Mondialisation :

Le bilan de la première décennie de nouvel ordre mondial nous démontre que la mondialisation est un vilain scandale, une terrible catastrophe et une grande honte pour l'humanité

 

Une étude du rapport mondial 2003 de l'ONU sur le développement humain

A la liquidation de ce qui restait du socialisme dans le bloc de l'Est, la mondialisation nous a été présentée comme le nouveau moteur du progrès socio-économique dans le monde. Plus de 10 ans après, les faits démontrent que cette mondialisation est un horrible crime contre l'humanité par lequel les mollahs de la haute finance internationale détruisent impunément  la vie sur toute la terre.

Mani Junior Kisui, 15 novembre 2003

Introduction

La pauvreté a augmenté considérablement

Dans certains pays près d'un enfant sur trois ne fêtera pas son 5ème  anniversaire

Les exemples de défaillance de la privatisation dans le secteur de la santé abondent

Cette prétendue "aide au développement"

Et pourtant la technologie est un moteur du développement humain

Avec la mondialisation le capitalisme assassine le capitalisme: liquidation du marché libre

Seule la Chine a donnée l'espoir à l'humanité dans les années 90

Conclusion

 

Introduction

Pendant la guerre froide, le bloc socialiste était tout le temps décrit par les potentats du capital comme le grand Satan menaçant le caractère sacré de la propriété privée et la liberté de l'homme. Il fallait donc le détruire par tous les moyens. On se souvient que tous les  mouvements de libération dans le tiers monde, mêmes ceux qui ignoraient complètement ce que signifie le Marxisme, étaient taxés de communistes pour justifier leur écrasement dans le sang.

A la chute du bloc de l'Est, on nous a promis un monde merveilleux. Le prétendu ennemi de l'humanité étant vaincu, tous les potentats du capital ont décrété la fin de l'histoire et le nouvel ordre mondial. Ce nouvel ordre a été baptisé "la mondialisation".

Comme des gamins que l'on peut calmer avec des bonbons quand ils pleurent, les peuples du tiers monde, accablés par des dictatures les plus féroces, se sont na•vement contentés de simples promesses de la démocratisation pour se réjouir. Tout simplement parce que la prétendue raison - le communisme- pour laquelle on soutenait les régimes vampires qui les écrasaient venait de disparaître pour eux.

Plus de dix ans après la mort du prétendu grand Satan, il faut faire le bilan de ce nouvel ordre mondial. Et les données officielles de la première décennie de cette mondialisation  nous démontrent que cette nouvelle gestion de la terre par la politique préférée des rabbins du capital est un vilain scandale, une terrible catastrophe et une grande honte pour l'humanité. Il suffit de bien lire le rapport mondial 2003 de l'ONU sur le développement humain pour se rendre compte qu'après la disparition du contre poids soviétique, la dictature du capital écrase sans limite toute l'humanité au nom de la mondialisation.

Selon ce document , pour de nombreux pays, la première décennie de la mondialisation a été désespérante. A l'intérieur des frontières nationales, les moyens de productions et les ressources sont de plus en plus détenus par un nombre réduit d'individus ( NDLR : c'est la conséquence des privatisations et de l'économie du marché).

La pauvreté a augmenté considérablement

Le nombre d'individus dans la détresse a augmenté considérablement dans les années 90. La crise du développement humain se manifeste clairement par  le déclin de l'indicateur du développement humain (IDH, mesure synthétique de trois aspects du développement humain : vivre longtemps et en bonne santé, avoir accès à l'éducation et à l'instruction, et bénéficier d'un niveau de vie correct). Une telle détérioration et de telles inversions de tendance étaient rarement constatées jusqu'à la fin des années 80 (NDLR : c'est-à-dire jusque la chute du mur de Berlin et le déclin du Socialisme). Dans les années 80, seuls 4 pays avaient vu décroître leur indicateur du développement humain. Pendant la première décennie de la mondialisation, ce chiffre est passé à 21. Et à cette allure la vie risque de disparaître si on ne tue pas le système avant qu'il ne soit trop tard .

La pauvreté s'est nettement accentuée surtout dans les anciens pays socialiste de l'Europe qui sont repassés dans le camp capitaliste au début des années 90.

Au cours des années 90, de nombreux pays en développement ont stagné ou reculé dans plusieurs domaines essentiels. Aujourd'hui, 54 d'entre eux sont plus pauvres qu'en 1990. 20 de ces 54 pays se trouvent en Afrique subsaharienne, 17 en Europe de l'Est et dans la Communauté des Etats Indépendants (CEI), 6 en Amérique latine et aux Cara•bes, 6 en Asie de l'Est et dans le Pacifique et les 5 autres sont des pays arabe

L'Asie du Sud, même si le nombre de pauvres a à peine varié dans la région, il continue a receler le plus grand nombre de pauvres : 500 millions. La pauvreté a grimpé dans toutes les  régions, surtout en Afrique subsaharienne, où 74 millions d'individus de plus- ce qui correspond à la population des Philippines- vivaient dans l'extrême pauvreté à la fin de la décennie. Conséquence : l'extrême pauvreté touche la moitié des Africains et la faim un tiers d'entre eux.

 Nombre de ceux où la pauvreté est nettement accentuée se situent en Europe orientale et dans la CEI parce que, après être passée à l'économie du marché, la population de l'Europe centrale et orientale et de la Communauté des Etats Indépendants (CEI) a terminé la décennie 90 en moins bonne santé. Elle est devenue plus pauvre que la population de l'Amérique latine et des Cara•bes.  En 10 d'économie du marché sa pauvreté a plus que triplé, puisqu'en 1990 elle touchait 31 millions d'individus et elle touche désormais près de 100 millions d'individus, soit 25% de la population de la région. A la fin des années 90, l'Arménie, l'Azerba•djan, la Géorgie, le Kirghizistan, l'Ouzbékistan, la République de Moldova et le Tadjikistan affichaient un revenu proche de celui des pays les moins avancés.

Contrairement à l'âge de la pierre,  officiellement 799 millions d'êtres humains, soit près de 18% de la population mondiale, souffrent de la faim à l'ère de la mondialisation parce qu'il y a suffisamment de la nourriture pour que tout le monde puisse manger à sa faim.

En 1996, le sommet mondial de l'alimentation avait fixé un objectif : diviser par deux, et donc ramener à 400 millions, le nombre de personnes victimes de la faim dans  le monde. Même si cela reste scandaleux, l'humanité n'a pas réussi à faire grand-chose dans cette lutte contre la faim.

Le rapport de l'ONU sur le développement humain estime que, pour lutter contre la faim dans le monde, il faut une action internationale axée aussi sur l'accroissement de la production alimentaire et de la productivité agricole

Or, selon le même rapport, depuis le début des années 70, la production alimentaire des pays pauvres pris ensemble a triplé, c'est-à-dire qu'elle a progressé plus vite que la croissance démographique. Par ailleurs, les prix réels des principales cultures céréalières ont chuté de 76%. Entre 1980 et 1995, la production alimentaire par habitant a augmenté de 27% en Asie et de 12% en Amérique latine. En revanche, elle a baissé de 8% en Afrique subsaharienne.

Avec de telles performances, si la production alimentaire était répartie équitablement, chaque individu pourrait consommer 2760 calories par jour ( un individu est considéré comme sous alimenté lorsque sa ration quotidienne est inférieure à 1960 calories).

