lundi, septembre 13, 2004

Briefing du 13 septembre 2004

1. Vers la confrontation avec Kunda, Kagame menace
  • Kagame: la situation dans l'est de la RDC "mérite une attention particulière"
  • Sud-Kivu: les responsables veulent rétablir l'autorité de l'Etat
  • La tête de Mbuza Mabe mise à prix !
  • Laurent Nkunda poussé à l'exil
2. Au Nord-Kivu : la Monuc fait la « chasse au Mai mai » et combats autour de la mine de Mangolio
  • banamasina.com sur la situation au Nord-Kivu
3. Secrétaire général adjoint du RCD, Sénateur Crispin Tshimanga
  • « tous ceux qui pensent qu’ils doivent être là comme des marionnettes du Rwanda, ce sont des gens qui n’auront pas d’avenir politique dans ce pays. »
4) Processus de transition
  • Le projet de Constitution de la IIIème République sera rédigé à Matadi
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Vous pouvez commander le rapport de l’OCHA sur le Nord-Kivu du 3 août au 3 septembre sur la situation au Nord-Kivu. Envoyez un mail à contact@deboutcongolais.info
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1. Vers la confrontation avec Kunda, Kagame menace

Kagame: la situation dans l'est de la RDC "mérite une attention particulière"
KIGALI, 11 sept (AFP) - La situation dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), où l'armée congolaise a repris vendredi deux localités tenues par le général insurgé Laurent Nkunda, "mérite une attention particulière", a estimé le président rwandais Paul Kagame samedi à Kigali.
"Nous allons aborder le problème avec les gens concernés afin de pouvoir y trouver ensemble une solution", a-t-il ajouté, sans préciser le nom des interlocuteurs.
"Les raisons fondamentales des problèmes dans l'est de la RDC et dans d'autres régions de la RDC n'ont jamais été résolues", a affirmé M. Kagame, sans toutefois définir ces "raisons fondamentales".
De tels combats "menacent la paix en RDC" et risquent de "déborder" et de toucher le Rwanda, a-t-il estimé.

Sud-Kivu: les responsables veulent rétablir l'autorité de l'Etat
KINSHASA, 11 sept (AFP) -
Vendredi soir, le chef militaire du Sud-Kivu, le général de brigade Félix Budja Mabe, a annoncé à la presse la reprise par ses troupes de deux localités de cette province, Nyabibwe et Dutu, occupées depuis juin par des soldats dissidents commandées par le général Laurent Nkunda.
"Nos éléments sont présentement positionnés dans ces deux localités et devront progresser jusqu'à Minova", a déclaré samedi à l'AFP le porte-parole de la 10ème région militaire à Bukavu, le lieutenant Kasanda wa Kasanda, joint par téléphone depuis Kinshasa.
Les cités de Nyabibwe et Dutu, respectivement à 100 et à 105 km au nord de Bukavu, se trouvent à une dizaine de kilomètres de Minova, ville à la frontière entre le Sud et Nord-Kivu, où les hommes de Laurent Nkunda ont installé leur quartier général.
Les populations de ces deux villages qui avaient fui leurs maisons à cause de l'insécurité créée par la présence des insurgés "commencent à rentrer progressivement", a indiqué le lieutenant Kasanda, soutenant que l'objectif est de "libérer totalement le Sud-Kivu de tous ceux qui menacent sa sécurité".
Selon des témoignages recueillis par la radio "Okapi", des habitants restés dans ces deux localités "libérées" ont salué par des chants et des danses l'entrée des soldats loyalistes.
L'offensive lancée par l'armée régulière contre les soldats rebelles est "une action concertée", a affirmé le gouverneur du Sud-Kivu, Augustin Bulayimu, joint au téléphone par l'AFP.
Il s'agit de "sécuriser totalement notre juridiction en rétablissant l'autorité effective de l'Etat".
"Les soldats de l'armée régulière sont en train de reprendre la plupart des localités assiégées par les hommes de Nkunda et nous sommes déterminés à atteindre l'objectif...", a indiqué le gouverneur du Sud-Kivu, issu de l'opposition politique.
(…) Le général Budja Mabe a soutenu que les FARDC "doivent contrôler toute la juridiction placée sous mon commandement car la 10ème région s'arrête à Minova" où se sont repliés les hommes de Nkunda.
Les hommes du général Nkunda, quelque 4.000, s'étaient retirés à Minova, au nord de Bukavu, après la reprise de la ville le 9 juin par les FARDC.

