Briefing du 1° septembre
1. visite Thabo Mbeki
- Poursuite de la transition: Volonté commune de Thabo M. Mbeki et des Congolais
- Kinshasa et Pretoria signent de nouveaux accords de coopération
- Ruberwa : un pied dedans, un pied dehors
- Ruberwa accuse Kabila et le gouvernement de rétention de l’information sur la sécurité
2. Crise dans le RCD
- Le siège du RCD à Kinshasa verrouillé sur ordre de Ruberwa
- Lola Kisanga dément la fermeture du siège
- Bizima Karaha et cie de retour à Kinshasa
- Les sauveurs et les tombeurs de Ruberwa désormais connus
- Scission : Ministres, députés et sénateurs claquent la porte du Rcd !
- Crise : jusqu’où ira Me Ruberwa ? : Vicaire anti-Rcd à Bukavu
3. La transition continue
- Mercredi au Sénat : Adoption des projets de loi sur la nationalité et sur l’armée
- Lancement mercredi à Bunia du programme de démobilisation des groupes armés (Monuc)
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Vous pouvez commander les document suivants en envoyant un mail à contact@deboutcongolais.info (veuillez préciser le document que vous voulez)
1. visite Thabo Mbeki
Poursuite de la transition: Volonté commune de Thabo M. Mbeki et des Congolais
KINSHASA, 31 août (AFP) - Le président sud-africain Thabo Mbeki à l'issue de sa visite de travail de 48 heures:
"J'ai reçu en consultations toute la classe politique dirigeante et des hautes personnalités de la République. Il s'est dégagé une identité de vue sur la nécessité de poursuivre les objectifs tels que définis dans l'accord global et inclusif”
M. Mbeki a indiqué qu'il avait "exhorté la classe politique congolaise à assurer la bonne marche du processus de transition jusqu'à l'organisation des élections libres, démocratiques et transparentes", prévues en juin 2005.
Le président sud-africain s'est entretenu à trois reprises avec son homologue congolais Joseph Kabila, avec les vice-présidents du gouvernement de transition dont M. Azarias Ruberwa qui avait suspendu la participation de son mouvement, le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) au processus en cours depuis avril 2003.
Il a également eu des discussions avec les présidents de l'Assemblée nationale, des institutions d'appui à la démocratie et plusieurs personnalités dont le président de la conférence nationale épiscopale du Congo, Mgr Laurent Monsengwo Pasinya, un des principaux opposants, Etienne Tshisekedi.
Le président Kabila a, pour sa part, exprimé sa satisfaction de voir, à nouveau réuni son "quatuor" de vice-présidents.
"Je suis heureux de voir le vice-président Ruberwa dans cette salle. Nous devons nous projeter dans l'avenir et régler au sein des institutions les problèmes qui se posent à nous", a déclaré Joseph Kabila à la presse à l'issue d'une réunion à huis clos avec ses vice-présidents sous la médiation du président Mbeki.
M. Ruberwa :
"Nous avons eu de bonnes discussions et des échanges très encourageants", a-t-il soutenu, rappelant que son mouvement avait présenté au président Mbeki un cahier des charges reprenant les revendications du RCD pour une meilleure poursuite de la transition.
Kinshasa et Pretoria signent de nouveaux accords de coopération
KINSHASA, 31 août (AFP) - Les gouvernements de la RDC et d'Afrique du Sud ont signé mardi soir à Kinshasa cinq accords de coopération destinés à raffermir les rapports entre les deux Etats.
La République démocratique du Congo (RDC) et l'Afrique du Sud sont déjà liés depuis la mi-janvier par un accord global de coopération dans les domaines de la politique, de la défense, de la sécurité, de l'économie, des finances, des infrastructures et des secteurs sociaux culturels.
Les nouveaux accords couvrent les domaines de la diplomatie, de l'administration publique, de la fiscalité, de la santé et de la protection des investissements.
"Ces accords ont été signés par les ministres concernés en présence des deux chefs d'Etat", indique un communiqué conjoint remis à la presse.
La République d'Afrique du Sud a réaffirmé son engagement à apporter son soutien au processus de la formation de l'armée nationale congolaise restructurée et intégrée "conformément à l'esprit et à la lettre de la convention militaire qui régit les deux pays".
Ruberwa : un pied dedans, un pied dehors
(...) Notons d’emblée que les négociations ont été laborieuses. La partie s’est jouée vraiment serrée, dans une ambiance tendue, empreinte de nervosité. D’aucuns n’ont pas hésité de dire que Ruberwa narguait tout le monde, le président sud-africain et le peuple congolais.
En effet, les travaux de la commission conjointe n’ont pas débuté mardi à 11 h30 comme prévu. Pour la simple raison que les entretiens entamés lundi entre le président sud africain et les acteurs politiques congolais n’avaient pas réussi à ramener Ruberwa à des bons sentiments Il campait toujours sur ses revendications.
Face à cette résistance de Ruberwa, la ministre sud-africaine des Affaires étrangères a effectué plusieurs navettes entre la résidence de Ruberwa et le Grand Hôtel Kinshasa ; mais en vain. A 14 h 30, Thabo Mbeki se rendra lui-même chez le vice-président pour tenter de le raisonner . Il réussira à convaincre l’homme de rejoindre ses collègues à la cité de l’Union africaine pour que les travaux de la commission conjointe démarrent. Il se dit dans les coulisses que le président sud-africain avait levé le ton (...).
Le vice-président Ruberwa a fini par s’incliner en posant d’autres conditions. D’abord, il n’ a pas rejoint directement ses collègues de l’espace présidentiel dans la villa où ils se trouvaient. Dans son entendement, participer aux travaux serait synonyme de réintégrer les institutions. Ce qui serait un péché contre la haute direction du Rcd. Ensuite ,il ne voulait pas s’attabler avec les ministres contestataires du Rcd. Car, il aurait déjà exigé leur départ du gouvernement. C’est une affaire interne, elle était laissée à la compétence du Rcd.
