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download: magic_psaoût 04, 2005
Gouvernement parallèle de Tshisekedi : Les principaux « ministres », qui sont-ils ?
Après avoir proclamé la fin de la Transition au 30 juin 2005, Etienne Tshisekedi et Katebe Katoto ont formé un gouvernement parallèle. (…)Mais, qui ces principaux « ministres », qui sont-ils ?
1) Outre que le formateur katebe n’est pas le formateur du gouvernement et que son parti, l’Union des Libéraux Congolais (Uld), en est absent, l’Udps du « Président de la République » auto proclamé Tshisekedi est ultra représentée.
2) Jusque fin décembre 2004, l’honorable Diongo, député pour le compte de l’opposition politique non armée à l’Assemblée nationale, était un fervent défenseur du gouvernement de transition et n’hésitait pas à formuler des critiques acerbes, confinant à, l’insulte, à l’encontre des radicaux de Limete dont il avait été un fervent laudateur dans la période qui suivit la fin du Dialogue intercongolais.
La victoire de Arthur Z’Ahidi Ngoma sur Tshisekedi dans la course à la vice-présidence de la République semble l’avoir éloigné de la 10ème rue, Limete. Par pour longtemps, Candidat Vice-ministre, en remplacement de Joseph Olenghankoy qui venait de perdre son strapontin de Ministre des Transports, Diongo a raté le coche en toute dernière minute, la composante lui ayant préféré l’actuel Ministre des Affaires Sociales, Laurent Otete Omanga. C’est alors qu’il retourné à nouveau sa veste. L’ancien Lumubiste écume alors littéralement les studios de télévision de la capitale d’où il déverse toute sa bile sur le président Joseph Kabila, Arthur Z’Ahidi Ngoma et « tous leurs semblables » pour (re)gagner son ticket d’entrée auprès des Ayatollahs de la 10ème rue, Limete.
Pour prouver sa fidélité indéfectible à son ancien et nouveau maître, Diongo qui ne connaît que l’outrance et la démesure, s’exhibe aussi bien aux plénières de l’Assemblée nationale, où on lui refuse désormais la parole, que sur les lieux des manifestations publiques. Il organisera ainsi son « arrestation »filmée en direct par des médias kinois complaisants le 30 juin à Matonge. Et ça marche! Franck Diongo est accueilli à bras ouvert a Limeté où la carencé en hommes est telle que même des brebis aussi sulfureuses font toujours l’affaire.
3) Pour assurer la distribution de la justice en RD Congo, Etienne Tshisekedi a choisi Gabriel Mokia Mandembo, un homme d’affaires qui a fait fortune dans le café et la cacao en compagnie d’un sujet portugais, tout en gardant un pieds chez les politiques depuis l’époque de Mobutu. Gabriel Mokia avait eu l’intuition heureuse d’entretenir un journal pour la défense de ses intérêts économiques, « Le diplomate », qui n’a pas long feu.
A l’avènement de l’Afdl, Mokia détient une créance énorme sur une banque commerciale de la place, ainsi qu’un arrêt de justice l’autorisant à saisir les immeubles de l’institution bancaire. L’affaire fait tiquer les anciens rebelles convertis en hommes d’Etat qui s’étonnent qu’un individu soit suffisamment riche pour faire fermer l’Union des Banques Congolaises (Ubc), et bloquent l’exécution de la décision judiciaire, inique selon eux. Depuis, l’homme d’affaires, plutôt discret sous l’ère Mobutu, est devenu un « opposant farouche » au régime qui lui a succédé. Ses diatribes irrationnelles à la télévision lui ont souvent valu des séjours en prison sans réussir à le faire taire.
Mais on peut douter que de la justice il ait la moindre idée au sens noble de cet idéal.
4) Au commerce extérieur, on retrouve un vieil allié dé l’Udps et de Etienne Tshisekedi, le bouillant Christian Badibangi, révélé à l’opinion publique, lui aussi, par la Conférence nationale souveraine. L’homme s’est affublé du titre de « Maître », laissant croire à tous et à chacun qu’il exerçait la profession d’avocat à Libreville (Gabon) avant son retour au pays.
Un autre exile de retour au pays le dénonça à la Conférence nationale souveraine. La « maîtrise » de Badibangi lui avait été décernée par les clients qui achetaient les petites statuettes en bois et malachites dont il faisait commerce à l’étal dans un marché de la capitale gabonaise. Vers la fin des mêmes assises, Christian Badibangi, imprudent et bavard comme un perroquet, sera invalidé pour nationalité douteuse après avoir avoué lui-même dans une envolée oratoire incontrôlée, qu’il détenait la nationalité française !
Il doit manifestement ses fonctions de « ministre » du commerce extérieur à son expérience dans la vente d’oeuvres d’art congolais à l’étranger, la seule vraie profession qu’il ait jamais exercé de sa vie, selon certains. « A Limete, on a sans doute estimé que l’exportation des statuettes assurait une expérience suffisante à Badibangi pour en faire un ministre du commerce extérieur », expliquait à nos rédactions un député Pprd qui prétend connaître l’heureux élu de longue date.