Scandaleusement, chaque jour, dans les pays ruinés, 799 millions d'êtres humains, soit près de 18% de la population mondiale, souffrent de la faim. L'Inde compte le plus grand nombre de personnes touchées : 233 millions. Ce fléau touche aussi 183 millions d'individus en Afrique subsaharienne, soit une personne sur trois ; 119 millions en Chine ; 74 millions dans le reste de l'Asie de l'Est et Pacifique, 55 millions en Amérique latine et 32 millions dans les pays arabes. C'est le cas d'une personne sur quatre en Asie du Sud. Et pour cause : L'accès à la nourriture se distingue de la disponibilité de la nourriture en ce sens qu'il désigne le pouvoir d'achat et de consommation d'un individu, indépendamment de ce qu'il trouve sur le marché. 

L'argent étant devenu le seul maître à la place de Dieu dans le monde, pour éradiquer la faim, il faut veiller à ce que tous les individus disposent des ressources nécessaires, notamment d'un revenu suffisant, pour acheter de quoi se nourrir. Or plus de 1,2 milliards d'individus luttent pour survivre avec moins d'1 dollar par jour, et plus du double d'entre eux, 2,8 milliards, soit presque la moitié de la terre, survivent avec moins de deux dollars. Vivre avec un dollar par jour ne signifie pas avoir les moyens de consommer ce que permettrait d'acheter un dollar converti en monnaie locale, mais pouvoir se procurer l'équivalent de ce que l'on pourrait obtenir avec un dollar aux USA : un journal, un ticket de bus, un sac de riz.

Jusqu'aujourd'hui un quart des adultes dans le monde ne savent ni lire, ni écrire et 115 millions d'enfants ne sont pas scolarisés

Lors du sommet mondial pour les enfants, en 1990, le monde s'est engagé à assurer la scolarisation universelle dans l'enseignement primaire à l'horizon 2000. L'objectif n'a pas été atteint. Parce que le taux de scolarisation dans le primaire ne dépasse toujours pas 57%. Sur les 680 millions d'enfants en âges de fréquenter l'école primaire dans les pays en développement, 115 millions ne sont pas scolarisés, dont trois cinquième de filles. En Asie du Sud, un cinquième d'enfants ne vont pas à l'école primaire et 40 millions de ces enfants absents de l'école primaire, soit plus d'un tiers, se trouvent en Inde.

A peine plus de la moitié des élèves entrant en primaire achève ce cycle d'enseignement, et cette proportion est d'un tiers en Afrique subsaharienne. ( NDLR : combien de savants sont-ils assassinés par la mondialisation?). Corollaire de ces piètres résultats, un quart des adultes  ne savent ni lire, ni écrire. Par ailleurs , sur les 879 millions d'adultes analphabètes recensés dans le monde, deux tiers sont des femmes.

Cette absence d'éducation prive beaucoup d'individu d'une partie des possibilités que lui offre l'existence. Elle prive également la société d'une base de développement durable, car l'instruction constitue un facteur vital pour améliorer la santé, la nutrition et la productivité.

Selon l'UNICEF, atteindre un accès universel à l'école primaire d'ici 2015 ( et non l'objectif d'achèvement de ce cycle d'études) dans les pays en développement et en transition coûterait 9 milliards $ supplémentaires par an. Il faudrait pour cela, en Afrique, que la croissance économique annuelle dépasse les 8%. Chose impossible dans la mondialisation.

Les établissements d'enseignement privé élargissent le fossé entre la minorité riche et la majorité pauvre.

Comme, nous le verrons, pour la santé, les établissements d'enseignement privé ont rapidement pris leur essor dans les années 80 et surtout 90.

Ainsi, en Amérique latine, les écoles privées accueillent plus de 14% des inscrits dans le primaire.

Sur 22 pays en Afrique subsaharienne disposant de statistiques dans ce domaine, le pourcentage s'échelonne entre 10 et 40% dans 10 d'entre eux, et se situe en deçà de 10% dans les 12 autres.

Première conséquences : les inscriptions sont en baisse  parce que dans la plupart des cas, cette forme de scolarisation payante répond en fait à une demande différente, particulièrement dans les pays à faible revenu, où les ménages pauvres n'ont guère les moyens d'acquitter ne serait - ce que les frais de scolarité dans le public. La preuve en est que, selon une étude  portant sur 16 économies en développement, les pays dans lesquels le taux d'inscription dans les lycées privés est plus élevé sont aussi ceux qui affichent le plus bas taux global d'inscription pour ce niveau d'études (Inde, Indonésie, Zimbabwe). En revanche, en Chine, Jama•que, Malaisie et Tha•lande, autant de pays où le taux d'inscription est relativement élevé, plus de 90% des dépenses d'éducation publiques directes sont destinées aux établissements publics.

Par ailleurs, au Ghana, les deux tiers des familles rurales n'ont pas les moyens d'envoyer régulièrement leurs enfants à l'école. C'est d'ailleurs la raison principale pour laquelle les trois quarts des enfants qui vivent dans la rue à Accra ont dû abandonner l'école.

Deuxième conséquence : des problèmes de qualité se posent de plus en plus. Au Pérou, les élèves fréquentant les écoles primaires privées ont de meilleurs résultats, mais paient jusqu'à 10 fois plus. Au Brésil, les notes obtenues en mathématiques et en langues donnent l'avantage au privé dans les mêmes proportions dans plusieurs pays de l'OCDE (Grèce, Irlande, Espagne). Néanmoins, cet avantage est lié à l'origine sociale des élèves, quel que soit le type d'école : dans tous les pays étudiés, l'enseignement secondaire privé accueille les enfants de ménages aisés.(NDLR : Les bourgeois compradores ruinent l'Etat qui doit organiser l'enseignement pour tous et placent leurs enfants dans de bonnes écoles privées inaccessibles aux enfants des pauvres par leurs coûts)

Dans certains pays près d'un enfant sur trois ne fêtera pas son 5ème  anniversaire.

Dans la déclaration d'Alma Ata, en 1977, la communauté internationale, sous la houlette de l'ONU, s'était engagée à garantir l'accès aux soins de santé pour tous avant la fin du siècle passé. Pourtant, en 2000, dans un monde où l'argent est devenu le seul maître à la place de Dieu, des millions de pauvres sont morts, victimes de pandémies, et d'autres maladies, dont beaucoup auraient pu être aisément évitées par la prévention, ou soignées. Dans la plupart des régions en développement, moins de la moitié des enfants vivant en milieu rural bénéficient des soins en cas d'affection respiratoire aigu‘, l'un des principaux facteurs de mortalité des enfants. Chaque années, plus de 10 millions d'enfants, soit 30.000 par jour, meurent de bêtes maladies facilement évitables et guérissables. Cela a pour conséquence : Dans certains pays près d'un enfant sur trois ne fêtera pas son 5ème  anniversaire. En Asie du Sud, un enfant sur dix meurt avant l'âge de cinq ans et en Afrique subsaharienne, la probabilité pour un enfant de ne pas atteindre son 5ème anniversaire est aujourd'hui 26 fois plus élevée. En d'autres termes : en Afrique subsaharienne, environ un enfants sur cinq n'a pas la chance de fêter son cinquième anniversaire. Pourtant au début des années 90, cette probabilité était déjà 19 fois plus grande que pour un enfant habitant dans un pays riche. (NDLR : Encore combien de savants parmi ces enfants sont-ils sacrifiés de cette façon pour prolonger l'agonie du système capitaliste ?).

Conséquence : l'Afrique subsaharienne, en absence d'améliorations, devra attendre 2129 pour assurer l'accès de tous à l'école primaire, 2147 pour diviser par deux l'extrême pauvreté et 2165 pour réduire des deux tiers la mortalité infantile. En revanche, s'agissant de la faim, aucune date ne peut être fixée, car la situation de cette région ne cesse de se dégrader.

