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septembre 19, 2005

Lunda Bululu : «Une mascarade d’enrôlement ne pourra donner lieu qu’à une mascarade d’élections»

Le week-end dernier, le président du Rassemblement des forces sociales et fédéralistes (Rsf) est monté au créneau : «La situation est tellement préoccupante dans notre pays que nous avons le devoir de tirer la sonnette d’alarme», (…)
«Aujourd’hui, a déclaré Lunda Bululu, il n’y a pas à se faire d’illusions». Effectivement, a-t-il fait observer, de gros nuages noirs pèsent sur le processus électoral même si, au niveau de la Commission électorale et indépendante et du Comité international d’accompagnement de la transition (Ciat), l’on a tendance à se donner bonne conscience devant la réalité des faits qui sont pourtant loin d’inciter à l’optimisme.
«Il est vrai, a-t-il reconnu, que le peuple congolais a accueilli avec enthousiasme et espoir le démarrage du processus électoral ». Malheureusement, celui-ci a connu, dès son début, beaucoup de ratés du fait de nombreuses difficultés qu’il n’a cessé de rencontrer. «Nulle part, a déploré le président national de Rsf, ce processus n’a fait le plein dans les provinces où l’identification et l’enrôlement des électeurs ont été organisés».
Au 29 août 2005, le tiers des électeurs n’était pas encore identifié et enrôlé alors que ces opérations devraient prendre fin le 24 septembre de cette année, a-t-il rappelé, en soulignant que « les différents acteurs du processus électoral ont certainement sous-estimé l’ampleur de difficultés ». Pour le professeur Lunda Bululu, il ne fait l’ombre d’aucun doute que «la prolongation s’annonce, même si comme d’habitude, on préfère la taire alors qu’on gagnerait à préparer la population à l’accepter».
NE PAS JOUER AVEC LE FEU
Ajouter à ceci le fait que les erreurs volontaires et involontaires que l’on programme dans les ordinateurs sont loin d’inspirer confiance surtout que la Cei n’est pas équipée pour canaliser les données en vue de les corriger et d’éviter ainsi des tricheries, l’avenir du processus électoral paraît sombre. «Je commence à douter, comme beaucoup d’autres compatriotes, que la date du 30 juin 2006 connaisse des institutions issues des élections libres et transparentes», a dit Lunda Bululu. Avant de rappeler l’invitation qu’il avait lancée le 24 août 2005 aux acteurs politiques congolais «à réfléchir d’ores et déjà sur le devenir du pays pour éviter un vide constitutionnel au cas où les élections ne seraient pas organisées avant le 30 juin 2006».
Dans tous les cas, après tant d’années d’absence de légitimité quant à l’accession et à l’exercice du pouvoir, Lunda Bululu croit qu’«il n’est pas seul à penser que le peuple congolais a le droit d’apporter une solution à la crise de légitimité grâce, comme l’énonce l’Accord global et inclusif, à l’organisation d’élections libres et transparentes». Et de prévenir : «Si celles-ci sont organisées de manière à garantir les tricheries, à ne vouloir y faire participer qu’une minorité d’électeurs, elles produiront un résultat contraire aux attentes de la population et planteront le décor pour de nouvelles crises politiques». Car, a-t-il averti, «une mascarade d’identification et d’enrôlement ne pourra donner lieu qu’à une mascarade d’élections. Et nul n’acceptera les résultats d’une mascarade électorale».

Le potentiel, 19 septembre 2005

Posted by leonard at septembre 19, 2005 07:46 AM