vendredi, août 27, 2004

Briefing du 27 août 2004

1. Après avoir bien vu toutes leurs cartes, les patrons parlent: Ruberwa regagnera Kinshasa probablement ce dimanche

  • The White House support for Kabila
  • 'UE demande à M. Ruberwa de réintégrer le gouvernement de la RDCongo
  • Visite éclair de Aldo Ajello à Goma
  • Ruberwa retournera à Kinshasa probablement ce dimanche
2. Vers une alliance des outlaws Karaha-Nkunda?
  • Coalition entre Nkunda et Bizima Karaha.
3. Kagame recule : coup raté (pour le moment)
  • Avis d’un observateur de la situation au Rwanda(26 août, receuilli par deboutcongolais.info):
  • Le Rwanda éloigne Mutebusi de la frontière avec la RDC
  • Le Burundi rouvre sa frontière avec la RDC
  • Uganda, Rwanda and Congo agree to disarm rebels
4. Déclarations de Kabila et de l’armée
  • Joseph Kabila : la déclaration de Ruberwa est une blague
  • Les généraux Mbuza Mabe et Sylvain Mbuki s’opposent aux propos de Ruberwa
  • Sylvain Buki, ancien chef de l’armée pro-rwandais du RCD, actuel d’état-major des forces terrestre au radio Okapi
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1. Après avoir bien vu toutes leurs cartes, les patrons parlent: Ruberwa regagnera probablement dimanche Kinshasa

The White House support for Kabila
Office of the Press Secretary, August 26, 2004
Statement on the Contined Support for the Transitional Government of the Democratic Republic Headed by President Kabila
The United States notes with great concern the decision by Democratic Republic of the Congo Vice President Azarias Ruberwa to suspend all Congolese Rally for Democracy-Goma (RCD-G) activities in the transition. We continue to support the transitional government of the Democratic Republic headed by President Kabila.
We call upon the Governments of Burundi, the Democratic Republic of the Congo, and Rwanda to support the transitional government and to exercise restraint.

'UE demande à M. Ruberwa de réintégrer le gouvernement de la RDCongo
BRUXELLES, 26 août (AFP) - le haut représentant de l'UE pour la politique étrangère, Javier Solana. "Il est important que le RCD (ex-rébellion soutenue par le Rwanda), réintègre rapidement le gouvernement et que les solutions mises en place le soient dans le cadre des institutions de la transition", a-t-il ajouté.

Visite éclair de Aldo Ajello à Goma
GOMA (RDCongo), 26 août (AFP) - L'émissaire de l'Union européenne pour la région des Grands lacs Aldo Ajello a effectué jeudi une visite éclair à Goma,
M. Ajello a passé deux heures à Goma avant de partir pour Kampala. Il devait se rendre vendredi dans la capitale congolaise Kinshasa.

Le Potentiel du jeudi 26 août 2004
Ruberwa retournera à Kinshasa probablement ce dimanche
Le retour à Kinshasa du président national du Rcd annoncé pour ce dimanche
Le vice-président de la République et président national du Rcd, Me Azarias Ruberwa est disposé à regagner la capitale, Kinshasa, dans les meilleurs délais. Précisément ce dimanche, juste la veille de l’arrivée du président sud-africain, Thabo Mbeki. Ce changement d’attitude est dû incontestablement à ce réalisme politique dont ont fait preuve la majorité des membres du Rcd qui a opté pour la poursuite de la transition
Les membres du Rcd restés à Kinshasa ont été les premiers à exprimer leur désapprobation.
Mardi, les ministres, membres du Rcd, ont pris part à la réunion et ont été chaleureusement applaudis par leurs collègues du gouvernement.
Mercredi, dans une motion, un député du Rcd a rejeté la déclaration du président national de son parti et a annoncé la décision de 67 députés Rcd restés à Kinshasa sur les 92, de « continuer à travailler au sein de l’Assemblée nationale jusqu’à la fin de la transition ». Il a fait savoir aussi que cette décision engageait tous les autres membres du Rcd, présents dans la capitale et évoluant au gouvernement et dans les institutions d’appui à la démocratie.
En clair, sa démarche n’a obtenu le soutien de personne, si ce n’est celui des huit députés de son parti. Jusqu’à preuve du contraire, Ruberwa a raté son coup. C’est-à-dire, ramener le compteur de la transition à zéro par des initiatives parallèles, en marge du cadre juridique de la transition.
Les dernières déclarations de Ruberwa se présentent maintenant comme des justifications. Il laisse entendre qu’il n’avait pas l’intention de bloquer la transition et que l’arrêt exigé concernait uniquement le gouvernement et le parlement. Il se félicite que sa réaction ait occasionné un début de solution avec la nomination du commandant second de la 10è région militaire. Soit. Pas de polémique là-dessus. Cependant, tout le monde sait que le décret du Chef de l’ Etat a été rendu public dimanche alors que le président national du Rcd a fait sa déclaration 24 heures après, c’est-à-dire le lundi 23 août 2004.
Scepticisme, tout de même
En rejoignant l’ aile dure de son parti, Ruberwa a perdu de sa crédibilité politique. Il s’affirme aujourd’hui que le vrai patron du Rcd est le député Bizima Karaha, connu pour son attachement au Rwanda. Et dans ce cas-là, le massacre de Gatumba n’aura été qu’un prétexte pour torpiller le processus de transition en cours.
L’autre raison du scepticisme serait l’incapacité des autorités du Nord-Kivu à mettre la main sur le général dissident Laurent Nkunda. Le ciel demeure toujours nuageux au Kivu.