Par ailleurs, chaque année, dans les pays ruinés par le système, plus de 500.000 femmes meurent pendant leur grossesse ou en couches. Ce qui correspond à un décès par minute, pourtant la médecine a déjà accompli de  formidables progrès qui restent tragiquement hors de portée de milliards de pauvres. Elles sont 100 fois plus nombreuses dans ce cas en Afrique subsaharienne que dans les pays de l'OCDE à revenu élevé parce qu'un accouchement sur cent se solde par la mort de la mère en Afrique subsaharienne.

En 1990, on recensait une dizaine de millions d'individus contaminés par la VIH/SIDA. Depuis ce nombre a plus que quadruplé, pour avoisiner 42 millions aujourd'hui dont 39 millions dans les pays en développement.. Cette maladie a déjà fait 22 millions de morts et plus de 13 millions d'orphelins

Le VIH/Sida paralyse des pans entiers de l'Afrique : au moins un adulte sur trois est infecté au Botswana, au Lesotho, au Swaziland et au Zimbabwe ; un sur cinq en Afrique du Sud, en Namibie et en Zambie, plus d'un sur 20 dans 19 autres pays.

En 19 98, elle provoqué le décès de 1300 enseignants en Zambie, soit les deux tiers de ceux qui sont formés chaque années. A l'horizon 2020, les pays africains les plus touchés pourraient perdre plus du quart de leur population active.

Au Cameroun et au Nigeria, où l'on pensait que les taux de contamination étaient stabilisés, l'épidémie est en recrudescence.

Si l'Afrique subsaharienne concentre environ 70% des cas de VIH/Sida, on nombre près de 500.000 individus contaminés dans les Cara•bes, 1,2 millions en Asie de l'Est, autant en Europe de l'Est et dans la CEI, 1,5 millions en Amérique latine et 6,0 millions en Asie du Sud.

La Chine, l'Inde et la Russie, comptent quelque 7 millions de séropositifs et, en Afrique subsaharienne, on est passé de 7 à 25 millions de cas en une décennie.

Cependant, selon un scénario raisonnable, près de 200 millions d'individus pourraient être contaminés d'ici 2025 rien que dans ces trois pays

La tuberculose, quant à elle, reste, avec le Sida, la principale maladie infectieuse qui tue les adultes, et cause jusqu'à deux millions de décès chaque année. Et le paludisme, qui emporte chaque année un million de personnes, pourrait doubler son tribut d'ici 20 ans.

C'est une honte, étant donné que beaucoup de ces décès pourraient être évités si l'on recourrait davantage aux moustiquaires, aux sages-femmes, aux antibiotiques d'un prix abordable, à une hygiène élémentaire et au mode de traitement de la tuberculose appelé Ç traitement de courte durée sous observation directe  (Directly Observed Therapy, Short course- DOTS). Aucune de ces solutions ne fait appel à la haute technologie et pourtant appliquées ensemble, elles pourraient sauver des millions de vies. Mais dans beaucoup trop des pays, comme c'est le cas pour l'éducation, elles restent scandaleusement hors de portée de millions de pauvres. Pourquoi ? Encore une fois parce que l'argent est devenu le seul maître à la place de Dieu à tel point que les systèmes de santé (et surtout les soins de base) souffrent d'un manque de moyens, d'équité dans l'organisation des services et d'efficacité dans les modes de diffusion dans le tiers monde. Dans la plupart des pays, les 20% des ménages les plus déshérités profitent de beaucoup moins de 20%  des dépenses de santé. En 1997, en moyenne, les dépenses publiques de santé se montaient à peine à 6 dollars par habitant dans les pays les moins avancés et à 13 dollars dans d'autres pays à bas revenu, contre 125 dollars dans la tranche supérieure des pays à revenu intermédiaire, et 1.356 dollars dans les pays à revenu élevé. Et l'OMS a estimé à 35-40 dollars par habitant le strict minimum pour des services de santé élémentaires. Mais dans les pays pauvres, il est la plupart de temps tout simplement impossible d'acheter aux prix en vigueur sur les marchés internationaux les médicaments qui pourraient sauver des vies. Il est vraiment criminel d'attendre que les individus démunis le fassent, parce que beaucoup de gens survivent avec moins de 2 dollars par jours.

Les exemples de défaillance de la privatisation dans le secteur de la santé abondent.

Dans les pays pauvres, les prestataires de services de santé privés ont rapidement pris leur essor dans les années 80 et surtout 90. A mesure que les entreprises d'Etat déficitaires étaient privatisés, tant dans l'industrie que dans les services, la même tendance fut encouragée pour les services sociaux à tel point que dans les pays à faible revenu, le secteur privé assure plus de la moitié des services de santé de base.

En Amérique latine plus que dans toute autre région en développement, le poids du privé est devenu gigantesque depuis l'ouverture, dans les années 90, de la gestion du système de santé aux multinationales. Plusieurs de ces groupes internationaux (Aetna, CIGNA, Prudential, American Insurance Group, tous basé aux USA) sont présent dans l'assurance maladie et les services de santé. En outre, ils ambitionnent d'administrer les établissement publics et d'obtenir accès aux remboursements des caisses de retraite pour les soins médicaux. Ces entreprises investissent en :

-      En rachetant des sociétés bien implantées qui vendent des produits d'assurance ou des contrats de prévoyance santé prépayés.

-      En fusionnant avec d'autres sociétés.

-      En passant des accords pour gérer les couvertures sociales de base et les établissements de santé publique.

En Amérique latine, quelque 270 millions de personnes, soit 60% de la population, bénéficient de prestations en espèces et de soins payés (et souvent délivrés) par le régime de base. C'est en Argentine et au Chili que la pénétration de ce marché par les multinationales est la plus forte, mais elle progresse également au Brésil et s'amorce en Equateur.

Les avantages supposés de la privatisation sont difficiles  à démontrer, car les données disponibles ne permettent pas de conclure à une meilleure efficacité et à une plus grande qualité des soins dans le privé que dans le public. Les exemples de défaillance du privé abondent.

Lorsque les services plus sophistiqués ont été privatisés via la pratique de la gestion des soin (managed care services, en anglais), comme dans nombre de pays d'Amérique latine, l'expérience se révèle plus négative que positive pour les populations les plus démunies.

En Argentine, les hôpitaux, encore sous régime public voient affluer des malades aux couvertures sociales privées. Ces patients n'ont pas les moyens d'acquitter la part qui est à leur charges, ou bien les médecins du privé ont refusé de les recevoir( les caisses n'ayant pas accepter de payer) (NDLR : le droit de la propriété privée s'oppose au droit à la vie.)

Pour être soigné gratuitement dans un établissement public, un individu pauvre doit se soumettre à une enquête détaillée sur ses ressources. Le taux de rejet s'échelonne entre 30 et 40% dans certains hôpitaux. De plus, étant donné que les organismes de gestion des soins n'acceptent que les personnes en relative bonne santé, les plus malades sont dirigées vers le secteur public.

Les services cliniques et les médicaments sont essentiellement des biens privés, et il existe de nombreux éléments attestant d'un dysfonctionnement de ce marché. Le manque de capacité de réglementation aggrave la situation. Ainsi, dans le secteur privé de beaucoup de pays en développement, le surtraitement constitue un problème majeur : au Brésil, les césariennes sont plus fréquentes pour les patientes assurées dans le privé, car les médecins sont alors mieux rémunérées que pour un accouchement normal. A Mumbai, en Inde, il arrive souvent que les prestataires privés pratiquent des examens et adressent des patients à des spécialistes de manière injustifiée, afin de toucher un certain pourcentage des honoraires.

