans les Institutions et Structures Etatiques dans lesquelles ils ont été déployés.
Ils en appellent à l'évaluation de la transition au sein des Institutions de la République et Structures étatiques.Le deuil levé dans toutes les fédérations du Parti, les Camarades partis à Goma sont invités à rejoindre Kinshasa, siège des Institutions et du Rassemblement Congolais pour la Démocratie.
Fait à Kinshasa, le 23 Août 2004.
Pour le Rassemblement Congolais pour la Démocratie,
A. COMITE EXECUTIF NATI0NAL:
1. Honorable Francis BEDI MAKHUBU MABELE, Secrétaire Général du RCD
2. Honorable Crispin KABASELE Tshimanga, Secrétaire Général adjoint
du RCD
3. Honorable Léon MONDOLE, Secrétaire National Adjoint du RCD
B. SENAT 4. Docteur Emile ILUNGA KALAMBO, Premier Vice-Président du Bureau d u Sénat
C. ASSEMBLEE NATIONALE
5. Honorable Boniface BALAMAGE N'KOLO, Député National
6. Honorable Jean MBOYO ILOMBE, Député National D. GQUVERNEMENT
7. Général Jean-Pierre Ondekane, ministre de la Défense Nationale
8. Prof Emile Ngoy Kasongo, ministre de l'Economie Nationale,
Président Fédéral du RCD/Maniema
9. Me Joseph MUDUMBI MULUNDA, Ministre de l'Enseignement Supérieur et Univervitaire, Président Fédéral du RCD/Sud-Kivu
10.Mr. Baudouin BANZA MUKALAY SUNGU, Vice-Ministre des Travaux
Publics et Infrastructures, Président Fédéral du RCD/Katanga
E. Institutions d'appui à la démocratie
11. Mr. Norbert Basengezi Katintima, Deuxième Vice-Président de la Commission Electorale Indépendante
Le Courant Rénovateur du Rcd propose des élections anticipées afin de contrecarrer l’agenda caché du vice-président Azarias Ruberwa
Kinshasa , 24.08.2004
« Ruberwa et le Collège des fondateurs du Rcd sont responsables des morts de 166 Congolais à Katumba », clame Kazadi Nanshabalowa, le Président du Bureau politique du Courant rénovateur du Rcd. La démarche d’arrêter la transition, que le Courant qualifie de criminelle, est un acte qui incite à la reprise de la guerre.
L’honneur de l’armée congolaise, poursuit-il, ne peut pas être jeté en pâture par celui-là même qui est censé être le Vice-Président en charge de la Défense. « Toutes les raisons du monde, note-t-il, ne peuvent pas justifier qu’un général, en la personne de Mbuza Mabe soit accusé de génocidaire, ceci au mépris du groupe fondateur de l’Etat des droits ».
Pour le Courant rénovateur « Nous disposons des matériels nécessaires pour organiser les élections au mois de décembre 2004 ». Et le Courant rénovateur de préciser « le mois de septembre 2004 peut être mis à profit pour le début de la campagne et le dispatching des matériels sur l’ensemble du territoire national », les partisans du Courant rénovateur estiment que « les élections anticipées mettront au rancart la distraction de Ruberwa et sa « bande » d’une part, et d’autre part, le Gouvernement sera soulagé parce qu’il n’y aura pas frapper à des portes pour chercher un quelconque financement pour la tenue des élections ».
Pour le Courant rénovateur, cela ne constitue pas de la démagogie, mais plutôt « une façon de mettre fin à l’agenda caché du Vice-Président qui veut dérailler le train de la Transition qui a atteint sa vitesse de croisière ».
Le Bureau du Rcd, Courant rénovateur qui avait été mis en place dernièrement est dirigé par l’honorable Kazadi Nanshabalowa Secrétaire général: Monsieur Denys Ngabiweie Ifumpu, trésorier général : Monsieur Delphin Munsie, Secrétaire Exécutif à la mobilisation : Monsieur Venant Diaka, Secrétaire Exécutif à l’implantation : Monsieur Arsène Bitanga.