Enfin, ensemble, le président Thabo Mbeki et Ruberwa ont fini par rejoindre les membres de l’espace présidentiel, avant de se rendre dans le bureau du Président de la république. Après quelques minutes d’entretien, tout le monde a gagné la salle prévue pour la réunion de la commission mixte, et les travaux ont finalement débuté. (...)
La question maintenant est celle de savoir si en rejoignant ses collègues de l’ espace présidentiel, le vice-président Ruberwa a mis un terme à la trêve décidée par lui et certains membres du Rcd.
Il est vrai qu’à cette question, le président Thabo Mbeki s’est refusé à tout commentaire. Il a ,toutefois, précisé qu’ il était très encouragé par les entretiens qu’il a eus avec les hommes politiques congolais.
De son côté, le président Kabila a déclaré que la mesure de suspension du Rcd aux institutions de la transition appartenait désormais au passé. Tout le monde devait à présent regarder vers l’ avenir et travailler 24 heures sur 24 pour le bien du peuple congolais.
Quant au vice-président Ruberwa, il a fixé rendez-vous à tout le monde aujourd’hui, au terme de la réunion du Collège des Fondateurs du Rcd. Les choses en sont encore là. En attendant, il a un pied dedans, un pied dehors.
Le Potentiel, Edition n°3213 du mercredi 01 septembre 2004
Ruberwa accuse Kabila et le gouvernement de rétention de l’information sur la sécurité
Le vice-président de la République en charge de la politique, défense et sécurité a accusé hier lundi ses partenaires du gouvernement, y compris le président Joseph Kabila, de retarder le processus d’intégration de l’armée.
Ruberwa accuse aussi ses partenaires du gouvernement, y compris le président de la République de rétention de l’information : « Je suis vice-président du Conseil supérieur de la Défense. Je n’ai jamais tenu une réunion officielle avec le président et les autres membres. Cela veut dire ces questions se traitent quelque part. Vous voulez que je vous parle de l’Anr ? (Ndlr : Agence nationale de Renseignement). Je n’ai jamais reçu un seul rapport ou la copie du rapport de l’administrateur général de l’Anr Qui consomme ce rapport ? Où passent les copies de ce rapport qui n’atterrissent jamais sur la table du vice-président chargé de la sécurité ? Vous voulez me demander des comptes, demandez à celui qui reçoit le rapport de l’Anr. Pour l’immigration, c’est autant ».
(...) Il reste à savoir pourquoi le vice-président a attendu si longtemps pour faire de telles déclarations. Surtout quand on sait qu’il y a de cela trois mois le vice-président de la République avait tenu un point de presse pour faire le bilan de son secteur, il n’avait pas souligné ce manque de coopération au niveau de l’espace présidentiel.
Le Potentiel, Edition n°3213 du mercredi 01 septembre 2004
2. Crise dans le RCD
Le siège du RCD à Kinshasa verrouillé sur ordre de Ruberwa
KINSHASA, 31 août (AFP) - Les bureaux du siège de l'ex-rébellion du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) à Kinshasa ont été verrouillés sur ordre du président national de ce mouvement, Azarias Ruberwa.
Des militaires de la garde rapprochée de M. Ruberwa, l'un des quatre vice-présidents du gouvernement de transition, y ont été déployés et interdisent tout accès aux membres du parti.
Les mêmes dispositifs militaires étaient observés mardi matin au siège du RCD au centre-ville.
"Personne ne peut s'approprier le siège du parti. Nous demandons au président national de lever cette mesure qui ternit l'image de notre parti et la sienne propre", a déclaré à l'AFP le secrétaire général adjoint du RCD, Crispin Kabasele Tshimanga.
Selon lui, M. Ruberwa, rentré lundi à Kinshasa après deux semaines passées dans son fief de Goma (Est), reproche aux membres du RCD restés à Kinshasa d'avoir "tenu des réunions pirates au siège du mouvement pendant son absence".
La décision d'interdire l'accès du siège du RCD à ses membres éloigne la perspective de retrouvailes pour régler les dissensions qui minent le mouvement.
Lola Kisanga dément la fermeture du siège
Le porte-parole du Rassemblement congolais pour la démocratie (Rcd), Lola Kisanga, a tenu hier au siège de son parti, un point de presse.
Tout en limitant ce point de presse à deux questions seulement, le porte-parole a fait savoir à l’opinion qu’il n’a jamais été question d’une quelconque fermeture du siège. Mais il est interdit, a-t-il précisé, d’y organiser toute rencontre ou réunion informelle ne relevant pas d’organes statutaires du parti.
Quant au député Adolphe Onusumba, Lola a indiqué qu’il n’a pas repris son siège au bureau de l’Assemblée nationale. Et ne pourra le faire que lorsque le collège des fondateurs du parti le décidera. Aussi, ce retour sera-t-il « tributaire des résultats des consultations sous la médiation du président sud-africain Thabo Mbeki à Kinshasa ».
En présence de quelques membres du Rcd dont le député précité, le secrétaire général adjoint Barthélemy Mumba, le 1er vice-président Matadi Nenga et le secrétaire permanent adjoint Léon Muheto, le porte-parole a également rassuré (...) Le Rcd, a-t-il poursuivi, va reprendre son unité et continuer son combat pour l’avènement de la démocratie. « Nous ne sommes pas là pour servir les intérêts du Rwanda. Nous sommes un parti national congolais et nous n’agissons pas sous l’impulsion des puissances étrangères. Notre parti a un rôle important à jouer. Il a été le pion majeur du processus de Lusaka jusqu’à Sun City », a-t-il enchaîné.