Dans les pays en développement, les pharmacies privées non réglementées surtraitent, elles aussi, les maladies ou poussent à la consommation de médicaments coûteux, avec pour conséquence des pratiques dangereuse, une augmentation du coût des soins et une résistance accrue aux traitements. Les médicaments représentent entre 30 et 50 % des dépenses de santé dans les pays pauvres, contre 15 % dans les pays riches. Les personnes qui n'ont pas les moyens de consulter un professionnel s'en remettent aux pharmacies, qui, bien souvent, ne respectent pas les règles de prescription, surtout en Chine, en Asie du Sud et dans un certain nombre de régions d'Afrique.

Dans de nombreux pays en développement, les coûts augmentent, et c'est le secteur privé qui est mieux en mieux équipé.

En Chine, le passage d'une politique de prévention à une politique de soins entraîne une progression significative des ventes de médicaments depuis le début des réformes économiques. On recense des investissements étrangers dans près de 1500 laboratoires de fabrication, dans tout le pays. L'accès limité aux services médicaux professionnels et la production pharmaceutique tous azimuts sur un marché déréglementé se traduisent par une utilisation irrationnelle des traitements, particulièrement chez les pauvres. En 1993, les médicaments représentaient 52% des dépenses de santé en Chine, contre 15 à 40% dans la plupart des autres pays en développement. Dans certaines zones rurales, un traitement type représente, pour un paysan chinois, deux à cinq fois le revenu journalier moyen par habitant. Non seulement la vente excessive  et inappropriée de médicaments contribue à des coûts médicaux très élevés que nécessaires  dans des campagnes pauvres, mais les traitements en question risquent d'être inefficaces  et d'avoir des effets secondaires.

Au Chili, les coûts d'administration et de publicité correspondent à 19% des dépenses relatives à la gestion des soins.

Dans le monde en développement, la croissance des soins privés dépossède souvent un secteur public fragile de ressources humaines cruciales.

Les centres médicaux publics ne traitent désormais que les catégories les plus vulnérables Ðles pauvres, les gens âgés, les handicapés- avec de moins en moins de médecins correctement formés

Dans les années 90, le nombre d'enfants morts des suites de maladies liées au manque d'eau non potable et d'installations sanitaires sommaires dépassait le nombre de personnes tuées dans des conflits armés depuis la deuxième guerre mondiale.

En 2000, au moins 1,1 milliards d'êtres humains, soit un cinquième de l'humanité, étaient privés d'eau potable. Ils étaient 2 fois plus, soit 2,4 milliards, à ne pas avoir accès à des installations sanitaires améliorées. Or ces deux aspects peuvent décider de la vie ou de mort. La preuve en est que les maladies diarrhéiques sont de plus en plus un redoutable fléau pour les jeunes enfants : Dans les années 90, le nombre d'enfants morts des suites de maladies diarrhéiques provoquées par l'absorption d'eau non potable et par les installations sanitaires sommaires dépassait le nombre de personnes tuées dans des conflits armés depuis la deuxième guerre mondiale. De plus, la moitié des lits d'hôpitaux disponibles dans le monde sont occupés par des patients atteints de maladies d'origine hydrique. En d'autres termes, des services coûteux sont utilisés pour traiter des maladies qui auraient facilement pu être évitées.

En Asie du Sud, 37% seulement de la population ont accès à des systèmes d'assainissement appropriés. Près d'1,4 million d'habitants de cette région font encore leurs besoins à l'extérieur ou utilisent des latrines à seau insalubres. Parallèlement, en Afrique subsaharienne, l'eau potable est disponible seulement pour 57%  de la population, moyenne qui dissimule un fossé immense entre les zones urbaines et rurales.

Les femmes et les filles africaines consacrent 3 heures par jour à aller chercher de l'eau, brûlant ainsi près d'un tiers de leur ration calorique quotidienne. Tout simplement parce que l'adduction d'eau suppose d'aménager une source, d'acheminer l'eau jusqu'à la localité et de desservir la population locale par un réseau de distribution. L'assainissement nécessite un réseau d'égouts et un système de traitement des eaux usées. Ces investissements représentent un coût largement inabordable pour les démunis. Dans bien des cas, les ménages pauvres doivent prendre l'initiative d'équiper leur habitation d'installations sanitaires, et en supporter les coûts eux-mêmes. Or la plupart vivent avec moins de deux dollars par jour.

Certaines entreprises du secteur de l'eau opérant dans le secteur privé ont trouvé des moyens d'exclure les plus démunis de ce service

Si seulement 5% environ des habitants de la planète (soit quelque 300 millions de personnes) sont approvisionnés en eau par des entreprises privées, la majeur partie de l'infrastructure d'adduction d'eau et d'assainissement des villes résulte de partenariats public-privé qui, dans les pays très urbanisés, remontent pour la quasi-totalité aux années 90.

Les sociétés privées ne souhaitent généralement pas assurer l'approvisionnement en eau des campagnes dans les pays à faible revenu, car elles considèrent que cette activité n'est pas rentable dans les zones rurales. Concernant l'assainissement, les partenariats public-privé jugent parfois, eux aussi, que les populations pauvres constituent une clientèle non rentable.

Certaines entreprises du secteur de l'eau opérant dans le secteur privé ont même trouvé des moyens d'exclure les plus démunis de ce service, y compris dans les villes. Ainsi, à Cartagena, en Colombie, un grand bidonville n'a pas été raccordé au réseau d'eau parce que le prestataire a estimé qu'il ne faisait pas partie de l'agglomération.

Quasiment inexistants au début des années 90 et aujourd'hui au nombre de plus de 2350, les partenariats public-privé dans les secteurs de l'eau et de l'assainissement affichent des résultats mitigés. L'un des principaux arguments en faveur de la privatisation est la possibilité de lever de nouveaux capitaux, qui permettront aux partenariats publics-privés de mobiliser des ressources supplémentaires pour les services essentiels. Cependant, après avoir culminé en 1996, le financement international privé pour l'eau et l'assainissement est en recul. Et cette tendance devrait persister.

Les expériences de participation de multinationales privées dans le secteur de l'eau et de l'assainissement ont donné des résultats mitigés : la privatisation de la distribution d'eau et de l'assainissement a fait nettement augmenter les tarifs, parfois du jour au lendemain et la maintenance est restée insuffisante. Cela entraîne des conséquences désastreuses pour les populations.

L'électricité est toujours un luxe inaccessible pour le un tiers de l'humanité

Plus de 2 milliards d'individus n'ont pas accès à l'électricité ni, par conséquent, aux services qui en découlent, comme l'éclairage, la réfrigération, les télécommunications et l'énergie mécanique, qui sont pourtant essentiels à l'éducation, aux services de santé.

Dans les pays les plus pauvres, plus de 80% de l'énergie provient de sources traditionnelles, telles que le fumier, les résidus des cultures et le bois de chauffe. L'inefficacité des poêles et des techniques de chauffage contraignent souvent les populations locales à recueillir les combustibles traditionnels à un rythme supérieur à celui de leur régénération naturelle, ce qui nuit aux terres. Cuisiner avec de tels combustibles, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur, peut générer des niveaux très élevés de polluants atmosphériques dangereux pour la santé

La dégradation des sols touche plus de 2 milliards d'hectares et nuit ainsi à la subsistance du milliard d'individus qui vivent sur les terres arides. Environ 70% des pêcheries commerciales sont exploitées à 100% ou surexploitées, et 1,7 milliard d'êtres humains, soit un tiers de la population du tiers monde, vivent dans des pays subissant un stress hydrique.

Ce sont les pays riches qui polluent le plus l'environnement de la planète et épuisent nombre de ses ressources naturelles. On peut par exemple citer l'épuisement des réserves halieutiques et les émissions de gaz à effet de serre, à l'origine du changement climatique, qui sont deux phénomènes liés à des modes de consommation des individus et des pays riches qui ne sont pas viables.