2. Vers une alliance des outlaws Karaha-Nkunda?

Coalition entre Nkunda et Bizima Karaha.
Irinnews, 26 augustus
Many observers say that Ruberwa is caught between showing his colleagues in Kinshasa that he is serious about the peace process and showing his fellow Banyamulenge in Goma that he will stand up for them.
Reflecting the competing pressures Ruberwa is under, one of his last acts as vice-president was to issue a decree calling for Nkunda's arrest. Then, the next day, he announced his withdrawal from the government, a position that effectively supported Nkunda.
One official within RCD-Goma told IRIN that Ruberwa had wanted to return to Kinshasa but had been overpowered by elements opposed to the transition. An expatriate in Goma agreed. "Ruberwa is seen as a traitor from both sides no matter which decision he takes," he said.
Ruberwa openly admitted the dilemmas he faces when speaking last week at the memorial service in Goma for the Banyamulenge massacred in Burundi. "We are divided at the moment," he said of party members. "Some are for Karaha, others for Ruberwa, others for Nkunda. If we do not unite and speak as one, then we will perish."

3. Kagame recule : coup raté (pour le moment)

Avis d’un observateur de la situation au Rwanda(26 août, receuilli par deboutcongolais.info):
Pour le moment la reprise de la guerre a été reportée. Kigali avait pensé de pouvoir vite reprendre la guerre, mais vu l’attitude habile et intéligent de kabila et vu les pressions de la communauté internationale, Kagame a du réculer. Or au Rwanda domine le sentiment d’une crise : les conditions de vie des masses rwandaises mais aussi à la base même du FPR deviennent plus difficile, les revenus du pillage au Congo ont fortement diminués, l’aide internationale commence à ralentir. Dans l’armée il y a un fort sentiment de mécontentement à cause du licenciement de beaucoup de soldats et d’officiers, même l’opération à Darfour suscite plus de problèmes de rivalités entre officiers qui veulent “aller gagner des sous” etc... Pour le moment on peut acheter à Kigali 100 soldats entraînés pour 1000 euros. Toute cette situation pousse Kagame à se tenir à sa stratégie de relancer la guerre au Congo. La période entre octobre et décembre deviendra une période très critique puisque immédiatement après les élections, il y a une sorte de période de vacuüm à Washington, dans laquelle l’administration du Pentagon, de la CIA etc... où Kagame a beaucoup d’amis, pourrait accepter une guerre - éclair avec laquelle kagame voudrait poser la nouvelle administration américaine devant des faits accomplis.

Le Rwanda éloigne Mutebusi de la frontière avec la RDC
KIGALI, 25 août (AFP) -
Le colonel et ses hommes ont été transférés du camp militaire de Ntendezi, à une vingtaine de kilomètres de la RDC, au camp de Cyongo, situé à près de 200 km de la frontière, selon le président de la commission nationale rwandaise du rapatriement des réfugiés, Straton Nsanzabaganwa.
"Nous avons fait comprendre à ces hommes qu'ils ne doivent rien entreprendre en vue d'attaquer leur pays d'origine, la RDC. Ils doivent désormais se comporter en civils", a déclaré à l'AFP M. Nsanzabaganwa.
Un premier contingent de 130 hommes a gagné mardi soir le camp de Cyongo, et les 170 autres ont été transférés mercredi, toujours selon la même source.
Après des combats contre l'armée régulière, lui et ses hommes ont fui le 21 juin au Rwanda, où ils ont été désarmés.