Jeef Ngoy, Le Potentiel, Edition n°3213 du mercredi 01 septembre 2004
Bizima Karaha et cie de retour à Kinshasa
Le groupe des huit députés de ce parti qui avait suspendu sa participation à l’ Assemblée nationale a décidé lui aussi d’envoyer une délégation à Kinshasa. Cette délégation est composée de deux membres : Bizima Kahara et Théophile Mbapuka, tous deux membres du collège des fondateurs du Rcd. Elle est venue participer aux concertations sur l’évaluation de la transition, selon le porte- parole de ce groupe.
Le professeur Ndesho, porte-parole du groupe resté à Goma: « Nous envoyons deux membres du collège des fondateurs de notre groupe pour participer à la concertation relative à l’évaluation de la transition. Nous sommes en phase avec le Rcd. Quand il va lever la suspension, nous allons faire de même. Par conséquent, aucun problème sur le plan de l’harmonisation et de la coordination ne se pose plus », a déclaré le professeur Ndesho, porte-parole du groupe.
Il a soutenu que le président du Rcd a besoin de tous les membres du collège des fondateurs du parti. Et que leur groupe était prêt à répondre à son appel.
Le Potentiel, Edition n°3213 du mercredi 01 septembre 2004
Les sauveurs et les tombeurs de Ruberwa désormais connus
De Goma, nous apprenons que l’état-major chargé par Kigali de narguer les Congolais est constitué des députés Moïse Nyarugabo et Emungu. Il y a aussi un certain Mumba Gama (l’ancien coordonnateur de la Regideso deux fois suspendu pour malversations financières qui est utilisé par Ruberwa pour lancer des invectives à la télévision), Gertrude Kitembo (ministre des Ptt qui a les deux oreilles collées aux téléphones en direct de Kigali) formée par un certain Nzinza, sans oublier le sieur Muheto. Ce dernier a été le coordonnateur, mieux le bourreau de la Snel à Goma ; il l’a pillée pour se construire une villa à Gisenyi. Cette clique qui va faire couler Ruberwa se constitue également de Célestin Vunabandi.
Aux antipodes de ce groupe se situent ceux que l’on peut qualifier de héros qui ont adopté une attitude courageuse ayant accordé à Ruberwa la chance de remettre pieds à Kinshasa. Il s’agit notamment de Joseph Mudumbi, Emile Ilunga, Emile Ngoy, Balagame, bref, tous les ministres, sénateurs et députés ou membre des institutions d’appui à la démocratie restés à Kinshasa et qui avaient signé la déclaration concernant la poursuite de leurs activités respectives. Si ces personnalités sont remerciées en monnaie de singe par Ruberwa, alors ce sera fini pour lui.
Moralité : si le Rcd n’est pas véritablement pris en mains par des Congolais sincères avec eux-mêmes et travaillant pour le bien de la Rdc, ce sera le requiem pour ce parti. L’Avenir, 31 août
Les deux articles qui siuvent proviennent du journal Le Soft de Kinkeyi Mulumba. KM avait quitté le RCD-Goma après le massacre du 14 mai 2002 à Kisangani. mais il est toujours resté le mégaphone de Kagame et de sa stratégie. les articles démontrent le degré de l'embarras dans lequel se trouve le RCD.
Scission : Ministres, députés et sénateurs claquent la porte du Rcd !
Le soft, Kinshasa , 31.08.2004
En rupture totale avec la décision prise par la direction de leur parti, tous les ministres RCD présents dans la Capitale ont pris part mercredi 25 août à la réunion du Gouvernement où ils ont été ovationnés fragilisant le RCD et isolant ce qu’ils appellent une « aile rwandophone » restée à Goma. Il s’agit, sinon d’une scission déclarée, du moins d’une vigoureuse rébellion (...)
Ou ils sont dans la logique du parti ou ils ne sont pas dans cette logique..
(...) N’ayant pas estimé devoir faire le déplacement de Bujumbura-Gatumba - tel invoquant une feuille de route qui ne venait pas, tel faisant valoir la brusque maladie d’une épouse parfois longtemps abandonnée, tel avouant des peurs légitimes de se faire humilier à la vue de quelque contestataire -, le fait d’avoir opposé le refus de manifester une solidarité fraternelle et militante à des compatriotes tombés pour leur faciès et qui auraient pu constituer leur électorat naturel, renseignait très clairement sur le nouvel engagement politique et idéologique.
Mais il y avait aussi ceux qui, par accident, s’étaient trouvés au camp de réfugiés Tutsis Banyamulenge et n’avaient guère été « prévenus » de cette « pause » et se disaient publiquement avoir été « piégés ». Ceux-ci n’avaient pas cessé de faire savoir qu’il était dans l’intérêt du RCD de regagner sa place dans la Capitale au sein des Institutions républicaines. Qu’on ait mis un avion sur le tarmac et qu’on ait demandé à qui voulait le prendre de monter à bord que tout ce groupe s’y serait précipité.
Un de ceux-ci a fait état de sa difficulté d’existence en racontant naïvement et publiquement au grand étonnement général le refus de son groupe ethnique majoritaire de l’accepter en son sein et de l’associer à quoi que ce soit précisément parce qu’il est issu... du RCD, ce parti paria ! (...)
(..) la responsabilité politique n’exige-t-elle pas précisément un temps d’arrêt courageux et responsable permettant d’évaluer le chemin parcouru et celui qui reste à parcourir?
(...)
D’un autre côté, sauf d’avoir décidé que l’occasion qui est offerte ne se représentera point - ce que l’on comprendrait -, ne savent-ils pas que l’action politique a besoin de la durée? (...) Il est fort heureux de savoir que nombre, au sein du RCD, ont a cœur ce point de vue.
(...)