Les pays riches émettent 12,4 tonnes de dioxyde de carbone par habitant et par an, contre 3,2 tonnes dans les pays à revenu moyen et 1,0 tonne dans ceux à bas revenu. Les pauvres sont les plus fragiles face aux pressions et aux chocs environnementaux tels que l'impact potentiel du changement climatique à l'échelle mondiale.

L'épuisement des ressources naturelles conditionne dans une large mesure la santé, le revenu et les opportunités des pauvres. Quelques 900 millions de pauvres vivant dans des zones rurales tirent la majeure partie de leur subsistance des ressources naturelles. Dans les pays pauvres, jusqu'à un cinquième des maladies peuvent être imputées à des facteurs de risques environnementaux. Les changements climatiques pourraient porter atteinte à la productivité agricole et exacerber les risques, exposant ainsi les pays pauvres à des chocs tels que des inondations.

Cette prétendue "aide au développement"

Après la chute du contre poids soviétique, la prétendue aide au développement a été réduite, pourtant la dette des pays pauvres a augmenté et les cours des matières premières, dont ces pays sont tributaires, n'ont cessé de dégringoler

Divers études estiment que l'aide extérieure devra augmenter de 40 à 100 milliards de dollars par an pour satisfaire les besoins. Une évaluation prudente, fréquemment citée, de la Commission Zedillo des Nations Unies, appelle à débloquer 50 milliards de dollars de plus chaque année ce qui correspond avec l'estimation de la Banque Mondiale. Pour cela, il faudrait que les 23 membres du Comité d'aide au développement de l'OCDE doublent quasiment l'aide publique au développement, pour la porter à environ 0,43% de leur revenu national brut. Un tel niveau resterait néanmoins inférieur aux 0,7% qui servent de référence depuis 1970. Signalons que l'idée selon laquelle les pays riches devraient consacrer 0,7% de leur PNB au développement mondial est apparu en 1969, dans le rapport sur le développement international, rédigé sous l'autorité de l'ancien premier-ministre canadien Lester Pearson. Ce chiffre a été approuvé par l'assemblée générale de l'ONU en 1970. 

Si les 23 principaux donateurs mondiaux (membres du comité d'aide au développement de l'OCDE) apportaient véritablement une aide publique au développement égale à 0,7% de leur PNB, celle-ci représenterait 165 milliards $ par an, soit 3 fois le niveau actuel et bien plus que les estimations présentes du montant nécessaires

Pourtant, après avoir liquidé le dernier vestige du socialisme à l'Est de l'Europe, les pays riches ont mis pratiquement un terme à la politique du bâton et la carotte pour épouser la politique du bâton seulement. Ils ont  réduit leur aide au développement, qui  a reculé pendant les années 90- de près d'un tiers par habitant en Afrique subsaharienne- et reste bien en deçà du volume nécessaire pour satisfaire les besoins. En effet, entre 1990 et 2001, l'aide publique au développement est tombé de 0,33 à 0,22% du revenu national brut des donateurs.

L'Afrique subsaharienne et l'Asie du Sud ont constaté une baisse spectaculaire de l'aide par habitant dans les années 90 ( Besoins : au moins 50 milliards de dollars de plus en 2000. Aide ; en 1990 : 57,6 milliards $, soit 0,33% de RNB des pays donateurs ; en 2001 : 54 milliards $, soit 0,22% de RNB des pays donateurs ; en 2002 : 56,5 milliards $, soit 0,23% de RNB des pays donateurs ; engagements pour 2006 : augmentation de 16 milliards $.)

En 2000, une augmentation d'environ 16 milliards $ seulement par an a été annoncée, ce qui représente 0,26% du revenu national brut des donateurs d'ici 2006.

Sur les 49 pays les moins avancés, 31 reçoivent moins d'aide aujourd'hui (8,5% de leur PIB moyen) qu'en 1990 (12,9%). Pourtant la dette des pays pauvres a augmenté et les cours des matières premières n'ont cessé de dégringoler. Or, c'est de ces produits que beaucoup des pays pauvres tirent l'essentiel de leurs recettes d'exportation.

Les 25 millions d'Américains les plus aisés disposent d'un revenu équivalant globalement à celui des quelques 2 milliards d'habitants les plus pauvres de la planète

En 2002. Le revenu est reparti de manière plus inégale entre les habitants de la planète (coefficient de Gini de 0,66) que dans la plupart des pays où les inégalités sont les plus criantes ( au Brésil, par exemple, le coefficient de Gini est de 0,61). ( Ce coefficient mesure les inégalités de revenus sur l'échelle allant de 0, l'égalité parfaite, et 1, l'inégalité absolue).

Entre les années 80 et la seconde moitié des années 90, les inégalités se sont creusées dans 42 pays sur 73 étudiés pour lesquels les données complètes et comparables sont disponibles. Seuls 6 des 33 pays en développement(hors économie en transition) de cet échantillon ont enregistré un recul des inégalités. A l'inverse, 17 ont constaté une aggravation.

Dans beaucoup de ces pays, mais pas dans tous, les inégalités ont commencé à s'accentuer lors de la crise de la dette, au début des années 80. Après la liquidation de ce qui restait du socialisme en Europe, elles n'ont cessé d'augmenter, en particulier dans la communauté des Etats Indépendants (CEI) et dans le sud-est de l'Europe. Elles pourraient avoir des conséquences désastreuses sur le développement humain et la stabilité sociale.

Aujourd'hui, 5% les plus riches du monde reçoivent un revenu 114 fois supérieur à celui des 5% les plus pauvres. Les 1% les plus riches obtiennent scandaleusement autant que 57% les plus pauvres. Enfin les 25 millions d'Américains les plus aisés disposent d'un revenu équivalant globalement à celui des quelques 2 milliards d'habitants les plus pauvres de la planète (Milanovic, 2002,pp. 51-92).

La pauvreté s'est aggravé dans les années 90 même dans les pays qui affichent une croissance économique positive

Selon le rapport, à niveau d'inégalités constant, un pays doit afficher une croissance annuelle d'au moins 3% pour doubler son revenu en une génération, par exemple pour passer d'un à deux dollars par habitant et par jour. Mais dans les années 90, l'absence de croissance économique explique le fléchissement de l'IDH et de l'incapacité de bien des pays et régions à combattre la pauvreté monétaire et humaine ( croissance supérieure à 3% : 30 pays en développement seulement sur 155, soit un cinquième environ , avec 47% de la population mondiale ; croissance de 0 à 3% : 71 pays avec 26% de la population mondiale ; croissance négative : 54 pays avec 12% de la population mondiale).

Le même rapport constate aussi que le progrès économique ne constitue pas un gage de succès. En effet, les bénéfices de la croissance pourrait très bien rester l'apanage des ménages à hauts revenus, et rien ne garantit que ses retombées fiscales seront investies en faveur des plus pauvres. Sur les 128 pays du monde qui comptaient au moins un millions d'habitants en 1990 et pour lesquels on dispose de données, 76 ont vu leur revenu par habitant croître entre 1980 et 1998. Dans les 52 autres, ces revenus a diminué.

Actuellement plus de 4 milliards de personnes vivent dans des pays dont le PIB par habitant a progressé de plus de 1,4% par an entre 1980 et 1998. Cet ensemble englobe la Chine et l'Inde, les deux pays les plus peuplés du monde.

