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août 29, 2005

Jeu politique (des Etats-Unis et de l'UDPS-Le potentiel) autour du financement de l'opération "enrolement"

50 millions Usd et 60 millions d'euros à la Cei
Par Freddy Monsa Iyaka Duku
Dans une déclaration faite à la presse, à Lubumbashi, William Swing, Représentant spécial du secrétaire général de l' Onu et responsable de la Monuc, a déclaré que 50 millions de dollars supplémentaires sont disponibles au bénéfice de la Commission électorale indépendante. Cette somme a été obtenue auprès du Conseil de sécurité par une procédure spéciale devant des urgences financières qui se posent à la Cei pour la poursuite du processus électoral.
Consécutivement à cette bouffée d'oxygène financière, la Monuc a décidé de déployer deux bataillons au Nord-Katanga, spécialement à Pweto, Mitwaba, Moba et Manono afin de sécuriser les populations, toujours dans le cadre de la bonne exécution du processus électoral.
En fait, cette déclaration ne surprend pas. Elle était d'ailleurs attendue dans la mesure où la Cei a besoin, dans l' immédiat, de plus de 200 millions de dollars. Dans le cadre des Nations Unies, il est question d'affecter 130 millions Usd au compte de la Cei. Mais étant donné que la procédure exige au préalable l'accord du congrès américain, la réunion sur cette question précisément au niveau du Conseil de sécurité ne se tiendra qu' à partir du 6 septembre prochain. Pour faire face à l' urgence qui s'impose, la procédure spéciale devrait permettre à la Monuc de puiser dans son budget militaire quitte à récupérer cet argent dès que le Conseil de sécurité aura voté une résolution à ce propos. C'est cette procédure spéciale qui vient d'être autorisée, permettant à la Cei de recevoir cette bouffé d'oxygène.
60 MILLIONS D'EUROS
D'autre part, selon l'Agence Pana, l' Union européenne a décidé à son tour d'affecter 60 millions d'euros à la Commission électorale indépendante . Une décision rendue publique vendredi dernier. Il ne fait l' ombre d'aucun doute que Louis Michel, Commissaire européen au Développement et à l'Aide humanitaire, confirmera cette information aujourd'hui. A la tête d'une importante délégation de l'Union européenne, dix membres, Louis Michel tiendra ce lundi une conférence de presse au terme d'un séjour de trois jours en Rdc. Il séjournait hier dimanche à Mbuji-Mayi où en compagnie de l' Abbé Malu Malu, président de la Commission électorale indépendante, il a visité les centres d'enregistrement. Il devrait également s'entretenir avec les différents responsables des partis politiques dans la capitale diamantifère avant de regagner Kinshasa.
MAIS LE DIALOGUE POLITIQUE ?
Puisque nous évoquons le volet politique, la question fondamentale est celle de savoir si Louis Michel est allé au-delà d'une simple visite d'évaluation pour inciter les acteurs politiques congolais à dialoguer (?) Il est vrai que cette manne qui vient de tomber dans la caisse de la Cei apportera un souffle nouveau au processus électoral. Les contraintes financières seront de plus en plus allégées en même temps que la Monuc apportera son expertise militaire dans le cadre de la sécurisation de ce processus électoral.
Mais où en est-on avec le dialogue politique de plus en plus indispensable pour un succès total des élections ? Nous pensons que toutes les parties concernées, partenaires extérieurs y compris, devraient désormais travailler dans le sens du rapprochement des acteurs politiques Congolais pour qu' il n’y ait pas d'exclusion. Autant il ne faut pas s'entêter et exclure certaines formations politiques, en prenant en compte leurs préoccupations, autant ceux qui se sentent exclus doivent proposer des alternatives tout en adoptant une position flexible pour s'impliquer dans le processus électoral. Cela est vrai que personne ne trouvera son compte dans l'exclusion mais bien dans l' inclusion sans chercher à recourir à des subtilités politiciennes qui ne sont que les germes d'une dictature naissante. La réussite des élections est à ce prix. Les partenaires extérieurs doivent se le tenir pour dit afin de ne pas effectuer un forcing pour organiser les élections rien que dans le but de les organiser. Car, il faut éviter que l'après-élection soit plus difficile à gérer que l'avant-élection.
Le Potentiel, 29 août 2005

