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août 30, 2005

tentative déspespérée du Rwanda d'empêcher les élections?

kundabatware à la tête de trois bataillons
Selon nos sources à Goma, Laurent Nkundabatware a franchi la frontière congolaise avec son Etat-Major. Il est à la tête de trois bataillons qui ont investi Monkoto, Kanondo à Lubero , Kilumba dans le Masisi et Tango Witu dans le Rutsuru. Cette opération, selon la même source a commencé le vendredi dernier. Des colonnes des soldats rwandais ont été vues à Monkoto. Pendant ce temps, à Nyarimirina, des soldats du Rcd ont attaqué des paisibles paysans, brûlé plusieurs cases. On déplorerait plus d'une dizaine de morts et de nombreux blessés. Les analystes avertis inscrivent ces événements non seulement dans le cadre des menaces que Nkundabatware a faites au gouvernement congolais, mais aussi à la désertion de plusieurs centaines des soldats des unités brassées et qui étaient en route vers l'Ituri d'où à la décision de la hiérarchie militaire, ils pourront être envoyés n'importe où, à travers le pays où leur présence est requise.
(…)
L'Avenir, 30 août 2005

Des militaires d’expression kinyarwanda désertent l’armée
L’information a été confirmée à radiookapi.net par le commandant de la 8e région militaire, le général Amisi. Plus de la moitié des soldats appartenant au premier et au deuxième bataillons mixtes ont déserté dans la nuit de vendredi à samedi. Leur nombre exact n’est pas connu. Mais cela représenterait plusieurs centaines de personnes. Tous ces déserteurs seraient d’expression kinyarwanda. Ils ne souhaitent pas être brassés. Une autre source militaire a indiqué que ces déserteurs ont pris la direction de Luofu, dans le territoire de Masisi. Auparavant, ils ont réussi à désarmer leurs collègues qui n’ont pas accepté de quitter l’armée nationale.
Toujours dans le Masisi, les sources proches de la 8e région militaire signalent la disparition depuis jeudi dernier du 53e bataillon ex-Anc basé à Mwesso. Sa destination n'est pas connue. (...)
Aussi, de nombreux observateurs espèrent que le vice-président de la République, Azarias Ruberwa , en charge de la Politique, Défense et Sécurité, président national du Rcd-Goma, lequel séjourne encore au Nord-Kivu apportera des réponses précises à toutes ces interrogations. A en croire les premières fuites d’information, Azarias Ruberwa qui devrait regagner Kinshasa avant la fin du dernier week-end a dû prolonger son séjour au Kivu.
On attend également des éclaircissements de la part de Adolphe Onusumba, ministre de la Défense. Les deux membres du Gouvernement et du Rcd se trouvaient dans cette région au moment où cette désertion se déroulait, comme si tout était planifié.
La menace de Laurent Nkunda Autre fait frappant, c’est que ces désertions ont été opérées le jour même que Laurent Nkunda, dans une localité dite Kikuku, rendait publique une déclaration dans laquelle il affirmait que le moment était venu pour qu’ il passe à l’action. Il menaçait d’attaquer la Rdc à partir de l’ Est. Etait-ce le signal de la désertion et ces déserteurs l’ont-ils rejoint ?
Le potentiel, 30 août 2005