L’objectif visé par la mise en place de cette structure intérimaire, affirme M. Kazadi, vise la dissolution du Collège des fondateurs de leur parti ainsi que l’organisation du Congrès extraordinaire. Et ce, en vue de la mise sur pied des structures définitives.
D’après Kazadi, le Courant rénovateur du Rcd, qui, en son sein comprend ses collègues Tshibwabwa, Mwewa Lunda et consorts n’est pas a confondre avec celle de Bizima Karaha, qu’ils qualifient d’opportuniste au pouvoir du Rwanda et mis par l’intention de brouiller les cartes du processus de démocratisation en Rdc.
(Th) | Forum des As/Dma BUHAKE/Fda
3. le PPRD
Le parti du président Kabila dénonce M. Ruberwa
KINSHASA, 24 août (AFP) -
"Le PPRD ne ratera pas l'occasion de fustiger cette manie de vouloir à tout prix transporter les problèmes du Rwanda et du Burundi en République démocratique du Congo", a déclaré le secrétaire général de ce parti, Vital Kamerhe, lors d'une conférence de presse à Kinshasa.
"Ils (les responsables du RCD, ndlr) sont constamment partagés entre les intérêts du Congo et ceux du Rwanda", a encore déclaré M. Kamerhe, accusant M. Ruberwa, de "servir de cheval de Troie pour permettre au Rwanda de concrétiser son plan d'occupation de l'est de notre pays".
Le PPRD, qui rappelle "les engagements pris devant l'opinion nationale et internationale à Sun City au dialogue intercongolais", invite le vice-président Ruberwa, les ministres et députés de son obédience qui séjournent "sans raison à Goma" à regagner Kinshasa, le siège des institutions de la République, pour poursuivre le processus qui doit être sanctionné, en juin 2005, par la tenue des premières élections démocratiques depuis 40 ans.
4. deux mobutistes sont candidats premier ministre
Jean-Oscar Ngalamulume, s'interroge : comment éviter l'insurrection populaire au 30 juin 2005 ?
Jean-Oscar Ngalamulume (JON), pouvez-vous nous faire brièvement votre lecture de tristes événements de Gatumba?
Jean Oscar Ngalamulume: Nous condamnons avec la dernière énergie ces massacres, fruit de la folie humaine. Mais il faut faire la part des choses avec certains propos tenus dans la foulée des émotions par le Vice-Président Ruberwa. La transition ne peut être arrêtée pour sa redéfinition alors que le souhait du peuple est de voir le gouvernement accélérer le processus conduisant aux élections.
Quelle évaluation faites-vous du processus politique en RDC à moins de 12 mois des élections?
Triste et chaotique à tous les égards. Nos acteurs politiques ne veulent pas développer le sens de l'intérêt supérieur de notre pays. La situation de notre pays est plus frustrante aujourd'hui qu'elle ne l'était hier, c'est triste pour les Congolais.
Il y a manque de visibilité, de leadership; l'immobilisme, manque de vision au niveau du gouvernement d'où est née la frustration au niveau de la Communauté nationale et internationale.
Qu'est-ce que vous proposez?
La situation évoluerait positivement si le pays s'était doté d'un Premier ministre neutre, dans le but de coordonner l'action du gouvernement avec comme objectif, a court, à moyen et à long terme, la création de nombreux emplois et donner un salaire décent aux Congolais.
Quels sont selon vous les différents scenarii qui pourraient survenir au cas ou la transition ne prenait pas fin à la date prévue, c'est-à-dire au 30 juin 2005?
Les folles journées du 2, 3 et 4 juin 2004 sont la préfiguration d'une forte agitation dans les mois à venir. Ici, je me sens dans l'obligation de leur dire que la patience a ses limites. Il faut donc se méfier de la soi-disant passivité du peuple congolais.