La tête de Mbuza Mabe mise à prix !
Des milliers de dollars en provenance du Rwanda pour une vaste opération d’achat de la conscience des soldats congolais basés au Sud-Kivu. Objectif visé :Laisser passer le commando chargé d’abattre Mbuza Mabe
Kinshasa , 11.09.2004
Il s’agit de la liquidation physique de l’homme qui fait peur. « Pour ce faire, de milliers et de milliers de dollars américains sont mis en action pour abattre Mbuza Mabe », indique notre source faisant savoir que cet argent proviendrait du Rwanda pour corrompre les militaires congolais déployés à l’Est afin qu’ils laissent s’infiltrer un commando rwandais ayant pour mission d’abattre Bugja Mabe.
« Le scénario est déjà planifie et dès que cette opération réussira, elle sera attribuée aux combattants Maï-Maï pour camoufler le jeu comme ce fut le cas pour le massacre de Gatumba », souligne la même source.
L’Avenir

Laurent Nkunda poussé à l'exil
Le cas Nkunda est au centre d’une vive polémique au sein des institutions de la transition, le gouvernement ayant décidé des sanctions à l’encontre du général mutin alors que l’aile dure du Rassemblement congolais pour la démocratie (Rcd) recommande une solution politique à ce problème. Ce deuxième camp a même suggéré « l’exil » pour cet ancien officier de l’Armée patriotique rwandaise (Apr), en vue d’éviter une nouvelle guerre dans l’Est du Congo.
Au fait, certains analystes politiques craignent de voir le général Nkunda, dans une « fuite stratégique » devant l’avancée décisive de l’armée régulière, entraîner une poignée de soldats congolais sur le territoire rwandais. Ce qui donnerait un « prétexte officiel » au président rwandais d’ordonner des représailles militaires contre la Rdc.
Mais, cette perspective peut être surmontée si, comme l’ont affirmé les autorités civiles et militaires du Sud-Kivu, l’actuelle offensive de la 10ème région militaire se limite à la reprise de la ville de Minova aux insurgés qui y sont cantonnés. Ainsi, chassés définitivement du Sud-Kivu, ces insurgés pourraient se réfugier au Nord-Kivu où le commandant de la 8ème région militaire, le général Obed, a déjà affirmé avoir reçu, du vice-président Azarias Ruberwa en août dernier, l’ordre « d’arrêter » le général Laurent Nkunda et ses complices. Le pourra-t-il effectivement ? Là est la question.
Par ailleurs, les mêmes observateurs de la politique congolaise s’interrogent sur l’attitude qu’adopterait le commandant de la 8ème région militaire (Nord-Kivu), dont on dit qu’il est un parent du général Nkunda. Fera-t-il passer les intérêts familiaux avant les devoirs d’Etat ?
Le Potentiel, Edition n°3223du lundi 13 septembre 2004