Samedi 21 août, lors d’une cérémonie de fin de deuil, Me Ruberwa Azarias Manywa, lui-même Tutsi Banyamulenge, avait notamment déclaré : « s’il nous faut tailler notre chemin dans le roc, nous le taillerons dans le roc » et exigé une « transition de qualité et non de quantité ».
(...) Devant les cadres de son parti, le président du RCD a critiqué la « corruption » qui règne dans les institutions de la transition à Kinshasa et déclaré qu’il valait mieux observer une « pause maintenant plutôt qu’à la veille des élections ». Il a regretté le non-paiement des salaires de fonctionnaires de l’Etat. (...)
(Jdn) | Le Soft/ T. MATOTU
Crise : jusqu’où ira Me Ruberwa ? : Vicaire anti-Rcd à Bukavu
Le Soft, Kinshasa , 31.08.2004
Mgr François Xavier Maroyi, le vicaire de la cathédrale de Bukavu, a refusé net la possibilité que Ruberwa a cherchée à rendre visite à l’évêque des lieux, Mgr Charles Mbogha. Pourtant, le rendez-vous a été négocié, pris et confirmé. (...)
Les journalistes de Kinshasa faisant partie de la suite de Me Ruberwa arrives cinq minutes avant que le Vice-président de la République ne débarque ont, eux, eu le privilège de voir Mgr Mbogha certes visiblement affaibli mais il est sorti de ses appartements pour venir les saluer. L’instant d’après, Maroyi faisait croire que l’homme de Dieu était brusquement entré dans le coma. « On ne sert pas la main du diable »...
Même si Charles Mbogha avait rendu l’âme, Ruberwa n’aurait pas été parmi les personnes admises au deuil. Si à Bukavu, l’Eglise catholique pouvait manquer de tout, ce n’est pas d’une implacable logique. On rappelle que l’Eglise catholique de Bukavu n’a jamais pardonné la mort de ses deux évêques, Mgr Christophe Munzihirwa et Mgr Emmanuel Kataliko, le premier assassiné en pleine journée place Nyawera, rebaptisée désormais en son nom par la seule volonté du clergé local et le second décédé à Rome à la suite d’un arrêt cardiaque qu’elle a toujours mis sur le compte des Tutsis Banyamulenge du RCD. Qu’importe que l’assassinat de Munzihirwa eut été perpétré à l’entrée des troupes de l’AFDL alors en marche vers Kinshasa conduites alors par un certain LDK, Laurent-Désiré Kabila, l’Eglise de Bukavu n’en démord pas ce sont les Rwandais, ce sont les Tutsis, les Tutsis Banyamulenge, c’est le RCD-Goma.
Celui-ci a beau s’expliquer, a beau faire montre de bonne foi, de son nationalisme, expliquer qu’il est victime d’une intox, qu’importe! Au nom d’un stéréotype bukavien qui attribue aux deux mouvements le même géniteur, les Tutsis Banyamulenge, le RCD et ses dirigeants doivent payer le prix fort. (...)
Ce qui vient de se passer a Bukavu et, généralement, lors de la tournée à l’est du Vice-président Ruberwa montre ce qui attend le RCD, le moment - électoral - ayant sonné!
| Le Soft/MICHEL MUKEBAYI NKOSO
3. La transition continue
Mercredi au Sénat : Adoption des projets de loi sur la nationalité et sur l’armée
Kinshasa , 31.08.2004
Avec l’adoption de ces deux projets de loi attendue demain en fin d’après-midi, l’édifice de la Transition en République démocratique du Congo recevra ce mercredi 1er septembre, deux grosses pierres
Etudiés en premier lieu au niveau de l’Assemblée nationale le mois dernier, ces deux projets de loi ont été par la suite acheminés au Sénat.
A la chambre haute du Parlement, la question de la fameuse Garde présidentielle avait suscité d’âpres discussions en ce qui concerne sa taille de cette dernière, soit quelque 12.000 hommes, alors que d’autres ont proposé de ramener ce chiffre à des proportions plus raisonnables. Et c’est donc là que les Romains se sont empoignés.
Au Sénat, le chiffre relatif à la taille de l’armée a connu à lui tout seul 500 amendements.
Les 27 membres de la Commission permanente Défense et sécurité du Sénat présidée par l’Honorable Félicien Mbarambara, les différents amendements ont fait l’objet de discussions pendant un mois et ont abouti à un toilettage acceptable.
l’Honorable Félicien Mbarambara, suggère que les effectifs commis à la tâche sécuritaire du Chef de l’Etat se circonscrivent autour de la taille d’une brigade « renforcée » comprenant quelque 4.500 à 4.700 éléments.
Selon lui, l’adoption des deux projets de loi sur l’armée et sur la nationalité vont ouvrir la voie à la réunion d’une commission paritaire Sénat /Assemblée nationale appelée à finaliser un texte à présenter à la Cour suprême de justice. S’ensuivra ensuite enfin la promulgation par le Président de la République.
A partir de l’adoption de la loi sur l’armée, l’occasion sera donnée aux autres Commissions de l’Assemblée nationale et du Sénat d’accélérer l’examen de certaines lois en souffrance, dont celle relative à l’intégration de l’armée et celle relative à la préparation du prochain exercice budgétaire. Cette loi devra dans ses prévisions, tenir justement compte de la taille finale (effectifs complets) de nos forces armées.
| MMC
Lancement mercredi à Bunia du programme de démobilisation des groupes armés (Monuc)
KINSHASA, 31 août (AFP) - Le programme de démobilisation et de réinsertion communautaire (DRC) des groupes armés congolais sera lancé mercredi dans cinq sites en Ituri (nord-est de la RDC), a annoncé mardi la porte-parole de la Monuc à Bunia, Rachelle Eklou, jointe au téléphone depuis Kinshasa, à l'AFP .
Au moins 15.000 combattants dont 6.000 enfants de différents groupes armés opérant en Ituri doivent être démobilisés et réinserés dans la vie civile.