Il appartient au Président Joseph Kabila de se ressaisir et d'ouvrir un oeil, cette fois le bon en tant que chef de l'Exécutif. Des millions de dollars que la MONUC dépense en RDC viennent des contribuables occidentaux qui n'accepteront pas de donner leur argent pour une durée indéterminée. Son rôle dans ce gouvernement de transition n'est pas de négocier tout le temps là où il faut donner des directives. Voila l'origine des mots comme manque de leadership, l'immobilisme, manque de vision et la frustration au niveau de la communauté internationale.
Donnez quelques exemples!
Je prendrai banalement deux cas, celui de Monsieur Herman Cohen que personne n'ignore ici ou ailleurs. De passage en Afrique dans tous les pays, les chefs d'Etat changent leur agenda pour le recevoir, sauf ici chez-nous ou ceux qui ne veulent pas que le Président Kabila réussisse son ouvre disent que Herman Cohen est un homme du passé. Quelle erreur? La preuve, le professionnel du Congo Brazzaville l'a reçu en arrivant et avant de repartir lors de son dernier séjour en RDC.
Deux tendances s'entre-déchirent au sujet de la nécessité ou non d'amnistier les personnes impliquées dans l'assassinat du Président Laurent Désiré Kabila. Quelle est l'approche de la Cides à ce sujet ?
Notre pays ne sera jamais reconstruit dans un climat de haine, d'exclusion et de vengeance. Et si réellement les Congolais avaient cette sale culture de tuer facilement, Mobutu et les siens n'auraient pas gouverné le Congo pendant 32 ans. Dans ce cas de l'assassinat du Président Laurent Désiré Kabila, vous comme moi devons donc savoir que tout ce qui est impuni est donc permis. Il appartient à ce jour à l'Etat de mettre en place un cadre institutionnel approprié devant permettre aux accusés de se défendre dignement.
Donnez-nous la photographie de la CIDES?
La CIDES est le porte-parole de la majorité des Congolais silencieux qui souhaitent une Constitution juste, capable de régir l'exercice de la vie politique dans la discipline et le respect des lois. Elle se distingue des autres partis politiques de part sa primauté du droit, de sa vision de rechercher l'efficacité et la volonté de faire participer tous les Congolais à la gestion des affaires qui les concernent. Son défi consiste, si le pays est doté d'un cadre constitutionnel juste, de créer des emplois et promouvoir un salaire décent pour tous les Congolais. Elle est un parti politique organisé par les filles et fils du pays qui ouvrent pour la paix durable et la prospérité de toutes les couches sociales.
Quels sont vos rapports avec les autres partis et leurs dirigeants?
Nos rapports sont cordiaux. Quant aux dirigeants, je dirai un mot sur M.Etienne Tshisekedi. Ce monsieur est pour moi un monument et une référence en matière de démocratie en RDC. Cela personne ne peut l'ignorer et je me sens dans l'obligation de lui rendre cet hommage.
Un mot sur la détention M. Atundu Liongo de la CDR?
Je trouve cela injuste dans un pays qui se veut respectueux des droits de l'homme. Que reproche-t-on à André? Seulement le fait d'avoir dit haut ce que les autres pensent ...
Il appartient au Président de la République, à qui je formule personnellement cette demande, en tant que bon père de famille, de comprendre la frustration de l'un de ses nombreux enfants que nous sommes.
Kandolo M. Le Phare (Kinshasa) 23 Août 2004
Lutundula Apala : " Il y a obligation de négocier avec le RCD"
Le député Christophe Lutundula Apala, Président du parti politique dénommé MSDD et ancien négociateur membre de la Commission politique. Pour lui il s'agit d' "une décision regrettable que nous aurions pu éviter si nous avions désigné dans les institutions de la transition des personnes répondant au profil dessiné par l'Accord global et inclusif(AGI).