Pourtant la pauvreté s'est aggravé dans les années 90 même dans les pays qui affichent une croissance économique positive. Par exemple, en Indonésie( 1990-1999 :  taux de croissance du PIB de 3,2%, la population vivant dans la pauvreté monétaire est passée de 15 à 18%, soit une augmentation de +3%), en Pologne(1987/1988-1993/1995 : taux de croissance du PIB de 2,4%, la population vivant dans la pauvreté monétaire est passée de 6% à 20%, soit une augmentation de +14%) et au Sri Lanka( de 1991-1996 : taux de croissance de 4,1%, la population vivant dans la pauvreté monétaire est passée de 33 à 39%, soit une augmentation de +6%).

Et pourtant la technologie est un moteur du développement humain.

Aujourd'hui, le monde compte davantage de ressources et de savoir-faire et est mieux armé que jamais pour s'attaquer aux problèmes posés par les maladies infectieuses, la famine, la pauvreté,  le manque de sources d'énergie et de moyens de transport non polluants ainsi que l'absence de services élémentaires tels que l'eau potables, les équipements sanitaires, les écoles et infrastructures de santé. Car les percées technologiques sans précédentes des dernières décennies accroissent de manière spectaculaire le potentiel d'amélioration de la vie humaine que renferment ces innovations: les formidables progrès accomplis en médecine, en agriculture, dans les domaines de l'énergie, en génomique et dans les technologies de l'information et des communications offrent de fantastiques opportunités de mettre la puissance technologique au service du développement. Les innovations technologiques déjà connues peuvent largement contribuer à augmenter la productivité et à s'attaquer aux maladies, aux problèmes de l'approvisionnement en eau, de l'assainissement, de l'hygiène et de la faim. Il s'agit simplement de vouloir utiliser ces ressources et ces compétences aux mieux, afin de les mettre au service des plus démunis.

Pourtant ces investissements et avancées technologiques, propriétés privées des potentats du capital international, se moquent presque totalement des développements technologiques visant à combattre la pauvreté et ne sont pas à la hauteur des besoins existants.

Dans le domaine médical, par exemple, la commission macroéconomique et santé de l'OMS a montré que les maladies dont souffrent le plus les populations pauvres ne font pas l'objet d'investissements suffisants. Il s'agit notamment de maladies tropicales comme le kala-azar, la maladie de Chagas ou la maladie du sommeil, ou encore les principales maladies infectieuses le plus souvent mortelles ( VIH/Sida, tuberculose, paludisme). Au total, les maladies tropicales et la tuberculose représentent 11% de l'ensemble des cas de maladies en 1999. Pourtant, sur les 1393 nouveaux médicaments ayant reçu une autorisation de mise sur le marché entre 1975 et 1999, seulement 16, soit 1% ont été élaborés spécifiquement contre ces maladies.

En 1999, la commission de la recherche médicale au service du développement de l'OMS a révélé que 10% seulement des dépenses de recherche et de développement dans le domaine de la santé étaient consacrés aux problèmes de santé touchant 90% de la population mondiale. La situation n'a pas changé.

On peut mesurer le déséquilibre entre les efforts de la science et les besoins sociaux en évaluant le total des dépenses effectuées pour une maladie par rapport aux dépenses réalisées pour l'ensemble des maladies au niveau mondiale. Le rapport avoisine 1 sur 20 pour le paludisme, qui tue plus d'1 millions de personnes par an et sape la productivité de plusieurs millions d'autres. Et à moins d'une intervention efficace, le nombre de cas pourrait doubler au cours des 20 prochaines années.

Le paludisme est presque entièrement concentré dans les pays pauvres (99% des cas) et demeure la première cause de mortalité dans beaucoup d'entre eux.

Avec près de 2 millions de victimes par an, la tuberculose est l'autre principale cause infectieuse de la mortalité chez les adultes.

Le programme de recherche sur les maladies tropicales, cogéré par l'OMS, le PNUD et la Banque Mondiale, reçoit environ 30 millions de dollars seulement pour couvrir huit maladies tropicales.

Ces résultats n'ont rien de surprenant si l'on considère les enjeux. En effet, les capitalistes dans le secteur pharmaceutique  effectuent dans les pays les plus riches 93% de dépenses mondiales de recherche et de développement pour la santé.  Et dans un monde où on ne produit pas pour les besoins de l'humanité mais pour s'enrichir davantage, les maladies des pays et des populations pauvres pèsent peu en termes des marchés : les pays pauvres représentent moins de 2% des débouchés pour les principaux produits pharmaceutiques. Les individus qui survivent avec moins de deux dollars par jour n'ont guère les moyens d'acheter des médicaments. Ils ne bénéficient donc des dépenses de recherche mondiales que pour les maladies également présentées à grande échelle dans les pays riches, telles que le VIH/Sida. Et même dans ce cas, ils ne parviennent pas à recueillir une partie des fruits de la recherche en raison de prix demeurant élevés car protégés par les brevets. C'est notamment le cas des médicaments antirétroviraux contre le VIH/Sida.

 

Dans le secteur agricole également la recherche et le développement restent insuffisamment financés pour résoudre le problème de la famine. Le Groupe Consultatif pour la Recherche Agricole Internationale, premier programme mondial de recherche sur les cultures vivrières, a difficilement collecté 377 millions de dollars. ( Dans le même temps, le groupe privé Monsanto a investi 600 millions de dollars dans la recherche et le développement.)

En Afrique subsaharienne, la production agricole a été mise à mal par la faiblesse de la productivité, et ce, malgré l'existence de grandes variétés de ma•s, de riz et de blé à haut rendement . De même, aucune variété à haut rendement n'a été développé pour les céréales les plus consommées par les populations pauvres, telles que sorgho et le millet. Une partie du problème tient à une commercialisation insuffisante et au prix très élevé des engrais anorganiques. S'ajoute à cela l'utilisation limitée des engrais organiques, qu'il est pourtant facile de fabriquer à partir de ressources naturelles locales. L'utilisation des engrains organiques relèverait la productivité et favoriserait une exploitation agricole écologiquement durable.

 

Avec la mondialisation le capitalisme assassine le capitalisme: liquidation du marché libre

Après la chute de l'Union Soviétique qui a poussé les potentats du capital a décrété la mondialisation, les gourous de la haute finance internationale ont fait des pressions en faveur de la libre concurrence en préconisant la libéralisation économique et l'ouverture des marchés pour faire avancer la croissance et le développement. Mais cette libre concurrence élimine la concurrence pour engendrer les monopoles en ruinant la majorité des producteurs dans le tiers-monde : Les pêcheurs les plus pauvres voient leurs prises diminuer en raison de la concurrence de la pêche commerciale. Quant aux bûcherons, ils perdent leurs droits face aux grandes entreprises auxquels les autorités délivrent des concessions. En outre, des plus en plus d'habitants des zones rurales sont privées de terres en raison de l'augmentation de la densité agricole et de la répartition inégale des biens fonciers. Dans les pays en développement, la superficie moyenne des parcelles agricoles est passée de 3,6,hectares par agriculteur en 1972 à 0,26 hectare en 1992. D'ici 2020, elle devrait encore s'amenuiser.

Les marchés mondiaux actuels très concurrentiels rendent difficiles la diversifications des exportations des pays à faible développement humain.

ƒchanges commerciaux dans le monde: ceux qui tirent parti des opportunitésÉet les autres.