Dans un document daté du 25 août 2005 : Laurent Nkunda menace d’attaquer à l’Est
Dans un document rédigé depuis la localité de Kikuku et signé le 25 août 2005, Laurent Nkunda, général dissident des Fardc et membre influent du Rcd, menace de relancer des hostilités à partir de l’Est de la République démocratique du Congo.
Il écrit textuellement ceci : « Je vous rappelle que, dans mon communiqué de presse rendu public à Minova le 16 août 2004, à l’issue du massacre de Gatumba, j’ai promis de me mettre en position d’accorder mes actes à ma parole dans les prochains jours. Nous estimons que le moment est pleinement et amplement arrivé de nous y employer, et ce par tous les moyens utiles, pour contraindre ce gouvernement (Ndlr : gouvernement de transition) à décrocher et laisser la place à un pouvoir inclusif, non conflictuel, capable d’instaurer dans notre République la sécurité. La paix pour tous et lui restituer son prestige et sa place au sein de la communauté des nations du monde civilisé ».
Laurent Nkunda, qui ne manque pas d’arguments pour justifier son offensive, dénonce les dérives de sa victime désignée : « la vie des Congolais n’a pas de prix, chaque homme tué, chaque femme prise en captivité, violée, vendue aux enchères à la place publique ou chaque bébé brûlé vif ou enterré vivant compte et justifie l’offensive contre le plan Kabila et le démantèlement du clan Kabila. Nous sommes désormais, plus que jamais déterminés à y mettre fin dans un bref délai ».
Curieuse coincidence
Il est vrai que dans ce document de 17 pages, d’où transpirent la haine et la passion de l’auteur, Laurent Nkunda et ceux qui le soutiennent, s’en prennent violemment au clan Kabila (père et fils mis dans le même sac).
Cependant, ce qui frappe justement, c’est la curieuse coïncidence de cette publication avec la décision prise par le Conseil de sécurité à la suite du rapport des experts des Nations Unies concernant le cas Nkunda et Mutebutsi.
En effet, dans ce rapport rendu public le 26 juillet 2005 à New York, les experts de l’Onu soulignent exactement ceci en ce qui concerne L. Nkunda et J. Mutebutsi : « Le colonel Jules Mutebutsi et un certain nombre de ses hommes se trouvent toujours au camp Coko au Rwanda. Le gouvernement rwandais a donné l’assurance que Mutebutsi et ses hommes ne seront pas autorisés à menacer le territoire de la Rdc. Il ne considère pas ces dissidents comme des prisonniers et leur reconnaît le droit de circuler plus ou moins librement. Il a signalé que certains de ces ex-combattants ont commis des infractions en territoire rwandais et ont été arrêtés et châtiés. Le Groupe des experts a maintes fois demandé au Gouvernement de Kigali une liste d’informations détaillées sur le colonel Mutebutsi et ses hommes, mais il n’en a reçu aucune à ce jour, il n’a pas eu accès aux armes de ces dissidents et aucun inventaire de celles-ci n’a été effectué. Le Groupe recommande que la Rdc présente une demande d’extradition, conformément aux normes internationales ».
S’agissant de l’autre dissident, Laurent Nkunda, le rapport des experts des Nations unies est explicite : « Bien que personne ne sache pour le moment où se trouve Laurent Nkunda, le Groupe est d’avis que le gouvernement de transition à Kinshasa devrait prendre toutes les mesures voulues pour le localiser et mettre fin à son impunité actuelle. Le Groupe a demandé l’aide du gouvernement rwandais pour mener une enquête sur les activités de Nkunda en territoire rwandais, qui, selon lui, contreviennent à l’embargo sur les armes. Le Groupe a demandé les dossiers d’immigration rwandais concernant les visites de Nkunda et des précisions sur ses activités. Il n’a reçu aucune réponse jusqu’ici ».
Primo: le gouvernement rwandais, au lendemain de la publication du rapport précité, a accordé l’asile politique au Colonel Mutebutsi et à ses hommes. Secundo, Laurent Nkunda vient de se signaler à Kikuku. Deux défis majeurs lancés à la Communauté internationale et au gouvernement congolais.
Autre fait insolite : Nkunda se manifeste juste à l’issue de la réunion tripartite qui a réuni dernièrement à Kigali les représentants des gouvernements congolais, rwandais et ougandais, sous la supervision des Etats-Unis, de l’Union européenne, de l’Union africaine et de la Monuc. On se souviendra longtemps que les rebelles Fdlr ont aussitôt déclaré, au terme de cette rencontre, que l’ultimatum à eux lancé pour l’auto-désarmement au plus tard le 25 septembre 2005 ne les intimide pas. Une façon comme une autre de réaliser que le « piège rwandais fonctionne » parfaitement bien pour défier la Rdc et toute la Communauté internationale.
(…) Le discours guerrier de Nkunda, l’asile politique de Mutebutsi à Kigali et le flou diplomatique caractérisant les relations entre les pays des Grands Lacs, tout ceci laisse planer des nuages d’incertitudes sur le déroulement des élections en République démocratique du Congo. Il appartient aux autorités de Kinshasa d’exhumer le dossier Mutebutsi et Nkunda, de faire tout ce qui est en leur pouvoir, avec le concours de la communauté internationale, pour neutraliser à jamais ces fauteurs de troubles.
| Le Potentiel, Kinshasa , 27.08.2005 |

L'Avenir, 30 août 2005 + Le potentiel, 30 août 2005 + | Le Potentiel, Kinshasa , 27.08.2005 |

Posted by leonard at août 30, 2005 07:50 AM