Chistophe Lutundula indique que cette sanction aura de graves implications. Notamment sur le plan du fonctionnement des institutions où la logique de base de cet ordre politique qui est le consensus sera difficilement respectée. Ensuite il y a l'ensemble du processus de la transition qui est totalement décrédibilisé à défaut d'atteindre la réconciliation nationale. La troisième implication, martèle Lutundula Apala, est qu'il y aura forcément des négociations avec le RCD, qu'on le veuille ou non, car le RCD doit à tout prix réintégrer le processus. Encore qu'il faudra prendre connaissance du cahier des charges du RCD relève christophe Lutundula Apala.
Autre conséquence : il est évident que la marche vers les élections recevra un coup et que nous ne saurons pas faire l'économie de l'ajustement politique et constitutionnel Lutundula indique que le 1+4 a échoué dès lors qu'il a conduit à l'absence de l'autorité de l'Etat. Il démontre que sur le plan militaire, chaque belligérant a gardé ses forces et sa puissance sur son ancien territoire. Il n'y a donc pas réconciliaton, conclut-il.
Que faut-il alors pour en sortir? Christophe Lutundula Apala préconise le retour au régime classique en recentrant l'autorité de l'Etat sur un Premier ministre qui devra conduire le pays aux élections.
Kandolo M. Le Phare (Kinshasa) 23 Août 2004
5. l’UDPS et la PALU se positionnent
L’Udps appelle le peuple à la vigilance
L’Union pour la démocratie et le progrès social, Udps, a toujours dénoncé les tricheries, la corruption ainsi que les différentes magouilles qui continuent à caractériser la transition démocratique en Rdc, et cela depuis le premier jour de la mise en oeuvre de l’Accord global et inclusif.
(...)
L’Udps met en garde les animateurs actuels de la transition pour leur inconscience face au danger de disparition que court notre Pays.
Compte tenu de la dégradation de la situation actuelle, l’Udps en appelle:
- A la Communauté internationale, partie prenante à l’Accord global et inclusif à travers le Ciat de jouer correctement et pleinement son rôle dans le sens des attentes du peuple congolais;
A tout notre peuple de demeurer vigilant car, l’Udps considère que les dix derniers mois qui nous séparent de la fin de la transition doivent être consacrés à la recherche des solutions aux problèmes majeurs actuels afin qu’à la date du 30 juin 2005 la volonté populaire soit exhaussée à travers l’installation des Institutions issues des élections libres, démocratiques et transparentes.
Le Potentiel du 25 août 2004
Antoine Gizenga : "1+4 est négatif sur tous les plans"
Le Phare (Kinshasa) , 23 Août 2004
Le Parti Lumumbiste unifié est né le 22 août 1964. C'est en marge de la commémoration du 40ème anniversaire du Parti Lumumbiste Unifié(PALU) que son Secrétaire général Antoine Gizenga a dressé le bilan du régime en place, issu du Dialogue intercongolais.
C'était dimanche au siège du parti sur la 12è rue à Limete.
"Ceux qui dirigeaient le Dialogue intercongolais, certainement incités par des forces occultes, avaient refusé d'accorder le temps raisonnable de parole à notre parti pour exposer sa position. Ils ont plutôt préféré l'option d'une solution, accompagnée d'une imposition " à prendre ou à laisser ", solution dite " 1+4 " dont les résultats sur les plans politique, social et économique sont jugés négatifs par la totalité du peuple congolais ". Et de poursuivre : "certes l'Accord global et inclusif, ayant consacré ce système politique étrange, a été signé aussi par notre parti mais, il faut savoir que nous l'avons signé sous réserve au seul motif que cela représentait l'unique manière d'arrêter la guerre au Congo, d'éloigner de celui-ci le risque de balkanisation et d'obtenir l'organisation rapide des élections libres, démocratiques et transparentes".