Les représentants du gouvernement de transition et le responsable de la Commission nationale de désarmement, de démobilisation et de réinsertion (CONADER) assisteront à ces cérémonies.
Le premier programme national de démobilisation et de réinsertion communautaire bénéficie du soutien de la Mission des Nations unies en RDC (Monuc), du Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) et du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).
Vous pouvez commander les document suivants en envoyant un mail à contact@deboutcongolais.info (veuillez préciser le document que vous voulez)
- Le rapport du International Crisis Group sur l’Ituri datant du 26 août (20 pages)
- Un rapport détaillé sur la situation au Nord-Kivu par l’organisation Soprop (janvier-août 2004) (17 pages)
- Le numéro de “Tumaini” de juin 2004, observations critiques sur la crise de Bukavu à partir de Goma
- Un communiqué des ong’s belges à l’occasion du massacre de Gatumba
1. visite Thabo Mbeki
Poursuite de la transition: Volonté commune de Thabo M. Mbeki et des Congolais
KINSHASA, 31 août (AFP) - Le président sud-africain Thabo Mbeki à l'issue de sa visite de travail de 48 heures:
"J'ai reçu en consultations toute la classe politique dirigeante et des hautes personnalités de la République. Il s'est dégagé une identité de vue sur la nécessité de poursuivre les objectifs tels que définis dans l'accord global et inclusif”
M. Mbeki a indiqué qu'il avait "exhorté la classe politique congolaise à assurer la bonne marche du processus de transition jusqu'à l'organisation des élections libres, démocratiques et transparentes", prévues en juin 2005.
Le président sud-africain s'est entretenu à trois reprises avec son homologue congolais Joseph Kabila, avec les vice-présidents du gouvernement de transition dont M. Azarias Ruberwa qui avait suspendu la participation de son mouvement, le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) au processus en cours depuis avril 2003.
Il a également eu des discussions avec les présidents de l'Assemblée nationale, des institutions d'appui à la démocratie et plusieurs personnalités dont le président de la conférence nationale épiscopale du Congo, Mgr Laurent Monsengwo Pasinya, un des principaux opposants, Etienne Tshisekedi.
Le président Kabila a, pour sa part, exprimé sa satisfaction de voir, à nouveau réuni son "quatuor" de vice-présidents.
"Je suis heureux de voir le vice-président Ruberwa dans cette salle. Nous devons nous projeter dans l'avenir et régler au sein des institutions les problèmes qui se posent à nous", a déclaré Joseph Kabila à la presse à l'issue d'une réunion à huis clos avec ses vice-présidents sous la médiation du président Mbeki.
M. Ruberwa :
"Nous avons eu de bonnes discussions et des échanges très encourageants", a-t-il soutenu, rappelant que son mouvement avait présenté au président Mbeki un cahier des charges reprenant les revendications du RCD pour une meilleure poursuite de la transition.
Kinshasa et Pretoria signent de nouveaux accords de coopération
KINSHASA, 31 août (AFP) - Les gouvernements de la RDC et d'Afrique du Sud ont signé mardi soir à Kinshasa cinq accords de coopération destinés à raffermir les rapports entre les deux Etats.
La République démocratique du Congo (RDC) et l'Afrique du Sud sont déjà liés depuis la mi-janvier par un accord global de coopération dans les domaines de la politique, de la défense, de la sécurité, de l'économie, des finances, des infrastructures et des secteurs sociaux culturels.
Les nouveaux accords couvrent les domaines de la diplomatie, de l'administration publique, de la fiscalité, de la santé et de la protection des investissements.
"Ces accords ont été signés par les ministres concernés en présence des deux chefs d'Etat", indique un communiqué conjoint remis à la presse.
La République d'Afrique du Sud a réaffirmé son engagement à apporter son soutien au processus de la formation de l'armée nationale congolaise restructurée et intégrée "conformément à l'esprit et à la lettre de la convention militaire qui régit les deux pays".
Ruberwa : un pied dedans, un pied dehors
(...) Notons d’emblée que les négociations ont été laborieuses. La partie s’est jouée vraiment serrée, dans une ambiance tendue, empreinte de nervosité. D’aucuns n’ont pas hésité de dire que Ruberwa narguait tout le monde, le président sud-africain et le peuple congolais.
En effet, les travaux de la commission conjointe n’ont pas débuté mardi à 11 h30 comme prévu. Pour la simple raison que les entretiens entamés lundi entre le président sud africain et les acteurs politiques congolais n’avaient pas réussi à ramener Ruberwa à des bons sentiments Il campait toujours sur ses revendications.
Face à cette résistance de Ruberwa, la ministre sud-africaine des Affaires étrangères a effectué plusieurs navettes entre la résidence de Ruberwa et le Grand Hôtel Kinshasa ; mais en vain. A 14 h 30, Thabo Mbeki se rendra lui-même chez le vice-président pour tenter de le raisonner . Il réussira à convaincre l’homme de rejoindre ses collègues à la cité de l’Union africaine pour que les travaux de la commission conjointe démarrent. Il se dit dans les coulisses que le président sud-africain avait levé le ton (...).
Le vice-président Ruberwa a fini par s’incliner en posant d’autres conditions. D’abord, il n’ a pas rejoint directement ses collègues de l’espace présidentiel dans la villa où ils se trouvaient. Dans son entendement, participer aux travaux serait synonyme de réintégrer les institutions. Ce qui serait un péché contre la haute direction du Rcd. Ensuite ,il ne voulait pas s’attabler avec les ministres contestataires du Rcd. Car, il aurait déjà exigé leur départ du gouvernement. C’est une affaire interne, elle était laissée à la compétence du Rcd.