Le Burundi rouvre sa frontière avec la RDC
BUJUMBURA, 26 août (AFP) - Le Burundi a rouvert jeudi sa frontière avec la République démocratique du Congo (RDC), fermée depuis le 15 août, une mesure qui témoigne d'un certain apaisement des tensions dans la région des Grands Lacs, mise en ébullition par le massacre de quelque 160 personnes le 13 août.
Le Burundi a justifié la rouverture en expliquant que "la tension a fortement baissé entre les deux pays, mais aussi pour des raisons économiques", selon le porte-parole du gouvernement, Onésime Nduwimana.

Uganda, Rwanda and Congo agree to disarm rebels
KAMPALA, Aug 25 (Reuters) - Uganda, Rwanda and the Democratic Republic of Congo (DRC) agreed on Wednesday to "immediately" disarm rebel groups who threaten peace and security in Africa's Great Lakes region.
The agreement was signed following U.S.-sponsored talks in the Ugandan capital Kampala between delegations led by Ugandan Defence Minister Amama Mbabazi, Rwanda's Foreign Minister Charles Murigande and his Congolese counterpart Raymond Ramazani Baya.
The three ministers said they regretted the absence of delegates from
Burundi at the talks, and pledged to bring the country on board.

4. Déclarations de Kabila et de l’armée

Joseph Kabila : la déclaration de Ruberwa est une blague
Question : M. le Président, quelle est la Situation générale du pays?
P.Kabila
Dans le pays, la situation qu’elle soit politique, militaire ou sécuritaire est tout a fait calme: A part, bien entendu des incidents ici et là notamment en Ituri et tout dernièrement au Sud-Kivu et au Nord-Kivu En général la situation est relativement calme
Question: M le Président, par rapport à tout ce qui se passe dans le pays aujourd’hui, les Congolais se posent la question de savoir si les élections vont avoir lieu et si elles vont se dérouler dans le délai tel que fixé par la Constitution de la transition?
P. Kabila : Vous savez, je suis convaincu que les élections auront lieu. C’était une promesse de ma part. C’est une promesse de la part des signataires de l’Accord global et inclusif. Les élections auront lieu dans le délai prévu.
Dès ce vendredi, la Commission électorale indépendante, les membres de cette commission vont prêter serment. Et bien sûr, la commission était à pied d’oeuvre. Alors le gouvernement aussi est en train de travailler dans ce sens-là y compris les autres institutions de la transition. Je dirai que c’est ça la mission principale des institutions actuelles de la transition pour l’organisation des élections libres, démocratiques et transparentes.
Question: M. le Président, le Rcd a suspendu sa participation aux institutions de la Transition. Qu’est-ce que vous en pensez?
P.Kabila : Je connais que l’essentiel est que les institutions de la transition vont continuer à fonctionner sans problème. Je pouvais aussi dire que pour moi c’est une blague, parce que la demande du Rcd, bien sûr, le vice-Président de la République Azarias Ruberwa, de négocier soit renégocier les accords. Primo, la position du gouvernement et la mienne étaient qu’il n’y aura pas des négociations. Secundo, les institutions de la transition sont là pour renouer des problèmes à exposer à l’avenir. Alors des problèmes soulevés par le Rcd par le vice-Président Ruberwa, ce sont des problèmes que le gouvernement et la constitution de la transition peuvent résoudre à tout moment.
Question : M. le Président, votre homologue sud-africain, Son Excellence M. le Président Thabo Mbeki va visiter notre pays d’ici quelques jours, pouvez-vous nous dire dans quel cadre se situe cette visite
J. Kabila : J’ai invité le Président Mbeki, je crois bien, il y a deux mois. C’est une visite de travail toujours, dans le cadre de la coopération bilatérale entre les deux pays. Tout récemment, nous avons signé un accord de coopération militaire sur le plan de la défense, bien sûr, avec la République sud-africaine. Alors. c’est dans ce sens là, que le Président Thabo Mbeki viendra nous rendre visite.
Bien entendu, ça sera aussi l’occasion pour lui d’avoir des entretiens avec d’autres responsables le Président de l’Assemblée nationale, le Président du Sénat, pourquoi pas avec les vice-Présidents comme c’était le cas, je crois bien, au mois de janvier, lorsqu’il était ici dernièrement.
Kinshasa , 26.08.2004 , (Th) | Forum des As/Fda-LP

