« Voici la position de De Gucht (traduit du néerlandais) sur la question de tutelle et de bonne gouvernance dans la pratique | Main | Bukavu : quatre officiers de la 10e région militaire aux arrêts »
Artmaney v 30.5septembre 18, 2005
Droit d'ingérence sur la bonne gouvernance en Rd-Congo, la diplomatie congolaise réagit à la provocation de Karel De Gucht
* «Le diplomate belge est devenu une vedette de déclaration sur le plan international par rapport au Congo»
Tout récemment, le ministre des Affaires étrangères, Karel De Gucht a tenu des propos demandant à la Communauté internationale d'avoir un droit d'ingérence sur la bonne gouvernance en Rd-Congo comme c'est le cas pour le Droit humanitaire. Cette ingérence n'enchante pas le gouvernement congolais dans la mesure où tout Etat indépendant.
Se confiant à " L'Avenir ", le vice-ministre congolais des Affaires étrangères déclaré que le diplomate belge n'est pas à son premier coup d'Etat. " Il est évident que Karel De Gucht est spécialiste dans ce genre de déclaration qui ont fait de lui une vedette sur le plan international par rapport au Congo. Il faut le laisser dire ce qu'il pense mais il n'a pas des injonctions à nous donner ", a annoncé Robert Mbwinga. Tout en se demandant ce qu'est-ce le droit d'ingérence sur la bonne gouvernance, le diplomate congolais rappelle à son homologue belge que le gouvernement de transition a un programme bien défini avec les Institutions de Bretton Woods. Il en est fier en évoquant la réunion qui a eu lieu la semaine passée avec le Fonds monétaire international (Fmi) et qui s'est terminée par une note de satisfaction.
" C'est pourquoi nous poursuivons notre programme et nous n'avons pas de leçon à recevoir dans ce domaine de la part de quiconque, Karel De Gucht soit-il ", a-t-il indiqué. Le diplomate congolais est convaincu que, s'il y ait de problème par-ci par-là dans certains secteurs de gestion de publique notamment la dilapidation et le détournement des fonds, cela ne peut pas amener quelqu'un quand bien même son pays aide le Congo, à solliciter un Droit d'ingérence.
" Parlons-en, dans la justice, cela signifierait que Karel De Gucht viendra se mettre à la place de Ramazani pour gérer et alors ! Avec ce Droit d'ingérence , voudrait-il prendre de décision à la place du gouvernement congolais ? Cela n'est pas sérieux ", a-t-il relevé. Toutefois, il a souligné qu'avec la Banque mondiale, la Banque africaine de développement (Bad), le Fmi et tous les partenaires, le gouvernement congolais est déterminé à rétablir la bonne gouvernance. Et de rappeler que, quand le gouvernement congolais a pris la décision de suspendre des ministres et des mandataires en tenant compte du rapport d'audit effectué au sein des entreprises publiques par l'Assemblée nationale, Karel De Gucht, donneur de leçon, ne s'est pas manifesté pour félicité le Chef d'Etat congolais ".
" Cette mesure de suspension prouve à suffisance que l'exécutif congolais tient à la bonne gouvernance et ne je connais pas un gouvernement antérieur qui ait mieux fait ce que l'actuel fait ", a-t-il insisté. Comme quoi Karel est un tireur des ficelles. Il y a quatre mois passé, le Rapporteur général du Sénat, Mende Omalanga, avait dit que Karel cherche à détourner l'aide belge destinée au Congo vers les pays asiatiques. Il sied de signaler que les déclarations de diplomate belge vont à l'encontre de la Résolution 1621 (2005) adoptée par le Conseil de sécurité à sa 5255ème séance, le 06 septembre 2005 dans laquelle ce conseil " salue l'intérêt et l'engagement manifesté par les autorités congolaises en vue de promouvoir la bonne gouvernance et une gestion économique transparente, et les encourage à poursuivre leurs efforts dans ce sens. Dans cette même résolution, la souveraineté de la Rd-Congo est garantie.