Exportations de biens, de services et de revenus
(en milliards de dollars 1995)

Années

    1990

  2001  

Développement humain élevé
Développement humain moyen
Faible développement humain

    3959
      780
        41

7602
1599
      61

Non satisfaits de ruiner les pauvres, les ayatollahs du grand capital continuent à exiger aux pays du Sud, mal armés, l'élargissement du rôle du secteur privé et de la libre concurrence internationale dans leurs marchés. Ils font des pressions pour que la prestation et le financement privés soient étendus à ces services, notamment à l'adduction d'eau en milieu urbain. L'accord général du commerce des services établi par l'OMC encourage, lui aussi, une privatisation partielle (L'AGCS définit un cadre juridique pour les échanges internationaux de services, tant sur la base de règles commerciales générales que d'engagements nationaux spécifiques concernant l'accès au marché de chaque membre. D'un côté, cet accord confère aux gouvernements nationaux un pouvoir discrétionnaire considérable pour décider du bien-fondé d'ouvrir les services aux sociétés étrangères et , le cas échéant, pour déterminer quand et comment le faire. Aucun pays n'est tenu d'ouvrir un secteur particulier à la concurrence étrangère, et chacun peut fixer des conditions quant à la nature et au rythme de cette libéralisation.  Sous réserve d'une compensation appropriée, les Etats peuvent également suspendre ou modifier les engagements existants. De surcroît, les services couverts part AGCS sont définis comme étant Ç tous les services de tous les secteurs, à l'exception des services fournis dans l'exercice du pouvoir gouvernemental. È. Enfin, les pays peuvent invoquer des exceptions générales  pour protéger l'intérêt public, notamment dans les domaines de la sécurité et de la santé publique. D'un autre côté, conformément à l'AGCS, les membres doivent engager  Ç  des séries de négociations successives (É), en vue d'élever progressivement le niveau de libéralisation È, et les pays seront encouragés avec de plus en plus d'insistance à libéraliser de nouveaux aspects de la fourniture des services. Plus préoccupant, le flou des termes de cet accord risque de nier les mesures de sauvegarde décrites plus haut. La clause d'exclusion  ne s'applique qu'aux services qui ne sont fournis ni sur une base commerciale, ni en concurrence avec un ou plusieurs fournisseurs.)

Curieusement, dans les secteurs où les pays pauvres peuvent réellement les concurrencer, les pays riches, qui disposent de gigantesques possibilités pour élargir l'accès à leurs marchés et promouvoir les importations en provenance des pays pauvres par le biais de réduction des droits de douane et des subventions, ont des pratiques commerciales qui restent très discriminatoires envers les produits des pays les plus pauvres. Lors du cycle de négociations commerciales internationales d'Uruguay (1986-1994), l'ouverture de ces deux secteurs par les pays riches constituait la principale attente des pays pauvres. Mais les résultats ont été très décevants. La plupart des pays riches restent extrêmement protectionnistes, par le truchement de divers instruments : Droits de douane, quotas, subvention à l'exportation.

Droits de douane

La plupart des pays riches appliquent des tarifs douaniers plus élevés sur les produits agricoles et les biens manufacturés non-sophistiqués, ceux-là même que les pays en développement produisent et peuvent exporter.

Dans les années 90, la moyenne des droits de douane fixés par l'OCDE pour les articles manufacturés en provenance des pays en développement était de 3,4% soit plus de 4 fois la moyenne en vigueur pour les articles manufacturés émanant de la sphère OCDE (0,8%). Ainsi, le Bangladesh paye 14% des 2,4 milliards $ qu'il exporte chaque année aux USA sous la forme de droits de douane, tandis que la France verse, elle, 1% des plus de 30 milliards $ que valent ses exportations en droits de douane. De plus, le cycle d'Uruguay a maintenu des crêtes tarifaires ( celles supérieures à 15%) sur de nombreux produits (60%) importés des pays en développement par le Canada, les USA, le Japon et l'Union Européenne.

Par ailleurs, les pays les plus pauvres sont souvent confrontés à la progressivité des droits de douane, ceux-ci étant plus élevés s'ils tentent d'exporter des produits transformés plutôt que des produits primaires. En Nouvelle-Zélande, cette taxe sur le développement impose un droit de 5% sur le café en grains et de 15% sur le café moulu ; et le Japon, un droit de 0,1% sur les textiles bruts et de 8,6% sur les textiles entièrement transformés.

Les tarifs douaniers et leurs réductions après les négociations d'Uruguay, dans certains pays ou groupes de pays (en pourcentage).

Catégories
de produits

 Union Européenne


Tarifs
douaniers   Réduction

USA


Tarifs
douaniers   Réduction

 Pays pauvres


Tarifs
Douaniers   Réduction

 Pays riches


Tarifs
douaniers   Réduction

Agriculture

T extiles

Métaux

Produits chimiques

  15,7      -5,9

    8,7     -2,0

    1,0      -3,3

    3,8      -3,3

  10,8            -1,5

  14,8            -2,0

    1,1            -3,8

    2,5            -4,9

   17,4            -43,0

   21,2              -8,5

   10,8              -9,5

   12,4              -9,7

   26,9            -26,9

     8,4              -2,6

     0,9              -3,4

     2,2              -3,7

Quotas

Plutôt que de se contenter de rendre les produits en développement moins concurrentiels, le système des quotas interdit purement et simplement la concurrence de ces produits au-delà d'un certain volume. Les pays de l'OCDE soumettent leurs importations à une grande variété de contingents, en particulier pour les vêtements et les chaussures, qui nécessitent une importation de main-d'Ïuvre et pour lesquels les pays en développement disposeraient d'un avantage comparatif.

Les subventions à l'exportation

Cette autre manière pour le monde riche d'infléchir les règles du jeu, semble, en apparence, assez éloignée des échanges commerciaux. Les pays riches, à divers degrés, subventionnent à tour de bras leur propre agriculture. Ces subventions sont si substantielles ( 311 milliards $ au total par an) qu'elles influent sur les cours mondiaux  des produits agricoles, ce qui pénalise directement les pays pauvres : les subventions accordées par les pays riches à leurs agriculteurs augmentent la rentabilité des exportations de ces derniers, tout en les incitant à produire davantage et en diminuant le prix de vente de leur production. Résultat : une abondance de produits agricoles bon marché.

Qui sont les gagnants et les perdants d'un tel mécanisme ?

Les producteurs nationaux y trouvent un avantage certain, avec des bénéfices accrus. Les consommateurs du même pays, en revanche, sont indubitablement perdants. Ils s'alimentent, en effet, à moindre coût, mais payent plus d'impôts pour financer les subventions.

De plus, les subventions vont en premier lieu aux gros producteurs. La Commission européenne estime que, si l'on exclut la Grèce, la moitié des subventions totales va à seulement 5% des exploitations agricoles.

Les producteurs des pays pauvres, quant à eux, doivent concurrencer ceux, subventionnés, des pays riches. Ils sont rarement en mesure d'exporter leurs produits vers les pays riches, car leurs prix non subventionnés ne peuvent concurrencer ceux pratiqués par les agriculteurs des pays riches. Ils arrivent en outre que les agriculteurs des pays pauvres n'aient même pas la possibilité de vendre leurs produits sur leur marché intérieur, car l'explosion de la production agricole suscitée par les subventions dans les pays riches peut générer des excédents qui seront exportés vers les pays pauvres à des prix sur lesquels les producteurs nationaux sont incapables de s'aligner.

Toutes choses égales par ailleurs, les subventions des pays riches devraient entraîner une baisse des prix des denrées importées, ce qui est théoriquement bénéfiques pour ces consommateurs. Cependant, dans de nombreux pays pauvres, une grande partie d'entre eux sont également producteurs agricoles. Les produits alimentaires leur coûtent moins cher, mais leurs revenus sont moins élevés en raison du prix modeste des aliments qu'ils produisent.