Enfin, ensemble, le président Thabo Mbeki et Ruberwa ont fini par rejoindre les membres de l’espace présidentiel, avant de se rendre dans le bureau du Président de la république. Après quelques minutes d’entretien, tout le monde a gagné la salle prévue pour la réunion de la commission mixte, et les travaux ont finalement débuté. (...)
La question maintenant est celle de savoir si en rejoignant ses collègues de l’ espace présidentiel, le vice-président Ruberwa a mis un terme à la trêve décidée par lui et certains membres du Rcd.
Il est vrai qu’à cette question, le président Thabo Mbeki s’est refusé à tout commentaire. Il a ,toutefois, précisé qu’ il était très encouragé par les entretiens qu’il a eus avec les hommes politiques congolais.
De son côté, le président Kabila a déclaré que la mesure de suspension du Rcd aux institutions de la transition appartenait désormais au passé. Tout le monde devait à présent regarder vers l’ avenir et travailler 24 heures sur 24 pour le bien du peuple congolais.
Quant au vice-président Ruberwa, il a fixé rendez-vous à tout le monde aujourd’hui, au terme de la réunion du Collège des Fondateurs du Rcd. Les choses en sont encore là. En attendant, il a un pied dedans, un pied dehors.
Le Potentiel, Edition n°3213 du mercredi 01 septembre 2004
Ruberwa accuse Kabila et le gouvernement de rétention de l’information sur la sécurité
Le vice-président de la République en charge de la politique, défense et sécurité a accusé hier lundi ses partenaires du gouvernement, y compris le président Joseph Kabila, de retarder le processus d’intégration de l’armée.
Ruberwa accuse aussi ses partenaires du gouvernement, y compris le président de la République de rétention de l’information : « Je suis vice-président du Conseil supérieur de la Défense. Je n’ai jamais tenu une réunion officielle avec le président et les autres membres. Cela veut dire ces questions se traitent quelque part. Vous voulez que je vous parle de l’Anr ? (Ndlr : Agence nationale de Renseignement). Je n’ai jamais reçu un seul rapport ou la copie du rapport de l’administrateur général de l’Anr Qui consomme ce rapport ? Où passent les copies de ce rapport qui n’atterrissent jamais sur la table du vice-président chargé de la sécurité ? Vous voulez me demander des comptes, demandez à celui qui reçoit le rapport de l’Anr. Pour l’immigration, c’est autant ».
(...) Il reste à savoir pourquoi le vice-président a attendu si longtemps pour faire de telles déclarations. Surtout quand on sait qu’il y a de cela trois mois le vice-président de la République avait tenu un point de presse pour faire le bilan de son secteur, il n’avait pas souligné ce manque de coopération au niveau de l’espace présidentiel.
Le Potentiel, Edition n°3213 du mercredi 01 septembre 2004
2. Crise dans le RCD
Le siège du RCD à Kinshasa verrouillé sur ordre de Ruberwa
KINSHASA, 31 août (AFP) - Les bureaux du siège de l'ex-rébellion du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) à Kinshasa ont été verrouillés sur ordre du président national de ce mouvement, Azarias Ruberwa.
Des militaires de la garde rapprochée de M. Ruberwa, l'un des quatre vice-présidents du gouvernement de transition, y ont été déployés et interdisent tout accès aux membres du parti.
Les mêmes dispositifs militaires étaient observés mardi matin au siège du RCD au centre-ville.
"Personne ne peut s'approprier le siège du parti. Nous demandons au président national de lever cette mesure qui ternit l'image de notre parti et la sienne propre", a déclaré à l'AFP le secrétaire général adjoint du RCD, Crispin Kabasele Tshimanga.
Selon lui, M. Ruberwa, rentré lundi à Kinshasa après deux semaines passées dans son fief de Goma (Est), reproche aux membres du RCD restés à Kinshasa d'avoir "tenu des réunions pirates au siège du mouvement pendant son absence".
La décision d'interdire l'accès du siège du RCD à ses membres éloigne la perspective de retrouvailes pour régler les dissensions qui minent le mouvement.
Lola Kisanga dément la fermeture du siège
Le porte-parole du Rassemblement congolais pour la démocratie (Rcd), Lola Kisanga, a tenu hier au siège de son parti, un point de presse.
Tout en limitant ce point de presse à deux questions seulement, le porte-parole a fait savoir à l’opinion qu’il n’a jamais été question d’une quelconque fermeture du siège. Mais il est interdit, a-t-il précisé, d’y organiser toute rencontre ou réunion informelle ne relevant pas d’organes statutaires du parti.
Quant au député Adolphe Onusumba, Lola a indiqué qu’il n’a pas repris son siège au bureau de l’Assemblée nationale. Et ne pourra le faire que lorsque le collège des fondateurs du parti le décidera. Aussi, ce retour sera-t-il « tributaire des résultats des consultations sous la médiation du président sud-africain Thabo Mbeki à Kinshasa ».
En présence de quelques membres du Rcd dont le député précité, le secrétaire général adjoint Barthélemy Mumba, le 1er vice-président Matadi Nenga et le secrétaire permanent adjoint Léon Muheto, le porte-parole a également rassuré (...) Le Rcd, a-t-il poursuivi, va reprendre son unité et continuer son combat pour l’avènement de la démocratie. « Nous ne sommes pas là pour servir les intérêts du Rwanda. Nous sommes un parti national congolais et nous n’agissons pas sous l’impulsion des puissances étrangères. Notre parti a un rôle important à jouer. Il a été le pion majeur du processus de Lusaka jusqu’à Sun City », a-t-il enchaîné.
Jeef Ngoy, Le Potentiel, Edition n°3213 du mercredi 01 septembre 2004
Bizima Karaha et cie de retour à Kinshasa
Le groupe des huit députés de ce parti qui avait suspendu sa participation à l’ Assemblée nationale a décidé lui aussi d’envoyer une délégation à Kinshasa. Cette délégation est composée de deux membres : Bizima Kahara et Théophile Mbapuka, tous deux membres du collège des fondateurs du Rcd. Elle est venue participer aux concertations sur l’évaluation de la transition, selon le porte- parole de ce groupe.
