« Pourquoi les inculpés du rapport Bakandeja ne sont-ils pas poursuivis? Ils accusent Kamitatu | Main | Situation au Sud-Kivu : analyse »

chords scater boy

septembre 26, 2005

Sur la grève des enseignants

Kinshasa: les syndicats des enseignants soumettront à la base les dernières propositions jugées intéressantes
C'est demain lundi que les délégués des principaux syndicats d'enseignement vont rendre compte à leurs bases respectives des nouvelles propositions salariales faites samedi par le gouvernement pour tenter de mettre fin à leur grève qui dure déjà plus de trois semaines, rapporte radiookapi.net
Des sources proches des négociations syndicats-gouvernement affirment que le gouvernement a fixé à 50 $ américains le salaire à payer à l'huissier de l'enseignement. Pour les syndicalistes, les dernières propositions faites par le gouvernement sont assez intéressantes au regard des moyens limités dont ils disposent. Mais étant une émanation de la base, les principaux syndicats ont décidé de se référer d'abord à l'assemblée générale des enseignants prévue lundi pour décider de la réponse à réserver au gouvernement.
« Le gouvernement n’a pas proposé grand-chose. Mais pour ne pas créer une année blanche, il fallait trouver une solution intermédiaire. C’est dans ce sens qu’on a essayé de classifier le salaire en trois zones salariales. Kinshasa a un salaire différent de la zone de Lubumbashi,et différente aussi du reste du pays. Nous n’avons pas voulu de cette différence. Nous voudrions d’un salaire équitable pour tous les enseignants. Toutes fois, le huissier pourra avoir 21950FC, ce qui ne représente même pas 50 dollars américains. (…) Il ne nous appartient pas d’arrêter la grève. C’est à la base de le faire »,a fait savoir André Malasi, président du Syndicat National des Ecoles Catholiques.
Okapi, Dimanche, 25 Septembre 2005, 17 h 00

Grève des enseignants : les négociations dans l’impasse : le gouvernement enterre Mbudi et propose 50 Usd à l’huissier
Les grévistes-enseignants et fonctionnaires- ne décolèrent pas. La plénière de vendredi qui a duré 10 heures, c’est-à-dire de 14 h à 0 heure, n’a rien donné. Les deux parties se sont séparées sans parvenir à un compromis. La reprise des négociations est prévue ce samedi à 11 heures. Mais auparavant, (...) les membres de l’Espace présidentiel ont organisé une rencontre impromptue. Au menu de leurs cogitations, l’examen des pistes de solutions concrètes à apporter aux enseignants, fonctionnaires et agents de 1’Etat en grève depuis 18 jours sur l’ensemble du territoire national.
Les premières indications montrent, après recoupements, que les solutions aux revendications légitimes des agents de l’Etat, toutes catégories confondues, n’empruntent pas la même filière. Ainsi, d’après notre source, l’Espace présidentiel se trouve dans l’embarras, obligé de lever l’une ou l’autre des options ci-après.
Soit qu’il résout en priorité la question du corps enseignant, en lui concédant un barème intermédiaire avant celui dit de Mbudi. Soit qu’il s’attaque au problème dans sa globalité, en donnant partiellement satisfaction et aux enseignants et aux autres fonctionnaires et agents des services publics.
Ne dit-on pas que la plus belle fille ne peut donner que ce qu’elle possède ? Quand on prend conscience que le budget 2005 est quasiment épuisé, les grévistes ne peuvent s’attendre à aucun miracle financier. D’où des « solutions partielles » sous examen. Tout observateur averti note que ce n’est pas de gaieté de cœur que l’Espace présidentiel, en d’autres mots le gouvernement de la République, s’implique enfin dans le dossier.
Un dossier préparé en février 2004 et qui aurait dû trouver réponse depuis le début de l’exécution du budget 2005. On se rappelle que le ministre du Budget avait soutenu, à l’époque, que le collectif budgétaire 2005 avait pris en compte les réclamations des agents de l’Etat. Ce qui voulait signifier que le barème de Mbudi était entré dans sa phase d’application. Malheureusement, douze mois après, les salaires revalorisés ne sont pas venus.
50 dollars à l’huissier
Dans l’après-midi, le vice-président Z’Ahidi Ngoma a pris le relais. 10 heures durant, il a tenté mais en vain, de convaincre les syndicalistes avançant la proposition du gouvernement. C’est-à-dire, 50 dollars à l’huissier. Rien n’y fit. Les délégués des enseignants s’en tiennent au montant de 208 dollars par mis pour le huissier; Et s’il faut parler de l’application du barème de Mbudi par paliers, ils réclament 75 dollars dans l’immédiat pour le huissier.
Le recours aux services de Secope n’a rien produit; Et à 0 heure, les parties en discussion se sont séparées avec promesse de reprendre les discussions aujourd’hui à 11 heures dans l’espoir de parvenir à un compromis. Faute de quoi, la reprise des cours fixée pour ce lundi n’aura pas lieu.
Que 1’Espace présidentiel prenne à bras-le-corps la question, ce n’est que dans l’ordre normal des choses parce qu’il représente l’Etat et gère la Nation. Mais qu’il soit tenté de faire de la discrimination en ne réglant que les revendications des enseignants, le fait n’est pas innocent.
| Potentiel, Kinshasa , 24.09.2005 |