Les producteurs de coton ouest-africains ont, eux, amélioré l'efficacité de leur secteur, parvenant ainsi, à des coûts compétitifs, mais ne peuvent concurrencer les agriculteurs subventionnés des pays riches :  Le coton joue un rôle déterminant dans l'économie de plusieurs pays africains (Bénin, Burkina Faso, Mali, Tchad, Togo). Depuis les années 80, la production du coton y a été multipliée par 4. Elle représente aujourd'hui entre 5 et 10% du PIB de ces pays, et environ 30% de leurs exportations. Les cotons est principalement planté par de petits producteurs, dont beaucoup vivent en deçà du seuil de pauvreté. Pour la plupart d'entre eux, il s'agit du seul produit compétitif à l'exportation. Les revenus de cette activité financent également en grande partie les infrastructures économiques et sociales dans les zones rurales. Aussi les cours et les revenus qui y sont liés sont-ils essentiels à toute stratégie de réduction de la pauvreté dans ces pays. Ces dernières années, ces pays ont lancé un certains nombres de réformes qui ont sensiblement amélioré leur productivité, abaissant les coûts de production à des niveaux qui sont parmi les plus bas du monde, et en tout cas très inférieurs à ceux de l'Union Européenne ou des USA. Néanmoins, un certain nombre d'exportateurs, dont les USA, l'Union Européenne et la Chine, subventionnent leurs producteurs. En 2002, l'aide financière directe versée à ce titre était jugée équivalente à 73% de la production mondiale, en nette hausse par rapport aux 50% enregistrés 5 ans auparavant. En 2001, les coûts de ces programmes atteignaient 4,9 milliards $, dont la moitié environ était financée par les USA et le reste, principalement, par l'Union Européenne et la Chine. Certains de ces pays fournissent également une aide à l'exportation du coton.

Ces distorsions gonflent artificiellement l'offre sur les marchés mondiaux, orientent les cours à la baisse. Les plus importantes chutes de prix ont été observées en 2001 et 2002, touchant principalement les pays pauvres exportateurs, comme ceux d'Afrique de l'Ouest et d'Afrique centrale. Leurs planteurs non-subventionnés doivent vendre du coton à des prix proches des coûts de production, ce qui provoque un fort recul du rendement  économique réel.

Les subventions annuelles à l'agriculture des pays riches dépassent très largement le revenu national de l'ensemble de l'Afrique subsaharienne.

 

En 2001

Subventions agricoles OCDE :                                                           311 milliards $

Aides tous pays confondus :                                                                  52 milliards $

PIB de l'Afrique subsaharienne :                                                       301 milliards $.

(A côté des subventions agricoles au sein de l'OCDE, l'aide semble minuscule en 2001.)

En 2000

Subventions annuelles de l'Union Européenne
pour les produits laitiers
 :                                                                    913 $ par vache.

Revenu moyen en Afrique subsaharienne :                                        490 $ par habitant.

Aide annuelle versée par l'Union Européenne
à l'Afrique subsaharienne
 :                                                                      8$ par Africain.

En 2000

Subventions annuelles du Japon pour les produits laitiers:            2700 $ par vache.

Revenu moyen en Afrique subsaharienne                                          490 $ par habitant.

Aide annuelle versée par le Japon à l'Afrique subsaharienne :          1,4$ par Africain.

En 2000

Subventions annuelles des USA pour le coton:                                  10,7 millions $ par jour.

Aide annuelle versée par les USA à l'Afrique subsaharienne  :         3,1 millions $ par jour.


On peut constater sans le moindre problème que les vaches et le coton reçoivent davantage d'aide que les individus.

La où la concurrence est possible avec le Sud, le Nord l'assassine par de différentes manières. On donne 311 milliards de dollars aux vaches et coton du Nord pour ruiner les paysans du Sud dans la fausse concurrence que l'on prétend aider avec 52 milliards de dollars seulement.  On met donc sciemment le Sud sous la dépendance d'une fausse aide pour mieux la contrôler.

Les potentats du capital font donc une guerre non déclarée contre l'humanité. Pour mieux la mener, ces ayatollahs de la haute finance nient la lutte des classes entre la minorité riche qui accapare injustement tous les moyens de production et la large majorité pauvre qui végète dans la misère parce qu'elle est privé de ces moyens de production. Voilà comment le droit sacré de la propriété privée d'une minorité riche insignifiante écrase le droit à la vie de l'immense majorité pauvre.

 

Seule la Chine a donnée l'espoir à l'humanité dans les années 90

Pendant les années 90, la proportion des personnes souffrant d'extrême pauvreté monétaire est tombée de 30 à 23%. Vu la croissance démographique mondiale, cela représente néanmoins à peine 123 millions d'êtres humains en moins. Si l'on exclut la Chine, le nombre des individus extrêmement pauvres a en fait augmenté de 28 millions. On constate que cela est dû au fait que la Chine a accompli un grand miracle. Seule,  elle a pu sortir 150 millions d'habitants , soit 12% de sa population, de la pauvreté monétaire durant les années 90, et réduire ainsi de moitié l'incidence de ce fléau. Le recul considérable de la pauvreté dans le monde tient en fait, dans une large mesure, à l'essor stupéfiant de l'économie chinoise, qui a progressé à un rythme supérieur à 9% par an dans les années 90. (NDLR : 150 millions d'individus tirés de la pauvreté pendant les années 90. Ca correspond, à peu près, avec le pourcentage de la croissance)

Si en Asie de l'Est la mortalité des moins de 5 ans diminue de manière notable et que tous les enfants vivant en Asie de l'Est et dans le Pacifique devraient bientôt pouvoir accéder à l'école primaire et aller jusqu'au terme de ce cycle d'études c'est parce que la Chine a joué un rôle essentiel dans ces bonnes performances régionales. Ses 1,2 milliard d'habitants représentent environ 70% de la population d'Asie de l'Est.

Le nombre des personnes souffrant de la faim a certes été réduit de près de 20 millions pendant les années 90, passant de 21% en 180-1992 à 18% en 1998-2000. Mais là encore, si l'on exclut la Chine, le nombre des personnes connaissant la faim s'est accru.

On voit que l'économie chinoise, qui ne reçoit pratiquement pas d'aide, se bat pour relever le niveau de vie de sa population.

Constatant que seule la Chine a réussi des performances stupéfiantes, le rapport de l'ONU sur le développement humain refuse de préciser que le salut pour les pays pauvres passe par  la voie que suit la Chine.

Conclusion

Un point positif de la mondialisation: A mesure que la mondialisation s'accentue et que l'accès à l'informatique devient moins cher et se généralise, les individus prennent de plus en plus conscience des inégalités dans le monde.

Il est tout à fait clair  que la mondialisation à visage humain n'est pas possible parce qu'elle  est  entraînée par l'expansion du marché qui ouvre les frontières nationales au commerce, à la circulation des capitaux et de l'information, faisant ainsi fi de la gestion des marchés et de leurs répercussions sur les gens. Et le débat économique et les prises de décision, dans ce cas, ne se soucient pas des préoccupations humaines plus vastes  comme la vie, la liberté, la justice, l'égalité et la tolérance. Donc les marchés sont incompatibles avec l'idée de l'égalité sociale.

 

Ayant bien compris cela, l'ONU est incapable, pour des raisons que nous connaissons,  de tirer les conclusions qui s'imposent : pour abolir la pauvreté et les inégalités sociales, pour détruire définitivement la guerre sur terre, il faut remplacer l'anarchie du marché des privés qui ne produisent aveuglement que pour le lucre personnel par un nouveau principe organisateur de la vie économique mondiale : l'utilisation planifiée des immenses ressources de la planète et de toutes les conquêtes technologiques déjà réalisées par l'homme, pour satisfaire les besoins sociaux de l'ensemble de l'humanité. Le système est très mauvais, il faut donc le tuer.