Louis Michel réaffirme le soutien de l’Union européenne au processus électoral du Congo
Il l’a dit à son arrivée hier samedi 27 août, à Lubumbashi, au Katanga. Le commissaire européen au Développement et à l’Action humanitaire qui venait de Kalemie le même jour, était accompagné du président de la Commission électorale indépendante, l’abbé Apollinaire Malu Malu, a constaté radiookapi.net.
Pour le Belge Louis Michel, le cas du Burundi doit servir d’exemple à la RDC. « Je rêve que le Congo connaisse le même bonheur que le Burundi. Qu’il y ait des élections, et j’y crois », a-t-il déclaré à son arrivée dans la capitale du cuivre.
Il a dit à cet effet que la situation du Burundi était au moins semblable à celle du Congo, même plus difficile. « Aujourd’hui, a expliqué l’homme d’Etat européen, on se rend compte que presque toutes les forces politiques se sont liguées pour qu’il y ait des élections démocratiques. Tout le monde salue la manière dont elles se sont déroulées, il y a aujourd’hui un président élu démocratiquement et, la classe politique burundaise a décidé de regarder l’avenir devant elle, pas dans le rétroviseur ».
« C’est ce qu’il faut faire aussi pour le Congo, je crois que ça va se passer comme ça », a-t-il conclu.
Cependant, une manifestation des militants de l’Union pour la démocratie et le progrès social (Udps) a été observée à la suite de la visite de Louis Michel à Lubumbashi. Les combattants du parti de Tshisekedi scandaient qu’il n y aura pas d’élections en RDC sans l' Udps. 
Même climat à Kananga où des militants de ce même parti ont exprimé leur refus de voir le commissaire européen séjourner dans cette ville du kasaï-Occidental. 
Ils estiment que la visite du Belge Louis Michel est inopportune. 
Selon la radio nationale captée à Kinshasa, le commissaire européen est arrivé le même samedi soir dans la capitale congolaise. Il aura des entretiens avec les autorités congolaises et les acteurs politiques du pays.
Okapi, 28 Août

Kasaï-Oriental : les opérations d’enrôlement se clôturent ce dimanche
Le processus pré électoral devra officiellement prendre fin ce dimanche 28 août 2005 dans quelques provinces du pays dont le Kasaï-Oriental. A quelques heures de cette échéance, constate radiookapi.net, les comptes sont loin des prévisions de la Commission électorale indépendante.
La tâche reste encore énorme pour la CEI. Jusqu’au dernier jour des opérations, le déploiement du matériel informatique continue à se poser avec acuité, surtout dans les territoires les plus reculés de la province ainsi que la formation des opérateurs de saisie dans certains bureaux de liaison.
En effet, dans le district du Sankuru, 212 bureaux d’inscription ont été prévus par la Commission électorale indépendante. Jusqu’à ce dimanche, 8 bureaux seulement ont été opérationnels. La situation n’est très différente même à Mwena- Ditu où 14 centres ont fonctionné sur les 27 prévus.
Pour l’ensemble du Kasaï-Oriental, note les observateurs, sur 826 centres d’inscriptions programmés, 242 seulement ont fonctionné. Ce qui représente une réalisation de 15% par rapport aux prévisions de la CEI. En conséquence, à une journée de la fin des opérations, 18% seulement du potentiel électoral de cette province sont enrôlés, soit 404 071 personnes contre une estimation de 2 millions 569 mille 980 électeurs potentiels.
Dans la Province Orientale, la situation n’est pas non plus confortable. Des kits électoraux sont bloqués dans certains centres d’inscription à Kisangani par les agents recenseurs. Ils revendiquent le paiement, avant la fin des opérations, de la deuxième tranche de leur prime.
Face à cette agitation, le bureau local de la CEI a tenté de calmer les esprits. « Il ne sert à rien à ce que les gens s’agitent comme nous sommes entrain d’observer dans la ville de Kisangani. Au moment où je vous parle, les autorités de la CEI et les bailleurs de fonds sont entrain d’examiner la question, j’invite donc les opérateurs de saisie de Kisangani et de la province au calme, la solution sera portée à leurs revendications sous peu », a rassuré pour sa part le coordonnateur provincial de la CEI.
Okapi, 28 août 2005

Le Potentiel, 29 août 2005 + Okapi, 28 août 2005

Posted by leonard at août 29, 2005 11:04 AM