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septembre 19, 2005

Avec la menace des représailles contre les élèves en uniforme, la grève des fonctionnaires : Dérapage


C'était le 5 septembre dernier que les enseignants sont allés en grève. La rentrée scolaire prévue à cette date n'a pas eu lieu après que le gouvernement ait pensé qu'il suffisait de déclarer la rentrée effective pour qu'elle ait lieu. Timide, la rentrée n'a finalement pas eu lieu dans les écoles primaires et secondaires du secteur public. Selon le message donné aux élèves par leurs différentes directions, il était question d'attendre le 19 septembre 2005 pour se rendre à l'école. Ce matin donc, les élèves s'attendaient à aller à l'école pour en savoir plus. Mais, depuis hier, des messages anonymes appellent à la violence contre tout élève qui arborerait son uniforme et se mettrait en route pour l'école. Car, apprend-on de la même rumeur, ce lundi sera apocalyptique. Les fonctionnaires seraient dans la rue et se proposeraient de tout paralyser. Cela est faisable. Mais, une chose est d'agir, une autre et de savoir pour quel résultat on agit. Fallait-il lancer la fatwa contre les élèves lorsqu'on sait que ce ne sont pas eux qui sont en grève mais leurs enseignants. En d'autres termes, les élèves peuvent aller à l'école, s'ils n'y trouvent pas des enseignants pour enseigner, ils ne leur resterait que de rentrer à la maison. S'attaquer à eux ne résoudrait aucun problème, sinon à donner l'illusion de puissance à certains politiciens. C'est de un. De deux, il n'y a pas dans la rue que des élèves concernés par la grève. Ceux des écoles privées n'ont pas de raisons de rester à la maison dans la mesure où, la grève ne concerne pas leurs enseignants. Comment ceux qui ont décidé des représailles contre les bleu-blanc distingueront-ils ces élèves des autres ?
Arrestation dans les rangs des syndicalistes
Il nous revient qu'un dirigeant syndicaliste a été mis aux arrêts. Alors qu'il allait d'un ministère à un autre pour appeler les fonctionnaires à respecter le mot d'ordre de grève, ces syndicalistes ont été happés par les agents de l'Agence Nationale de renseignement (Anr). Après avoir été entendu à la Cour de sûreté de l'Etat, ils ont été cloués au Centre de rééducation de Kinshasa Makala. Cela est arrivé le vendredi 16 septembre vers 10 heures. Selon les informations en notre possession, Romain Muntumoyi Tamundele ne serait pas arrêté pour ses activités syndicales, mais pour le discours qu'il tenait de porte à porte. Un discours diffamant et même injurieux qui n'aurait rien à voir avec les revendications syndicales. Là aussi, il faut les sentiers glissants du débat sur la liberté d'expression qui n'est pas du libertinage. On espère, et ce ne serait que justice, le syndicaliste aura droit à un procès en règle. Dans le cas où, les agents l'auraient arrêté en représailles à la déclaration de grève, il y a lieu que l'on le libère pour éviter de mettre de l'huile dans la machine de l'intox pourtant rouillée et incapable de dire quelque chose de plus convaincante. Comme on le voit, la politisation du mouvement de grève est en marche. On apprend que certains syndicalistes sont déjà entrés en clandestinité pour ne pas se faire arrêter (sic). Cela veut tout simplement dire que ces syndicalistes sont perdus pour la négociation. Et demain, si cela n'est pas encore fait, ils seront des candidats à l'immigration parce traqués (resic) dans leur pays. Fini le syndicalisme. Comme quoi dans cette agitation syndicale, chacun a son but à atteindre qui n'est pas nécessairement le même but poursuivi par les agents et fonctionnaires de l'Etat.
Les syndicalistes ne sont pas les seuls à vouloir se nourrir de la misère des fonctionnaires. Politiciens et autres journalistes saisissent l'occasion pour se faire candidat à l'exil. Il suffit pour cela quelques titres incendiaires et les défenseurs des droits de l'homme ( ?) se chargent du reste. Dans tout cela, qui est le dindon de la farce ? C'est le fonctionnaire et l'agent de l'Etat. Le peuple congolais risque également de payer une éventuelle perturbation du processus de transition.

L'Avenir, 19 septembre 2005

Posted by leonard at septembre 19, 2005 07:00 AM