Grève des enseignants et fonctionnaires : Le gouvernement invité à un dialogue franc
La radicalisation de la grève des enseignants s’étend désormais sur tout le territoire national. La contagion qu’elle inspire dans les milieux socio-professionnels de la Rdc fait déjà des victimes
Quelques leaders syndicaux en vue ont été mis aux arrêts. Mais, la solution aux revendications, fort légitimes, des enseignants, agents et fonctionnaires de l’Etat ne réside pas dans des actes d’intimidation de la part du pouvoir. Elle demeure plutôt dans cette volonté politique, qui manque chez les autorités, de faire justice à ces mal aimés des services publics.
Les grévistes de l’enseignement primaire et secondaire de la République démocratique du Congo ne reviennent pas encore de leur désagréable surprise. En raison de son activisme, Romain Muntumoy Tamundel, président à la fois du Syndicat libre du Congo (Sic) et du Syndicat du personnel de l’Etat (Spe), a été mis aux arrêts le dernier week-end. Des sources indiquent que, à l’initiative des services de renseignements, il a été conduit à la prison centrale, le Centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa (Cprk). D’autres syndicalistes ont été molestés dans la capitale.
A l’analyse, c’est vraisemblablement par solidarité que la majorité des syndicats de l’Administration publique font corps avec les enseignants grévistes. D’autant que les uns et les autres revendiquent les mêmes droits auprès du même employeur : l’Etat congolais.
Au chapitre de ces droits figurent en bonne place quatre principales exigences : d’abord l’obligation faite au gouvernement d’appliquer le 3ème palier du « barème de Mbudi ». C’est-à-dire octroyer une première augmentation de salaires aux enseignants. Ensuite, le réajustement à la hausse des frais de fonctionnement alloués depuis peu aux écoles. Puis, l’octroi à l’Enseignement primaire, Secondaire et professionnel d’un crédit de 25 millions de francs congolais en vue d’équiper les écoles en matériel informatique. Et enfin, le paiement régulier des salaires le 20 de chaque mois.
BAISSER « SON » TRAIN DE VIE
La question se pose en termes clairs. Le gouvernement peut-il se limiter aux seules revendications des enseignants et boucher les oreilles devant celles de tous les autres fonctionnaires, sans oublier la police et l’armée ? Dans l’état actuel de choses, si le pays veut demeurer en programme avec les institutions de Bretton Woods, la réponse est négative.
Le budget 2005 est déjà fortement entamé et il est pratiquement impossible au gouvernement d’augmenter ses dépenses sans avoir recours à la planche à billets. Ce qui reviendrait à remettre en cause l’ensemble du Programme économique du gouvernement (Peg) dont la sixième et dernière revue est projetée pour le mois de novembre prochain.
Prendre une telle décision au moment où s’ouvrent les travaux des assemblées annuelles de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international ferait un peu désordre.
Mais le gouvernement congolais pourrait difficilement y échapper. Il est même bloqué. Parmi les scenarii prévus comme voies de sortie de crise, celui qui revient le plus souvent envisage de lâcher un peu de lest face aux revendications salariales des agents de l’Etat. A cet effet, le gouvernement, en accord avec ses partenaires, pourrait octroyer une légère augmentation pour casser le mouvement de grève.
Mais avec la promesse ferme d’incorporer la dépense dans une loi rectificative budgétaire qui pourrait être adoptée par l’Assemblée nationale au cours de la session d’octobre prochain. Le Fmi et la Banque mondiale pourraient alors accepter ce léger dépassement donc repousser à plus tard la sixième revue du Peg, à condition que le gouvernement s’engage à revoir drastiquement à la « baisse son train de vie ». Ce qui va inéluctablement entraîner un contrôle de plus en plus strict des finances publiques de la Rdc par les partenaires et l’application sans faille de leurs recommandations pour accélérer la réforme de l’ensemble de la Fonction publique congolaise, y compris celle de certaines entreprises d’Etat. Ce sera, en quelque sorte, la fameuse mise sous tutelle internationale que l’on invoque de plus en plus, avec quelques appréhensions, dans certains cercles diplomatiques.
SANS AMBIGUITE
De toutes les manières, le gouvernement est sur des charbons ardents. Aiguillonnés actuellement par les fonctionnaires de tous les secteurs, les enseignants semblent dominer la scène. Ils ont déjà prévenu, sans ambiguïté ni équivoque.: « Nous ne reprendrons pas le travail avant 1’aboutisseinent des négociations devant matérialiser l’accord de Mbudi ». Bien plus précis, ils argumentent : « Les négociations Gouvernement Syndicats avaient abouti en 2004 à l’accord portant sur le Barème de Mbudi. Ce qu’il faut aujourd’hui, c’est son application on sa dénonciation. Au gouvernement de choisir sa voie au lieu de nous distraire avec de nouvelles négociations, sans objet ». Cette réplique, les leaders syndicaux l’ont réservée au gouvernement, qui les invitait à suspendre au préalable le mot d’ordre de grève décrétée voici 15 jours.
En échange de quoi, il consentirait à renouer le fil du dialogue avec eux. C’est mal connaître la psychologie du chat échaudé. En conséquence, on court droit vers un dialogue des sourds. Ce ne serait justement pas dans l’intérêt de la nation. La voie du dialogue franc apparaît comme la voie royale pour apaiser durablement le front social.
Les dirigeants devraient par ailleurs se garder de recourir aux recettes surannées, en vigueur durant les années de plomb, telle que la répression à l’encontre des leaders syndicaux. La société congolaise est devenue tellement exigeante quant au respect de ses droits que les intimidations policières contre des citoyens défendant leurs droits sont désormais considérées comme une abomination. Elles sont du reste contre-productives. Non seulement elles décrédibilisent l’autorité établie, pire, elles creusent sa tombe. Plus tôt que tard.
Le Potentiel, Kinshasa , 21.09.2005 |