Octave M. Luamuele, L’Avenir 11 septembre 2005
Schéma libérien pour la Rdc ? : Henri-Thomas Lokondo ; "Le Conseil de sécurité ne peut faire fi de notre souveraineté"
La République du Libéria vient d’être mise sous coupe réglée par les Nations Unies et les Institutions financières de Bretton Woods
Des experts internationaux vont être nommés à tous les échelons afin d’assurer une bonne gouvernance et éviter la corruption. La résolution 1621 du Conseil de sécurité propose un schéma analogue en ce qui concerne la République démocratique du Congo.
L’un des premiers à réagir est Henri-Thomas Lokondo, président de l’Ucl et conseiller privé du chef de l’Etat Congolais, Joseph Kabila, interrogé par Le Potentiel.
La question de la création d’une commission mixte Rdc-partenaires extérieurs en vue de créer les conditions de bonne gouvernance continue à entretenir un début de polémique. Une opinion constante estimant que ce mécanisme viendrait confirmer la mise sous tutelle du pays, dont le Ciat constitue déjà une espèce de tête de pont.
Le président de l’Ucl n’est pas de cet avis. Henri-Thomas Lokondo trouve en effet que la résolution 1621 (2005) du Conseil de sécurité des Nations Unies est claire dans son point 4. Elle encourage la mise en place d’un mécanisme pour renforcer le soutien à la bonne gouvernance et à une gestion économique transparente. Dans le cadre du partenariat et de la complémentarité qui caractérisent maintenant nos relations, c est une très bonne chose.
Mais la structure qui sera mise en place sera, à mon humble avis, une structure informelle d’appui à la bonne gouvernance. Ce qui rimerait d’ailleurs avec le rôle du Ciat comme structure d’accompagnement et de conseil-technique ». Néanmoins, Henri-Thomas Lokondo reconnaît que la souveraineté nationale « sera mise à rude épreuve ».
Un « Glissement insolite »
Pour justifier sa démarche, le Conseil de sécurité affirme s’appuyer sur le Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, souvent pris en référence dans la constitution des missions onusiennes de maintien de la paix. (…)
« Non, le Conseil de sécurité ne peut en aucun cas faire fi de notre souveraineté, parce que lui-même dans le préambule de la résolution réaffirme son attachement au respect de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de l’indépendance politique de la Rdc. Donc, il ne peut pas vouloir à la fois une chose et son contraire », soutient Lokondo.
Pour ce qui concerne l’évocation du Chapitre VII, et sur le plan formel du droit international, Lokondo déclare ne pas comprendre ce « glissement insolute » sur la bonne gouvernance, car ce texte ne concerne que les opérations de maintien ou de rétablissement de la paix et de la sécurité internationale par le recours à la force. « C est pourquoi d’ailleurs, sur les 5 points de la résolution, seul le point 4 n’est pas contraignant, parce qu’il n’a aucun lien avec les trois premiers par lesquels le Conseil de sécurité édicte clairement sa volonté », déclare-t-il.
Henri-Thomas Lokondo ajoute qu’il y a effectivement beaucoup de non-dits sur ce point. Il croit en effet que quand le Conseil de sécurité encourage la Monuc, dans la mesure de ses capacités et conformément à son mandat à apporter assistance ainsi que l’appui nécessaire à la mise en place d’une structure pour renforcer la bonne gouvernance en Rdc, c’est qu’il doute lui-même de la pertinence de son point de vue.
« Et puis, la Monuc n’a pas mandat pour glisser dans la gestion économique et financière de l’Etat Congolais. A la rigueur, le Conseil de sécurité aurait dû faire deux résolutions séparées parce que les objets sont tout a fait différents », conclut Lokondo qui préfère croire à une inattention.
M.M.F.
L’Avenir 11 septembre 2005 + | Le Potentiel, 16 septembre 2005
Posted by leonard at septembre 18, 2005 04:19 PM