A la fin, le porte-parole du Palu qui est en même temps le premier secrétaire permanent adjoint du parti, Godefroid Mayobo, a entretenu la presse pour éclaircir le sens de la manifestation du jour.
Par ailleurs, à la question lui posée sur les déclarations du vice-président Azarias Ruberwa souhaitant qu'on observe une pause de la transition, en vue de faire une évaluation, l'orateur a dit que le Palu ne réagit jamais sur ce qui n'est pas clairement exprimé. Et ce, avant de condamner avec la dernière énergie tous les discours va-t-en guerre susceptibles de bloquer le processus, dont la principale mission reste celle d'organiser les élections. Donc, Godefroid Mayobo invite ses compatriotes acteurs politiques à proscrire tout propos de nature à compromettre la transition.
6. Quelle issue juridique réaliste ?
Analyse juridique de la situation
Avant toutes autres considérations, il convient de lire l’article 2 de l’Acte final du Dialogue inter-congolais. Celui-ci stipule : « Les Parties au présent Acte s’engagent, fermement, à s’abstenir de toute initiative et de tout comportement contraires aux dispositions de l’Acte final, et à œuvrer, pour que lesdites dispositions soient respectées et mises en application, conformément à l’esprit et à la lettre des textes. A cet égard, les Parties s’engagent fermement, à installer le gouvernement de transition et toutes les autres institutions de la transition, dans les meilleurs délais conformément aux dispositions de l’Accord global et inclusif précité ».
C’est dire que la République démocratique du Congo dispose d’un cadre juridique et que rien ne peut se décider en dehors de ce cadre juridique. Autrement dit, ce serait violer la Constitution de la transition.
Autant la décision du président national du Rcd suscite plusieurs interrogations, autant elle demeure suspecte. Lors des précédentes crises au sommet, notamment le cas « Bemba-Olenghankoy » et l’« Affaire Major Kasongo », le président de la République, Joseph Kabila, avait initié une série de consultations avec la classe politique et la Société civile pour un réajustement politique éventuel.
Il est opportun de rappeler que M. Azarias Ruberwa s’était opposé catégoriquement à l’initiative présidentielle, affirmant que nul n’avait le droit d’entreprendre une quelconque démarche en dehors du cadre consensuel de la transition.
5 scénarios hypothètiques.
1. l’arrêt de la transition. Les institutions en place, plus particulièrement le Gouvernement et le Parlement, cesseront de fonctionner normalement au nom du principe de la consensualité et de l’inclusivité. Le partage des responsabilités reposant sur ce principe, les décisions prises en l’absence d’une composante seront de nul effet.
2. la poursuite du fonctionnement des institutions de la transition sans le Rcd. Si Ruberwa et les autres membres du Rcd tombent sous le coup de l’article 84 de la Constitution de la transition : « Sans préjudice des dispositions de l’article 197 de la présente Constitution, les fonctions d’un vice-président prennent fin par démission, décès, empêchement définitif ou condamnation pour haute trahison, détournement de deniers publics, concussion ou corruption. En cas de cessation, de fonction, la composante dont est issu le vice-président présente son remplaçant à l’Assemblée nationale pour entérinement endéans sept jours. Si l’Assemblée nationale n’est pas en session, elle est convoquée à cet effet toutes affaires cessantes, en session extraordinaire, conformément à l’article 115 de la présente Constitution ».
3. la poursuite de la transition pendant la médiation. Celle-ci entreprendra une action diplomatique parallèle.
4. l’éclatement du Rcd. En prenant en compte un certain nombre de dispositions constitutionnelles, le processus de transition pourrait bien se poursuivre.
5. la reprise des hostilités qui conduirait à la partition du pays. Le Rcd est convaincu de l’appui militaire du Rwanda. Toutefois, en matière de guerre, on sait comment elle commence, mais jamais personne ne sait de quelle manière elle va se terminer.