Libérez nos camarades !
Le comité provincial du Conseil des Syndicats des Services publics en sigle Cossep/ville de Kinshasa regroupant :
- le Syeco : Syndicat des enseignants du Congo
- le Syncass : Syndicat national des cadres, agents et employés des secteurs des services
- la Fic : Force interprofessionnelle du Congo
- le Snpp: Syndicat national des professionnels de la presse
- le Synamac : Syndicat national des magistrats du Congo a suivi avec indignation la déclaration de certains syndicalistes de l’Epsp composé des inspecteurs et chefs d’établissements relative à la suspension du mot d’ordre de grève et invitant les enseignants à reprendre le travail des ce lundi 19 septembre 2005 afin de créer un climat de sérénité en vue d’ouvrir les négociations entre syndicats et gouvernement.
Le Cossep/ville de Kinshasa informe l’opinion publique que ces syndicalistes n’ont jamais eu l’aval des enseignants pour négocier à leur place et cette déclaration n’engageait que leurs auteurs. La preuve est que les écoles sont toujours fermées jusqu’à ce jour.
Devant cette situation, le Gossep/ville de Kinshasa exige du gouvernement ce qui suit:
* L’implication du président de la République dans ma recherche des solutions à ces problèmes afin d’éviter les perturbations qui sont déjà perceptibles à travers la République;
*L’ouverture immédiate des négociations franches et sincères avec les syndicats qui sont effectivement sur terrain dont le Syeco et le Synecat, en vue de trouver dans le meilleur délai des solutions durables aux problèmes qui minent le secteur de l’éducation ;
- Ne pas conditionner l’ouverture des négociations par la levée de la grève, car aucun enseignant de la Rdc n’est prêt à reprendre le travail dans ces conditions de misère avec la modicité de salaire qui ne lui permet pas de vivre et de scolariser ses propres enfants ;
- Que le gouverneur de la ville de Kinshasa use de son influence auprès du Gouvernement et autres institutions de la transition afin qu’une solution rapide soit trouvée car en cas de dérapage, il sera responsable des conséquences qui découleraient des perturbations qui malheureusement commencent à prendre des allures politiciennes dans la ville de Kinshasa;
- La libération immédiate et sans condition des camarades syndicalistes arrêtés dont Camarades Muntumoy du Slc et Intsulu du Syncass.
Fait à Kinshasa, le 19 septembre 2005
Pour le Cosscp/ville de Kinshasa
Makanda Chi Maswagu Willy
Secrétaire exécutif provincial
| Le Potentiel, Kinshasa , 21.09.2005 |

