Briefing du mercredi 8 septembre 2004
1. Gatumba
- Le rapport de HRW contredit le rapport préliminaire des Nations unies présenté au Conseil de sécurité vendredi
- Journal Burundais lance des accusations graves contre le Rwanda: rumeurs ou faits ?
- Monuc: nouveau projet de résolution français pour un renfort d'urgence
- France wants immediate UN reinforcement in Congo
- Cour pénale internationale : “si les accusés sont arrêtés” un premier procès pourrait commencer au début de 2005.
- Colonel Alamba faussement impliqué dans l’assassinat de Stève Nyembo?
Le texte intégral du rapport de HRW sur Gatumba peut être obtenu en cliquant içi.
Le document dédouane les Mai mai et le gouvernement congolais. Mais les faits précis qui sont décrit posent encore beaucoup plus de questions sérieuses entre autres sur le rôle des militaires burundais, et d’un agent de renseignements du RCD, présent dans le camp.
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1. Gatumba
Le rapport de HRW contredit le rapport préliminaire des Nations unies présenté au Conseil de sécurité vendredi
Les rebelles burundais "responsables" du massacre de Gatumba, selon HRW
PARIS, 7 sept (AFP) - L'organisation non-gouvernementale Human Rights Watch (HRW) : "C'est un mouvement rebelle burundais (les FNL) qui est responsable du massacre de plus de 150 civils dans un camp de réfugiés au Burundi (...) et non une coalition de forces hutus et de combattants Maï-Maï comme cela a été suggéré", estime HRW dans son rapport de 55 pages intitulé "Le massacre de Gatumba: crimes de guerre et agendas politiques".
Le 26 août, le secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan, avait déjà estimé que le massacre était peut-être été l'oeuvre de groupes armés congolais et rwandais.
2. Vers la déstabilisation au Burundi?
Journal Burundais lance des accusations graves contre le Rwanda: rumeurs ou faits ?
http://www.umuco.com/ le lundi 6 septembre 2004.
Une vaste opération de déstabilisation en provenance d’un pays voisin viserait à perturber le Burundi dans les prochains jours, apprend ce lundi 06 septembre 2004 umuco.com de sources dignes de foi. L’opération du nom de code "umukubuzo" ou "balai" viserait l’assassinat de certains des dirigeants du Burundi dits "les gros poissons." Ceux-là, ce sont les hutus dignitaires du régime en place issus du Parti Frodebu mais également certains tutsis alliés à la cause hutue ou assimilés tels qu’Alphonse Rugambarara et bien d’autres, nous rapporte cette source. Cette série d’assassinats viserait également les responsables du CNDD de Pierre Nkurunziza.
Selon cette source qui a requis l’anonymat total, il s’agirait en réalité d’une nouvelle forme de rébellion. Toujours selon la même source, une équipe technique serait descendue sur Bujumbura depuis bientôt trois mois en provenance de ce pays voisin. L’opération "umukubuzo" chercherait à imposer le partage équitable du pouvoir (50-50), en sabotant le processus électoral.
Beaucoup de moyens auraient été déployés pour la réussite de cette opération. Des armes de gros calibres, des tireurs d’élite, des véhicules, de l’argent pour corrompre plus de gens... En bref, l’opération "umukubuzo" serait une très grande opération qui devrait créer la panique à Bujumbura et dans tout le pays. Elle devrait par conséquent remettre en cause tout le processus de paix.
Cette information arrive au moment où le processus de paix burundais est en panne. Les partis du G10 ont boycotté le conseil des ministres extraordinaire des 3 et 4 septembre 2004 et la tension politique est remontée dans la capitale. AAN
3. Confusion au conseil de sécurité sur la monuc et contradictions entre USA et France
Monuc: nouveau projet de résolution français pour un renfort d'urgence
NEW YORK (Nations Unies), 7 sept (AFP) - La France a présenté mardi au Conseil de sécurité des Nations unies un nouveau projet de résolution visant à renforcer d'urgence les effectifs et les moyens de la Mission des Nations unies au Congo (Monuc).