Le Potentiel du 25 août 2004
Hamuli Baharaguza (Coordonnateur du Comité national préparatoire de la Conférence des Grands Lacs)
A mon avis, le Rcd ne met pas en cause l’Accord global et inclusif. Donc, la transition est sauvée. Le Rcd exige une évaluation à mi-parcours. Personnellement, je ne suis pas surpris. Quand on élabore un programme, un projet, il faut une évaluation pour apprécier les efforts fournis.
Toutefois, je pense qu’ il faudra éviter de faire une récupération politicienne et ethnique du massacre de Gatumba. Ce n’est pas une bonne chose. C’est extrêmement dangereux. Nous devons nous montrer tous solidaires sur ce qui est arrivé à la communauté banyamulenge. Chercher à savoir pourquoi cela est arrivé et prévoir des mécanismes pour que ce genre de choses ne se reproduisent plus.
D’autre part, je retrouve que certaines revendications du Rcd sont fondées et légitimes, tel le cas de la corruption. Ceci est extrêmement important pour autant que la population est entrain de broyer du noir Il s’agit d’un danger qu’ il faut à tout prix juguler.
En attendant, il faudrait que le Rcd rejoigne rapidement les institutions, dans un bref délai possible. Les Congolais doivent éviter d’empoisonner l’atmosphère, de prêcher par la retenue et négocier intelligemment le problème posé par le Rcd. La trêve, si j’ai compris, ne concerne que les politiciens pendant que dans l’armée, le processus continue.
7. réactions internationales
Le Ciat condamne Ruberwa
La plus importante réaction est celle du Comité international d’accompagnement de la transition (Ciat), composé des cinq pays membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne et Russie), de la Belgique, du Canada, de l’Afrique du Sud, de l’Angola, du Gabon, de la Zambie, de l’Union européenne, de l’Union africaine et de la Monuc.
Dans une déclaration rendue publique mardi 24 août 2004 à Kinshasa, le Ciat « note avec regret que certains responsables de ce mouvement (Rcd, ndlr) ont décidé de suspendre provisoirement leur participation aux institutions de la transition ». Il invite « instamment les membres du Rcd qui ont annoncé la suspension de leur participation à reprendre leurs places respectives à Kinshasa, Siège des Institutions de la République ».
Mieux, le Ciat souligne et affirme « qu’il n’existe pas d’alternative viable au processus de transition, tel qu’entériné par l’Accord global et inclusif et par la Constitution ».
A Paris, le porte-parole du Quai d’Orsay, Hervé Ladsous, a affirmé hier que la France appelle « l’ensemble des parties congolaises à aller de l’avant afin de sauvegarder la période de transition ainsi que les progrès réalisés depuis plus d’un an ».
Le Potentiel du 25 août 2004
L’International Crisis Group demande à l’OTAN de renforcer la MONUC
Prevent the Return to Full-scale War in the Congo
20 August 2004
[To Foreign Ministers of Belgium, France, South Africa, the UK and the U.S., and to permanent representatives of UN Security Council members]
(...)
The International Crisis Group strongly endorses the 16 August 2004 Special Report of the Secretary General (S/2004/650) and encourages the adoption of its recommendations, strengthened in some areas, as soon as possible. Without the strong support of the international community, the peace process in the Congo and the UN effort to sustain it are at risk of failure.
The Special Report of the Secretary General is a bold challenge to the international community to support the UN and the transitional process in the Congo. I urge your government to take up that challenge and support the main recommendations of the report: restoration of security, effective territorial reunification, adoption of an adequate legislative framework, and holding of credible national elections. (...)
The following is a more detailed assessment, issue by issue, of the actions now required by the Security Council in the context of the renewal of MONUC's mandate on or before 1 October 2004.
More troops and more capability
The United Nations Security Council must endorse the Secretary General's request for an additional 13,100 troops and key states must ensure that they are capable and well-equipped. Developed countries, in particular NATO and EU member states, but also other countries with this capacity, should provide a portion of the new troops and ensure that they are highly-trained and well-equipped.
