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L'organisation
: point fort du maquis Muléliste
L'organisation créée par Mulele en 1963 constitue
un progrès essentiel par rapport aux partis nationalistes
des années '59-'60. Chacun avait sa responsabilité
dans le maquis
La lutte pour l'indépendance a été une explosion
spontanée après 80 années d'oppression coloniale.
Toute la masse s'est lèvée pour soutenir les «évolués»
qui lui promettent la liberté et le bien-être. Mais
le peuple n'avait pas encore une compréhension de l'histoire
et une connaissance des forces qui exploitent le Congo. Le peuple
ne participait pas de façon organisée et disciplinée
à la lutte.
Mulele a dirigé, aux côtés de Lumumba, cette
lutte et il en senti les limites. A l'étranger, et surtout
en Chine, il a étudié l'expérience des révolutions
populaires victorieuses et il a étudié le marxisme-léninisme
qui résume l'expérience révolutionnaire de
tous les peuples opprimés.
Mulele est revenu au Congo avec une approche toute nouvelle du combat
pour la libération.
Retourné au Kwilu, Pierre Mulele réussit à
organiser chaque villageois et à le faire participer consciemment
à la lutte. Il met sur pied une double structure d'encadrement.
Le comité de village dirige les affaires des villageois.
L'équipe de partisans est responsable de la lutte armée
contre l'ennemi.
Cette double structure permet une politisation profonde des masses
et une participation active à toutes les tâches de
la révolution.
L'organisation muleliste est constituée de quatre niveaux:
la Direction générale, les commandants de zone, les
sous-directions et les équipes de partisans et les comités
de villages.
Un noyau de cadres supérieurs dirige l'ensemble du mouvement.
Ils sont groupés autour du commandant en chef Mulele àla
Direction générale. Mulele et Théodore Bengila
supervisent tout le travail politique et militaire.
Laurentin Ngolo, Pascal Mundelengo et Godelieve Madinga parmi sont
les principaux collaborateurs de Mulele et Bengila dans le domaine
politique.
Théotime Ntsolo et Ngwensungu donnent la formation militaire
aux meilleurs combattants regroupés dans le bataillon de
l'état-major. Louis Kafungu dirige l'état-major général.
L'organisation des structures de la direction
Au premier niveau de la Direction générale, plusieurs
bureaux assument des tâches précises.
Le bureau d'études et de documentation élabore les
textes qui servent de base aux leçons politiques.
Le bureau d'information et de presse présente chaque jour
à Mulele, Bengila et Ngolo un résumé de toutes
les informations. Les rédacteurs écoutent les émissions
de Pékin, de Cuba, de Moscou, de Bruxelles, Paris et Londres.
Ils assurent la publication de La voix de la révolution.
Le bureau de politique intérieure forme les instituteurs
et les autres intellectuels à leur responsabilité
de commissaires politiques.
Il y a un tribunal, un département de santé et un
dépôt central où l'on enregistre et garde le
matériel confisqué à l'ennemi ainsi que les
biens offerts par les masses populaires.
Le bureau technique est consacré à la fabrication
des pupus, des fusils de chasse et des explosifs. En plus il y a
une prison, un bivouac où six à sept prisonniers résident
et reçoivent des leçons politiques. Il existe également
un important service de garde qui doit signaler la présence
éventuelle de militaires dans un rayon de 10 à 20
km du camp. A une certaine période, l'abbé Tarra dirige
la sécurité du camp.
Dans la cuisine collective, on prépare la nourriture pour
les deux mille personnes qui vivent à la direction générale.
Le deuxième niveau de la structure est formé par les
commandants de zone. Le territoire libéré compte sept
zones. Chaque zone est dirigée par un commandant qui a son
bureau à la Direction générale. Là,
les commandants disposent d'un petit noyau de collaborateurs. Ils
se rendent régulièrement dans leur zone pour y conduire
ou superviser les opérations. Ils consultent Mulele, Bengila
et Kafungu pour toutes les affaires importantes.
Les tâches des équipes et des comités
villageois
Les équipes de partisans représentent le noyau de
base du maquis muléliste. Une équipe compte en moyenne
53 combattants et il y eu au total entre 90.000 et 100.000 personnes
organisées dans les équipes. Entre 20 et 35% étaient
de jeunes filles. Chaque Equipe est dirigée par un commissaire
politique et un commissaire militaire. Le commissaire militaire
est en général élu à cette fonction
par les partisans. A l'intérieur de chaque équipe,
il y a une division des tâches: l'information, le renseignement,
l'intendance; la santé, le service de garde, etc...
Les comités comptent trois responsables principaux : le chef
du comité, le responsable militaire et le responsable de
l'agriculture. De nombreux liens existent entre l'équipe
et le comité de village. L'équipe est le noyau armé
du village qui défend les villageois contre les militaires
réactionnaires.
Le troisième niveau est la sous-direction. Elle tient le
milieu entre l'équipe de village et la Direction générale.
L'équipe la plus vaillante d'une région, qui dispose
des meilleurs cadres formés à la Direction générale,
se voit parfois chargée des fonctions de sous-direction.
Elle coordonne et dirige la lutte d'une dizaine de villages et elle
est aidée et supervisée par le Commandant de Zone.
Dieudonné Ndabala, élu commissaire politique de la
sous-direction Ibubu explique: "Les dirigeants de la sous-direction
sont choisis par cinq cents délégués de toutes
les équipes de la région de Ngosos. Plusieurs candidats,
jugés par les partisans comme étant les plus courageux
et les plus aptes à diriger, sont proposés aux différents
postes de responsabilité."
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