Ce texte très court vise à autoriser la mise très rapide à la disposition de la Monuc de deux bataillons, soit environ 1.600 hommes, et de quatre hélicoptères d'attaque supplémentaires.
Ce projet de résolution, a-t-on indiqué de source française, est distinct et vient même précéder, dans la chronologie des consultations du Conseil, le projet également déposé par la France vendredi dernier, qui visait à faire passer de 10.500 à 23.900 hommes les effectifs de la Monuc et à élargir son mandat.
France wants immediate UN reinforcement in Congo
07 Sep 2004 21:49:34 GMT, By Evelyn Leopold
UNITED NATIONS, Sept 7 (Reuters) - France introduced a Security Council resolution on Tuesday that would reinforce two U.N. battalions in the Congo immediately before members debate a plan to more than double the number of peacekeepers.
The draft resolution, expected to be approved this week, would add between 300 and 400 soldiers, probably from Pakistan and India, to existing U.N. forces in the capital Kinshasa as well as the volatile Kivu region in the East.
(...) But there was no date set yet for another, six-page, resolution from France, circulated on Friday, that would expand the number of peacekeepers in the Democratic Republic of the Congo from 10,800 troops to nearly 24,000, the largest and most expensive existing U.N. mission.
It is uncertain whether the United States, which pays more than 25 percent of the cost, would support such a high number, recommended by Annan in a detailed plan last month to shore up security in the turbulent central African country.
4. CPI enquête contre Bemba oui, mais pas de procès en vue
Cour pénale internationale : “si les accusés sont arrêtés” un premier procès pourrait commencer au début de 2005.
LE MONDE | 07.09.04 | 12h41
Les représentants des 94 Etats parties au traité de Rome sur la Cour pénale internationale (CPI) sont réunis à La Haye, depuis lundi 6 septembre, pour leur troisième assemblée annuelle. La juridiction internationale doit convaincre ces diplomates de lui accorder un budget de 70 millions d'euros pour l'année 2005.
(...)
Depuis son entrée en fonctions, en juin 2003, le procureur a ouvert deux enquêtes et, avec quelques tâtonnements, dessiné une stratégie encore fragile. "Si les accusés sont arrêtés, nous prévoyons de commencer un premier procès au début de 2005", a promis Luis Moreno Ocampo. Mais "nous n'avons ni police, ni armée, et on attend de nous que nous accomplissions notre mission de façon rapide, économique et exemplaire", a-t-il lancé à l'assemblée.
Les deux affaires en cours portent sur les crimes commis dans le nord de l'Ouganda et ceux perpétrés en République démocratique du Congo (RDC, ex-Zaïre). (...). Mais, à ce jour, Kinshasa tarde à signer un accord formel de coopération avec le parquet.
Luis Moreno Ocampo compte "cibler ceux qui portent la plus grande responsabilité pour les crimes commis actuellement en RDC". Parmi ces cibles supposées pourrait se trouver Jean-Pierre Bemba, qui est aussi l'un des vice-présidents de l'actuel gouvernement de transition. "Le mouvement qu'il dirige est associé, dans l'opinion publique, à des faits de cannibalisme commis dans le pays et M. Bemba pouvait difficilement s'opposer à la décision du procureur d'ouvrir une enquête sans ternir plus encore son image", estime un observateur. Mais sa participation au processus de paix en cours rend la tâche du procureur plus ardue. (...)
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Un tribunal combattu par les Etats-Unis et soutenu par plus de 2 000 ONG
Le traité sur le statut de la Cour pénale internationale (CPI) a été adopté en juillet 1998 à Rome. Elle est compétente pour juger les personnes responsables de génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre commis depuis le 1er juillet 2002, date de l'entrée en vigueur du traité fondateur.
94 Etats ont ratifié le traité à ce jour. Ils sont les seuls à pouvoir intervenir dans les débats de l'assemblée et voter des résolutions.
Plusieurs Etats s'opposent à la juridiction de la Cour, parmi lesquels, au premier rang, les Etats-Unis. Washington craint une "utilisation politique de la Cour"et refuse qu'un de ses ressortissants puisse faire l'objet de poursuites. Par ses pressions, elle a obtenu de 80 pays – dont plusieurs sont partie au statut de la Cour – la signature d'un accord bilatéral excluant le transfert d'un citoyen américain vers la CPI.