The new force should include 100 NATO-trained staff officers to supervise the proposed creation of a Division Headquarters in eastern Congo. Strong, skilled leaders, and sound staff procedures are needed for a successful command and control reorganisation. MONUC would also greatly benefit from additional airborne transport assets.
Stronger mandate
ICG urges the Council to clarify and enhance MONUC's mandate in two ways. First, the international community should implement one of the lessons learned from Sierra Leone and ensure that MONUC has both the authority and obligation to act pre-emptively to counter threats to the peace process. To that end, the Council should explicitly authorise MONUC to "respond robustly to any attack or threat of attack, including, if necessary, in a pre-emptive manner." MONUC must take proactive action -- to the absolute maximum of its capacity -- to protect civilians and humanitarian workers under threat.
Secondly, the Security Council must reiterate its recognition that the Transitional Government is the sole legitimate governing authority in the Congo and urge MONUC to "assist the efforts of the Government of National Unity and Transition to maintain or restore law and order and to stabilise the situation throughout the entire country." (...) MONUC should seize sites of known illegal exploitation, especially when it is evident that they constitute a financial lifeline for armed groups. While such a task is the responsibility of the national army, MONUC can perform this function in strategic areas, especially Ituri, until the government forces are capable of doing so.
Disarmament
While strong arguments -- for which ICG has some sympathy -- can be made for mounting a forcible disarmament operation, we acknowledge that there is presently insufficient support in the Council for that to be a realistic option. In these circumstances, the international community must redouble its efforts to address the ongoing threat from the FDLR by applying pressure on the Transitional Government in Kinshasa to muster the political will and required resources to itself disarm foreign forces in eastern Congo, with active and robust assistance from a more proactive MONUC. A comprehensive solution also requires incentives for the FDLR to disarm and return to Rwanda, and Kigali must assist this process by re-engaging in political dialogue with its exiled opponents.
(...)
Monitoring of arms
UNSC Resolution 1533 (2004) established a committee to monitor the implementation of the arms embargo imposed by UNSC Resolution 1493 (2003) and to make recommendations to strengthen its effectiveness. Following the 15 July 2004 report of the Group of Experts on the Congo, which concluded that Rwanda had supported, both directly and indirectly, the June attack on Bukavu, the Council should revisit the question of the arms embargo, note the conclusions of the Group of Experts, and express readiness to consider additional measures, such as revocation of visas and freezing of assets, if further violations of UNSCR 1493 and 1552 are committed..
Political Process
To date, the government of transition has not shown any will or capability to address the major political challenges, impeding the achievement of peace, stability and democracy in the country. ICG urges that the UN resume its partnership with South African leaders and bring together the key players to address the continuing political challenges, including the question of nationality, especially in eastern Congo, the creation of a national army, and the territorial unification of the country. While the Transitional Government is limited both by lack of resources and capacity, any improvement is impeded by the major players who continually jockey for advantage with one eye on the elections that are supposed to take place next June.
(...)
Yours sincerely,
GARETH EVANS
President, International Crisis Group
2 Comments:
A propos de la Monuc:
Je viens de lire l'analyse de Leonard Kasimba du 19 aôut. N'y-a-t'il pas contradiction entre le refus américain de renforcer la Monuc et le fait qu'à la tête de la Monuc se trouve l'Américain William Swing, qui à certains moments (comme par exemple la "mutinerie" de Musibusi de février dernier) semble plutôt avoir favorisé les intérêts américains?
Les américains mettent leurs oeufs dans plusieurs panniers + Au dessus de Swing se trouve ce français, qui est le sg adjoint de l'onu pour les interventions de l'onu. Et ça ils n'aiment pas. Or les armées de Nigeria et du Rwanda ils les connaissent come leur poche et ces armées-là sont, pour le moment, le fer de lance de l'OA (cfr Soudan).
Leonard
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