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septembre 26, 2005

De Gucht sur bonne gouvernance

Espoirs et frustrations ont balisé le discours du ministre belge des Affaires étrangères devant l'Assemblée générale des Nations Unies, jeudi, à New York. Espoirs que le Sommet des chefs d'Etat et de gouvernement, convoqué la semaine dernière, prélude à une légitimité et une efficacité renforcées de l'Onu et du multilatéralisme. Frustrations inspirées par les limites des engagements pris dans la déclaration finale du Sommet et, plus encore, par la réalité d'un monde où la «mauvaise gouvernance» est encore trop présente.
«Je me félicite en particulier du consensus selon lequel la sécurité, la paix, le développement et les droits de l'homme sont non seulement indissociables mais se renforcent mutuellement», souligne Karel de Gucht pour qui «ceci constitue un pas considérable dans nos efforts pour construire un monde plus paisible, plus prospère et plus juste». Ce lien, poursuit-il, «se manifeste peut-être de la manière la plus aiguë dans les Etats fragiles ou défaillants», lesquels «risquent de devenir des zones de non-droit, propices aux actions de groupes terroristes ou criminels».Expérience belge
C'est pourquoi le ministre juge «cruciale la mise sur pied d'une Commission de consolidation de la paix», non seulement parce qu'elle «illustre clairement notre volonté commune d'accompagner les Etats (qui sortent d'un conflit) dans leur convalescence», mais parce qu'elle «permet surtout de mieux coordonner (...) les moyens politiques, humanitaires, militaires et financiers».
C'est particulièrement vrai pour les pays de l'Afrique subsaharienne, ajoute M. De Gucht qui envisage de mettre à la disposition de la future Commission «l'expérience que la Belgique a acquise dans la transition au Congo et au Burundi».
Dans le même ordre d'idées, le chef de la diplomatie belge «se félicite du renforcement du Bureau du haut commissaire pour les droits de l'homme et de l'adoption du principe de créer un Conseil des droits de l'homme». La Belgique n'en regrette pas moins que «le Sommet n'ait pas pu concrétiser les modalités de ce Conseil».
C'est, cependant, sur la promotion de la «bonne gouvernance» que Karel De Gucht entend miser pour progresser vers un monde plus stable. Ce n'est pas, explique-t-il, «un concept moralisateur imposé de l'extérieur», et il ne s'agit pas davantage de «dire quelles sont les bonnes et les mauvaises politiques». Elle est, par contre, «synonyme de gouvernance efficace et c'est un corollaire de la souveraineté».
Cette notion est intrinsèquement liée à celle du développement car celui-ci, insiste le ministre, «n'est pas uniquement une question d'argent. C'est avant tout une question d'utilisation efficace des moyens».La communauté internationale sait faire preuve de générosité. C'est vrai, en particulier, de l'Union européenne, rappelle-t-il, «mais elle peut difficilement être tenue pour responsable des défaillances des Etats à protéger ou assister tout ou partie de leur population.»Zimbabwe montré du doigt
«Il est difficilement compréhensible», avertit M. De Gucht dans une allusion à peine voilée à la situation au Zimbabwe, «qu'on doive aujourd'hui lancer des appels aux bailleurs de fonds pour faire face à la démolition à grande échelle d'habitations par un gouvernement qui laisse délibérément sans abri près de 500000 de ses citoyens».
Certes, conclut le ministre belge, «ni la démocratie, ni l'Etat de droit ne peuvent être artificiellement imposés de l'extérieur». Mais il faut créer les conditions qui permettent «la participation des populations à leur propre gouvernance». Et de citer comme priorité «la modernisation des sociétés et des Etats», laquelle passe par «l'émancipation des femmes et des enfants, leur inclusion dans la dynamique mondiale».

PHILIPPE PAQUET, La Libre Belgique, Mis en ligne le 23/09/2005

Posted by leonard at septembre 26, 2005 05:10 AM