Budget.
Le budget prévisionnel de la Cour s'élève à 70 millions d'euros pour l'année 2005. En 2004, la Cour avait obtenu un budget de 56 millions. Plus de 300 personnes y travaillent.
5. Affaire Alamba, procureur dans le provès des assassins de Kabila, aujourd’hui accusé d’assassinat lui-même
Colonel Alamba faussement impliqué dans l’assassinat de Stève Nyembo?
Kinshasa , 07.09.2004
Hier lundi 6 septembre, l’audience du procès qui oppose le ministère public aux présumés assassins de Steve Nyembo Mutamba de la Direction générale des impôts (Dgi) à la Haute cours militaire a été consacrée à la première partie de la plaidoirie du colonel Charles Alamba Mungako, assumée par Me Satumin Ntamirira.
Me Ntamirira a avancé que le dossier était déjà au parquet militaire depuis le 14 octobre 2003. Or, l’auditeur général n’a été saisi que le 27 octobre. Ensuite, il s’est étonné de la présence des inspecteurs de police judiciaire de la Demiap et de l’Ipk au parquet, du moment que l’auditorat général en possède. Et il en a conclu que c’était à dessein pour pérenniser la torture commencée à la Police et ainsi conditionner les prévenus qui seraient tentés de se rétracter sur l’inculpation du colonel Alamba Mungako dans cette sale affaire. Et il en déduit: « Il y a eu déficience à l’enquête préliminaire et à l’enquête pré-juridictionnelle. Quel crédit accorder à ces procès verbaux?
Dans ses démonstrations, Me Ntamarira a relevé que le ministère public qui était déjà dessaisi du dossier, a continué à poser des actes et à faire travailler les Opj, bien que sachant que la Haute cours était déjà saisie. Pour lui donc, tout n’était que mythomanie, d’autant plus que cette affaire n’a pas connu d’instruction pré-juridictionnelle; le parquet militaire s’étant contenté des procès verbaux établis par les enquêteurs de la police. Et il fait observer à la Haute cour que le ministère public s’étant basé sur des aveux obtenus par la torture, on pourrait donc comprendre les rétractations observées à l’instruction pré-juridicitionnelle et devant l’auguste cour.
Dans sa longue plaidoirie, Me Satumin Ntamirira s’est dit convaincu qu’en ce qui concerne l’ancien procurer Alamba, il s’agit simplement d’un montage car Emile Kaseke a affirmé qu’il a continue à dire « oui » pour éviter des nouvelles séances de tortures.
dans le procès-verbal du 18 octobre 2003, Emile Kaseke dit qu’il s’en tient à sa déclaration du 14; et il fustige le comportement du général Nyembo ya Buzihu à la Demiap.
L’avocat du colonel Alamba est d’avis qu’entre son client et feu Steve Nyembo, il n’y a jamais eu de conflit sentimental et encore moins de conflit professionnel..
LA VOITURE DU CRIME
Me Satumin Ntamirira reste catégorique: ce n’est pas la Mercedes 300E de couleur grise, ayant appartenu jadis à Leta Mangasa et utilisée par Charles Alanta, qui a servi au cours de cette nuit du 28 au 29 septembre 2003 pour le transport des criminels. Il a donc établi que les incohérences les plus invraisemblables émaillent ce procès.
En conclusion, Me Ntamirira soutient qu’il y a eu discordance sur l’origine de la voiture. Car tantôt, le ministère public dit que le colonel Alamba a remis la voiture à son chauffeur Mukiefu à partir de l’auditorat, tantôt l’organe de la loi soutient que c’était à la résidence. « Quoi qu’il en soit, cette voiture-ci n’est pas celle qui avait opéré », a juré le conseil du colonel Alantha qui a taxé la déclaration du ministère public d’affirmations gratuites, d’autant plus que le propriétaire décrit, par Désiré Nsinga répond plutôt aux traits de feu Nono Masimango
Toto | MMC/Potentiel
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