5) Le ministre de la Communication de Etienne Tshisekedi est Jean-Claude Vuemba, Un ancien représentant des étudiants zaïrois en Europe et donc un ancien président sectionnaire de la Jeunesse du Mpr, le parti du défunt Mobutu. Il est présumé à la tête d’un parti politique, le Mpr, et connu pour avoir frappé à toutes les portes du Congo de la transition avant d’échouer à Limete.
6) L’ancien lumumbiste Kabamba Mbwebwe, médecin à l’hôpital général de référence de Kinshasa, qui a rejoint les rangs des radicaux depuis la fin du mobutisme en 1997, alors que ses compagnons de lutte, Jean-Baptiste Sondji et Me Morena Kinkela siégeaient dans le nouveau gouvernement, se voit rétribué pour sa fidélité jamais démentie à l’endroit de son frère tribal en obtenant le poste fictif de ministre chargé du portefeuille des Mines.
7) Vincent de Paul Lunda Bululu, le bâtisseur du célèbre pont sur la rivière Makelele à Kinshasa, ancien représentant du Zaïre dans les institutions internationales, notamment au Gabon, ancien premier ministre sous Mobutu, est presque insulté par une nomination à la tête du ministère des transports et communications. Alors qu’on le disait parti du Mlc de Jean-Pierre Bemba parce que le ministère du Plan auquel il avait été pressenti lui paraissait « trop petit », le portefeuille des Affaires étrangères auquel son rang lui donnait droit ayant été confié à un autre.
8) Honorine Nabuni, une ancienne ministre d’un autre gouvernement fictif de Etienne Tshisekedi dans les années 90, réapparaît dans la nouvelle équipe qui siègera sous les arbres. Elle occupe la branche réservée au ministère du Travail et de la Prévoyance Sociale.
9) Médard Mulangala Lwakabwanga est nommé à la tête du ministère buissonnier de la Culture et des arts. Ce député de l’Assemblée nationale pour le compte de l’opposition politique interne (Fruonar) est presque payé en monnaie de singe, lui aussi. Ancien ministre mobutiste du budget, Médard Lwakabwanga avait rejoint la rébellion à Goma sans réussir à faire partie du gouvernement rebelle. C’est un parti politique proche des rebelles pro-Kigali et dirigé par le Sénateur Cyprien Rwakabuba Shinga qui lui a ouvert des portes suffisamment larges pour le mener jusqu’à l’Assemblée nationale de transition.
Quelques semaines avant la fin de la première période de transition, Le 30 juin dernier, Médard Lwakabwanga courtise assidûment la 10ème rue et renonce à la lutte pour le partage des entreprises publiques. Le jour du meeting de Etienne Tshisekedi, le jeune homme bien en vue est aux premières loges, pas mais la publication du gouvernement de l’ordre de la Cns le voit réduit au rang de ministre de la culture.
10) Un autre mobutiste, le Dr Bwassa, se voit confier les fonctions de ministre de la santé. L’homme est désigné comme représentant le G14, une plate-forme politique sensée regrouper 14 partis qui n’avaient pas participé aux Dialogue inter congolais de Sun City. En réalité les 14 partis politiques existent davantage sur le papier que partout ailleurs, et Bwassa et son ami Kabamba auraient bien du mal à remplir de sympathisants une salle de classe.
11) Même dans cet exercice surréaliste qui consiste a nommer un gouvernement qui ne gouverne rien, l’Udps s’offre la part belle en confiant à son Secrétaire général, Rémy Massamba, les fonctions de ministre des Finances.
12) Alors qu’un banquier de renommée comme Albert Ndele est place au Budget, et que
13) Gaston Mongbondo, Directeur général des Contributions épinglé par la chronique kinoise comme un des pires gestionnaires des années Mobutu; est aligné au ministère du Plan.
14) Le gouvernement de la 10ème rue a trouvé place pour Augustin Kikukama Bin Samba, transfuge du Mnc-Lumumba/Ekongo et chef d’une des dissidences du M17 de Célestin Luanghy. Le cursus scolaire de ce jeune homme particulièrement agité reste vague. En politique, c’est le Mouvement du 17 mai de Me Luanghy qui l’a fait découvrir avant qu’il n’en claque la porte pour former, à l’instigation de certains compagnons de Laurent Désiré Kabila désirant affaiblir l’ancien ministre de la justice, une aile bruyante du même M.17.
C’est le portefeuille de l’Education nationale, un secteur fondamental pour l’avenir de notre pays, qui est confié à Kikukama.
15) L’inénarrable Anselme Emerunga, actuellement ministre deli’Environnement, est repris sur les listes de Limete en qualité de ministre de l’Environnement. Le Maï-Maï est pourtant connu de l’opinion comme l’un des ministres les plus incompétents du gouvernement de transition. Ses frasques et bourdes spectaculaires, comme ce pugilat avec un préposé à l’ordre à l’aéroport de Ndjili et la vente à vil prix de zones vertes ou encore la commémoration de la Journée de l’arbre 2005 par un match de football sont des faits d’armes manifestement appréciées à Limete; 10ème .
Les politologues contactés par nos rédactions sont unanimes il n’y a point d’équipe gouvernementale dans cette liste, mais un assemblage de tout ce qui peut servir les desseins immédiats de Etienne Tshisekedi. Rien de plus.
Jean-Pierre E. Mukuna | La Tribune de la Nation, Kinshasa , 04.08.2005 |
Posted by leonard at août 4, 2005 03:45 PM