Les généraux Mbuza Mabe et Sylvain Mbuki s'opposent aux propos de Ruberwa
Kinshasa , 26.08.2004 | Politics
Pour le général Mbuza Mabe, le redéploiement des troupes ou l’implantation des forces armées ne dépendent pas du vice-président de la République Ruberwa. « Je ne vois pas pourquoi il doit parler de ce problème. Cela ne le concerne pas. C’est le chef d’état-major général des Fardc qui a les prérogatives, sur décision du commandant suprême, de déployer les unités de l’armée.
Le vice-président n’a qu’a se contenter de la politique », a expliqué le général Mbuza Mabe. S’agissant de Laurent Nkunda, le commandant de la 10ème région militaire lui renie le droit de s’imposer sur l’armée gouvernementale. « Il n’a qu’a diriger sa rébellion. Il est sans fonction, comment peut-il demander mon départ de la 10ème région militaire ? », s’est interrogé le général Mbuza Mabe.
Pour sa part, le chef d’état-major des forces terrestres Sylvain Buki a précisé, au sujet de la demande de Azarias Ruberwa sur le retrait des militaires déployés à 1’Est que c’est « une situation exceptionnelle causée par les événements de Bukavu. Le gouvernement 1’a décidé pour sécuriser la population face au soulèvement des mutins ».
(FP) | Le Potentiel/R.O

Le Potentiel, 26 août
Sylvain Buki sur radio Okapi
Question. Que dites-vous de la question soulevée par le vice-président Azarias Ruberwa et du déploiement de troupes qui a été fait à l’Est du pays ?
Buki. Les troupes ont été déployées à l’Est à cause des événements malheureux qui ont secoué les villes d’Uvira, Kindu, Kisangani….Nous avons décidé d’envoyer des troupes pour empêcher les insurgés de continuer à attaquer, de tuer, de violer les femmes et de piller . Les troupes restent stand by en attendant le processus de fusion, de brassage de l’armée. Ces troupes pourront donc éventuellement bouger avec le processus de formation de l’armée qui va bientôt commencer.
Question. Pour le vice-président Ruberwa, à l’entendre parler, l’armée n’a pas fait ce qu’on attendait d’elle. Ne voyez-vous pas que c’est une confusion de la part de celui-là même qui a la charge de la sécurité, et de la défense? N’est-ce pas que, quelque part, le vice-président est en train de mettre en cause votre travail?
Buki. Les accords de paix ne prévoyaient pas qu’on bouge les troupes avant le processus de brassage. Il faut aussi dire que les accords de paix ne prévoyaient pas que les Mutebusi allaient violer les femmes ici et piller la population. C’est une situation de fait à laquelle nous sommes confrontés.
Et le gouvernement avait le devoir de sécuriser la population. C’est donc le gouvernement qui a ordonné l’envoi du renfort des troupes, qui a donné les moyens (avions, bateaux, armes…).
Aujourd’hui, la structure militaire d’intégration a été mise en place à Kinshasa et elle est en train de faire quelque chose pour le processus de brassage et de formation de l’armée.
Question. Ne pensez-vous pas que l’on puisse faire capoter la transition juste pour la question de l’armée ?
Buki. Je ne pense pas qu’on veuille faire capoter la transition pour la question de l’armée. Il existe un programme de brassage des militaires qui est en cours avec l’appui du gouvernement de transition. Ce programme concerne toutes les composantes et entités.
Il est évident que pendant le brassage proprement dit, il est prévu une phase de sensibilisation. Il y a des équipes qui vont passer dans les unités et dans la population pour expliquer le bien- fondé du brassage et comment cela va se passer. La structure militaire d’intégration n’a pas encore envoyé ces équipes-là sur le terrain.
Question. Selon vous, pourquoi cela prend-il du temps? Pourquoi l’intégration, le brassage de l’armée tardent-ils et à qui la faute ?
Buki. A mon sens, l’important n’est pas de savoir à qui la faute. Le gouvernement et la communauté internationale, partenaire à notre gouvernement, devraient financer ce processus. Malheureusement, le financement tarde à venir. Les Belges sont venus, ils nous ont aidés à former une brigade qui est déjà opérationnelle en Ituri. Je pense qu’il y a un problème de moyens matériels pour soutenir la formation et le processus de brassage de l’armée. Le gouvernement avait débloqué un fonds de démarrage, néanmoins nous attendons.
Tiré de Radio Okapi
(*) Chef d’Etat-major général de la force terrestre + ancien chef de l’armée pro-rwandais du RCD

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