Mgr Laurent Monsengwo Pasinya reçu par le Président de la République
Au moment où le gouvernement cherche à trouver des solutions durables à la grève des enseignants qui se vit depuis la dernière rentrée scolaire manquée, le président de la République a reçu en audience mardi, au Palais de la Nation, le président de la Conférence épiscopale du Congo (Cenco) Mgr Laurent Mosengwo Pasinya.
Avec ce dernier, ils ont dialogué pour décrypter la situation d’ensemble qui prévaut dans le pays. Naturellement, la question de la fameuse copie de la lettre envoyée par la Conférence épiscopale de Tanzanie a été abordée. Mgr Monsegwo a, une fois de plus, réitéré le démenti de la Cenco pour éviter que l’Eglise ne soit mêlé a ce qui apparaît clairement comme” une intoxication”.
Abordant la question de la prime, Mgr Mosengwo a laissé entendre que le rôle de l’Eglise n’était pas de coincer le gouvernement, vivant avec la population et au sein de celle-ci, l’Eglise avait plutôt lance, en son temps, un véritable cri d’alarme au vu des données sur le terrain.
Elle invitait le gouvernement à prendre en compte ces questions importantes du monde enseignant en leur octroyant des primes qui tiennent compte des réalités et éviter ainsi la contribution des parents qui “tue notre enseignement”, a encore déclaré Mgr Monsegwo.
Cette visite du président de la Conférence épiscopale du Congo (Cenco) intervient au moment où des négociations sérieuses viennent de s’ouvrir entre d’un côté le gouvernement, représenté par le Vice-président Arthur Z’Ahidi Ngoma et les syndicats des enseignants dont le Syenco et le Synecat.
P.W. | L’Observateur, Kinshasa , 21.09.2005 |

Okapi, Dimanche, 25 Septembre 2005, 17 h 00 + | Potentiel, Kinshasa , 24.09.2005 | + | Le Potentiel, Kinshasa , 21.09.2005 | + | L’Observateur, Kinshasa , 21.09.2005 |

Posted by leonard at septembre 26, 2005 05:21 AM