2. Au Nord-Kivu : la Monuc fait la « chasse au Mai mai » et combats autour de la mine de Mangolio

banamasina.com sur la situation au Nord-Kivu
Vendredi 10 septembre 2004: Hier, les Mai-Mai sous le commandement de Kasero Surambaya ont été extirpé de la brousse de Manguredjipa par les éléments de la Monuc basés à Butembo qui les ont ensuite conduit au camp de Mangango sur la route de Mangina. Mais les braves patriotes dirigés par Werason et Madame Kaswera Loloko ont refusé de quitter leur base stratégique pour contrer les occupants rwandophones qui viendraient de Walikale et de Masisi. Entre les deux groupes mai-mai, il y a un qui est à la base de l'insécurité à Manguredjipa. Mais les observateurs avertis s'étonnent comment la Monuc et les militaires venus de Kinshasa ne veulent pas faire la part des choses, entre les vrais et les faux mai-mai. L'opération DDRR prend alors les allures d'une chasse aux vrais mai-mai pour permettre l'occupation effective du Nord-Kivu par les rwandophones à la solde de Kigali et de Bujumbura. Tant qu'il n'y aura pas un plan global pour Sécuriser tout l'Est de la R.D.Congo (Sud-Kivu, Nord-Kivu, Ituri(Province Orientale), Nord-Katanga, Maniema, les opérations ciblées ou taillées sur mesure de la DDRR seront inefficaces et profiteront toujours à l'ennemi. Le parlement de la transition doit suivre de près les activités de la Monuc à l'Est du pays.
Samedi 11 septembre 2004: Manguredjipa en voie de devenir le "Darfour" de la R.D.Congo.
Depuis tôt ce matin des violents combats sont signalés à Itendi (50 km de Butembo) sur la route de Manguredjipa entre les FARDC et les Mai-Mai dirigés par Werason et Madame Kaswera Loloko.
Tous ceux qui se battent à "Mangolio" sont representés dans le gouvernement de transition. D'où la question de la representativité au sein du gouvernement de la transition. (…) Peut-on alors parler de dissidence au sein de tous les partis au dialogue?
On peut affirmer que l'ancienne mine de Mangolio est au centre des plusieurs convoitises à peine masquées. D'où la comparaison de Manguredjipa au Darfour...(Angali Baseme, Beni)

3. Secrétaire général adjoint du RCD, Sénateur Crispin Tshimanga

« tous ceux qui pensent qu’ils doivent être là comme des marionnettes du Rwanda, ce sont des gens qui n’auront pas d’avenir politique dans ce pays. »
Crispin Kabasele Tshimanga : Ce qui est arrivé le 23 août est salutaire à la fois pour notre parti, pour le pays et pour la transition. D’abord, vis-à-vis de notre parti, cette crise a mis à nu certaines insuffisances démocratiques internes. Elle a révélé au grand public comment le Rassemblement congolais pour la démocratie est géré. Le Rcd n’est plus un mouvement politico-militaire où la discipline était de rigueur, où la pensée unique était le leitmotiv. Depuis qu’il est devenu parti politique, le Rcd devrait adapter ses structures et ses méthodes de travail à la nouvelle donne. Mais cela n’a pas été le cas.
Ensuite, cette crise s’est avérée salutaire pour le pays parce que nous ne savions pas ce qui allait se passer le 24 août, le 25 et les jours suivants. La suspension de notre participation allait bloquer la transition. (…)
C’est donc pour cela que nous estimons que notre décision de rejeter la mesure de suspension a plus aidé la nation congolaise.
Rappelez-vous que, le 16 juin 2004, le Collège des fondateurs qui s’était réuni à Kinshasa avait rejeté, à une majorité écrasante, la proposition de suspendre la participation du Rcd à la transition. Le Collège des fondateurs avait aussi insisté pour que ses sessions se tiennent à Kinshasa, siège du parti.
Ce que nous avons trouvé d’inadmissible dans la décision de Goma c’est le fait qu’il n’y avait pas, à tous points de vue, d’éléments nouveaux qui devraient faire en sorte que cette question de suspendre la participation du Rcd soit re-inscrite à l’ordre du jour.
Nous avons aussi remarqué, pour notre part, une sorte d’assujettissement aux ordres du Groupe de huit députés du Rcd conduits par Bizima Kahara. Ceux-ci avaient exigé la tenue de la réunion du Collège des fondateurs à Goma. Ils avaient aussi annoncé, dans leur mémorandum, la décision de suspendre la participation du mouvement aux institutions de la transition.
Nous nous sommes dit qu’un groupe minoritaire de membres, de huit députés sur 94, dont trois ou quatre membres fondateurs sur 53, un groupe minoritaire comme celui-là ne pouvait pas dicter sa volonté au parti et que le leadership du parti ne devait pas se soumettre, ramper devant ces gens-là.
Nous ne nous sommes pas désolidarisés du président Ruberwa. Mais, nous lui avons envoyé un signal fort pour qu’en sa qualité de président du mouvement, il se comporte comme l’église au milieu du village. Qu’il soit rassembleur, fédérateur.
(…)
Le Collège des fondateurs a été incapable d’agir. Et c’est le même Collège des fondateurs qui, sachant qu’on allait se réunir à Goma, n’a rien fait, se soumettant au diktat du groupe de huit députés. Trouvez-vous alors normal que ceux qui sont restés fidèles à la décision du 16 juin 2004, aux attentes de notre population et de la base du parti soient l’objet d’une mesure arbitraire de cette nature-là ?
(…) Mais, si par malheur, les fossoyeurs du parti arrivaient à débarquer de son sein et de la transition des personnes qui ne pensent pas comme eux, je vous assure que c’est l’avenir du Rcd qui serait hypothéqué. C’est une mesure inique qui pourrait soulever un tollé général dans l’opinion et que personne ne pourrait admettre.
(…)
dans l’histoire des mouvements révolutionnaires, beaucoup de partis politiques et de mouvements ont bénéficié de l’assistance, si pas de l’aide, des partis amis et frères. C’est le cas de l’Anc, du Frelimo, du Mpla et tant d’autres.
Dans le cas de nos relations avec le Rwanda, il faut souligner qu’à un certain moment de l’histoire de notre mouvement, le Rcd a bénéficié de l’appui du Rwanda. Mais, cet appui ne doit pas faire des membres du Rcd des supplétifs du Rwanda. Ah, non !
(…) Aujourd’hui, à moins de prendre une décision suicidaire, on ne peut pas comparer le Rcd, mouvement politico-militaire, au Rcd, parti politique. C’est fini ça.
Je crois que, au sein du Rcd, tous ceux qui pensent qu’ils doivent être là comme des marionnettes du Rwanda, ce sont des gens qui n’auront pas d’avenir politique dans ce pays.
Lorsque le Fpr est arrivé au pouvoir au Rwanda, il n’a pas continué ou ne continue pas à gérer le Rwanda suivant le diktat de Museveni. Le Fpr gère le Rwanda selon les intérêts des Rwandais.
On ne peut pas avoir l’ambition de gérer le Congo en étant au service d’une puissance étrangère. Ca ne marchera jamais. (…)
Propos recueillis par Marcel Lutete et Médard Muyaya
Le Potentiel, Edition n°3223du lundi 13 septembre 2004