Le professeur Ndesho, porte-parole du groupe resté à Goma: « Nous envoyons deux membres du collège des fondateurs de notre groupe pour participer à la concertation relative à l’évaluation de la transition. Nous sommes en phase avec le Rcd. Quand il va lever la suspension, nous allons faire de même. Par conséquent, aucun problème sur le plan de l’harmonisation et de la coordination ne se pose plus », a déclaré le professeur Ndesho, porte-parole du groupe.
Il a soutenu que le président du Rcd a besoin de tous les membres du collège des fondateurs du parti. Et que leur groupe était prêt à répondre à son appel.
Le Potentiel, Edition n°3213 du mercredi 01 septembre 2004
Les sauveurs et les tombeurs de Ruberwa désormais connus
De Goma, nous apprenons que l’état-major chargé par Kigali de narguer les Congolais est constitué des députés Moïse Nyarugabo et Emungu. Il y a aussi un certain Mumba Gama (l’ancien coordonnateur de la Regideso deux fois suspendu pour malversations financières qui est utilisé par Ruberwa pour lancer des invectives à la télévision), Gertrude Kitembo (ministre des Ptt qui a les deux oreilles collées aux téléphones en direct de Kigali) formée par un certain Nzinza, sans oublier le sieur Muheto. Ce dernier a été le coordonnateur, mieux le bourreau de la Snel à Goma ; il l’a pillée pour se construire une villa à Gisenyi. Cette clique qui va faire couler Ruberwa se constitue également de Célestin Vunabandi.
Aux antipodes de ce groupe se situent ceux que l’on peut qualifier de héros qui ont adopté une attitude courageuse ayant accordé à Ruberwa la chance de remettre pieds à Kinshasa. Il s’agit notamment de Joseph Mudumbi, Emile Ilunga, Emile Ngoy, Balagame, bref, tous les ministres, sénateurs et députés ou membre des institutions d’appui à la démocratie restés à Kinshasa et qui avaient signé la déclaration concernant la poursuite de leurs activités respectives. Si ces personnalités sont remerciées en monnaie de singe par Ruberwa, alors ce sera fini pour lui.
Moralité : si le Rcd n’est pas véritablement pris en mains par des Congolais sincères avec eux-mêmes et travaillant pour le bien de la Rdc, ce sera le requiem pour ce parti. L’Avenir, 31 août
Les deux articles qui siuvent proviennent du journal Le Soft de Kinkeyi Mulumba. KM avait quitté le RCD-Goma après le massacre du 14 mai 2002 à Kisangani. mais il est toujours resté le mégaphone de Kagame et de sa stratégie. les articles démontrent le degré de l'embarras dans lequel se trouve le RCD.
Scission : Ministres, députés et sénateurs claquent la porte du Rcd !
Le soft, Kinshasa , 31.08.2004
En rupture totale avec la décision prise par la direction de leur parti, tous les ministres RCD présents dans la Capitale ont pris part mercredi 25 août à la réunion du Gouvernement où ils ont été ovationnés fragilisant le RCD et isolant ce qu’ils appellent une « aile rwandophone » restée à Goma. Il s’agit, sinon d’une scission déclarée, du moins d’une vigoureuse rébellion (...)
Ou ils sont dans la logique du parti ou ils ne sont pas dans cette logique..
(...) N’ayant pas estimé devoir faire le déplacement de Bujumbura-Gatumba - tel invoquant une feuille de route qui ne venait pas, tel faisant valoir la brusque maladie d’une épouse parfois longtemps abandonnée, tel avouant des peurs légitimes de se faire humilier à la vue de quelque contestataire -, le fait d’avoir opposé le refus de manifester une solidarité fraternelle et militante à des compatriotes tombés pour leur faciès et qui auraient pu constituer leur électorat naturel, renseignait très clairement sur le nouvel engagement politique et idéologique.
Mais il y avait aussi ceux qui, par accident, s’étaient trouvés au camp de réfugiés Tutsis Banyamulenge et n’avaient guère été « prévenus » de cette « pause » et se disaient publiquement avoir été « piégés ». Ceux-ci n’avaient pas cessé de faire savoir qu’il était dans l’intérêt du RCD de regagner sa place dans la Capitale au sein des Institutions républicaines. Qu’on ait mis un avion sur le tarmac et qu’on ait demandé à qui voulait le prendre de monter à bord que tout ce groupe s’y serait précipité.
Un de ceux-ci a fait état de sa difficulté d’existence en racontant naïvement et publiquement au grand étonnement général le refus de son groupe ethnique majoritaire de l’accepter en son sein et de l’associer à quoi que ce soit précisément parce qu’il est issu... du RCD, ce parti paria ! (...)
(..) la responsabilité politique n’exige-t-elle pas précisément un temps d’arrêt courageux et responsable permettant d’évaluer le chemin parcouru et celui qui reste à parcourir?
(...)
D’un autre côté, sauf d’avoir décidé que l’occasion qui est offerte ne se représentera point - ce que l’on comprendrait -, ne savent-ils pas que l’action politique a besoin de la durée? (...) Il est fort heureux de savoir que nombre, au sein du RCD, ont a cœur ce point de vue.
(...)
Samedi 21 août, lors d’une cérémonie de fin de deuil, Me Ruberwa Azarias Manywa, lui-même Tutsi Banyamulenge, avait notamment déclaré : « s’il nous faut tailler notre chemin dans le roc, nous le taillerons dans le roc » et exigé une « transition de qualité et non de quantité ».
(...) Devant les cadres de son parti, le président du RCD a critiqué la « corruption » qui règne dans les institutions de la transition à Kinshasa et déclaré qu’il valait mieux observer une « pause maintenant plutôt qu’à la veille des élections ». Il a regretté le non-paiement des salaires de fonctionnaires de l’Etat. (...)