4) Processus de transition

Le projet de Constitution de la IIIème République sera rédigé à Matadi
Matadi va accueillir très prochainement l’équipe du comité de rédaction de la commission constitutionnelle. L’équipe dirigée par Biango Kekese (Pprd) a quinze jours pour rédiger le projet de la Constitution de la IIIème République. Il est secondé par Me Guy Mandaka (Rcd) comme vice-président, et de Kilima (Mlc) comme rapporteur.
Ils bénéficient des services de quatre membres, à savoir Me Kos’isaka Kombe (Pprd), Prof Kingombe, M.Lundula et M. Shiralwira (société civile).
Les sept rédacteurs, issus de différentes composantes, vont tabler sur deux moutures de formes de l’Etat, à savoir un Etat unitaire fortement décentralisé et un Etat fédéral.
Ils auront à débattre du régime de la IIIème République, qui sera soit présidentiel soit parlementaire ou encore semi présidentiel.
D’ores et déjà, certains experts en la matière disent qu’un président élu au suffrage universel a tendance à avoir la mainmise sur l’exécutif. Ce qui est tout à fait normal, soutiennent-ils. Mais, ils laissent aussi entendre que les électeurs congolais, forts de leur expérience de leur pays, souhaiteraient qu’il y ait un contrôle parlementaire réel de manière à combattre l’impunité qui a élu domicile dans les mœurs politiques de la Rd-Congo.
Ce qui , en d’autres termes signifie, que les Congolais opteraient en théorie pour le régime parlementaire.
Il s’ensuit que, pour éluder la difficulté, les rédacteurs du projet de la Constitution de la IIIème République pourront présenter un juste milieu, c’est-à-dire, le régime semi présidentiel.
Willy Kabwe, Le Potentiel, Edition n°3223du lundi 13 septembre 2004

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