(Jdn) | Le Soft/ T. MATOTU
Crise : jusqu’où ira Me Ruberwa ? : Vicaire anti-Rcd à Bukavu
Le Soft, Kinshasa , 31.08.2004
Mgr François Xavier Maroyi, le vicaire de la cathédrale de Bukavu, a refusé net la possibilité que Ruberwa a cherchée à rendre visite à l’évêque des lieux, Mgr Charles Mbogha. Pourtant, le rendez-vous a été négocié, pris et confirmé. (...)
Les journalistes de Kinshasa faisant partie de la suite de Me Ruberwa arrives cinq minutes avant que le Vice-président de la République ne débarque ont, eux, eu le privilège de voir Mgr Mbogha certes visiblement affaibli mais il est sorti de ses appartements pour venir les saluer. L’instant d’après, Maroyi faisait croire que l’homme de Dieu était brusquement entré dans le coma. « On ne sert pas la main du diable »...
Même si Charles Mbogha avait rendu l’âme, Ruberwa n’aurait pas été parmi les personnes admises au deuil. Si à Bukavu, l’Eglise catholique pouvait manquer de tout, ce n’est pas d’une implacable logique. On rappelle que l’Eglise catholique de Bukavu n’a jamais pardonné la mort de ses deux évêques, Mgr Christophe Munzihirwa et Mgr Emmanuel Kataliko, le premier assassiné en pleine journée place Nyawera, rebaptisée désormais en son nom par la seule volonté du clergé local et le second décédé à Rome à la suite d’un arrêt cardiaque qu’elle a toujours mis sur le compte des Tutsis Banyamulenge du RCD. Qu’importe que l’assassinat de Munzihirwa eut été perpétré à l’entrée des troupes de l’AFDL alors en marche vers Kinshasa conduites alors par un certain LDK, Laurent-Désiré Kabila, l’Eglise de Bukavu n’en démord pas ce sont les Rwandais, ce sont les Tutsis, les Tutsis Banyamulenge, c’est le RCD-Goma.
Celui-ci a beau s’expliquer, a beau faire montre de bonne foi, de son nationalisme, expliquer qu’il est victime d’une intox, qu’importe! Au nom d’un stéréotype bukavien qui attribue aux deux mouvements le même géniteur, les Tutsis Banyamulenge, le RCD et ses dirigeants doivent payer le prix fort. (...)
Ce qui vient de se passer a Bukavu et, généralement, lors de la tournée à l’est du Vice-président Ruberwa montre ce qui attend le RCD, le moment - électoral - ayant sonné!
| Le Soft/MICHEL MUKEBAYI NKOSO
3. La transition continue
Mercredi au Sénat : Adoption des projets de loi sur la nationalité et sur l’armée
Kinshasa , 31.08.2004
Avec l’adoption de ces deux projets de loi attendue demain en fin d’après-midi, l’édifice de la Transition en République démocratique du Congo recevra ce mercredi 1er septembre, deux grosses pierres
Etudiés en premier lieu au niveau de l’Assemblée nationale le mois dernier, ces deux projets de loi ont été par la suite acheminés au Sénat.
A la chambre haute du Parlement, la question de la fameuse Garde présidentielle avait suscité d’âpres discussions en ce qui concerne sa taille de cette dernière, soit quelque 12.000 hommes, alors que d’autres ont proposé de ramener ce chiffre à des proportions plus raisonnables. Et c’est donc là que les Romains se sont empoignés.
Au Sénat, le chiffre relatif à la taille de l’armée a connu à lui tout seul 500 amendements.
Les 27 membres de la Commission permanente Défense et sécurité du Sénat présidée par l’Honorable Félicien Mbarambara, les différents amendements ont fait l’objet de discussions pendant un mois et ont abouti à un toilettage acceptable.
l’Honorable Félicien Mbarambara, suggère que les effectifs commis à la tâche sécuritaire du Chef de l’Etat se circonscrivent autour de la taille d’une brigade « renforcée » comprenant quelque 4.500 à 4.700 éléments.
Selon lui, l’adoption des deux projets de loi sur l’armée et sur la nationalité vont ouvrir la voie à la réunion d’une commission paritaire Sénat /Assemblée nationale appelée à finaliser un texte à présenter à la Cour suprême de justice. S’ensuivra ensuite enfin la promulgation par le Président de la République.
A partir de l’adoption de la loi sur l’armée, l’occasion sera donnée aux autres Commissions de l’Assemblée nationale et du Sénat d’accélérer l’examen de certaines lois en souffrance, dont celle relative à l’intégration de l’armée et celle relative à la préparation du prochain exercice budgétaire. Cette loi devra dans ses prévisions, tenir justement compte de la taille finale (effectifs complets) de nos forces armées.
| MMC
Lancement mercredi à Bunia du programme de démobilisation des groupes armés (Monuc)
KINSHASA, 31 août (AFP) - Le programme de démobilisation et de réinsertion communautaire (DRC) des groupes armés congolais sera lancé mercredi dans cinq sites en Ituri (nord-est de la RDC), a annoncé mardi la porte-parole de la Monuc à Bunia, Rachelle Eklou, jointe au téléphone depuis Kinshasa, à l'AFP .
Au moins 15.000 combattants dont 6.000 enfants de différents groupes armés opérant en Ituri doivent être démobilisés et réinserés dans la vie civile.
Les représentants du gouvernement de transition et le responsable de la Commission nationale de désarmement, de démobilisation et de réinsertion (CONADER) assisteront à ces cérémonies.
Le premier programme national de démobilisation et de réinsertion communautaire bénéficie du soutien de la Mission des Nations unies en RDC (Monuc), du Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) et du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).
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